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Impromptu - Page 15

  • Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle, d'Etienne Liebig

    Dans l'effervescence de l'actualité littéraire autour de la sortie du best seller 50 nuances de Grey d'E.L. James, j'ai décidé de me pencher sur la littérature érotique. Mais je n'ai pas lu l'objet du scandale - scandaleux non pas tant par son contenu que par sa renommée... Car selon des sources bien informées, telles evene.fr ou les Inrockuptibles, il s'agit là d'un bien mauvais roman, niais et mal écrit.

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    J'ai donc décidé, sur le conseil de Super Libraire, de m'attaquer à cette curiosité qu'est le court roman d'Etienne Liebig (200 pages), intitulé fort aimablement Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle.

    Pourquoi aimablement ? Parce que contrairement aux habitudes de Gallimard, par exemple (L'art français de la guerre, non mais je vous demande un peu !), ce titre annonce exactement ce que le lecteur trouvera dans le roman, tout en conservant les autres qualités d'un bon titre : accrocheur et bien tourné.

    N'étant guère coutumière du genre (la littérature érotique), ma lecture fut donc celle d'une néophyte. Point de références aux grand auteurs du genre, de Sade à Guillaume Apollinaire, non. Mais une vraie curiosité.

    On m'avait dit que c'était drôle : j'ai ri.

    On m'avait dit que c'était plutôt bien écrit : je confirme.

    On m'avait dit que c'était iconoclaste : c'est bourré de de diatribes anticléricales et de formules décapantes.

    «Après toute une vie de certitudes, elle doute et le doute chez la croyante est le plus court chemin vers l'élastique de sa culotte.»

    Le narrateur a un but : draguer les femmes catholiques, de la plus généreuse croyante à la plus fervente fondamentaliste, sur le chemin du pélerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Célibataires, mariées, jeunes, âgées... Rien ne l'arrête. Et il ne s'arrêtera pas tant qu'il n'aura pas terminé sa quête.

    Bien entendu, il décrit par le menu le sort qu'il réserve aux sujets de sa quête, sujets entièrement consentants. Sinon, son récit ne serait pas édité à La Musardine...

    La construction du récit, dynamisée par des intertitres généreux et plein d'humour, agrémente une lecture qui aurait pu se réduire à un catalogue de conquêtes.

    «Où le lecteur, quelque peu dépité de voir s'éloigner la promesse d'une scène croustillante, se voit imposer de surcroît une interminable attente de trois jours.»

    Par ailleurs, il nous gratifie en fin d'ouvrage d'un « petit lexique des termes usuels utilisés par les amateurs de femmes catholiques », dont on apprécie à sa juste valeur l'impertinence anticléricale.

    Voilà donc un petit livre aimable et plein d'allant, qui nous réveille de la grisaille automnale avec humour et verdeur.

    Catholique convaincu s'abstenir : vous jetteriez l'oeuvre au bûcher en poussant des cris d'orfraie, hurlant au sacrilège. Ce serait fort dommage pour les autres.

  • La pile à bloguer : procrastination, quand tu nous tiens

    pile de livresJ'ai inventé (ou peut-être pas) la PAB, la pile à bloguer : tout ce que j'ai lu, qui entre dans ma ligne éditoriale*, et que je n'ai toujours pas honoré de ma prose. Oui, honoré. Non mais.

    Ma PAB a développé un volume indécent depuis quatre mois. Même les encouragements du Summer StarWars VI n'ont pas réussi à la faire maigrir significativement.

    Mais il serait terriblement erroné de croire que je ne lis rien. C'est juste que je ne blogue presque pas, sauf en cas d'insomnie. Alors j'ai décidé de vous lister les livres lus depuis le printemps dernier.

    Si vous souhaitez connaître mon avis/opinion/analyse sur l'un des titres, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire. J'y répondrai de mon mieux. Et, qui sait, peut-être une chronique sortira-t-elle bientôt de mon chapeau...

    J'ai donc lu...


    De la fantasy qui dépote :

     

    Du fantastique mâtiné de thriller :

     

    De l'anticipation, et de la bonne, bien que les deux titres Young Adult de chez Castlemore ne le laissent a priori pas croire :

     

    Du space opera, du vrai, du beau, du dur de dur, qui aurait dû avoir sa place dans l'épisode VI du SSW :

     

    Quand je vous dis que j'ai du retard dans mes chroniques...


    *Je dis "qui entre dans ma ligne éditoriale", car ce n'est pas le cas de Pipiou dans son oeuf, une jolie oeuvre que j'ai lue et relue presque tous les soirs ces deux derniers mois... Mais elle ne fait définitivement pas partie de ma ligne. Sinon, j'aurais ouvert un blog de littérature jeunesse - Dieu m'en préserve !!

  • Ta Shima, d'Adriana Lorusso

    Durant l'été, je me suis enquillé plusieurs romans de space opera. J'ai donc passé de très bonnes vacances : j'adore ce genre, et en plus, il entre dans le challenge Summer StarWars de Lhisbei (mon chouchou devant l'Eternel Seigneur de la SF).

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    J'ai donc pour l'occasion découvert Ta Shima, d'Adriana Lorusso. La couverture n'est pas très réussie, je trouve, et ne donne guère d'information sur le contenu du livre. Adoncques, je vous tuyaute : Ta Shima est une planète au climat hostile, suivant une révolution de 16 mois, 12 de pluie incessante et 4 de sécheresse infernale. Sa population est concentrée sur un petit territoire, le seul à être terraformé pour les humains qui y ont atterrit quelques siècles auparavant. Le reste de la planète est dotée d'une flore souvent toxique et d'un faune parfaitement infréquentable.

    Nous découvrons peu à peu cet environnement par les yeux de Suvaïdar, native de Ta Shima. Suvaïdar fait partie des Shiro, une ethnie visiblement dominante, au physique long et gracile et à l'irascibilité légendaire : un Shiro sur deux meurt dans un duel à l'arme blanche. L'autre ethnie ta-shimoda rassemble les Asix, au caractère doux et au physique trapu, dont le rôle effacé tend à les désigner comme les serviteurs des Shiro. Mais, rien sur Ta-Shima n'est aussi simple qu'il y paraît...

    Car Ta Shima est restée à l'écart de la civilisation galactique depuis la fondation de sa colonie humaine, des siècles auparavant. Les arrivants étaient des scientifiques, généticiens pour la plupart, qui ont fui des persécutions. Et la rencontre des ta-shimoda avec les humains de l'Extramonde, lorsqu'elle se produit (rarement), creuse des abîmes d'incompréhension entre les deux parties. La civilisation ta shimoda a évolué de façon drastiquement différente de celle des civilisations de la fédération galactique, selon des règles rigoureuses et pragmatiques, qui semblent aux observateurs extérieurs épouvantablement barbares et arriérées.

    Nous suivons Suvaïdar durant son enfance, puis un bond nous transporte dans son âge adulte. Elle est l'un des très rares Shiro à être partie de Ta Shima de son plein gré, afin de vivre dans l'Extramonde. Son retour sur Ta Shima est le prétexte à une intrigue politique un peu décousue, qui constitue pourtant un fil rouge honorable pour partir à la découverte de cette civilisation originale, vue à la fois de l'intérieur et de l'extérieur.

    La dirigeante de Ta Shima, qui se trouve être la mère de Suvaïdar, a été tuée dans un accident qui fut également fatal à l'ambassadeur de la Fédération sur Ta Shima. Suvaïdar est rapatriée, un peu par hasard, avec la délégation du nouvel ambassadeur de la Fédération. Son voyage en compagnie des extramondains et sa réintégration dans la société ta shimoda constitue le pivot central du récit, qui met en exergue les différences fondamentales entre les deux civilisations : quiproquos et maladresses s'enchaînent, provoquant bien souvent des tensions inexpliquées, car inexplicables, entre les deux parties.

    Le point fort de ce roman, selon moi, réside justement dans l'exploitation du thème des chocs des civilisations : l'autre est l'incompréhensible car méconnu, et chacun de son côté méprise l'autre, qui lui paraît inférieur. Le thème est rebattu, mais je ne l'avais jamais expérimenté de façon aussi intime et détaillée, grâce à la narration de la jeune Suvaïdar. Tous les aspects de la vie quotidienne sont passés au crible de la culture commune, de la sexualité à la politique en passant par l'ameublement et les tâches domestiques.

    Alors, si le récit souffre de faiblesses passagères, si le fil de suspense qui tient le lecteur disparaît parfois, il m'est resté ce que je cherche dans mes lectures : beaucoup, beaucoup de plaisir, et une trace indélébile : le pragmatisme poussé à son paroxysme, c'est à dire plus loin que le cynisme, constitue l'intérêt principal de la société ta shimoda. Je vous laisse découvrir à quel point...

    Après Flashback, Ta Shima est donc mon deuxième coup de coeur de l'année 2012.

     

    Genre : space opera, planet opera, science-ficiont

    Bragelonne, 2007

    Lu aussi par : Lune, Mr Lhisbei, le cafard cosmique (qui n'est pas du tout d'accord avec moi)

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  • Damned ! Un tag !

    Guillaume le Traqueur m'a taguée à propos de la rentrée littéraire. Damned ! 

    Je le cite : 

    Comment les blogueurs francophones vivent-ils cet évènement de l’agenda culturel ? Suivent-ils au mieux les nouveautés ? Si oui, dans quels genres de prédilection ? Et pour les blogueurs spécialisés, en profitent-ils pour sortir de leurs domaines de lecture habituels ? En profitent-ils pour consulter leurs libraires, se laissent-ils porter par les sélections de confrères ou de cahiers littéraires ? Ont-ils fait lors de ces rentrées culturelles des rencontres littéraires inoubliables ?

     Cela fait beaucoup de questions. Mais procédons par ordre :

    Je vis souvent la rentrée littéraire... comme une corvée. A cause de mon métier. Je suis obligée de me tenir au courant, en un temps record, de tous les évènements de ce microcosme, même si le contenu ne m'intéresse pas. Entre collègues et avec les lecteur in, il est d'usage de demander de ce qu'on pense de tel ou tel titre, s'il est mieux que le dernier du même auteur, si la tonalité générale de la rentrée est intéressante... Autant de questions qui tendent à me laisser froide, car je trouve le concept de rentrée bien trop surfait. Et puis, tant qu'à parler de rentrée littéraire, je préfère celle de janvier. Elle est souvent moins triste en termes de contenu. Mais je fais de mon mieux, parce que je ne ferais pas ce métier si je laissais ma curiosité s'éteindre à la moindre contrariété.

    Donc, oui, bien sûr, je suis de mon mieux les nouveautés, au moins en prenant connaissance des 4e de couverture, et si possible des critiques. Je lis quelques titres de la rentrée assez tard, en octobre novembre en général, pour de bêtes raisons pratiques (j'achète les livres pour la bibliothèque début octobre, une fois que le plus gros de la rentrée est faite, car mon budget est réduit et j'essaie de choisir intelligemment)

    Et, toujours en raison de mon métier, je suis tous les genres, mais comme en général il s'agit de littérature française contemporaine (oups, j'ai oublié les majuscules !), il s'agit rarement de littérature de genre et (trop) souvent d'autofiction. Allez trouver de la SF là dedans...

    Alors, oui, je sors de mon domaine de prédilection à chaque rentrée. Parfois avec de très bonnes surprises : Le choeur des femmes de Martin Winckler en 2009, Du domaine des murmures de Carole Martinez l'année dernière.

    Chaque fois, je lis sur les conseils de mon libraire, qui est une pointure en la matière. L'année dernière, le 31 août exactement, il m'a montré L'art français de la guerre d'Alexis Jenni, et m'a dit : "celui là, il aura le Goncourt". Devinez qui avait raison... Il fut aussi l'un des premiers à mettre en avant la trilogie de Stieg Larsson, Millénium, il y a quelques années. Quand je vous dis qu'il est bon...

    Je ne suis jamais allée à une rencontre avec un auteur à cette période de l'année. Parce que j'ai beaucoup de travail et que mon temps libre est consacré à ma famille (et parfois au blog !). Un jour, quand [je serai] bien vieille, au soir, à la chandelle, dévidant et filant... Je regretterai peut-être ces opportunités manquées. Pour l'instant, j'ai plus important à faire.


    Je rejoins Lhisbei (décidément, que j'aime cette fille !) sur l'aspect insupportablement germano-pratin de l'évènement. Les remous dont on entend parler dans les média, les jeux de pronostics, les guéguerres d'éditeur, sont pour moi une source d'agacement. J'habite loin de Paris, et je ne comprends pas cette montée en mayonnaise nombriliste.

    Pour l'anecdote, j'ai un souvenir édifiant de ma première approche de ce milieu, en mars dernier, alors que j'étais allée à Paris pour le Salon du Livre (avec les majuscules, cette fois). J'ai assisté à une conférence sur l'avenir du livre dans le numérique, rassemblant quelques pointures locales - mais comme elles étaient parisiennes, il est d'usage de dire qu'il s'agissait de pointures nationales - et un parterre de bibliothécaires conquises et muettes d'admiration (j'insiste : les conférenciers étaient des hommes, les auditeurs des femmes ; égalité des sexes...).

    Etait entre autres présent un des directeurs de publication de chez Gallimard, Alban Cerisier. Je dois dire qu'avec ma collègue, indécrottables provinciales incultes que nous sommes, nous avons passé toute la séance à pouffer de rire face à ses moues et ses postures théâtrales, sa tenue vestimentaire savamment négligée (un dandy des temps modernes !), le tout agrémenté de discours ampoulés dénués de tout rapport avec la réalité (les autres conférenciers n'étaient d'ailleurs pas en reste de ce côté là). J'avais devant moi le gratin du milieu du livre français... Juste ciel ! De quoi partir en courant !

    Pour résumer, j'aime la rentrée littéraire quand mon libraire me parle des livres qu'il a aimés - même si je ne les lis pas - et je n'aime pas la rentrée littéraire en tant qu'évènement médiatique ponctuel.

    De quoi devenir schizophrène...

  • Chute libre, de Loïs McMaster Bujold

    saga-vorkosigan-integrale-1.jpgAvant propos

    Loïs McMaster Bujold était pour moi une parfaite inconnue jusqu'à il y a environ deux mois. Au cours d'une sortie en librairie (car les bibliothécaires ne sortent de leur trou à araignées qu'à l'occasion d'achats en librairie - quand ils ne font pas de commandes en ligne...), mon oeil a été attiré par une jolie couverture de J'ai Lu, qui annonçait : Saga Vorkosigan, Intégrale, tome 1. Et il y avait le tome 2 à côté.

    Saga Vorkosigan ? Jamais entendu parler. Puis je vois la mention "prix Hugo" plusieurs fois répétée. Plusieurs des romans de la saga l'ont reçu ?! Connaissant le génie d'un Vernor Vinge, deux fois lauréat de ce prix, je me dis que là, j'ai un trou dans ma culture SF. Bref, le marketing (belle couv + indication des prix littéraires) a fonctionné sur mon pauvre esprit avide de space opera. Et l'auteur est une femme, ce qui en matière de space opera justement, reste assez rare. J'ai donc acheté les deux tomes de l'intégrale.

    Ceux-ci regroupent plusieurs romans et nouvelles. Chute libre, aussi intitulé ailleurs Opération cay, est le premier roman de la première intégrale, et n'a pas de rapport direct avec le héros éponyme, Miles Vorkosigan. Il a obtenu le prix Nebula en 1988.


    chute libre.jpgChute libre / Operation Cay

    Leo Graf, spécialiste des soudures en milieu spatial, est envoyé par sa compagnie dans une station orbitale pour y enseigner son art aux ingénieurs qui y vivent. Il découvre sur place une réalité déconcertante : ses élèves sont des Quaddies, des êtres dotés de quatre bras, produits de l'ingéniérie génétique destinés à pallier les inconvénients du travail en apesanteur. Issus de la recherche, les plus âgés forment une génération de jeunes gens d'environ 20 ans, tous les autres étant encore des enfants.

    Bien que leur humanité ne fasse aucun doute pour qui les côtoie, Léo Graf le premier, ils sont le produit de la recherche, des objets bien plus que des sujets, soumis à la loi de l'offre et de la demande. Les améliorations génétiques et le cadre strict de leur éducation les ont rendu dociles, soumis aux impératifs de productivité. Cet état de fait crée un malaise chez Léo, qui pressent le pire pour les Quaddies...

    Ce court roman (une novella, peut-être, selon les standards américains) bénéficie d'une solide construction narrative, au service d'une histoire sympathique et divertissante. Le tout déborde un peu d'optimisme et pas assez d'originalité, mais cela ne m'a pas empêché de l'apprécier. Les Quaddies sont suffisamment attachants pour qu'on s'y intéresse, bien que leur naïveté puisse être fatigante, en résonnance avec celle du propos global.

    J'ai par ailleurs apprécié la belle cohérence de l'univers créé par Lois McMaster Bujold, qu'on retrouve plus tard dans l'intégrale avec le "vrai" commencement de la saga Vorkosigan. Les résultats physiques et sociaux de l'ingéniérie génétique sont exposés avec assez de vraisemblance pour me convaincre (certes, ce n'est pas difficile, car je ne suis pas scientifique) et les enjeux de la création et de l'exploitation des Quaddies plutôt bien trouvés.

    Une lecture agréable, sans génie, mais charmante.

    Genre : space opera

    Editions J'ai Lu, 2011

     

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  • Blogueuse en vacances

    Je pars en vacances loin de toute connexion Internet pendant deux semaines. Je reviendrai avec des  chroniques de space opera pour le Summer StarWars, c'est promis !

    A très bientôt, et bonnes vacances pour ceux qui en ont  !

  • La cité de perle, de Karen Traviss (Les guerres Wess'har, tome 1)

    La cité de perle est le premier roman traduit en français de l'auteur anglaise Karen Traviss, connue par ailleurs pour ses nombreux ouvrages de l'univers de Star Wars. Ce n'est donc sans doute pas un hasard que ce billet ouvre - chez moi du moins - le cycle des chroniques consacrées au Challenge Summer StarWars épisode VI de Mr Lhisbei et Lhisbei herself.

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    Karen Traviss, dans ce roman, développe la thématique écologique en prenant pour base une planète, Cavanagh, dont l'écosystème est férocement protégée par un guerrier hors norme, Aras. Les habitants naturels de la planète sont des formes de vie aquatiques, les Berezi. Quelques humains, arrivés il y a plusieurs générations, se sont installés sur la planète Cavanagh selon les conditions drastiques posées par Aras. La communauté est isolée du reste de la planète, confinée dans un espace terraformé pour elle, afin de lui permettre de cultiver les plantes nécessaires à sa survie. Un champ de force sépare leur territoire du reste de la planète, afin d'éviter toute contamination exogène.

    Les colons humains sont parfaitement satisfaits de leurs condition de vie, en accord avec leurs profondes convictions écologiques, politiques et religieuses. Ils ont dans ce sens envoyé un message au reste de l'humanité, signifiant qu'ils pouvaient les oublier et que tout allait bien, merci pour eux.

    Bien entendu, ils obtiennent le résultat inverse : une mission composée de scientifiques et de marines est envoyée vers eux, un voyage de 75 ans. La mission est dirigée par Shan Frankland, une officier de la police environnementale, et Lindsay, une militaire. Cette mission représente un enjeu énorme pour tous ses membres, puisqu'à leur retour chez eux, si retour il y a, tous leurs proches auront disparu.

    Arrivées sur place, les dirigeantes découvrent rapidement les règles du jeu et les conditions sans appel posées par Aras, payant brutalement le prix du sang pour la désobéissance d'un des membres de l'équipe. Aras appartient au peuple Wess'har, qui habite sur la planète voisine du système. Ce peuple, écologiste convaincu, n'hésite pas à exterminer les colonies polluantes mettant en danger les espèces locales. Aras est un de leurs champions en la matière...

    Une étrange entente s'installe entre Shan Frankland et Aras, les deux solitaires, alors que le Capitaine Lindsay, aux prises à avec des problèmes personnels déstabilisants, se replie sur elle-même. Vient un moment où les explorateurs doivent choisir leur camp ; celui des colons et d'Aras, ou celui du reste de l'humanité, qui vient frapper aux portes de ce lointain système...

    Dépaysement. Voici le maître mot de ce roman. On n'est jamais chez soi. Et c'est bien ! J'ai apprécié ce roman parce qu'il m'emmène ailleurs, en compagnie de gens différents - on découvre progressivement à quel point l'est Aras, tellement différent même qu'il ne ressemble en rien à ce qu'il était initialement.

    Je n'irai pas chercher dans ce roman de profondeur philosophique, à part l'évidente importance du thème écologique ; on y voit les bienfaits, les dérives et tous les dommages collatéraux provoqués par la défense de l'écologie poussée au bout de son raisonnement. Le questionnement est intéressant, et il est dans l'air du temps.

    L'écriture de Karen Treviss a l'avantage de la simplicité : avec un contexte aussi exotique, c'est en effet un atout pour emmener rapidement le lecteur dans son univers. Elle a bien travaillé certains de ses personnages, particulièrement Shan Frankland et Aras, dont les motivations profondes sont singulières et attachantes, mais les autres protagonistes sont plus caricaturaux.

    Je n'ai pas développé une passion ardente pour ce roman, pourtant intelligent. Peut-être est-il tout simplement honnête, manquant un peu de l'ambition d'oeuvres comme celles de Vernor Vinge (Un feu sur l'abîme, Au tréfonds du ciel), qui restent pour l'instant mes références en space et planet opera (hors Honor Harrington, bien entendu).

    Il reste que ce fut une expérience plaisante, et que je lirai avec curiosité d'autres titres de cette auteur.

    Bragelonne, 2006.

    Genre : planet opera, space opera, science-fiction

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