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  • Dune, de Denis Villeneuve

    4633954.jpgBon, tout le monde parle de Dune, cette semaine, je ne suis donc guère originale. Mais je me devais de participer in extremis au Summer StarWars cru 2021, ne serait-ce que pour ne pas faire moins que son instigateur, M. Lhisbei (gloire à lui, à Lhisbei et à Excel Vador).

    Dune de Denis Villeneuve, donc. L'histoire est compliquée, mais on va essayer de faire simple : le duc Leto Atreides est mandaté par l'empereur Padishah pour reprendre la gestion de la planète Arrakis, surnommée Dune. Arrakis étant la seule planète sur laquelle on trouve l'épice de prescience qui permet la navigation spatiale, Leto est potentiellement un homme très riche. En réalité, l'empereur est jaloux de la popularité de Leto et lui tend un piège, en collaboration avec les Harkonnen, une famille rivale moche, méchante et redoutable. Leto, lui, est beau et honorable. Il a aussi une compagne, Jessica, et un fils Paul. Ce dernier possède des capacités psychiques particulières, capacités qui se déploient de façon exponentielle à son arrivée sur Arrakis, en raison de la proximité permanente de l'épice. Le récit est raconté du point de vue de Paul.

    Dune est un film qui se veut grandiose, par ses images, son montage, ses cadrages... Il y réussit, au moins en partie. Il appuie malheureusement son propos par trop de ralentis et de très gros plans, le rendant certes majestueux, mais aussi pesant. C'est comme si Villeneuve voulait nous convaincre à coup de marteau qu'il nous propose un grand film. Je n'ai certes pas besoin de tant d'encouragements, pour ma part : ses plans larges comme ses gros plans sont magnifiques, avec des cadrages décalés originaux et vivants. Les effets spéciaux sur les vaisseaux sont impressionnants. Bref, pas besoin d'en rajouter !

    La distribution des rôles est plutôt réussie, bien que Villeneuve n'ait pas fait preuve d'une grande originalité. Les acteurs que j'ai préférés dans leurs rôles respectifs sont Stellan Skarsgard en Baron Harkonnen (il a vraiment un don pour les personnages inquiétants), Rebecca Ferguson en Jessica (sous exploitée à mon sens, mais la force de Jessica transparaît très bien chez l'actrice), Oscar Isaacs en Leto Atreides (parfait), Timothée Chalamet en Paul (un peu fragile peut-être, mais assez intense pour être convaincant), Javier Bardem en Stilgar (pour le coup, c'est franchement réussi) et, last but not least, Jason Momoa en Duncan Idaho (c'est comme si Herbert lui-même avait écrit le personnage pour Momoa, et pourtant je n'ai habituellement pas une très haute estime du talent de cet acteur, malgré son physique avantageux).

    J'ai moins goûté la présence de Dave Bautista (que j'ai sans doute trop vu dans des superproductions ces dernières années), mais il faut bien avouer qu'il fait l'affaire dans le rôle de Rabban. Si Josh Brolin a la gueule de l'emploi pour jouer Gurney Halleck, sa prestation lors des épisodes de citations poétiques m'a paru totalement à côté de la plaque. Dommage, car il faut avouer que c'est l'un des aspects les plus intéressants du personnage du roman. Zendaya en Chani ne procure absolument aucune émotion. Cette fille fait très bien la gueule, je peux au moins lui accorder cela.

    Dans l'ensemble, cette distribution plutôt talentueuse me pose un problème : ces têtes archi-connues nous distraient de l'histoire, de l'univers. Sans doute ai-je été influencée par des sagas à succès comme Star Wars ou Game of Thrones, dans lesquelles le cast est initialement composé d'acteurs peu connus, ce qui permet de s'attacher au récit et aux personnages, sans attendre quoique ce soit de tel ou tel acteur.

    Ce choix de tête d'affiches se comprend : c'est une assez bonne garantie d'attirer le public cible en salle (les 30-55 ans), alors qu'il est soumis à tant d'impératifs en cette rentrée 2021 (le pass sanitaire, la rentrée des classes pour les parents, la reprise des activités professionnelles et personnelles, etc.). Néanmoins, avec cette distribution à la mode, le risque demeure que cette oeuvre vieillisse aussi mal que celle de Lynch... L'avenir le dira.

    J'ai été frappée par la désaturation des couleurs, constante au long du film, que les scènes se déroulent sur Caladan ou sur Arrakis. Le bleu et le vert de Caladan sont bleu-gris et vert-gris, le jaune et le noir sur Arrakis sont jaune-gris et noir-gris. J'aurais imaginé quelque chose de plus chatoyant, au moins pour ce qui concerne Caladan. L'ensemble forme un bloc visuel très minéral, un choix esthétique que j'apprécie que peu, bien qu'il fasse sens.

    Cette minéralité se retrouve dans la bande-son, électrique, basse et très rythmée. J'ai eu l'impression tenace d'écouter des morceaux déjà entendus avant dans ma vie. C'est comme si cette musique était... obsolète ! Étrange sensation. Pas désagréable, mais étrange. Je crains qu'elle ne vieillisse très mal, mais une fois de plus, l'avenir nous le dira.

    royalty_mag_telerama_1029_v1_0.jpgLe style vestimentaire des personnages, distilles, tenues de cérémonie et autres armures de combat, m'a furieusement rappelé le style dans "La caste des Méta-Barons" de Gimenez et.. Jodorowsky ! Coïncidence ? D'autres, plus informés, pourront sans doute répondre plus avant à cette question.

    Le film propose tout de même quelques épisodes vestimentaires étonnants, voire anachroniques, du style "écrivain bohème et maudit du 19e siècle", entre Chateaubriand et Beaudelaire, pour Timothée Chalamet en Paul Atréides. Il faut dire qu'il a le physique de l'emploi !

    L'adaptation du récit est assez fidèle au roman, bien que certaines informations, délivrées bien plus tard dans le roman d'Herbert, soient là exposées assez tôt. Villeneuve a également choisi de sauter des passages entiers, comme le repas avec les notables locaux et toute la partie où le duc Leto fait croire à Jessica elle-même qu'il est fâché contre elle. Cela ne dessert pas le film, qui resserre ainsi le récit sur Paul et sa mère, et leur adaptation aux périls politiques, environnementaux et sociaux d'Arrakis.

    Villeneuve a su, de façon tout à faite étonnante, mélanger dans les mêmes séquences des moments de tension et de danger avec des scènes d'intimité, comme les visions de Paul, rendant ainsi les secondes plus dramatiques et les premières moins écrasantes.

    Pour être honnête, je n'ai pas vu passer les deux heures et demie du film, et j'ai été très heureuse de pouvoir le voir en salle, puisqu'il a été fabriqué pour cela.

    Les choix artistiques de Denis Villeneuve, bien qu'ils ne me convainquent ou ne me plaisent pas tous, sont respectables et j'apprécie son engagement dans une vision très personnelle de l'adaptation du roman d'Herbert. La qualité de réalisation est bien là, ainsi que la direction d'acteurs. Si je n'apprécie pas la distribution trop racoleuse, j'admets qu'elle est certainement un mal nécessaire pour que cette vision puisse avoir une suite et une fin. Je reverrai ce film avec plaisir. Longue vie à Dune !

     

     

  • Coeurs d'acier (De haut bord, tome 1), H. Paul Honsinger

    space opera,science fictionQuatrième de couverture :

    21 janvier 2315. L'Union de la Terre et des Mondes colonisés est en guerre contre les Krags, une guerre sans merci dont l'issue peut conduire à l'anéantissement de l'espèce humaine. Par ordre de l'amiral « Tape-Dur » Hornmeyer, le lieutenant Max Robichaux, promu capitaine de corvette, reçoit le commandement du Cumberland, un destroyer de classe Khyber, moderne et puissant. Sa mission : arpenter furtivement le Libre Corridor et frapper le commerce krag afin de saper son effort de guerre. Son handicap : un équipage sans moral et sans efficacité qui a fait du Cumberland la risée de la flotte. Son bouclier : la Spatiale de l'Union, coeurs d'acier ses vaisseaux, coeurs d'acier ses matelots et ses officiers.

     

    Mon avis :

    Pour l'internaute qui tomberait ici par hasard (mais quand même, ça m'étonnerait), ce roman entre tout pile dans ma madeleine de proust : le space opera militaire !

    N'ayant pas apprécié ma dernière tentative de nouvelle série de space opera (Lazare en guerre de Jamie Sawyer, dont je n’ai pas écrit de chronique), j'ai abordé ce nouveau roman avec une certaine circonspection. J'ai traqué ses défauts tout en espérant ne pas me gâcher moi-même la lecture.

    Et je n’ai pas eu à traquer très longtemps… Ce qui m'a nettement contrariée dans ce premier tome est la manière peu subtile, voire carrément fluorescente, dont H. Paul Honsinger a évacué d'emblée la moitié de l'humanité de son récit, par le truchement d’un virus ciblant exclusivement la gente féminine. Honsinger a écrit son roman en 2012, il y a moins de 10 ans, et même si #MeToo n'était pas encore passé par là, éliminer les femmes d'un roman de ce type est un tantinet voyant, et fait immédiatement penser, peut être à tort concernant H. Paul Honsinger, aux plus conservateurs et misogynes des écrivains américains du genre, les rabbid puppies.

    Sur les vaisseaux de l’Union, il n’y a que des petits garçons, des adolescents et des hommes. Une manière que l'auteur pensait peut-être habile de se rapprocher des récits de guerre maritime mettant en scène les hommes - mousses, cadets et marins confirmés - sur les voiliers britanniques de la fin du 18e siècle, récits dont il s'inspire très largement (voir les aventures de Horacio Hornblower et Jack Aubrey). Mais ma fibre féministe et égalitariste en a pris ombrage, soyons clair.

    Le deuxième défaut du récit tient à l’irréalisme des références historiques des personnages, qui, vivants au 24e siècle, seraient des experts de l’histoire militaire des 19e et 20e siècle. L’amiral Nelson, le général Patton et autres grandes figures des 200 dernières années s’invitent dans les dialogues d’officiers en guerre depuis leur plus tendre enfance… Où et quand auraient-ils eu le temps d’apprendre des références aussi ancienne ? C’est sympathique, mais incohérent.

    Le troisième défaut, si on aime la contextualisation géopolitique, c’est que cette dernière est assez peu développée dans ce premier tome de la série De haut bord. Évidemment, dès qu’on parle de contexte géopolitique, pas grand-chose ne peut se comparer à Honor Harrington. Donc je ne comparerai pas l’incomparable. Je me contenterai de dire que si vous aimez les arrière-plans solides, vous serez peut-être un peu déçu. L’auteur en rajoute au niveau des acronymes, qui donnent l’impression de se substituer, sans succès, à un exposé plus en profondeur du contexte.

    Pour autant, je me dis que grâce cette relative légèreté contextuelle, et pourvu qu’on ne fuit pas devant lesdits acronymes, le roman peut constituer un bon point de départ pour qui s’intéresserait en néophyte au genre du space opera militaire.

    Cela nous amène donc doucement mais sûrement aux qualités du roman.

    Les personnages sont d’emblée sympathiques, bien que relativement caricaturaux. Max (Maxwell ou Maxime ? Je crois avoir vu les deux versions dans le roman, à ma grande confusion) Robichaux est un officier avide de combat rapproché avec les Krags, les ennemis de l’humanité, qui possède aussi des qualités de meneur d’homme. Il a une bonne intelligence tactique et surtout une intelligence humaine, qui lui permet de ramener son équipage dans la norme d’efficacité de la Flotte.

    C’est très certainement ce point qui constitue l’intérêt principal de ce premier tome : la façon dont Robichaux, pour son premier commandement, utilise à bon escient les (un peu trop) excellentes qualifications de ses officiers de bord et mène à la baguette - mais pas au fouet - un équipage psychologiquement très abîmé et démotivé par son précédent commandement pour lui faire retrouver sa fierté. Robichaux est lui-même l’objet d’attention et de soin, laissant deviner une profondeur intéressante, qui je l’espère sera développée dans les tomes suivants.

    Le principal personnage secondaire (oxymore !), qui est souvent le second dans ce genre de roman, est tenu ici par le médecin de bord. Doté d’un peu trop de qualités à mon goût, il n’en reste pas moins tout à fait attachant et sympathique. Les autres personnages, qui n’échappent pas aux clichés, servent le récit et font le job.

    Je mettrai un petit point en plus pour les références constantes, et agréables à l’oeil du lecteur francophone, à la culture, au dialecte et à la cuisine cajun. C’est tout à fait délicieux, dans tous les sens du terme, et cela évite aux personnages principaux de coller à profil WASP trop conservateur. Le médecin est d’ailleurs entièrement hors de la culture blanche américaine : il est de confession musulmane, et d’origine turquo-arabe.

    Bien que sans surprise, l’art et la manière de mener l’arc narratif concernant les hommes à bord sont agréables au lecteur : de l’humour, d’excellents dialogues, et des tirades parfois brillantes. Il y a des moments de grâce, et de rire, à côté desquels il serait dommage de passer.

    Je regrette cependant le traitement « par-dessus la jambe » du sacrifice de certains membres de l’équipage face à l’ennemi (je ne spoile pas plus avant). Les sentiments de deuil et de perte ne sont pas traités, pas plus que l’état d’esprit des soldats au moment de leur sacrifice. C’est d’autant plus dommage que bien d’autres aspects psychologiques sont abordés avec pertinence (voir plus haut, sur l’état moral de l’équipage et de son commandant).

    Ce premier tome de De haut bord propose au lecteur de très nombreux clins d’oeil (trop nombreux parfois) à de célèbres œuvres littéraires ou cinématographiques : les romans maritimes de Cecil Scott Forester et Patrick O’Brian, l’univers Star Trek de Gene Rodenberry, les romans de space opera des monstres sacrés du genre… Le lecteur un peu au fait des œuvres de space opera appréciera, mais sans doute que le spécialiste en sera agacé.



    Pour conclure, malgré d’évidents défauts, le plaisir l’a emporté dans cette lecture du premier tome de De haut bord. L’humour, la qualité des dialogues, l’art et la manière de mener un groupe humain à se dépasser, sont les points fort de ce roman. Suffisamment fort à mon sens pour faire oublier, ou du moins minimiser, ses défauts. Je prévois de lire dans un délai raisonnablement court les 2 tomes suivants.



    Ce billet a été rédigé dans le cadre de l'indétrônable challenge Summer Star Wars de M. Lhisbei, 11e du nom. Gloire à lui, à Lhisbei et à l'enseigne Excel Vador !

    space opera,science fiction

     

     

  • Star Trek : Picard

    star-trek-picard-poster.jpgJe termine à l'instant, plusieurs mois après sa sortie, le dernier épisode de la saison 1 de Star Trek Picard. Un épisode final qui aurait pu l'être plus (final, s'entend), mais qui me remplit de joie, de chaleur, d'optimiste, d'humanisme, d'allégresse et... Bon. Je crois que tout le monde a compris. L'émotion l'emporte.

    Maintenant, on va tenter de revenir à la raison.

    Star Trek : Picard reprend donc le personnage de Jean-Luc Picard, initialement capitaine de Starfleet dans la série Star Trek : la nouvelle génération. Le personnage est toujours joué par Sir Patrick Stewart, devenu iconique grâce à ses rôles dans Star Trek et X-Men.

    Star Trek : Picard propose une nouvelle pousse dans l'univers de Gene Roddenberry. Picard, à la retraite dans son vignoble français, est rattrapé par son passé. Il a quitté Starfleet 15 ans auparavant, avec pertes et fracas, face à la décision d'interdire toutes les formes de vies synthétiques. Hanté par ses souvenirs et son affection pour son défunt ami l'androïd Data, il a très mal vécu cet épisode. Dhaj, une jeune femme en danger de mort, le contacte. Pour sauver Dhaj, puis sa soeur Soji, Picard tente de tirer quelques ficelles de sa vie antérieure au sein de Starfleet. Mais son titre d'amiral ne lui est d'aucune utilité : il est persona non grata. Nous suivons donc, durant 10 épisodes, les efforts pas toujours couronnés de succès de Picard pour tenter de sauver Dhaj, puis Soji, de leurs ennemis.

    Picard est un vieil homme fatigué, malade, têtu et pour tout dire, pas très facile à vivre. C'est aussi un humaniste indécrottable. Le grand âge, la maladie ne l'épargnent pas. Il reste néanmoins farouchement convaincu des grands principes qui ont dirigé sa vie d'explorateur spatial : le respect de la vie sous toutes ses formes, et l'absolue conviction que l'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.

    Il s'entoure d'un aréopage de personnages plus ou moins vraisemblables, mais qui ont une facette fêlée, abîmée, voire carrément ratatinée. Des personnages attachants, qui réussissent presque tous à acquérir un minimum de profondeur durant les 10 épisodes de cette saison. Ils ne sont pas tous réussis, loin s'en faut. Mais le fait que le spectateur prenne l'histoire en route, avec un passé dont il découvre les détails progressivement et qui a des répercussions essentielles dans le présent du récit, lui permet de s'immerger rapidement dans l'univers et d'accepter ce qu'on lui présente.

    L'héritage de la série Star Trek : la nouvelle génération est clairement revendiqué et l'action se déroule 20 ans après les événements du film Star Trek Nemesis. Je précise que quelqu'un qui n'aurait vu ni la série ni le film, comme moi, ne se sentira pas totalement perdu. Il m'a manqué quelques références, mais cela ne m'a pas gêné pour suivre et apprécier le récit.

    Patrick Stewart, qui aura quand même 80 ans cet été, fait un Picard très réussi, fragile et volontaire. J'ai particulièrement apprécié que la réalisation montre sans fard (ou si peu) l'effet de la vieillesse sur un homme. C'est d'ailleurs un des éléments les plus intéressants de cette énième émanation de l'univers de Star Trek, et du space opera télévisuel ou cinématographique en général ; car en effet, je n'avais pour ma part jamais vu traitée la question de la vieillesse (et je parle bien de la vieillesse, non de la mortalité). Cette fragilité grandissante, cette perte de mobilité, d'énergie et de capacité d'adaptation, ces rides et ces rhumatismes qui s'installent et plus jamais ne nous laissent tranquilles... Tout cela participe de la sensibilité étonnante - et bienfaisante - de l'oeuvre. C'est touchant, c'est philosophique... et c'est une grande félicité.

     

     

    Ce billet a été rédigé avec grand plaisir et dans la joie que m'a procurée Lhisbei, grande prêtresse du Summer Star Wars, lorsqu'elle m'a gentiment invoquée sur les réseaux sociaux pour m'inciter à participer à ce 11e opus. Si vous revoyez (enfin) un nouveau billet sur ce blog, c'est elle qu'il faut remercier !

     

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  • Le marteau de Dieu, d'Arthur C. Clarke

    marteau de dieu.pngRésumé : XXIIe siècle. La Lune et Mars sont colonisées, l'homme règne en maître sur le système solaire et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes... jusqu'au jour où l'on apprend qu'un astéroïde fonce vers la Terre. La collision va libérer une énergie colossale qui détruira toute vie sur la planète bleue. D'ailleurs il existe un précédent : 65 millions d'années avant notre ère, semblable catastrophe mit fin au règne des dinosaures. Un nom s'impose alors pour baptiser l'astéroïde : Kali. Heureusement, les autorités ont tout prévu : le capitaine Robert Singh et son équipage, à bord du vaisseau spatial Goliath, sont chargés de modifier la trajectoire de Kali. Oui, les hommes ont tout prévu... sauf l'imprévisible ! 

     

    Mon avis : j'ai quasiment découvert la plume d'Arthur C. Clarke en lisant ce court roman (moins de 200 pages), car je n'ai aucun souvenir de ma lecture, jadis, de 2001 l'odyssée de l'espace. Voici donc un récit très rythmé, composé de chapitres courts, à la construction assez complexe faite de flash-backs permettant de creuser le contexte et les personnages. Un roman qui m'a surprise par sa modernité.

    J'avais un regard assez condescendant sur Arthur C. Clarke (oui, j'ai osé) : bien que je ne doutais pas de son talent, c'était pour moi un vieil auteur, un des big three (avec Asimov et Heinlein) de l'époque de la SF à papa, qui a écrit ce texte en 1993 alors qu'il avait presque 80 ans. Je ne m'attendais pas à un texte aussi percussif, tant dans la forme que dans le fonds.

    Il y est donc question de la vie de Robert Singh, sur Terre, sur Mars et dans l'exercice de son métier de capitaine de vaisseau scientifique, finalement catapulté responsable de la survie de l'humanité. Un homme complet et complexe, certainement pas un héros sans peur et sans reproche. Il est question évidemment de la découverte fortuite, par un amateur, d'un astéroïde dont la trajectoire finit par menacer la terre, alors même que l'humanité prévoyante avait mis en place un système de surveillance de trajectoire des astéroïdes. Il y est enfin question de toutes les réactions et de tous les plans mis en oeuvre pour éviter cette collision, sans garantie de réussite, par l'ensemble de l"humanité.

    Le Goliath, le vaisseau de Robert Singh, a donc comme mission initiale (teaser !) d'appliquer une poussée régulière et précise sur Kali, l'astéroïde de 2 millions de tonnes, grâce à l'ajout d'une quantité quasi littéralement astronomique de carburant à sa propulsion de base. Une poussée qui doit durer plusieurs semaines pour parvenir à infléchir la course de Kali de quelques mètres, des mètres qui se transformeront en kilomètres à l'issue de sa trajectoire aux alentours de la terre. Mais la vie, c'est comme une boite de chocolat, disait la maman de Forrest Gump : si ça doit merder, ça va merder (oui, bon, vous m'avez comprise : savoir sur quel Murphy on va tomber... ).

    Cet aspect ne constitue qu'une partie du roman, qui pose par ailleurs, avec une légèreté appréciable, un contexte politique et scientifique bien troussé. Les humains ont colonisé la Lune et Mars dans une description crédible qui fleure bon l'auteur qui maîtrise son sujet et qui propose une anticipation plutôt que du space opera flamboyant. Arthur C. Clarke raconte de nombreuses anecdotes de l'histoire des sciences dans son roman, suffisamment bien intégrées dans le récit pour qu'elles nous instruisent sans nous donner l'impression de lire un cours. Il nous prévient que cela nous arrivera et liste les options qui s'offrent à nous dans un futur pas trop lointain.

    Le marteau de Dieu est un roman d'anticipation réaliste, dynamique et sans beaucoup de concessions sur le réel, tant en termes d'avancées scientifiques que de réactions humaines. Il ne prend pas son lecteur pour un imbécile. J'y ai trouvé provende, et j'ai apprécié cette plume bien plus moderne que je ne le pensais.

     

    Une belle expérience de lecture pour inaugurer ma participation au Summer Star Wars - Solo (oui, je sais, il était temps - mais n'empêche que je n'avais pas blogué depuis plus d'un an, alors bon...).

     

    anticipation, science fiction, space opera

     

    Genre : anticipation, science-fiction, space opera (oui quand même un peu)

  • La reine rouge (Saga Vorkosigan, tome 20), de Lois McMaster bujold

    2011252_medium.jpgRésumé : Trois ans après la disparition de son illustre mari, Cordelia Naismith Vorkosigan a de nouveaux projets. Oliver Jole, amiral de la flotte de Sergyar, se retrouve mêlé à ceux-ci d'une façon inattendue. Miles, auditeur impérial, se voit alors attribuer une enquête embarrassante sur sa mère. 

     

    Mon avis : J'ai une mauvaise nouvelle : pour lire La reine rouge, il faut avoir lu tous les tomes précédents de la saga (à découvrir ici, et aussi ). Pourquoi ? Parce que la très grande richesse et l'heureuse complexité du personnage Cordelia Vorkosigan, ainsi que son histoire personnelle fertile en rebondissements, sont pleinement exploitées dans ce tome. Et ne pas comprendre une référence ôterait toute sa saveur à ce roman, un récit intime bien plus qu'un roman d'aventures - une fois n'est pas coutume. 

    Pour qui voudrait retrouver Miles Vorkosigan dans ses habituelles pitreries, qu'il passe son chemin. L'apparition de Miles dans le roman est quasi anecdotique. Non, il s'agit là de Cordelia, son parcours hors-normes, sa responsabilité politique de Vice-Reine de Sergyar, ses questions existentielles, sa recherche du bonheur en dépit du deuil, son âge, sa maternité plus que bousculée. 

    A travers les actes et les sentiments de Cordelia, Lois McMaster Bujold fait passer quelques messages, comme à son habitude. Celui qui m'a certainement le plus marqué met en lumière l'extrême liberté de Cordelia en matière de mœurs, à des années lumière du puritanisme imprégnant la bonne société américaine. L'autrice démontre que les moeurs libérées ne sont pas synonymes de superficialité, et que la profondeur et la sincérité des sentiments ne sont en rien entamées par celles-ci.

    Par ailleurs, on voit Cordelia gouverner au quotidien, un tableau attachant et très intéressant qui parle de politique dans le sens premier du terme, un exercice à la fois noble et pragmatique.

    Ce vingtième opus de la saga m'a également permis de comprendre quelques détails qui m'avaient auparavant échappé -  comme la nature exacte de la planète Sergyar, qui a une importance fondamentale dans le choix de Cordelia et Aral de s'y installer comme vice-reine et vice-roi.

    Ainsi donc, tout comme L'alliance qui s'attardait sur Ivan (espèce de crétin ! Oups, pardon, ça m'a échappé !), La reine rouge est consacrée à Cordelia. On peut y voir l'essoufflement d'une autrice qui peine à alimenter sa longue saga. J'y décèle pour ma part l'immense affection de Lois McMaster pour ses personnages, affection que je partage.

    Il y a beaucoup de tendresse dans ce vingtième opus. Cordelia est certainement un des plus riches personnages de la Saga en dehors de Miles Vorkosigan lui-même, et ce roman lui rend un hommage émouvant.

     

    Ce billet intègre, comme de bien entendu, le Summer Star Wars de M. Lhisbei, avec la participation de Lhisbei et Excel Vador, bénis soient-ils au delà de toutes les galaxies.

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  • Les Aux', de David Gunn

    1412-faucheur-i_org.jpgRésumé : Sven est un tueur féroce et la pire tête de mule de l’Empire. Il est humain à 98,2 %, ce qui lui permet de guérir d’atroces blessures en un temps record. Repéré par l’Empereur, il est incorporé dans son armée d’élite, les Faucheurs. Là, on lui offre une nouvelle vie… en échange d’une mission suicide. Au coeur de l’ouragan de métal et de feu qui s’ensuit, Sven comprend vite qu’il n’est qu’un pion dans un jeu mortel. Et la règle veut que les pions soient sacrifiés. Mais Sven ne s’encombre pas des règles…

    Mon avis : la série Les Aux' est composé de trois romans : Faucheur, Offensif, et Le jour des damnés. Une trilogie de space opera militaire, pas tout à fait militariste. Elle propose le récit de vie (ou plutôt, de survie), de Sven Tveskoeg, ex-sergent de la Légion et nouveau sous-lieutenant des Faucheurs d'un empire improbable, dirigé par Octo V, empereur âgé de 12 ans... depuis environ 300 ans. 

    Sven est un tueur, un meneur d'hommes - et de femmes -, un type qui préfère agir plutôt que réfléchir, parce que quand il réfléchit, cela lui fait littéralement mal à la tête. Sven est donc un personnage sévèrement burné (dans tous les sens du terme), un bourrin sans nuance - mais pas sans intelligence.

    Tout au long des trois tomes, le lecteur découvre un contexte militaire et politique qui implique les très antagonistes Empire Octovien - celui de Sven -, l'Union-Libre Galactique et l'empire Exarche ; contexte tripartite dans lequel Sven et ses Aux' (auxiliaires) tentent de survivre. Et vu que la plupart du temps, les gens qui les envoient au combat espèrent qu'ils se fassent tuer en chemin, ce n'est guère une tâche aisée pour leur chef de troupe. S'ensuite donc, très fréquemment, d'épiques scènes de massacre, d'étripage (littéral), de fusillades et parfois même de cannibalisme.

    Les Aux' est bien ce qu'il semble être : une série de romans rapides comme l'éclair, violents et cons comme la mort. Descriptions courtes, dialogues courts, chapitres courts. L'environnement SF est assez peu développé, bien que des tas de bonnes idées aient été puisées dans le cyberpunk (Carbone modifié, entre autres...), telles que les implants de sauvegarde de la conscience, les armes intégrées aux corps humains, ou les pouvoirs psychiques augmentés par des additifs extra-terrestres. Aucune réflexion n'est à attendre de sa lecture, qui relève du plaisir simple d'une madeleine de Proust : si tu aimes les punchlines, l'alcool, le sexe et la baston, tu es chez toi. Et oui, parfois, j'aime ça.

    Mais c'est également un peu plus que cela. Lorsqu'on prend la peine de lire la trilogie jusqu'au bout, on découvre une contextualisation politique assez complexe, des personnages dotés de reliefs, comme les fameux Auxiliaires, mais aussi le fameux empereur Octo V, mi-machine mi-humain. Les femmes ont tous les rôles dans ces romans, jolies potiches, putains, combattantes d'exception, dirigeantes militaires ou politiques, femmes d'influence : un bon point pour Les Aux' !

    Bien que totalement militaire, le récit ne peut pas être considéré comme militariste. Le narrateur est douloureusement conscient de son statut de chair à canon, un simple pion manipulé par les grandes puissances qui l'entourent et le manient à leur guise, sans souci aucun de la valeur d'une vie humaine dans le cours d'une guerre.

    Sven est accompagné d'un SIG doté d'un Intelligence Artificielle. C'est à dire qu'il se balade constamment avec un flingue qui parle, critique, commente et n'en fait parfois qu'à sa tête. Et c'est ce personnage improbable qui provoque chez le lecteur de vrais éclats de rire : les traits d'esprit - dans le genre humour noir - fusent entre Sven et son SIG, et font passer crème les aspects plus rudimentaires du roman.

    On rit, on s'amuse à défourailler dans tous les coins et on passe à autre chose. La trilogie des Aux' non seulement ne déçoit pas son lecteur, mais laisse quelques traces plaisantes ; on ne lui en demande pas plus.

     

    Genre : space opera, SF militaire

    Éditeur : Bragelonne, version numérique.

     

     

    Ce billet intègre le Summer Star Wars de M. Lhisbei, avec la participation de Lhisbei et Excel Vador, bénis soient-ils au delà de toutes les galaxies.

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  • Les derniers Jedi, Star Wars VIII, de Rian Johnson

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    Chronique presque sans spoiler.

     

    Synopsis : Les héros du Réveil de la force rejoignent les figures légendaires de la galaxie dans une aventure épique qui révèle des secrets ancestraux sur la Force et entraîne de surprenantes révélations sur le passé… 

     

    Mon avis : Qu'ai-je pensé de ce 8e opus ? L'ai-je aimé ou détesté ? Pour tout t'avouer, ami lecteur, je me tâte encore.  Si j'étais sortie avec le sourire aux lèvres et des sapins de noël dans les yeux de la projection de l'épisode VII il y a deux ans, même si je savais qu'on m'avait servi une belle copie de l'épisode IV, ce ne fut pas le cas cette fois-ci. Je suis sortie... désorientée.

    Commençons, peut-être, par ce qui est, à mon sens, réussi : l'univers visuel. Certaines scènes sont à couper le souffle. La bataille finale sur la planète blanche et rouge est à tomber par terre, tant les contrastes de couleur sont marquants et somptueux. Le film vaut réellement la peine de se déplacer en salle obscure pour cette raison.

    L'évolution du personnage de Luke Skywalker, devenu misanthrope, dépressif et franchement désagréable - on dirait Ben Affleck en Batman - m'a plu. Il est humain, égoïste et adore se complaire dans l'auto-apitoiement. Bref, un vrai personnage ! Même si, effectivement, la fameuse scène du sabre-laser au début du film aurait pu trancher un peu moins avec la solennité de cette même scène à la fin du film précédent. J'avais l'impression de voir les facéties de Simon Pegg en plein milieu d'un temple bouddhiste. C'était drôle, mais déplacé. Les relations houleuses entre Rey et Luke, teintées de comédie, ont pour rôle de rappeler les scènes drôlatiques de l'initiation de Luke avec Yoda sur Dagobah, dans L'Empire contre attaque. Avec plus ou moins de bonheur, suivant les moments.

    Le lien entre Kylo Ren et Rey est totalement novateur, étranger à l'univers Star Wars. J'ai la nette impression que Rian Johnson a vu, comme moi, la série Sense8, de Lana Wachowski, tant ce lien entre les deux protagonistes ressemble à celui qui unit les sensitifs dans la série. Cette nouveauté peut déranger par son incongruité, mais elle m'a conquise, sans doute parce que je suis déjà une fan de la série Sense8 et de ses personnages extraordinaires, mais aussi parce qu'elle colle finalement plutôt bien au concept de la Force.

    Cette bonne surprise n'a pourtant pas amoindri le désappointement que j'éprouve une nouvelle fois face au personnage de Kylo Ren. Une tronche de méduse échouée (oui, bon, ok : on a dit pas le physique), un ego blessé d'adolescent en mal de reconnaissance : il m'agace. Dommage, car les relations qu'il établit avec Rey sont intéressantes, complexes et pleines de promesses.

    Passons ensuite aux déceptions que j'ai pu ressentir : la rencontre et le voyage de Finn et Rose, bien que sympathiques, semblent être totalement gratuits et sans intérêt pour l'avancement du récit. J'avais l'impression d'être devant la longue scène de 50 pages sur Tom Bombadil dans le Seigneur des anneaux de Tolkien (aïe, pas taper !). En moins ennuyeux, tout de même. Je ne parle pas de Poe, dont le personnage donne l'impression de tourner en rond. On dirait qu'il n'est là que pour rappeler au spectateur qu'un pilote de la rébellion, c'est cool.

    De même, j'ai été déçue de la conclusion de l'assommante poursuite entre les vaisseaux des Rebelles et ceux du Nouvel Ordre. Elle remet en cause toutes les précédentes scènes de bataille spatiale de l'univers Star Wars sans explication ; elle introduit un élément étranger qui est, cette fois, incohérent. Qu'il aurait été facile de détruire toutes les étoiles noires des précédents épisodes avec pareil procédé !

    Ne parlons pas de la façon dont la Force se manifeste chez Leia Organa : cela m'a immédiatement fait penser à une scène de Superman en majesté (et en vol) dans Man of Steel. C'était d'un ridicule... Dommage pour un personnage aussi royal. Car feue Carrie Fischer en impose dans son rôle du général Leia Organa à chacune de ses apparitions à l'écran, avec dignité, grandeur et... malice. Un vrai bonheur.

    Certains personnages, dont un méchant majeur, meurent ou disparaissent en un claquement de doigt, tels des pions sacrifiables sur un échiquier incompréhensible. L'identité des parents de Rey est donnée au débotté, sans la moindre révélation fracassante, alors qu'on en attendait beaucoup de ce côté. Bref, de multiples arcs narratifs auraient pu être développés et se sont terminés en queue de poisson. C'est comme si le film ne prenait pas le temps de se consacrer à des histoires, à des personnages, alors même qu'il dure 2h30 ! Cela a généré, pour moi, de multiples petites déceptions durant le visionnage. Je veux bien de l'action, mais pas au détriment de la profondeur de narration.

    Les dernier Jedi est-il une copie de l'épisode V, le très fameux et très controversé Empire contre attaque ? Par certaines scènes, oui, évidemment. Mais je ne peux pas dire que cela m'ait fondamentalement dérangée. Non, ce qui m'a gênée, je pense, est la présence de scènes et développement inutiles, la conclusion hâtive d'arcs narratifs pourtant fort prometteurs dans l'épisode précédent, et l'introduction de certains concepts totalement étrangers à l'univers Star Wars.

    Les derniers Jedi  donne l'impression de ne pas savoir ce qu'il veut : rendre hommage à l'épisode V, comme J.J. Abrams l'avait fait pour le film précédent avec l'épisode IV, ou prendre tout le monde à contre-pied pour surprendre et innover ? Il mélange allègrement les deux tendances sans obtenir une mayonnaise qui tienne.

    Ma conclusion ? Je ne suis pas entièrement déçue, ni vraiment enthousiaste. Les derniers Jedi m'a perdue et rendue... perplexe. J'attends donc de voir comment J. J. Abrams transformera l'essai dans l'épisode IX.

     

     

    Genre : space opera, space fantasy

     

    Ce billet inaugure, comme de bien entendu, le Summer Star Wars de M. Lhisbei, avec la participation de Lhisbei et Excel Vador, bénis soient-ils au delà de toutes les galaxies.

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