Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

space opera

  • Les Aux', de David Gunn

    1412-faucheur-i_org.jpgRésumé : Sven est un tueur féroce et la pire tête de mule de l’Empire. Il est humain à 98,2 %, ce qui lui permet de guérir d’atroces blessures en un temps record. Repéré par l’Empereur, il est incorporé dans son armée d’élite, les Faucheurs. Là, on lui offre une nouvelle vie… en échange d’une mission suicide. Au coeur de l’ouragan de métal et de feu qui s’ensuit, Sven comprend vite qu’il n’est qu’un pion dans un jeu mortel. Et la règle veut que les pions soient sacrifiés. Mais Sven ne s’encombre pas des règles…

    Mon avis : la série Les Aux' est composé de trois romans : Faucheur, Offensif, et Le jour des damnés. Une trilogie de space opera militaire, pas tout à fait militariste. Elle propose le récit de vie (ou plutôt, de survie), de Sven Tveskoeg, ex-sergent de la Légion et nouveau sous-lieutenant des Faucheurs d'un empire improbable, dirigé par Octo V, empereur âgé de 12 ans... depuis environ 300 ans. 

    Sven est un tueur, un meneur d'hommes - et de femmes -, un type qui préfère agir plutôt que réfléchir, parce que quand il réfléchit, cela lui fait littéralement mal à la tête. Sven est donc un personnage sévèrement burné (dans tous les sens du terme), un bourrin sans nuance - mais pas sans intelligence.

    Tout au long des trois tomes, le lecteur découvre un contexte militaire et politique qui implique les très antagonistes Empire Octovien - celui de Sven -, l'Union-Libre Galactique et l'empire Exarche ; contexte tripartite dans lequel Sven et ses Aux' (auxiliaires) tentent de survivre. Et vu que la plupart du temps, les gens qui les envoient au combat espèrent qu'ils se fassent tuer en chemin, ce n'est guère une tâche aisée pour leur chef de troupe. S'ensuite donc, très fréquemment, d'épiques scènes de massacre, d'étripage (littéral), de fusillades et parfois même de cannibalisme.

    Les Aux' est bien ce qu'il semble être : une série de romans rapides comme l'éclair, violents et cons comme la mort. Descriptions courtes, dialogues courts, chapitres courts. L'environnement SF est assez peu développé, bien que des tas de bonnes idées aient été puisées dans le cyberpunk (Carbone modifié, entre autres...), telles que les implants de sauvegarde de la conscience, les armes intégrées aux corps humains, ou les pouvoirs psychiques augmentés par des additifs extra-terrestres. Aucune réflexion n'est à attendre de sa lecture, qui relève du plaisir simple d'une madeleine de Proust : si tu aimes les punchlines, l'alcool, le sexe et la baston, tu es chez toi. Et oui, parfois, j'aime ça.

    Mais c'est également un peu plus que cela. Lorsqu'on prend la peine de lire la trilogie jusqu'au bout, on découvre une contextualisation politique assez complexe, des personnages dotés de reliefs, comme les fameux Auxiliaires, mais aussi le fameux empereur Octo V, mi-machine mi-humain. Les femmes ont tous les rôles dans ces romans, jolies potiches, putains, combattantes d'exception, dirigeantes militaires ou politiques, femmes d'influence : un bon point pour Les Aux' !

    Bien que totalement militaire, le récit ne peut pas être considéré comme militariste. Le narrateur est douloureusement conscient de son statut de chair à canon, un simple pion manipulé par les grandes puissances qui l'entourent et le manient à leur guise, sans souci aucun de la valeur d'une vie humaine dans le cours d'une guerre.

    Sven est accompagné d'un SIG doté d'un Intelligence Artificielle. C'est à dire qu'il se balade constamment avec un flingue qui parle, critique, commente et n'en fait parfois qu'à sa tête. Et c'est ce personnage improbable qui provoque chez le lecteur de vrais éclats de rire : les traits d'esprit - dans le genre humour noir - fusent entre Sven et son SIG, et font passer crème les aspects plus rudimentaires du roman.

    On rit, on s'amuse à défourailler dans tous les coins et on passe à autre chose. La trilogie des Aux' non seulement ne déçoit pas son lecteur, mais laisse quelques traces plaisantes ; on ne lui en demande pas plus.

     

    Genre : space opera, SF militaire

    Éditeur : Bragelonne, version numérique.

     

     

    Ce billet intègre le Summer Star Wars de M. Lhisbei, avec la participation de Lhisbei et Excel Vador, bénis soient-ils au delà de toutes les galaxies.

    ssw-8.jpg

  • Valérian et la cité des mille planètes, de Luc Besson

    395704.jpgGenre : space opera coloré

     

    Synopsis : Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d'agents spatio-temporels chargés de maintenir l'ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha - une métropole en constante expansion où des espèces venues de l'univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers. 

     

    Mon avis : Luc Besson sait réaliser des films. Les imaginer, les tourner, les monter. Et en plus, il adore, en SF, si on s'en réfère à ses deux space-operas (Le Cinquième Élément et Valérian), les univers très colorés. Donc, moi, j'aime quand Luc Besson fait un space-opera.

    Évidemment, c'est du Besson. Donc on a une réalisation virtuose, franchement réjouissante, sur une histoire un peu creuse mais enlevée, directement inspirée de deux des albums des créateurs de la BD éponyme, et dont les personnages font preuve d'une maturité qui s'élève au niveau d'un lycéen de seconde. Environ.

    La scène d'exposition est assez drôle, avec l'ajout successif des peuplades à l'ISS et sa transformation en cité des mille planètes, avec quelques clins d’œils sympathiques à des références bessoniennes ou extérieures. Mais ensuite, il faut passer la trop longue scène de destruction de la planète Mül : les très grandes filles longilignes qui dansent en s'étirant et souriant bêtement pendant 20 minutes, ça me gave. On entre ensuite dans le vif du sujet : la mission confiée à Valérian et Laureline, qui permet de passer au rythme du film d'action.

    Dane DeHaan et Cara Delevingne incarnent les rôles-titres, de façon aussi convaincante que possible, vu la faible complexité des personnages. J'ai vu ici et là des critiques virulentes contre le côté falot et pusillanime de Dane DeHaan, mais pour le coup, je trouve que c'est justement là ce qui est intéressant : le film porte son nom, mais il ne porte pas seul le film. Et d'ailleurs, le personnage original de la BD est sacrément bêta. Pas idiot, mais immature. Donc, Valérian par Dane DeHaan, c'est pas mal du tout, je trouve. Il a de jolis yeux et un beau sourire. Il est amusant. Pour une fois, le héros est mignon et compétent mais inconséquent. Il ne brille pas par son épaisseur. Ce n'est pas grave, ça arrive tout le temps au cinéma, d'avoir de tels personnages ; c'est juste qu'en général, il s'agit des personnages secondaires... ou des personnages féminins principaux.

    Le film est donc au moins autant porté, on l'aura compris, par Laureline / Cara Delevingne. Une fille. Jeune, sexy, engagée, avec un caractère affirmé et de la suite dans les idées. Vous pouvez remplacer par « un mec jeune, avec de belles tablettes de chocolat et des pectoraux, engagé, avec un caractère affirmé et de la suite dans les idées », et vous avez un pitch classique des films de SF/action/aventures. Rien de nouveau sous le soleil, donc, si ce n'est qu'on a changé le sexe du protagoniste. Laureline est un peu plus intéressante que son partenaire.

    Je trouve donc très dommageable qu'à la fin du film, *alerte spoiler !* Laureline succombe au charme de Valérian. Comprenez-moi : on sait depuis le début du film que Valérian convoite sa partenaire. Il tient le rôle classique du dragueur impénitent, ce qui agace Laureline. La transformer en poupée presque romantique à la fin du film est donc maladroit et absolument pas crédible. Il aurait été plus logique soit qu'elle le renvoie gentiment dans ses vingt-deux, en attendant qu'il évolue (dans les prochains films ?), soit qu'elle consente avec plus d'amusement et de distance - et non qu'elle succombe comme une potiche.

    Le personnage joué par Rihanna, plein de promesses lors de la scène d'introduction, est maladroitement approfondi par le scénario afin que le spectateur s'y attache en un temps record. Cela ne marche pas du tout. Dommage pour elle.

    Cela posé, parlons de ce qui est pleinement réussi dans le film : une réalisation échevelée, un univers visuel ultra coloré, des scènes d'action étourdissantes - au sens propre. Il fallait le voir au cinéma pour en profiter. Peut-être même en 3D, mais en 2D, ça passait très bien. Je ne parle pas du scénario, qui contient des trous plutôt visibles, mais bien de ce que le spectateur voit. Et ça envoie. C'était très beau, très enthousiasmant, et malheureusement, assez vain. Dommage que le film manque autant d'épaisseur, il est passé à ça de devenir culte.

    Valérian et la cité des mille planètes est ce qu'il annonce être, un blockbuster divertissant : on peut être déçu, mais il n'y a pas vraiment de promesses non tenues. J'ai fait avec, et j'ai apprécié.

     

    Cette chronique aurait dû rentrer dans le Summer Star Wars de Lhisbei et M. Lhisbei, mais j'ai trois siècles de retard. Et trois millénaires d'avance pour l'épisode de l'été prochain...

     

  • L'alliance (La Saga Vorkosigan, tome 18), de Lois McMaster Bujold

    71V4t6nBDhL.jpgGenre : « Ivan, espèce de crétin ! »

     

    Résumé : Lorsqu'il est affecté à la protection discrète et rapprochée d'une jeune représentante du beau sexe sous l'un des dômes de Komarr, le capitaine Ivan Xav Vorpatril, plus connu sous le nom de Cousin Ivan, s'applique à sa tâche avec zèle, quoique sans la moindre discrétion. Il se trouve qu'en réalité, fille d'une des plus puissantes familles de l'Ensemble de Jackson, Nanja Brindis fuit les tueurs qui ont décimé son clan. Mais Komarr n'est pas sûr, et Ivan parvient vite à la conclusion qu'il leur faut gagner Vorbarr Sultana, la capitale de l'empire, pour mettre à l'abri la jeune femme dont la vie ne tient qu'à un fil.
    Un fil... ou un anneau ?  

     

    Mon avis : je ne pouvais évidemment pas laisser passer un Summer Star Wars sans parler d'une de mes séries chouchoutes de space opera, la Saga Vorkosigan. Surtout quand j'ai lu de nouveaux tomes dans l'année.

    Voici donc, pour la première fois, un roman réservé à Ivan Vorpatril, le crétin magnifique, cousin de Miles Vorkosigan. Ivan est un personnage fétiche de la saga, parce qu'il incarne sans aucun doute tout ce que Miles aurait dû être si sa mère n'avait pas été empoisonnée à la soltoxine durant sa grossesse. Au fur et à mesure des 17 précédents tomes de la saga, on apprend à découvrir Ivan. Ivan est intelligent, mais il dissimule son intelligence sous une épaisse couche de fainéantise - qu'il ne cache, elle,  surtout pas. Ivan est léger, ce qui le fait paraître superficiel. Ivan n'est jamais réellement ce qu'il paraît être, même aux yeux de Miles. L'incipit reprend l'exclamation la plus courante qu'on trouve dans la bouche de Miles quand il parle à son cousin - plus exactement, quand il vocifère à son intention. Le gimmick est tel qu'il en est devenu une private joke entre un chauffagiste adepte de SF et moi, au boulot, c'est vous dire. Mais, pardon, je m'égare.

    Avoir tout un tome pour Ivan Vorpatril est donc, de fait, une très bonne nouvelle. Parce que l'avantage avec lui, c'est qu'il ne nous déçoit jamais : il fait gaffe sur bévue, tout en maintenant un cap logique et bien plus subtil qu'on pourrait le croire à ses actions. On rit, beaucoup pour ma part. On est surpris, aussi, et c'est sans doute l'une des grandes qualités du personnage : lorsque sa nature réelle se dévoile, on découvre chez lui des motivations profondes insoupçonnées.

    Ce roman permet également au lecteur de voir Ivan Vorpatril déployer sa connaissance infinie - on peut, à ce point, parler d'érudition -  de la société barrayarane en général, et de la caste Vor en particulier (les Vor étant les nobles de la planète Barrayar). Nous découvrons à quel point les jeux de pouvoir n'ont aucun secret pour lui, et que la raison de l'acquisition de ces savoirs a été une des plus cruelles leçons de sa vie. Sa lucidité sur sa condition est parfois effarante, surtout comparée à l'image qu'il donne de lui. Le roman révèle également à quel point les qualités d'Ivan Vorpatril sont extrêmement utiles, voire nécessaires, dans le cadre de son obscur emploi de secrétaire particulier d'un haut-gradé de l'armée. Et finalement, on comprend les raisons pour lesquelles il se réfugie dans le rôle d'un personnage inoffensif et passe-partout.

    Bien entendu, les clés du personnage Ivan sont dévoilées au cours d'un récit à suspens, mêlant humour, action et coups de théâtre, ainsi que Loïs McMaster Bujold sait fort bien le faire. On se doute évidemment comment se terminera l'histoire dès son début, mais il n'en reste pas moins que le chemin est, comme toujours dans cette Saga, éminemment plaisant. Rien que de l'évoquer ici, quelques temps après ma lecture, je suis joie.

    Cher lectrice·teur, je t'enjoins donc à entamer cette saga, si possible par le titre Cordelia Vorkosigan, afin de connaître toi aussi cette félicité.

     

    Ce billet constitue ma huitième et ultime participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

    space opera,planet opera,science-fiction

     

    PS : oui Lhisbei, tu peux m'inscrire d'office pour l'été prochain. ;)

     

  • Dragon déchu, de Peter F. Hamilton

    1206-10ans-dechu_org.jpgGenre : le capitalisme ultra-libéral appliqué au space opera.

     

    Résumé : Lawrence Newton, en ce XXIVe siècle, n'a qu'un désir, une ambition, sillonner l'espace galactique. Même s'il doit abandonner famille, fortune et pouvoir pour accéder à ce rêve. Vingt ans plus tard, alors qu'il est devenu un simple sergent pour le compte d'une des Grandes Compagnies, il lui semble avoir échoué sur toute la ligne. Mais sur la planète Thallspring, où Lawrence et ses hommes sont chargés d'appuyer un " retour sur investissement ", c'est-à-dire un pillage pur et simple, une légende persistante évoque le Temple du Dragon Déchu. Ce Dragon Déchu, s'il existe, serait un extraterrestre à la puissance colossale. Et Lawrence entreprend de monter, à l'insu de ses employeurs, sa propre petite expédition. Non sans risques. 

     

    Mon avis : le résumé ci-dessus, très linéaire, ne rend pas hommage à la complexité de la construction de ce long roman de space opera, qui introduit de multiples personnages et de nombreux flash-back. Les personnages évoluent, et notre point de vue sur eux également, tout au long du roman. Ils peuvent être à la fois sympathiques et antipathiques, simples et complexes, engagés et cyniques. Les révélations progressives au long du récit font apparaître des motivations et des actes incompris au départ. Rien que pour les personnages, donc, Dragon déchu vaut le coup d'oeil.

    Mais il a bien d'autres atouts dans sa manche, le moindre n'étant pas, comme indiqué en incipit, le capitalisme ultra-libéral appliqué au space opera. Reprenant les codes du genre, Peter F. Hamilton le « met au goût du jour », ce qui d'un point de vue philosophique n'est pas, à mon sens, une bonne chose, mais est, d'un point de vue littéraire, tout à fait intéressant. La conquête spatiale a bien eu lieu, mais en cette fin de 24e siècle, les coûts sont bien trop importants et l'exploration a cessé, faute d'argent. Au temps pour les rêves de l'âge d'or...

    Les très grandes entreprises encore impliquées dans les voyages spatiaux ont un mal fou à faire du bénéfice. En fait, elles n'y parviennent pas avec le simple coût du billet. Les actionnaires ne s'y retrouvent pas. Pour compenser, les armées privées de ces entreprises mènent depuis des dizaines d'années des opérations de pillage en règle des colonies établies grâce à leurs vaisseaux. Opérations menées avec un cynisme qui fait froid dans le dos, qui permettent de récupérer des objets manufacturés, des minerais, de l'artisanat local : tout ce qui peut avoir une valeur aux yeux des actionnaires.

    C'est à travers l'oeil du sergent des forces d'intervention (entendez : de pillage) de l’entreprise Zantiu-Braun, Lawrence Newton, qu'on découvre les planètes colonisées par les humains. Et c'est à travers l'oeil d'un habitante de Thallspring, Denise Ebourn, qu'on découvre l'autre camp, celui des colons en colère. Or, tous deux disposent d'un super-logiciel nommé Apogée, logiciel qui permet à la résistance de Thallspring de mener à bien ses actions de sape sans laisser de trace. Il est donc d'autant plus surprenant que le sergent Newton le détienne aussi. Ce logiciel de pirate, ultra-puissant, proviendrait d'une légende... Dommage que cette légende ne soit évoquée qu'aux trois-quarts du roman.

    Pour les adeptes de space opera militaire, enfin, Dragon déchu propose une version intéressante des armures de combats, des sortes de combinaisons-scaphandres irriguées par le propre sang des soldats, et intégrant une belle panoplie d'armements.

    Dragon déchu fut donc pour moi une intéressante découverte et constitua un agréable voyage. L'approche matérialiste et terre-à-terre de l'exploration spatiale y est développée de façon remarquable, même si le roman ne fait pas l'économie de quelques longueurs. Je recommande.

     

    Ce billet constitue ma septième participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

    space opera,science-fiction

  • Phobos (tomes 1 à 3), de Victor Dixen

    space opera,science-fictionRésumé : SIX PRÉTENDANTES. SIX PRÉTENDANTS. SIX MINUTES POUR SE RENCONTRER. L’ÉTERNITÉ POUR S'AIMER.

    ILS VEULENT MARQUER L'HISTOIRE AVEC UN GRAND H.
    Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d'un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

    ELLE VEUT TROUVER L'AMOUR AVEC UN GRAND A.
    Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l'une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l'amour. Elle a signé pour un aller sans retour...

    MÊME SI LE RÊVE VIRE AU CAUCHEMAR, IL EST TROP TARD POUR REGRETTER.

    Mon avis : Phobos est une trilogie de littérature pour adolescents. Elle a pour but de dénoncer les dérives 1) de la téléréalité, 2) du capitalisme sauvage, 3) des politiques opportunistes et réactionnaires. Cela est clair comme de l'eau de roche. Quand on le lit quatrième de couverture en étant un adulte, on se dit que cela manque quand même un peu de finesse, mais soit : puisqu'il y a en plus une thématique d'exploration spatiale, pourquoi pas ?

    space opera,science-fictionJ'ai lu les trois tomes. Je m'y suis obligée, pour évaluer l'ensemble de l'oeuvre. Comme cela se lisait vite, mes yeux n'ont pas trop pleuré.

    Pas trop. Mais quand même.

    En réalité, je ne serai pas injuste avec l'oeuvre de cet auteur de 38 ans. Ses idées sont bonnes : utiliser le premier voyage habité et la première colonisation humaine sur Mars pour en faire une émission de téléréalité, c'est une anticipation intéressante. Il y a, bien sûr, l'exercice obligatoire des relations sentimentales compliquées des jeunes voyageurs entre eux, et puis le complot sous-jacent au projet global. Sans cela, point de piment. J'applaudis. Plus encore quand le héros de l'histoire est une héroïne, et que les personnages masculins et féminins sont à égalité en termes d'importance. Les contraintes spatio-temporelles sont respectées, avec les délais de latence grandissant entre le vaisseau et la Terre, des délais exploités dans le récit pour faire avancer l'intrigue. L'auteur est en prise directe avec la culture adolescente, cela se sent dans la caractérisation de ses personnages.

    space opera,science-fictionMais bon, la subtilité, c'est quand même utile, hein, dans la vie. Ne serait-ce que pour que le lecteur ne se sente pas pris pour un imbécile.

    Donc, le problème de la trilogie Phobos, c'est qu'elle a la subtilité d'une petite cuillère (comme dirait Hermione de Ron dans Harry Potter). Voire celle d'un marteau sur du cristal. Tous les personnages sont des caricatures. Tous. C'est infernal. De la directrice de programme manipulatrice aux ados explorateurs, c'est un festival de clichés. Des traits de caractère forcés, des situations personnelles proprement incroyables (en particulier la fille de Serena McBee et leur relation...) : franchement, c'était trop.

    Sans oublier les effets d'annonce publicitaire et les formules choc qui ponctuent le récit : on ne peut pas oublier qu'on est dans une téléréalité, et c'est franchement lourd au bout de 30 pages. Alors imaginez trois tomes de slogans...

    Tout cela est délibéré, mais je ne suis pas certaine qu'un lecteur adolescent ait besoin de cette masse compacte et indigeste pour entendre le propos (les fameux trois points du début). Donc, Phobos a de bonnes idées qui sont mal mises en valeur. Pour le coup, je pense qu'une adaptation en série télé serait plus réussie et plus intéressante.

    A découvrir si vous n'avez rien de plus urgent à lire.

     

    Ce billet constitue ma sixième participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

     

    space opera,science-fiction

     

  • Passengers, de Morten Tyldum

    Passengers.pngChris Pratt et Jennifer Lawrence. Il n'en fallait pas plus pour me faire courir voir ce film. Je sais, c'est stupide, mais que voulez-vous.

     

    Résumé : Alors que 5000 passagers endormis pour longtemps voyagent dans l’espace vers une nouvelle planète, deux d’entre eux sont accidentellement tirés de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt. Jim et Aurora doivent désormais accepter l’idée de passer le reste de leur existence à bord du vaisseau spatial. Alors qu’ils éprouvent peu à peu une indéniable attirance, ils découvrent que le vaisseau court un grave danger. La vie des milliers de passagers endormis est entre leurs mains… 

     

    Mon avis : Bon. Ça va être court. C'est bien simple  : je suis d'accord avec tout ce que Lhisbei en a dit. Tout.

    Et outre l'histoire d'amour totalement malsaine (voir, donc, la chronique de Lhisbei), ils ont aussi raté les thèmes science-fictifs les plus intéressants. La solitude, le temps, l'humanité... Autant de sujets passionnants à traiter dans une histoire dont le pitch de départ est aussi intéressant. Autant de sujets qui sont à peine, voire pas du tout, abordés dans le film. En cela, on ne peut pas qualifier ce film de science-fiction, mais de bluette de l'espace, digne des romans Harlequin. Attention, j'ai grand respect pour les romans Harlequin : dans le genre sentimental, on ne fait guère mieux. Dans le genre sexiste aussi, le plus souvent. Mais qu'on ne nous vende pas un film de SF alors que ce n'en est pas un.

    Sinon, il est vraiment très beau esthétiquement parlant, ce film. Magnifique, même. Les acteurs, pour commencer sont vraiment très beaux, souvent très bons, même si trop maquillés (les couches de fond de teint de Jennifer Lawrence sont très, très visibles). Jennifer Lawrence produit un festival de tenues vestimentaires à faire pâlir Anna Wintour, Chris Pratt est convenablement recouvert de cambouis et de poils. Les décors sont très beaux, lumineux, ultra-bright. Les sorties dans l'espace donnent le tournis avec l'univers en fond de toile.

    Mais. Il y a des dizaines de « mais ». Rien n'est crédible une seconde au niveau de l'organisation pratique du vaisseau. Il est improbable qu'il n'y ait qu'une infirmerie et un seul scanner pour 5 000 passagers, et que les machines d'animation suspendue ne puissent pas être réparées. C'est totalement débile, même dans le cadre d'une entreprise ultra-capitaliste qui engage le moins de frais possibles sur un voyage aussi coûteux. Il est tout aussi débile que les officiers de navigation ne fassent pas de quarts, même courts, entre chaque mise en sommeil, pour vérifier l'état du vaisseau et de ses passagers.

    Le positionnement politique des protagonistes tient lui aussi du délire : Jim est passager en classe économique, le vaisseau a buggé et l'a réveillé, il mange de la merde parce qu'il n'a pas payé son billet assez cher, mais il défend la cause du voyage vers la nouvelle planète et la politique de la compagnie qui le finance, par la grâce d'un idéalisme qui ne tiendrait certainement pas un mois si on était dans la vraie vie. En revanche, Aurora, qui a un billet de première classe et qui n'est pas victime du vaisseau mais du mec en face d'elle, critique de façon virulente la manière dont la compagnie fait du fric sur le dos des pionniers. Du délire, je vous dit. Et depuis quand les auteurs ont du fric, en plus ?

    Voilà donc un film qui fait passer, sous une apparence alléchante, des idées nauséabondes. C'est une pitié que de si bons techniciens pour les décors numériques et de bons acteurs se soient donné du mal pour un tel étron. Dommage, mille fois.

     

    Ce billet constitue ma cinquième participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

    1828409386.jpg

     

  • Seul sur mars, d'Andy Weir

    510H-1bU08L._SX210_.jpgGenre : Matt Damon fait pousser des patates sur Mars avec son caca.

    Résumé : Mark Watney est l'un des premiers humains à poser le pied sur Mars. Il pourrait bien être le premier à y mourir. Lorsqu'une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources, irrémédiablement coupé de toute communication avec la Terre.
    Pourtant Mark n'est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et terriblement têtu, il affronte un par un des problèmes en apparence insurmontables. Isolé et aux abois, parviendra-t-il à défier le sort ? Le compte à rebours a déjà commencé...

    Mon avis : ce n'est pas bien de citer Matt Damon en plein milieu d'une chronique sur le livre, vu que ce dernier a été écrit bien avant que le film ne sorte au cinéma. Ce n'est pas bien, donc, mais... je kiffe.

    Mark Watney a 400 jours de ressources devant lui pour survivre sur Mars. Et comme il est increvable en termes d'optimisme et d'ingéniosité - le fameux bon sens américain, celui des Pionniers de la Nation (avec les majuscules), il surmonte tous les obstacles avec une persévérance incroyable. On peut compter sur les doigts d'une demi-main ses moments de découragements. Donc, si je dois émettre une critique sur le récit, c'est celle-ci : il me paraît difficile pour un humain seul de ne pas se laisser aller plus souvent à la dépression au vu des avanies qui lui tombent sur le coin du pif tous les quatre matins.

    Sinon, le roman fait appel à des ingrédients aussi divers que la botanique, la chimie, la biologie, les mathématiques (mais pas trop), l'astrophysique, le pragmatisme et le sens de l'humour. C'est surtout le sens de l'humour, en fait, qui tient le lecteur tout au long des mésaventures de Mark Watney. Je me suis surprise à éclater de rire plusieurs fois durant ma lecture, que j'ai menée tambour battant. Idem pour M. Blop, ce qui est un signe.

    Un bon nombre de problématiques techniques et scientifiques sont abordées, mais aussi certains enjeux politiques et psychologiques : par exemple, le délai imposé aux responsables du programme pour informer les astronautes survivants que leur collègue est vivant sur Mars, ou encore la problématique posée par les anciens programmes spatiaux abandonnés au profit des nouveaux, alors même qu'ils sont encore utiles, voire nécessaires.

    Seul sur Mars est donc sans conteste un planet opera, un space opera, et un thriller technologique. Un pur divertissement, qui respecte admirablement son contrat. Pas de grandes questions existentielles ni philosophiques, certes, mais ce n'est pas pour cela qu'il est écrit. En tout cas, il est possible que je le relise un jour, juste pour le plaisir.

     

    Ce billet constitue ma quatrième participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

    science-fiction,space opera,thriller