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space opera

  • La guerre de Caliban (The Expanse, tome 2), de James S.A. Corey

    science-fiction,space opera,polarOn reprend quelques mêmes, et on continue. Dans ce deuxième tome de The Expanse, James Holden est de retour avec son équipage ultra réduit, constitué de Naomi, Alex et Amos. Holden, traumatisé par son expérience à la fin du tome 1, vit dans une vigilance et un mal-être constant, le rendant plus enclin aux solutions radicales, ce qui ne fait pas l'unanimité au sein de son équipage.

    La situation politique entre la Terre, Mars et la Ceinture est tendue mais stable. Une stabilité très vite mise en péril par une attaque brutale qui détruit une partie de Ganymède : cette lune de Jupiter, dotée d'une magnétosphère, est étroitement surveillée par Mars et la Terre, et sert de refuge pour les femmes ceinturiennes enceintes et de grenier à blé pour toute la Ceinture. Autant dire que l'attaque, que chaque partie impute à l'autre, met le feu aux poudres.

    Prax, botaniste sur Ganymède, Roberta Draper, sergent martienne seule survivante de l'attaque sur Ganymède et Avasarala, sous-secrétaire aux Nations Unies de la Terre, sont les nouveaux protagonistes de ce deuxième opus. On a laissé Miller à la fin du premier tome, et on pouvait légitimement craindre que les nouveaux personnages soient moins intéressants ou moins attachants. Il n'en est rien. Prax est la caution scientifique du récit, le témoin candide et un père désespéré mais infatigable. La recherche qu'il mène pour trouver sa fille permet au fil du récit de se tisser. Le sergent Bobbie Draper est archétypale de ces héroïnes et héros de récits militaires, Torin Kerr, Honor Harrington ou John Geary : travaillée par son sens du devoir et sûre de ses compétences. Elle ne pouvait que m'être sympathique. Les manigances politiciennes d'Avasarala, aux antipodes de la logique de terrain d'un sergent Draper ou de l'équipe de Jimmy Holden, en sont le pendant exact et constituent un contrepoint réussi au reste du récit, dans lequel les changements de focale incessants permettent au lecteur de rassembler peu à peu les pièces du puzzle.

    La narration, toujours fluide, ne me permet pas de différencier les deux auteurs et m'enchante par son apparente facilité. J'ai lu ce roman avec énormément de plaisir, et bien que j'aie mis du temps (la faute à plein d'impondérables, sauf au livre lui-même), j'en ai savouré chaque chapitre. Il faut dire que le personnage d'Avasarala est particulièrement truculent, et les scènes avec la vieille dame acariâtre et rouée sont source d'un petit plaisir proche de la madeleine de Proust...

    Ce roman relève le gant de la suite de série, exercice toujours périlleux, sans sourciller. J'irai même jusqu'à dire qu'il est un peu moins complexe à suivre que le premier, sans devenir simpliste pour autant. Le sense of wonder est toujours présent grâce à la personnalité attachante de James Holden, tandis que le thriller politique devient plus prégnant. La protomolécule gagne en dimension science-fictionnelle ce qu'elle perd en fantastique. Pour le meilleur ou pour le pire ? Je suis incapable de répondre à cette question.

    Je n'aurai donc qu'un seul mot : vivement le tome 3 !

     

    Cette chronique participe pour la cinquième et dernière fois au septième épisode du Summer Star Wars de M. Lhisbei, béni soit son nom, ainsi que ceux de Lhisbei et Excel Vador.

     

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  • Janus, d'Alastair Reynolds

    janus.jpgAux dernières Intergalactiques à Lyon, mon ami Biblioman(u), le super héros des livres, m'a fortement conseillé de lire Janus, d'Alastair Reynolds. Il faut dire que j'avais le monsieur sous la main pour une dédicace, alors bon... Autant en profiter. Et puis ce roman a eu le prix Locus.

    Résumé : En 2057, Janus, une lune de Saturne, quitte soudain son orbite. Unique vaisseau alentour, le Rockhopper, propriété d'une compagnie minière qui exploite la glace des comètes du système solaire, est le seul véhicule spatial capable d'intercepter la course du satellite avant que ce dernier ne quitte définitivement le système solaire. En acceptant d'interrompre sa mission de routine pour effectuer une courte exploration de Janus, le capitaine et son équipage s'embarquent dans une aventure qui mettra à rude épreuve leur cohésion. Car, en réalité, Janus n'est pas une lune, mais un artefact extraterrestre qui leur réserve bien des surprises. Bella Lind, capitaine du vaisseau et Svetlana Barseghian, son ingénieure en avionique, sont amies intimes. L'interception du satellite Janus crée une fêlure dans cette amitié, lorsque Barseghian découvre que les données de niveau de carburant ont été falsifiées par la compagnie minière et que Lind refuse de faire demi-tour, condamnant ainsi le Rockhopper et son équipage à un aller sans retour à destination de Janus.

    Mon avis : Voilà un roman littéralement cosmique, qui nous emmène très, très loin dans l'espace. Voilà surtout une oeuvre en huis-clos où l'enfer se révèle être, principalement et naturellement, les autres. Barseghian et Lind sont les pivots fixes de ce récit aux multiples tempi, qui fait la part belle aux ellipses temporelles. Leur amitié ne résiste pas aux tensions engendrées par l'inéluctabilité de leur voyage sans retour, et crée de multiples lignes de faille dans la petite société du Rockopper, des failles qui ne tardent pas à tourner au conflit. Une lutte avec ses revers et ses retournements de situation, qui s'étale sur des décennies.

    C'est une lutte intestine doublée d'une lutte contre l'univers entier. C'est une histoire de survie et de résilience, une histoire de l'humain qui se doit de faire face victorieusement à l'impossible : l'immensité vide et glaciale de l'espace, quasiment sans ressources et surtout sans aucun retour en arrière possible. Survivre pour ne pas que leur humanité s'éteigne. Bref, Janus est un roman plein de promesses...

    Des promesses qui ne sont pas complètement tenues. C'est un bon roman, cela aurait pu être un roman extraordinaire. Il y manque une capacité à émerveiller vraiment le lecteur, ainsi qu'une certaine cohérence, lorsque des éléments cruciaux de la ligne narratrice ne sont pas explicités (comme lorsque les machines de Janus se mettent à tuer les humains, sans qu'on n'apprenne jamais réellement pourquoi). Le prologue reste très longtemps incompréhensible, pour être résolu de façon incomplète aux trois quarts du roman, dans un twist surprenant et trop brutal pour moi.

    Pourtant, les héroïnes devenues antagonistes semblent si réalistes, dans leur courage et dans leurs limites. La sauce prend, mais elle est fragile et cassante : il y manque comme un liant. Oui, il y manque de la maïzéna : cette fécule de maïs légère et pourtant extrêmement efficace qui sait se faire oublier tout en étant indispensable.* Il y manque du Anne McCaffrey, du Lois McMaster Bujold ou tout simplement du Jack Campbell.

    Janus est donc un honnête space opera, que j'ai fini sans problème mais qui n'a pas déclenché d'enthousiasme délirant chez moi. Un peu dommage...

     

    * oui, j'admets, ma métaphore culinaire manque peut-être de poésie. Mais elle est efficace.

     

    Cette chronique participe pour la troisième fois au septième épisode du Summer Star Wars de M. Lhisbei, béni soit son nom, ainsi que ceux de Lhisbei et Excel Vador.

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  • Le choix du courage (La confédération, tome 1), de Tanya Huff

    Choix du courage - Confederation1.jpgLes OP Bragelonne ont du bon : j'essaie, à moindre coût, des romans qui ne me plairaient pas a priori, histoire d'exercer ma curiosité. Et puis, il arrive aussi que je tombe sur des titres que je suis presque sûre d'aimer. C'était le cas de ce roman.

    Résumé : Les Di'Taykans et les Krais forment avec les Humains le bras armé de la Confédération. Ces trois races belliqueuses  lui permet de faire face aux Autres, son ennemi ultime. Le sergent-chef humain Torin Kerr est une professionnelle endurcie. Sa compagnie est envoyée comme garde d’honneur pour une mission diplomatique sur la planète des Silsviss, ces guerriers reptiliens qui n’ont pas encore rejoint la Confédération. Torin Kerr doit bien chaperonner un peu son nouvel officier, mais dans l'ensemble, cela s’annonce comme une tâche facile. Il y a bien des rumeurs à propos des Autres qui circulent, à propos d'une rébellion secrète sur cette planète hostile. Mais tout semble se dérouler parfaitement.
    Peut-être trop…

    Mon avis : Pour ceux qui suivent (oui, j'en aperçois quelques uns au fond), un space opera militaire, en plein été, est typiquement le genre de roman sur lequel je me jette comme une morte de faim. J'ai donc tenté ce roman, cet univers et cette auteure (autrice est possible aussi) en véritable néophyte. Et, naturellement, je me suis beaucoup amusée !

    Le choix du courage est un roman sans surprise, qui reste modeste dans ses ambitions - ce qui est sage. Il rentre parfaitement dans le cadre du récit militaire de space opera, avec batailles, ennemis, tactique et stratégie, quotidien des soldats, rencontres extra-terrestres, voyages interstellaires, mise en exergue de la solidarité de corps. C'est peu élaboré sur le plan idéologique, comme on pouvait s'en douter. En revanche, j'attends de ce genre de romans de bons personnages, des interactions intéressantes entre eux, un petit supplément d'âme dans un contexte plutôt rigide. Et c'est exactement ce que j'ai eu.

    Toute en concision et en efficacité dans son écriture comme dans les scènes de vie quotidienne d'une compagnie de soldat, Tanya Huff donne un bon tempo au récit, ainsi qu'un réalisme plutôt saisissant dans les relations entre soldats. J'ai appris par la suite que cela ne vient pas de nulle part : Tanya Huff était membre de la Marine canadienne. Le roman est millimétré. Il n'y a pas de gras, malgré ses 384 pages (désolée Xapur !). J'ai particulièrement apprécié le pragmatisme des personnages et du système militaire qui les régit, mis en place afin de faire cohabiter efficacement des races extrêmement différentes.

    Le rôle de pivot du sergent-chef Kerr, entre ses soldats à mener et son officier tout neuf à pouponner, propose un point de vue intéressant, à la fois descendant et ascendant, sur l'environnement social du récit. Son personnage est attachant, mais il n'est pas le seul. L'officier et plusieurs des soldats de la compagnie sont bien campés, portés par quelques dialogues savoureux et des situations cocasses. Une des bonnes idées de l'autrice a été de prêter aux Di'Taykan, dont l'aspect physique se situe entre les elfes des contes et les Na'vi de Pandora dans le film Avatar, une production hormonale irrésistible pour les humains, corollaire d'une sexualité ultra active... Ce qui les oblige à porter en permanence un appareil qui masque leurs odeurs ! Lorsqu'ils le posent ou le perdent lors d'un combat, quelques scènes surréalistes, parfois tragiques, parfois comiques, surgissent alors, pour le plaisir du lecteur.

    Si on comprend une partie du twist final du récit avant la narratrice, il n'en reste pas moins que le suspense est bien mené, dans un récit qui sait doser la contextualisation et l'action.

    J'ai donc passé un bon moment avec ce roman sans ambition ni prétention. Il ne vaut à mon sens ni la Saga Vorkosigan, ni Honor Harrington, mais ce n'est pas ce que j'attendais de lui et je lirai sans doute avec plaisir la suite. Trois tomes de la série ont été traduits en français, tandis que deux autres attendent sagement leur tour dans la langue de Shakespeare.

     

    Cette chronique participe pour la deuxième fois au septième épisode du Summer Star Wars de M. Lhisbei, béni soit son nom, ainsi que ceux de Lhisbei et Excel Vador.

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  • Star Wars, le retour de la force, de J.J. Abrams

    science-fiction,starwars,space operaJe craignais le pire. Comme beaucoup de fans de la trilogie d'origine.

    Adoncques, J.J. Abrams s'est collé à l'exercice éminemment casse-gueule de réaliser la suite d'une trilogie de films cultissimes, alors même qu'il avait déjà réalisé deux films tirés de l'univers d'une série télé cultissime. Ce type n'a peur de rien. Je plaignais le pauvre bougre avant d'avoir vu le film, et je savais que quel que serait le résultat (de mon point de vue), il serait de toute façon critiqué et décrié - il l'avait déjà été pour Star Trek.

    Alors, je suis allée voir Star Wars samedi, en me disant que quoi qu'il arrive, ce ne serait jamais pire que l'épisode I. Et que si Disney n'avait pas trop lésiné sur le budget, les effets spéciaux seraient sympas à regarder.

    Veni, vidi, vici, comme disait Jules. J'avais raison. Non seulement cet opus de StarWars est bien meilleur que le très dispensable Star Wars : la menace fantôme, mais il est également, de mon point de vue, aussi bon que l'épisode IV, Star Wars : un nouvel espoir. L'attrait de la nouveauté en moins, naturellement, mais le talent de mise en scène de J.J. Abrams en plus.

    Spoilons, mes bons - comme le dit Un Odieux Connard -, car dès l'introduction, le voile du mystère est levé. L'absence de Luke Skywalker sur l'affiche du film est immédiatement expliquée, avec ce célèbre bandeau de texte introductif défilant sur fond d'étoiles : Luke est manquant. Il a disparu. Sa soeur le cherche. Les méchants aussi. Tout part d'un petit droïde, BB-8, qui reçoit de son maître des plans qui aideraient la Résistance (le mouvement qui combat les méchants du Premier Ordre) à retrouver Luke. Et le petit droïde se perd dans une planète de sable, croise le chemin d'une jeune ingénue au grand coeur qui l'aide à échapper aux méchants.

    Cela vous rappelle quelque chose ?

    Le récit est tout simplement calqué sur celui de l'épisode IV (le film d'origine), avec grosso modo les mêmes rebondissements narratifs. On pourrait se dire : c'est idiot, on nous prend pour des imbéciles. Mais non. C'est même cela qui créé l'empathie immédiate du public avec le film - même si ledit public est conscient de cette manipulation. Nous ne sommes pas venus voir une création, mais bien la suite d'une histoire dans un univers archiconnu. On attendait de ce film qu'il soit fidèle à l'univers, qu'il soit réussi, pas qu'il soit original. C'est exactement ce qu'il est. J.J. Abrams, avec un sens maniaque des détails et une grande intelligence, a rempli brillamment son contrat.

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    J'ai un petit faible pour la cheffe des StormTroopers. Sans doute parce que Gwendoline Christie se cache derrière le masque.

    Tout d'abord, Star Wars : le réveil de la Force est un film chaleureux, dans lequel on se sent comme chez soi. Les effets spéciaux se font discrets, les personnages forment l'essentiel de l'histoire, ils nous touchent en plein coeur. Aux premières secondes du film, un sentiment de bonheur enfantin surgit, et ne nous lâche plus. Nous sommes submergés par la bonne humeur et le rire (le coup du "vieux tas de ferraille" emprunté par Rey et Finn est très drôle). Les protagonistes, aussi étranges puissent-ils paraître comme Maz Kanata (qui n'est pas sans rappeler Yoda), nous sont immédiatement proches et familiers. La mise en scène est plus importante que les effets spéciaux, cela se sent et je l'ai apprécié à sa juste valeur.

    Ensuite, cet opus porte une vision que j'aimerais voir plus souvent dans les blockbusters américains : les jeunes (Daisy Ridley et John Boyega, 23 ans tous les deux) et les vieux (73 ans pour Harrison Ford, 59 ans pour Carrie Ficher) se partagent harmonieusement l'affiche pour faire avancer l'histoire. La plupart du temps, si c'est un film de jeunes, les vieux ont un second rôle, et inversement. Dans Le réveil de la Force, le pari intergénérationnel est gagné : ils ont tous un premier rôle.

    Enfin, ce film confie l'équivalent du rôle de Luke Skywalker dans Un nouvel espoir à une jeune femme. Il introduit ainsi une parité visible (Leia - Rey / Solo - Finn) dans une saga épique. Rey est un personnage farouchement indépendant, doté de talents multiples : l'agilité, le combat rapproché, l'expertise technique, l'esprit de décision, un certain talent pour le leadership, la confiance en soi. Des qualités trop souvent associées aux personnages masculins. La silhouette mince et l'allure décidée de Daisy Ridley font merveille dans ce rôle.

    Bref, Le réveil de la Force est un film inclusif à plus d'un titre.

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    Oh, bien sûr, le scénario souffre de faiblesses certaines, d'ellipses grandes comme des trous noirs - ou alors d'ineptie narrative -, la psychologie des personnages est parfois peaufinée à la machette plutôt qu'à la ponceuse et le méchant, Kylo Ren, est aussi impressionnant qu'une méduse échouée. Bref, toutes ces choses qui empêchent un film d'être classé comme chef-d'oeuvre. D'ailleurs, si vous tenez à connaître tous les défauts du scénario, je vous recommande la (comme toujours) très bonne chronique d'un Odieux Connard.

    Mais pour moi, le plaisir a prévalu. Je retournerai peut-être même voir ce film au cinéma, rien que pour retrouver l'ambiance et la chaleur. La maison, quoi.

  • Killjoys, de Michelle Lovretta

    Killjoys 1.jpgKilljoys est une série de la chaine canadienne Space, diffusée aussi sur SyFy, mettant en scène des chasseurs de prime dans le Quad, un système planétaire lointain. Ces mercenaires intergalactiques risquent leurs vies pour capturer leurs cibles et tentent de rester impartiaux tandis qu'une guerre des classes est sur le point de débuter.

    Comme dans Dark Matter, Killjoys met en scène des mercenaires. Comme dans Dark Matter, ils vivent dans un vaisseau spatial et voyagent entre les planètes. Et comme dans Dark Matter, c'est une fille badass qui dirige le groupe. Cela fait beaucoup de points communs (sans compter l’esthétique bleue et noire encore plus omniprésente ici...).

    Dutch et John sont chasseurs de prime. Ils sont amis et travaillent ensemble depuis longtemps. Le frère de John, D'avin, ancien soldat, débarque et prend le troisième pied de tabouret dans l'équipe. Dutch sait se battre et porter des talons aiguilles en même temps. John et D'avin sont sexys et costauds. Dutch a une incroyable frange et une noire chevelure luxuriante, des lèvres pulpeuses et un maquillage sombre autour de ses yeux clairs. John et D'avin sont toujours sexys et costauds. Bon, le premier est aussi un excellent technicien, le deuxième un excellent combattant.

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    Le Quad est un système solaire de 4 planètes, dont 3 sont réellement habitées. Nos amis les mercenaires passent de l'une à l'autre en trois coups de cuillère à pot, quasi plusieurs fois par jour (ça, ça fait con). Leurs écosystèmes sont d'une simplicité enfantine (la ville sale, le monde agricole et la planète des riches). Le vaisseau spatial est habité par une IA, Lucy, qui a comme qui dirait un faible pour John. Bref, les platitudes et les clichés ont tout l'air de s'enfiler comme des perles au début de cette saison de 10 épisodes.

    Et puis, et puis, une fois passée cette désillusion, on découvre une assez intéressante observation de la lutte des classes. Mais les systèmes politiques et économiques sont plutôt bien pensés et les groupes sociaux sont si distants les uns des autres qu'on dirait pratiquement des castes. De plus, l'interpénétration des intérêts politiques à l'échelle du Quad se révèlent progressivement, complexes et paradoxaux, autorisant une espérance d'ambition pour Killjoys, renouvelée pour une deuxième saison (rôôô, ben comme Dark Matter, dis donc !).

    Une série qui commence comme une purge et révèle quelques promesses alléchantes en fin de saison. A essayer, donc, si on a du temps devant soi.

     

    Cette chronique s'inscrit dans le cadre du Summer StarWars de M. Lhisbei, béni soit son nom, celui de Lhisbei, ainsi qu'Excel Vador, leur fidèle assistant.

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  • Dark Matter, de Joseph Mallozzi et Paul Mullie

    science-fiction,space opera,série tv,vaisseau spatialLa série Dark Matter, diffusée sur SyFy USA et SyFy France à quelques jours d'intervalle, met en scène six membres de l'équipage d'un vaisseau spatial abandonné qui se réveillent après un sommeil forcé, sans aucun souvenir ni de leur identité ni de leur présence à bord. Ils doivent alors s'associer et travailler ensemble pour survivre et faire face aux menaces environnantes, aux vengeances, trahisons et secrets cachés. 13 épisodes de 42 minutes forment la première saison, que j'ai donc eu l'occasion de voir en entier. Cette série est adaptée d'un comic éponyme que je ne connais pas.

    Les protagonistes décident de se nommer par le chiffre de leur ordre de réveil dans le vaisseau, même après avoir découvert (assez vite) leur vraie identité, car leur amnésie les coupe de leur ancienne vie. Les 13 épisodes nous proposent de découvrir la dynamique changeante qui mène cet équipage. Bien que Deux s'impose rapidement comme le leader, les relations entre les membres de l'équipe sont fluctuantes, versatiles et fragiles, en raison de leur amnésie.

    Bien entendu, nous sommes chez SyFy, où le public cible est supposé n'accepter qu'une certaine dose de subtilité au delà de laquelle la chaîne risquerait de le perdre. Les clichés ne nous sont donc pas épargnés : l'asiatique fort en arts martiaux, l'ado paumée mais surdouée, le mercenaire violent et bas du front, le noir pas trop méchant sinon ça fait raciste... Bref. De plus, comme on est en plein space opera, de la SF, de la vraie (demandez aux sad puppies...) et non dans une série fantastique, il ne faut pas trop de filles : trois - dont une dans le rôle plutôt hermaphrodite d'un androïd - pour quatre mecs testostéronés. Ça pourrait être pire, soyons honnête. Et puis, le rôle de leader est dévolu à l'une des femmes (Melissa O'Neil, parfaite dans son rôle), qui en a toutes les caractéristiques : elle sait se battre, elle fait ce qu'elle veut de sa vie sexuelle sans que les hommes ne se permettent de la commenter et elle commande et décide sans plus d'état d'âme qu'un homme dans le même rôle. Tiens, d'ailleurs cela me fait penser que cette série passe sans problème le test de Bechdel.

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    Mon goût pour les vaisseaux spatiaux et les voyages interstellaires m'a attiré comme une mouche sur cette série. Bien que les effets spéciaux soient basiques, je n'ai pas été déçue par l'ambiance. Nous passons presque tout notre temps dans le Raza, le vaisseau de l'équipage amnésique, et en découvrons les secrets au fur et à mesure que les protagonistes l'explorent pour retrouver la mémoire. L'esthétique visuelle ne déroge guère aux règles du genre, dans les tons froids du bleu et du noir.

    Bien que je suis allée au bout de la série, j'ai été relativement déçue par les ficelles grosses comme des câbles de navire utilisées dans les scenarii de chaque épisode. Les rebondissements sont attendus et la fin de la saison (que je ne spoilerai pas) paraît complètement tirée par les cheveux. Cela dit, la série est renouvelée pour une deuxième saison, il ne faut donc pas désespérer. Il faut dire que l’amnésie de l'équipage introduit une forme d'imprédictibilité dans leurs relations qui rattrape, au moins partiellement, les défauts suscités.

     

    Cette chronique s'inscrit dans le cadre du Summer StarWars de M. Lhisbei, béni soit son nom, celui de Lhisbei, ainsi qu'Excel Vador, leur fidèle assistant.

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  • Station solaire, d'Andreas Eschbach

    Station Solaire.jpgRésumé : 2015. La station expérimentale Nippon orbite à quatre cents kilomètres de la Terre. Son rôle : étudier et développer les technologies de captage et de transmission de l’énergie solaire depuis l’espace. Le succès de la mission ouvrira de nouveaux espoirs à un monde qui dévore ses sources d’énergie.
    Alors pourquoi des incidents à bord laissent-ils soupçonner qu’une entreprise de sabotage est à l’œuvre ?
    Pire est la vérité : avec la découverte d’un premier meurtre débute le compte à rebours d’un plan diabolique dont on ne comprendra que trop tard l’objectif.

     

    Le récit se passe en 2015. Un récit d'anticipation, puisque le texte a été publié en 1996 pour la version originale teutonne. Je me suis dit qu'il ne fallait pas rater ça ; c'est mon petit Retour vers le Futur à moi (n'est-ce pas, Lune) !

    C'est aussi un récit spatial, puisqu'il se déroule dans l'espace. Bon, juste au dessus de la terre, mais quand même.

    Anticipation et espace ? J'ai franchi le pas : j'ai décidé unilatéralement, en accord avec moi-même, que ce roman entrerait dans le Summer StarWars épisode III, même s'il faut couper quelques cheveux en quatre dans le sens de la longueur pour considérer qu'il s'agit là d'un véritable space opera.

    Bon, tout le monde l'aura compris, ce roman est avant tout un thriller. Enfin, un frileur, comme ils disent chez l'Atalante. Quelques mystères en début de récit, puis le petit côté « roman à énigme » s'efface rapidement pour faire place à un « roman à suspense » une fois la source du complot identifiée (pour voir quelle est la différence entre les deux, je ne saurais que trop vous recommander la lecture de ce Petit Précis des Genres Littéraires). Espionnage, meurtre, méfiance à huis-clos dans une station spatiale : un classique dans la littérature de genre.

    Le narrateur, Leonard Carr, est le seul occidental à bord de la station Nippon. Son statut dans l'équipe de recherche reflète l'évolution géopolitique et scientifique imaginée par l'auteur : l'Occident a laissé tomber la conquête spatiale et les recherches scientifiques connexes, flambeau repris brillamment par l'Extrême-Orient, le Japon en tête. Leonard n'est donc pas chercheur, mais spécialiste de l'entretien et de la sécurité de la station. Le factotum, quoi. Considéré avec un certain mépris par les autres membres d'équipage, bien que son travail soit absolument indispensable à la survie de tous. Une situation à la fois inconfortable pour lui mais très utile en cas de crise...

    L'intrigue, fort bien ficelée grâce à un scénario intelligent, porte le lecteur sans (s'es)souffler du début à la fin du récit, et sans pour autant bâcler la contextualisation. On voit quel film à suspense pourrait être réalisé à partir de ce roman, tout en appréciant les nuances de l'univers créé à travers les relations qu'entretiennent les spationautes entre eux et avec le reste du monde. De la finesse, de l'efficacité : un duo gagnant pour un roman qui parvient à éviter les poncifs tout en respectant à la lettre les préceptes du genre. La recette est simple sans être simpliste, tout ce que j'aime dans ce type de littérature de divertissement. Je me suis régalée, et je le recommande.

     

    Cette chronique s'inscrit dans le cadre du Summer StarWars de M. Lhisbei, béni soit son nom, celui de Lhisbei, ainsi qu'Excel Vador, leur fidèle assistant.

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    Genre : space opera

    Édition : L'Atalante, collection La dentelle du Cygne, 2000