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Imaginaire

  • La reine rouge (Saga Vorkosigan, tome 20), de Lois McMaster bujold

    2011252_medium.jpgRésumé : Trois ans après la disparition de son illustre mari, Cordelia Naismith Vorkosigan a de nouveaux projets. Oliver Jole, amiral de la flotte de Sergyar, se retrouve mêlé à ceux-ci d'une façon inattendue. Miles, auditeur impérial, se voit alors attribuer une enquête embarrassante sur sa mère. 

     

    Mon avis : J'ai une mauvaise nouvelle : pour lire La reine rouge, il faut avoir lu tous les tomes précédents de la saga (à découvrir ici, et aussi ). Pourquoi ? Parce que la très grande richesse et l'heureuse complexité du personnage Cordelia Vorkosigan, ainsi que son histoire personnelle fertile en rebondissements, sont pleinement exploitées dans ce tome. Et ne pas comprendre une référence ôterait toute sa saveur à ce roman, un récit intime bien plus qu'un roman d'aventures - une fois n'est pas coutume. 

    Pour qui voudrait retrouver Miles Vorkosigan dans ses habituelles pitreries, qu'il passe son chemin. L'apparition de Miles dans le roman est quasi anecdotique. Non, il s'agit là de Cordelia, son parcours hors-normes, sa responsabilité politique de Vice-Reine de Sergyar, ses questions existentielles, sa recherche du bonheur en dépit du deuil, son âge, sa maternité plus que bousculée. 

    A travers les actes et les sentiments de Cordelia, Lois McMaster Bujold fait passer quelques messages, comme à son habitude. Celui qui m'a certainement le plus marqué met en lumière l'extrême liberté de Cordelia en matière de mœurs, à des années lumière du puritanisme imprégnant la bonne société américaine. L'autrice démontre que les moeurs libérées ne sont pas synonymes de superficialité, et que la profondeur et la sincérité des sentiments ne sont en rien entamées par celles-ci.

    Par ailleurs, on voit Cordelia gouverner au quotidien, un tableau attachant et très intéressant qui parle de politique dans le sens premier du terme, un exercice à la fois noble et pragmatique.

    Ce vingtième opus de la saga m'a également permis de comprendre quelques détails qui m'avaient auparavant échappé -  comme la nature exacte de la planète Sergyar, qui a une importance fondamentale dans le choix de Cordelia et Aral de s'y installer comme vice-reine et vice-roi.

    Ainsi donc, tout comme L'alliance qui s'attardait sur Ivan (espèce de crétin ! Oups, pardon, ça m'a échappé !), La reine rouge est consacrée à Cordelia. On peut y voir l'essoufflement d'une autrice qui peine à alimenter sa longue saga. J'y décèle pour ma part l'immense affection de Lois McMaster pour ses personnages, affection que je partage.

    Il y a beaucoup de tendresse dans ce vingtième opus. Cordelia est certainement un des plus riches personnages de la Saga en dehors de Miles Vorkosigan lui-même, et ce roman lui rend un hommage émouvant.

     

    Ce billet intègre, comme de bien entendu, le Summer Star Wars de M. Lhisbei, avec la participation de Lhisbei et Excel Vador, bénis soient-ils au delà de toutes les galaxies.

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  • Les Aux', de David Gunn

    1412-faucheur-i_org.jpgRésumé : Sven est un tueur féroce et la pire tête de mule de l’Empire. Il est humain à 98,2 %, ce qui lui permet de guérir d’atroces blessures en un temps record. Repéré par l’Empereur, il est incorporé dans son armée d’élite, les Faucheurs. Là, on lui offre une nouvelle vie… en échange d’une mission suicide. Au coeur de l’ouragan de métal et de feu qui s’ensuit, Sven comprend vite qu’il n’est qu’un pion dans un jeu mortel. Et la règle veut que les pions soient sacrifiés. Mais Sven ne s’encombre pas des règles…

    Mon avis : la série Les Aux' est composé de trois romans : Faucheur, Offensif, et Le jour des damnés. Une trilogie de space opera militaire, pas tout à fait militariste. Elle propose le récit de vie (ou plutôt, de survie), de Sven Tveskoeg, ex-sergent de la Légion et nouveau sous-lieutenant des Faucheurs d'un empire improbable, dirigé par Octo V, empereur âgé de 12 ans... depuis environ 300 ans. 

    Sven est un tueur, un meneur d'hommes - et de femmes -, un type qui préfère agir plutôt que réfléchir, parce que quand il réfléchit, cela lui fait littéralement mal à la tête. Sven est donc un personnage sévèrement burné (dans tous les sens du terme), un bourrin sans nuance - mais pas sans intelligence.

    Tout au long des trois tomes, le lecteur découvre un contexte militaire et politique qui implique les très antagonistes Empire Octovien - celui de Sven -, l'Union-Libre Galactique et l'empire Exarche ; contexte tripartite dans lequel Sven et ses Aux' (auxiliaires) tentent de survivre. Et vu que la plupart du temps, les gens qui les envoient au combat espèrent qu'ils se fassent tuer en chemin, ce n'est guère une tâche aisée pour leur chef de troupe. S'ensuite donc, très fréquemment, d'épiques scènes de massacre, d'étripage (littéral), de fusillades et parfois même de cannibalisme.

    Les Aux' est bien ce qu'il semble être : une série de romans rapides comme l'éclair, violents et cons comme la mort. Descriptions courtes, dialogues courts, chapitres courts. L'environnement SF est assez peu développé, bien que des tas de bonnes idées aient été puisées dans le cyberpunk (Carbone modifié, entre autres...), telles que les implants de sauvegarde de la conscience, les armes intégrées aux corps humains, ou les pouvoirs psychiques augmentés par des additifs extra-terrestres. Aucune réflexion n'est à attendre de sa lecture, qui relève du plaisir simple d'une madeleine de Proust : si tu aimes les punchlines, l'alcool, le sexe et la baston, tu es chez toi. Et oui, parfois, j'aime ça.

    Mais c'est également un peu plus que cela. Lorsqu'on prend la peine de lire la trilogie jusqu'au bout, on découvre une contextualisation politique assez complexe, des personnages dotés de reliefs, comme les fameux Auxiliaires, mais aussi le fameux empereur Octo V, mi-machine mi-humain. Les femmes ont tous les rôles dans ces romans, jolies potiches, putains, combattantes d'exception, dirigeantes militaires ou politiques, femmes d'influence : un bon point pour Les Aux' !

    Bien que totalement militaire, le récit ne peut pas être considéré comme militariste. Le narrateur est douloureusement conscient de son statut de chair à canon, un simple pion manipulé par les grandes puissances qui l'entourent et le manient à leur guise, sans souci aucun de la valeur d'une vie humaine dans le cours d'une guerre.

    Sven est accompagné d'un SIG doté d'un Intelligence Artificielle. C'est à dire qu'il se balade constamment avec un flingue qui parle, critique, commente et n'en fait parfois qu'à sa tête. Et c'est ce personnage improbable qui provoque chez le lecteur de vrais éclats de rire : les traits d'esprit - dans le genre humour noir - fusent entre Sven et son SIG, et font passer crème les aspects plus rudimentaires du roman.

    On rit, on s'amuse à défourailler dans tous les coins et on passe à autre chose. La trilogie des Aux' non seulement ne déçoit pas son lecteur, mais laisse quelques traces plaisantes ; on ne lui en demande pas plus.

     

    Genre : space opera, SF militaire

    Éditeur : Bragelonne, version numérique.

     

     

    Ce billet intègre le Summer Star Wars de M. Lhisbei, avec la participation de Lhisbei et Excel Vador, bénis soient-ils au delà de toutes les galaxies.

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  • Les derniers Jedi, Star Wars VIII, de Rian Johnson

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    Chronique presque sans spoiler.

     

    Synopsis : Les héros du Réveil de la force rejoignent les figures légendaires de la galaxie dans une aventure épique qui révèle des secrets ancestraux sur la Force et entraîne de surprenantes révélations sur le passé… 

     

    Mon avis : Qu'ai-je pensé de ce 8e opus ? L'ai-je aimé ou détesté ? Pour tout t'avouer, ami lecteur, je me tâte encore.  Si j'étais sortie avec le sourire aux lèvres et des sapins de noël dans les yeux de la projection de l'épisode VII il y a deux ans, même si je savais qu'on m'avait servi une belle copie de l'épisode IV, ce ne fut pas le cas cette fois-ci. Je suis sortie... désorientée.

    Commençons, peut-être, par ce qui est, à mon sens, réussi : l'univers visuel. Certaines scènes sont à couper le souffle. La bataille finale sur la planète blanche et rouge est à tomber par terre, tant les contrastes de couleur sont marquants et somptueux. Le film vaut réellement la peine de se déplacer en salle obscure pour cette raison.

    L'évolution du personnage de Luke Skywalker, devenu misanthrope, dépressif et franchement désagréable - on dirait Ben Affleck en Batman - m'a plu. Il est humain, égoïste et adore se complaire dans l'auto-apitoiement. Bref, un vrai personnage ! Même si, effectivement, la fameuse scène du sabre-laser au début du film aurait pu trancher un peu moins avec la solennité de cette même scène à la fin du film précédent. J'avais l'impression de voir les facéties de Simon Pegg en plein milieu d'un temple bouddhiste. C'était drôle, mais déplacé. Les relations houleuses entre Rey et Luke, teintées de comédie, ont pour rôle de rappeler les scènes drôlatiques de l'initiation de Luke avec Yoda sur Dagobah, dans L'Empire contre attaque. Avec plus ou moins de bonheur, suivant les moments.

    Le lien entre Kylo Ren et Rey est totalement novateur, étranger à l'univers Star Wars. J'ai la nette impression que Rian Johnson a vu, comme moi, la série Sense8, de Lana Wachowski, tant ce lien entre les deux protagonistes ressemble à celui qui unit les sensitifs dans la série. Cette nouveauté peut déranger par son incongruité, mais elle m'a conquise, sans doute parce que je suis déjà une fan de la série Sense8 et de ses personnages extraordinaires, mais aussi parce qu'elle colle finalement plutôt bien au concept de la Force.

    Cette bonne surprise n'a pourtant pas amoindri le désappointement que j'éprouve une nouvelle fois face au personnage de Kylo Ren. Une tronche de méduse échouée (oui, bon, ok : on a dit pas le physique), un ego blessé d'adolescent en mal de reconnaissance : il m'agace. Dommage, car les relations qu'il établit avec Rey sont intéressantes, complexes et pleines de promesses.

    Passons ensuite aux déceptions que j'ai pu ressentir : la rencontre et le voyage de Finn et Rose, bien que sympathiques, semblent être totalement gratuits et sans intérêt pour l'avancement du récit. J'avais l'impression d'être devant la longue scène de 50 pages sur Tom Bombadil dans le Seigneur des anneaux de Tolkien (aïe, pas taper !). En moins ennuyeux, tout de même. Je ne parle pas de Poe, dont le personnage donne l'impression de tourner en rond. On dirait qu'il n'est là que pour rappeler au spectateur qu'un pilote de la rébellion, c'est cool.

    De même, j'ai été déçue de la conclusion de l'assommante poursuite entre les vaisseaux des Rebelles et ceux du Nouvel Ordre. Elle remet en cause toutes les précédentes scènes de bataille spatiale de l'univers Star Wars sans explication ; elle introduit un élément étranger qui est, cette fois, incohérent. Qu'il aurait été facile de détruire toutes les étoiles noires des précédents épisodes avec pareil procédé !

    Ne parlons pas de la façon dont la Force se manifeste chez Leia Organa : cela m'a immédiatement fait penser à une scène de Superman en majesté (et en vol) dans Man of Steel. C'était d'un ridicule... Dommage pour un personnage aussi royal. Car feue Carrie Fischer en impose dans son rôle du général Leia Organa à chacune de ses apparitions à l'écran, avec dignité, grandeur et... malice. Un vrai bonheur.

    Certains personnages, dont un méchant majeur, meurent ou disparaissent en un claquement de doigt, tels des pions sacrifiables sur un échiquier incompréhensible. L'identité des parents de Rey est donnée au débotté, sans la moindre révélation fracassante, alors qu'on en attendait beaucoup de ce côté. Bref, de multiples arcs narratifs auraient pu être développés et se sont terminés en queue de poisson. C'est comme si le film ne prenait pas le temps de se consacrer à des histoires, à des personnages, alors même qu'il dure 2h30 ! Cela a généré, pour moi, de multiples petites déceptions durant le visionnage. Je veux bien de l'action, mais pas au détriment de la profondeur de narration.

    Les dernier Jedi est-il une copie de l'épisode V, le très fameux et très controversé Empire contre attaque ? Par certaines scènes, oui, évidemment. Mais je ne peux pas dire que cela m'ait fondamentalement dérangée. Non, ce qui m'a gênée, je pense, est la présence de scènes et développement inutiles, la conclusion hâtive d'arcs narratifs pourtant fort prometteurs dans l'épisode précédent, et l'introduction de certains concepts totalement étrangers à l'univers Star Wars.

    Les derniers Jedi  donne l'impression de ne pas savoir ce qu'il veut : rendre hommage à l'épisode V, comme J.J. Abrams l'avait fait pour le film précédent avec l'épisode IV, ou prendre tout le monde à contre-pied pour surprendre et innover ? Il mélange allègrement les deux tendances sans obtenir une mayonnaise qui tienne.

    Ma conclusion ? Je ne suis pas entièrement déçue, ni vraiment enthousiaste. Les derniers Jedi m'a perdue et rendue... perplexe. J'attends donc de voir comment J. J. Abrams transformera l'essai dans l'épisode IX.

     

     

    Genre : space opera, space fantasy

     

    Ce billet inaugure, comme de bien entendu, le Summer Star Wars de M. Lhisbei, avec la participation de Lhisbei et Excel Vador, bénis soient-ils au delà de toutes les galaxies.

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  • Nouvelles du pays des camés [3]

    Il y a eu Nouvelles du pays des camés [1] et Nouvelles du pays des camés [2]. C'était il y a longtemps, certes. Mais l'hiver fut long et difficile, et j'ai regardé beaucoup de série. Alors donc, aujourd'hui, voici le troisième épisode relatant mon addiction aux séries télé.

     

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    Jessica Jones saison 2

    Dans cette saison, Jessica Jones, toujours aussi dépressive, doit retourner le couteau dans la plaie et se pencher sur les circonstances de son sauvetage après l'accident qui a tué sa famille. Elle doit tenter de retrouver les responsables de la société IGH, qui l'ont transformée en super héroïne contre son gré, alors même qu'elle souffre d'amnésie pour cet événement.

    Un élément des plus marquants de la saison est la très impressionnante partition de Jeri Hogarth, manipulatrice et manipulée, puissante et fragile. Personnage secondaire présente dans toutes les séries Marvel, elle prend ici une épaisseur et une dimension tragique.

    Cette seconde saison de Jessica Jones expose une magnifique relation mère-fille,  une interprétation brillante de la problématique familiale : le lien filial est simple, mais il n'est pas facile. Il est évident, mais il est ardu à assumer. La scène du dénouement du dernier épisode, dans la grande roue, est d'une beauté indicible.

    J'ai beaucoup apprécié cette deuxième saison, autant que la première. La musique, la photo, la réalisation lente, l'atmosphère... Tout me plaît. Jessica Jones devient décidément une de mes séries de référence.

     

     

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    Sense8 saison 2

    C'est une honte, c'est un scandale : Sense8 n'a pas été renouvelé pour une troisième saison. La bronca des fans furieux n'a poussé le producteur qu'à la réalisation d'un épisode final de deux heures, diffusé le 8 juin 2018. C'est évidemment mieux que rien, mais on se croirait revenu 15 ans en arrière, quand Firefly avait été annulé.

    Mais parlons de la deuxième saison de Sense8. Mmmm... En fait, il est très difficile de parler de Sense8. Cette série se regarde, s'écoute, se ressent, mais elle se raconte mal. Chacun des huit personnages évolue, et avec lui les sept autres, à travers leur connexion télépathique et empathique. J'apprécie particulièrement l'exploration des zones grises de chaque personnage, animé de sentiments humains, pas toujours nobles, qui s'expriment par des pleurs, de la souffrance, de la violence, mais aussi de l'émerveillement, de l'amour, un l'élan vers l'autre.

    Cette série prend aux tripes et ne nous lâche pas, pourvu que la suspension d'incrédulité fonctionne. Elle compte des défauts, comme des maladresses scénaristiques un peu lourdingues, un rythme inégal, mais reste une oeuvre à vivre, bien plus qu'à consommer. Un must.

     

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    Star trek Discovery saison 1

    Je ne suis pas une trekkie historique. J'ai donc abordé cette nouvelle série Star trek avec candeur et sans a priori.

    Après un début un peu poussif pour l'exposition du contexte, les aventures du lieutenant Michael Burnham (Sonequa Martin-Green) se suivent avec intérêt. Son personnage est complexe d'emblée : officier animé de bonnes intentions, elle veut se racheter pour une faute qui déclenche une guerre entre son peuple et les Klingons et provoque la mort de son mentor, Philippa Georgiou (Michelle Yeoh) mais elle finit par être jugé, à raison, pour trahison et condamnée à la prison. Tout cela dans les deux premiers épisodes... Burnham est ensuite récupérée par le capitaine Gabriel Lorca (Jason Isaacs) pour l'aider dans une mission de recherche scientifique ultra secrète menée sur le vaisseau Discovery. Lorca est déterminé, intrigant, pas franchement sympathique mais tout à fait fascinant.

    Les personnages secondaires sont soignés, tels Saru, l'officier en second qui retrouve avec beaucoup de déplaisir Burnham sur le Discovery, Tilly l'enseigne pleine d'optimisme, le très pénible mais brillant mycologue Paul Stamets et Ash Tyler le rescapé. Je mettrai un très moyen 9/20 au jeu peu crédible de Shazad Latif, qui incarne plutôt mal Ash Tyler. Les autres comédiens sont très bons et servent bien l'histoire.

    J'ai adoré Michael Burnham, et j'ai carrrément tripé sur le capitaine Lorca. Jamais je n'avais pensé que Jason Isaacs pouvait être sexy... Bon acteur, oui. Mais fantasmé ? J'en ai été la première surprise.

    Cette première saison de Discovery propose des retournements de situation surprenants et lance plutôt bien la saison deux à venir. A découvrir.

     

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    The Crown saisons 1 et 2

    La seule série "blanche" de cette sélection. The Crown retrace les premières années de règne de la reine Elizabeth 2, depuis son mariage controversé avec le Prince Philip jusqu'à la crise du canal de Suez en 1956 en passant par le grand Smog de Londres en 1952. La série propose une visite de l'intérieur de Buckingham, en joignant habilement les faits historiques avérés et les développements fictionnels de la vie privée de la reine d'Angleterre. Une gageure quand on sait à quel point la famille royale est mutique sur sa vie privée.

    Claire Foy dans le rôle titre est une révélation, extrêmement bien servie par la qualité de la reconstitution et de la réalisation. J'aurai hâte de la revoir dans d'autres rôles. Elle est accompagnée d'excellents acteurs tels que Victoria Hamilton, Vanessa Kirky ou encore Alex Jennings dans le rôle de inénarrable ex-roi Edouard VIII.

    La vie de la reine d'Angleterre vue de l'intérieur : c'est ainsi que la série propose une vision du rôle de la monarchie dans le fonctionnement du Royaume-Uni, rôle millimétré dicté par de longs siècles d'histoire. The Crown permet de saisir pourquoi les changements et les modernisations sont extrêmement lents et difficiles à mener dans ce milieu si particulier, et, sans être laudatif, le fardeau de la fonction royale.

    Bref, The Crown est une excellente série historique, qui a la particularité de parler de personnes toujours vivantes, et qui m'a permis de mieux comprendre certaines dynamiques politiques au Royaume-Uni.

     

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    Altered Carbon, saison 1

    Takeshi Kovacs, un ancien soldat d'élite, est réveillé 250 ans après sa mort par Laurens Bancroft, l'homme le plus riche du monde, alors âgé de plus de 300 ans. Pour gagner sa liberté, Kovacs doit résoudre le meurtre de son employeur, quand tous les indices semblent pointer un suicide. Découvrant ce nouveau monde où la mort n'est plus qu'une formalité, il rencontre Kristin Ortega, une policière qui s'intéresse à lui et une IA facétieuse dirigeant un hôtel. Il finit par accepter d'enquêter sur le meurtre.

    Adapté du roman de Richard Morgan, Altered Carbon (Carbone modifié) est une série d'anticipation sombre et intéressante, qui propose des personnages complexes, traînant littéralement derrière eux une longue histoire semée de morts. Les acteurs sont excellents, Joël Kinnaman et Will Yun Lee en tête. Mais une photo épouvantable et une réalisation poussive gâchent énormément le résultat.

    Mon bilan est donc mitigé pour cette série qui a su tirer partie du roman pour en faire un scénario intéressant et embaucher de bons acteurs, mais qui souffre d'un gros problème de réalisation.

     

     

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    Lost in Space (2018)

    En 2046, John et Maureen Robinson et leurs trois enfants, Judy, Penny et Will, embarquent à bord du Résolution, tout comme d'autres familles à destination d'Alpha du Centaure, pour devenir colons. Mais un incident durant leur voyage les contraint à atterrir sur une planète inconnue. Les bien nommés Robinsons vont devoir faire de nouvelles alliances et travailler ensemble pour survivre dans un environnement hostile, à des années lumières de leur destination prévue.

    Série familiale, Lost in Space propose un récit d'aventure de l'espace (du vrai space opera, coucou le Summer Star Wars !) en prenant pour point de départ la plus ou moins fonctionnelle famille Robinson, où la mère, Maureen, tient la barre avec vigueur et sans-froid. J'ai beaucoup apprécié la richesse des personnages, les Robinson eux-mêmes comme les autres rescapés. Des gentils, des méchants, des entre-deux, des gens qui changent : malgré une distribution forcément réduite par le scénario lui-même, la variété est là.

    Molly Parker en ingénieure et mère de famille et Toby Stephens en père qui cherche sa place (je l'avais beaucoup aimé dans Meurs un autre jour, ça se confirme dans ce rôle très différent) sont excellents ; les enfants aussi : Will attire l'affection des téléspectateurs comme le miel les mouches, servi par un très bon jeune comédien de 13 ans, Maxwell Jenkins. La réalisation tient le rythme, dans de beaux décors naturels. Les Jupiter, navettes spatiales familiales normalement arrimées au Résolution, sont graphiquement bien rendues et deviennent très naturellement notre seconde maison.

    Bref, je me suis sentie chez moi chez les Robinson. En 10 heures de visionnage sur cette première saison, j'ai pris mon pied. J'attends la deuxième !

     

     

    Rendez-vous bientôt (hin hin hin, la bonne blague) pour un prochain épisode de Nouvelles du pays des camés !

  • Le couteau du partage, de Lois McMaster Bujold

    3733663.jpgRésumé : La jeune Faon Prébleu quitte la ferme pour trouver du travail dans la ville de Forgeverre. Sur la route, elle croise un groupe de Marcheurs du Lac, d'énigmatiques soldats sorciers qui luttent contre les êtres malfaisants. Ces Marcheurs pratiqueraient la magie noire, le cannibalisme et ne possèderaient que leurs vêtements et leurs armes, de mystérieux couteaux faits en os humains. Quand Faon est enlevée par l'un des êtres malfaisants que traque la patrouille de Dag Hickory, celui-ci vole à son secours. Un accident étrange se produit, qui lie alors leurs destins.

     

    NB : je mets ci-contre la couverture de l'édition anglo-saxonne, parce que je n'aime vraiment pas celles de l'édition française.

     

    Mon avisLe couteau du partage est une série de fantasy en 4 volumes de l'autrice de la Saga Vorkosigan (chroniquée par mes soins ici, , et même ), constitué d'Ensorcellement, Héritage, Passage et Horizon.

    Étant devenue une inconditionnelle de Miles Vorkosigan, j'ai voulu voir ce que Lois McMaster Bujold faisait quand elle n'écrivait pas de la science-fiction. Je sais que sa série de fantasy la plus connue est le Cycle de Chalion, multiprimé (Hugo, Nebula et Locus, excusez du peu !). Je le lirai certainement dans quelques temps. Le couteau du partage est moins connu, mais bon... Il faisait partie d'une OP Bragelonne.

    Les aventures de Faon Prébleu et Dag Hickory Ailes Rouges nous entrainent dans un monde plutôt rural, où la population est divisée en deux catégories : les Marcheurs du Lac, dotés d'une certaine magie, et les autres. Ces autres qu'on appellerait « moldus » dans Harry Potter, et que les Marcheurs du Lac nomment « fermiers », qu'ils soient paysans ou citadins. Deux populations qui ne se mélangent pas, ne se parlent que très peu et, qui, logiquement, se méfient beaucoup les unes des autres.

    Lorsque Faon Prébleu se fait enlever par des hommes de vase, elle entre sans le savoir - ni le vouloir - dans l'univers étranger des Marcheurs du Lac. En effet, ceux-ci ont dédié leurs vies, depuis des générations, à l'éradication de ce qu'ils appellent les êtres malfaisants, que les fermiers nomment spectres. Une mission liée à leurs pouvoirs magiques. Or, les hommes de vases sont des ersatz d'humains fabriqués par les spectres pour les servir. Dag Hickory accompli donc sa mission en profitant de l'enlèvement de la jeune paysanne pour repérer la tanière de l'être malfaisant et le tuer. Sauf que, fait exceptionnel, c'est Faon qui tue le spectre, avec le couteau du partage de Dag. Dag et Faon se retrouvent donc liés de façon tout à fait inhabituelle par la mort de l'être malfaisant, et doivent composer l'un avec l'autre. Et plus si affinité, naturellement.

    Les couteaux du partage sont à l'origine de toutes les légendes terrifiantes qui entourent les Marcheurs du Lacs chez les fermiers. Ils sont en effet fabriqués en os humain et emprisonnent dans leur essence la mort d'un autre humain. Mal comprises et parcellaires, ces informations entretiennent la réputation de cannibalisme des Marcheurs. Faon se retrouve donc en première ligne pour apprendre, à la source, ce qu'il en est exactement, et met ainsi un pied dans la culture et les traditions peu tolérantes des Marcheurs du Lac. Pour Dag, c'est l'occasion de comprendre ce qui se passe dans la tête des fermiers, et de reconnaître que leur méfiance a de solides racines.

    Les 4 tomes de la série développent donc la rencontre de ces deux mondes, qui apprennent, à travers le couple, à s'apprivoiser et à reconnaître leur complémentarité dans leurs différences. Une longue quête d'harmonie, pas toujours couronnée de succès, comme dans la vraie vie. En cela, les romans sont teintés d'un réalisme assez surprenant dans une oeuvre de fantasy, mais qui l'est moins quand on sait qui les a écrit. Le récit ne joue pas la carte sensationnelle, le rythme est posé et progressif. De la fantasy pépère, un brin. Mais de la fantasy qui donne envie de savoir la suite, parce que son propos est intelligent.

    Dans Le Couteau du partage, j'ai retrouvé une partie de ce qui me séduit chez Lois McMaster Bujold : des personnages complexes, réalistes et attachants, qui évoluent et qui cherchent à créer du lien, quelles que soient les difficultés rencontrées. Et puis, toujours chez elle, un discours sous-jacent prégnant, sans originalité peut-être (comment s'entendre quand on est différent ?), mais qui, s'il était inutile, n'apparaitrait plus depuis longtemps dans les oeuvres de fiction.

    Le couteau du partage, c'est donc une fantasy posée et travaillée sous des dehors faciles. Un peu comme du Mozart : c'est évident à écouter/lire, mais diablement difficile à réaliser soi-même. Un vrai plaisir de lecture, où on n'a pas l'impression de perdre son temps même si on est obligé de le prendre. L'oeuvre, que je pressens assez mineure dans le corpus de Lois McMaster Bujold, me donne donc diablement envie de découvrir le Cycle de Chalion.

     

     

    Genre : fantasy tranquille

     

  • Les vents du destin (La trilogie des vents, tome 1), de Mercedes Lackey

    la-trilogie-des-vents,-tome-1--les-vents-du-destin-115406-264-432.jpgRésuméElspeth, héritière du trône de Valdemar, cherche désespérément un mage capable de s’opposer aux puissances noires qui menacent les frontières de son pays. Elle se rend au coeur des Terres Extérieures, et y découvre un univers vieux de plusieurs millénaires, jadis contaminé par une catastrophe surnaturelle. Des races étranges, comme celle des Taleydras, y luttent contre des monstres assoiffés de sang et de pouvoir, avides de s’emparer de toute magie pour renforcer la leur. Entraînée dans cette guerre, Elspeth va devoir trouver sa propre voie… et découvrir la vraie nature de Besoin, l’épée magique.

     

    Mon avis : Mercedes Lackey a écrit plus de 25 tomes dans l'univers fantasy des Hérauts de Valdemar. Autant dire qu'à ce stade, ça ressemble à l'abattage. La trilogie des Vents, dont voici le premier tome, se situe presque à la fin du cycle des Hérauts de Valdemar.

    J'avais déjà  lu (et pas chroniqué... pas bieeeeeen) au moins une trilogie dans ce cycle. C'était une fantasy légère et sans prise de tête. Comme j'avais besoin de la même chose il y a quelques temps, j'ai remis le couvert avec ce tome 1 issu d'une OP Bragelonne.

    N'ayant pas lu le cycle dans l'ordre, j'ai dû laisser de côté quelques références que je ne comprenais pas. Ceci passé, le récit à deux voix, celle d'Elspeth d'une part et celle de Ventnoir le Taleydras d'autre part, m'a emmené à la fin de l'histoire sans encombre. 

    Sans encombre, mais pas sans ennui. Car, hélas, les nombreux et interminables atermoiements d'Elspeth, et parfois de Ventnoir, gâchent le plaisir. Pour mener un personnage vers d'un point A à un point B, les 380 pages du livre ne nous épargnent aucune hésitation, si infime fut-elle, dans le cheminement intérieur des personnages. C'est bien dommage, puisque par ailleurs le croisement des destins des deux protagonistes est plutôt bien préparé et leur *alerte spoiler* rencontre finale, crédible et sans un effet de manche qui gâcherait la suspension d'incrédulité.

    Le récit permet de découvrir graduellement un univers un peu plus complexe et intéressant qu'il n'y paraît au premier abord, et tente d'expliciter les diverses voies empruntées par la magie et les magiciens. Rien de révolutionnaire là dedans, on est loin de certains systèmes de magie impeccablement construits, du genre hard-fantasy comme celui de Brandon Sanderson dans Fils-des-Brumes.

    L'exposition de l'histoire fondatrice du monde de Valdemar et des mythes qui en découlent, le temps passant, ainsi que le développement complexe et relativement varié des diverses peuplades, permettent de maintenir l'attention du lecteur. L'écriture est fluide et les personnages assez vite attachants (même les griffons !).

    On peut, si on n'a rien d'autre à se mettre sous la dent, ou si on est fatigué, passer le temps avec ce roman sans avoir l'impression de se cogner le crâne contre les murs. Ce qui est déjà très bien.

     

    Edition : Milady, 2012

    Genre : fantasy, héroïc fantasy

  • Black Panther, de Ryan Coogler

    0883250.jpgSynopsis : Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…

     

    Mon avisBlack Panther est un film dans lequel deux personnages blancs, interprétés par les excellents comédiens britanniques Martin Freeman et Andy Serkis, jouent les faire-valoir. Tous les autres personnages sont noirs, et occupent le devant de la scène. Avec talent, et souvent avec charisme. Cette évidence passée, qui a rendu célèbre ce film dans le monde entier, nous pouvons nous attaquer à la qualité intrinsèque du film.

    D'abord, il y a plus de dialogues que de baston : pour un Marvel, c'est une bonne nouvelle. La baston, c'est sympa, mais on apprécie qu'elle n'occupe pas tout le temps de cerveau disponible.

    Ensuite, c'est un film au premier degré. Mine de rien, après Thor Ragnarok et Les gardiens de la galaxie (vol. 1 et 2), c'est un changement. Il est particulièrement appréciable dans le contexte de cette histoire qui veut nous y faire croire - et y réussi sommes toutes pas trop mal. Justement, le fait d'avoir mis le paquet sur les dialogues plutôt que sur le nombre et la longueur des scènes de baston permet de faciliter la suspension d'incrédulité et rapprocher le spectateur des personnages.

    Surtout, il n'y a pas seulement des noirs dans ce film, il y a surtout des noirs qui jouent des rôles d'africains. Ce fait est d'une importance fondamentale. La représentation de l'Afrique et des africains en position dominante n'était pas rare dans le cinéma occidental : elle était inexistante. Jusqu'à Black Panther. J'y suis particulièrement sensible, et ce film fait précisément ce qui peut marquer les esprits : associer les africains avec les concepts de richesse, de développement, d'influence, de technologies de pointe... et de stabilité politique légitime. Des africains en boubou et tenues bariolées, appartenant à des tribus, qui dansent et exubèrent (oui, je sais, néologisme) tel que les occidentaux se les représentent - à tort ou à raison. Mais des africains puissants, heureux, progressistes et conquérants, qui ont des tas de choses à dire et à enseigner à leurs homologues des pays occidentaux. En cela, Black panther un vrai bol d'air frais. En cela, il me fait un peu penser au roman La terre bleue de nos souvenirs d'Alastair Reynolds.

    Le Wakanda est trop beau pour faire vrai, les images de synthèse le constituant sont trop... parfaites, mais il fait envie. J'y émigrerai très volontiers, toute blanche et occidentale que je suis. Le Wakanda est égalitaire malgré son système monarchique, et les femmes occupent des postes de pouvoir, dont ceux de la garde royale. Ces guerrières au crâne rasé sont les plus belles femmes que j'aie vu depuis longtemps ; altières, elles s'imposent avec une autorité naturelle : elles inspirent l'envie et le respect. Elles resteront longtemps gravées dans ma mémoire.

    Bien entendu, ce film a des défauts. Le plus flagrant étant la faiblesse du scénario : on connait l'issue de l’histoire avant même d'aller en salle ; il suffit d'avoir vu la bande-annonce pour la deviner. Il fallait bien que la patte hollywoodienne se fasse sentir... Mais, mais, mais : la némésis de T'Challa, Killmonger, est un personnage très réussi. C'est un méchant compliqué, que l'on comprend, et qu'on ne peut pas détester, puisqu'il oblige le Wakanda et son roi à faire face à leurs propres démons. Un vrai bon méchant.

    Toutes les questions essentielles de l'histoire africaine sont évoquées, des colonisations à l'esclavage. Le positionnement suprématiste des nations occidentales obligent le Wakanda à se cacher et, de ce fait, à refuser aux peuples qui l'entoure l'aide qu'il pourrait leur apporter. Peu manichéen, le film fait la part belle aux zones grises, parfois aux zones d'ombre, et même aux zones de non-dit - ou du moins, de non-explicité. Ce qui, pour un film de ce calibre (on parle quand même du MCU - le Marvel Cinematic universe), relève de l'exploit !

     

    Africanisme flamboyant (donc, pas franchement nuancé, mais on s'en contente), acteurs crédibles et charismatiques, histoire porteuse d'espoir : le retentissant succès international de Black Panther est une bonne nouvelle. Un succès mérité, un film que je reverrai avec beaucoup de plaisir.