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Imaginaire - Page 2

  • La porte d'Abaddon (The Expanse) tome 3, de James S.A. Corey

    La-porte-d-Abaddon.jpgLa série The Expanse avait commencé pour moi par un premier tome tirant vers le suspense horrifique, un élément qui avait ralenti ma lecture. J'étais pourtant allée au bout, charmée par la profondeur des personnages et la complexité de la narration à plusieurs voix.

    Le second tome a été un coup de foudre : l'horreur avait cédé le pas devant des leviers narratifs plus aisés pour moi, les personnages étaient extraordinaires, la narration parfaitement bien menée.

    Nous voici donc arrivés à ce troisième tome.

    Le résumé : Un objet non identifié opérant sous les nuages de Vénus est apparu dans l’orbite d’Uranus, où il a construit une porte massive qui mène à un hyperespace désolé.
    Jim Holden et l’équipage du Rossinante font partie d’une vaste flotte de navires scientifiques et militaires chargés d’examiner le phénomène. Mais une intrigue complexe se trame dans leur dos, visant à l’élimination pure et simple d’Holden. Les émissaires de la race humaine en sont à devoir décider si la porte est une opportunité ou une menace, sans imaginer que le plus grand danger est peut être celui qu’ils ont apporté avec eux.

    Mon avis : Bien que je l'aie terminée en deux temps trois mouvements, happée par les personnages et le récit, je ressors néanmoins déçue de cette lecture. La raison ? L'unité de temps, de lieu et d'action. Enfin, ce qui, dans cette série ressemble le plus à la parfaite trinité. Pourtant, comme d'habitude, chaque chapitre aborde un personnage différent, l'ensemble constituant une toile tissée de ces récits entrecroisés. J'ai malgré tout trouvé le récit linéaire et prévisible, ce qui n'avait jamais été le cas jusqu'ici. Sans doute parce qu'on comprend rapidement que tous les personnages vont se rejoindre, que de fait ils se rejoignent vite, dans le même espace relativement confiné, et qu'on commence à s'ennuyer ferme en attendant la résolution.

    On retrouve pourtant nos personnages préférés (Holden et sa clique, ainsi que les mystérieuses apparitions de Miller, pourtant *alerte spoiler* mort à la fin du premier tome). De nouveaux personnages, comme la pasteure méthodiste Anna et la fille de Mao, sont intégrés au récit, avec plus ou moins de réussite, d'ailleurs. Le profil psychologique de la demoiselle Mao est franchement mal travaillé, on a du mal à la croire vraie. Et celui de la pasteure, bien que meilleur, est assez téléphoné.

    En réalité, ce qui occupe environ les deux-tiers du livre aurait pu tenir en une dizaine de pages, et on aurait pu passer à la suite, qui promet d'être autrement passionnante, beaucoup plus vite, sans rien enlever à l'histoire ni aux personnages.

    Bref, ce troisième tome est le maillon faible. Dommage, parce que la couverture est magnifique. Cela dit, je me jetterai sur le quatrième comme une morte de faim, en novembre prochain, car la résolution de ce troisième tome ouvre littéralement la porte à des potentialités infinies.

     

    Ce billet constitue ma troisième participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

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  • Dosadi, de Frank Herbert

    CVT_Dosadi_1802.jpegGenre : Ils sont fous ces batraciens.

    Résumé : Sur Dosadi, il n'y a qu'une ville, Chu. Elle compte plus de quatre-vingt-dix millions d'habitants et autour de ses murs, sur la Bordure, s'en pressent au moins trois fois autant. Le reste de la planète est désert. Parce que le sol, les plantes et les animaux, l'air et l'eau contiennent des poisons pour les deux races intelligentes qui peuplent chu, les humains et les Gowadchins. Le seul espoir de survie réside dans les usines purificatrices de Chu. Les habitants de Dosadi ne voient jamais les étoiles. Leur ciel est laiteux. Surpopulation, mort facile, confinement Dosadi, c'est l'enfer. Cerné par le Mur de Dieu. Mais qui joue à Dieu ? Quelle expérience monstrueuse se déroule depuis des générations sur Dosadi ? C'est ce qu'aimerait découvrir Jorj McKie, envoyé extraordinaire du Bureau du Sabotage et ami d'une étoile Calibane. Et aussi Keila Jedrik, native de Dosadi et bien décidée à s'en sortir. 

    Mon avis : Voilà un livre à la fois très intéressant, très déroutant et pas forcément toujours réussi. L'histoire se déroule en réalité sur deux plans : celui de Dosadi elle-même, dans les rouages extrêmement complexes du pouvoir de la ville infernale de Chu, et celui de l'univers en dehors de Dosadi, là où le monde de la sentience ignore superbement l'existence de cet enfer. Les Gowadchins, sorte de crapauds grégaires et intelligents, constituent un antagoniste révélateur pour l'humanité. Le fil du récit se déroule très lentement au départ, se perd dans une foultitude de détails qui n'auront au final pas forcément d'éclairage sur leur utilité. Cela rend la lecture déroutante et parfois ardue. Cependant, comme toujours chez Herbert, la réflexion politique, sociale et juridique, c'est à dire, au final, philosophique, est poussée dans ses retranchements. Herbert joue la carte de la logique jusqu’au-boutiste, en particulier dans le domaine juridique, de façon étonnante. En cela, le récit atteint des limites que je n'imaginais pas (il faut dire que ma culture dans les domaines suscités est plus que balbutiante).

    Je dois donc admettre (sans honte), que je n'ai pas tout compris, mais que j'ai retenu de cette lecture un questionnement tout à fait dérangeant sur l'évolution des sociétés sentientes. Je la recommande.

     

    Ce billet constitue ma deuxième participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

    science-fiction, space opera

  • Iron Fist, saison 1

    Iron Fist.jpgIron Fist, série terminée hier soir. Bon. Alors...

    Prenez un joli blanc aux yeux bleus et aux blonds cheveux bouclés. Faites-le débarquer dans la ville du péché (New York) pieds nus, arborant en écharpe de Miss France une candeur de bisounours et des compétences évidentes en Kung Fu. Donnez-lui, ainsi qu'à ses amis, une très grande quantité de problèmes à résoudre en 13 épisodes seulement, et vous obtiendrez Iron Fist : une série pleine de bonnes intentions et de bons acteurs, gâchés tous deux par l'urgence de la production suivante, The Defenders.

    Les personnages sont à peine présentés qu'ils évoluent artificiellement d'étapes improbables en choix impossibles. La série ne laisse pas le temps au spectateur de les comprendre, de les cerner, de les intérioriser. Il en résulte une histoire bondissant d'une révélation à l'autre, qui lasse à force d'être à la fois attendue et trop rapidement dévoilée.

    Les pivots Claire Temple et Jeri Hogarth font bien le job de liaison intersérie, avec le talent que l'on connaît aux actrices, mais rament pour établir leur légitimité dans l'histoire. Elles y arrivent, mais les coups d'aviron du scénario produisent des éclaboussures.

    Les personnages intrinsèques à la série sont plutôt pas mal. Ne connaissant pas les comics à l'origine de l'oeuvre, je n'ai pas de référence à laquelle me rattacher pour crier au scandale et/ou à la trahison. Ward et Joy Meachum, ainsi que leur père Harold (inoubliable Faramir dans le Seigneur des Anneaux) sont bien campés. Colleen Wing est jouée par une actrice très convaincante et charismatique, son personnage est intéressant, je m'y suis attachée. On connaît déjà Madame Gao pour l'avoir vue dans les autres séries, elle est tout à fait à sa place ici. Je n'ai en revanche pas cru une seconde à l'acteur qui joue Bakuto. Trop latin-lover pour croire à son rôle.

    Reste Dany Rand/Iron Fist, joué par Finn Jones. Honnêtement, il a fallu que je lise sa filmographie pour faire le lien avec le Loras Tyrell de la série Game of Thrones. Je ne l'avais pas reconnu, ce qui est plutôt un bon point pour l'acteur vu le gouffre qui sépare ces deux personnages. Je sais que beaucoup n'aiment pas sa prestation, mais je n'ai pour ma part rien à dire là dessus. Il est expressif et charismatique, et son personnage aurait mérité d'être pensé avec plus de nuances et de profondeur. C'est plutôt son physique de jeune premier qui ne colle pas vraiment au personnage. Et encore, le fait qu'il soit fin et délié est un atout, car il est bien plus crédible ainsi que les superhéros bodybuildés qu'on trouve dans d'autres franchises Marvel.

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    On l'accuse aussi de ne pas convaincre dans les scènes de combat. Moi, ce n'est pas son soi-disant manque d'expérience qui m'a gênée mais la qualité très moyenne des chorégraphies et des prises de vue durant ces séquences. De plus, j'ai tendance à croire Finn Jones quand il explique que le timing de tournage était tellement serré qu'il s'est entrainé seulement 3 semaines avant le début du tournage et qu'il devait apprendre en 15mn ses chorégraphies de combat.

    Tout dans cette série respire la précipitation, du scénario au montage. Les scènes de combat ne font malheureusement pas exception. Le générique de début manque totalement d'inspiration : il est d'un ennui mortel. Les dialogues "philosophiques" empruntent aux clichés les plus éculés sur le bouddhisme.

    Voici un sacré gâchis, surtout si on compare cette série aux exceptionnels Daredevil et Jessica Jones. Bref, Iron Fist est bâclée, alors qu'elle avait de sérieux atouts pour être au moins honnête. Mais la raison marchande a prévalu, laissant Iron Fist aux mains de professionnels qui ne sont peut-être pas forcément incompétents, mais qui n'ont pas eu le temps nécessaire pour réaliser une bonne série.

    Je redoute désormais Les Defenders... Hélas.

     

    Iron Fist, série Marvel disponible sur la plateforme Netlix.

     

  • Concours !

    Noël approche, et la barbe blanche me pousse au menton...

    Pour la première fois, je te propose, ami lecteur, un petit concours afin de gagner l'ouvrage suivant :

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    Redshirts, de John Scalzi, aux éditions de l'Atalante

     

    Si tu remplis avec exactitude et/ou bonne humeur le questionnaire ci-dessous, tu pourras gagner un exemplaire flambant neuf de cet excellent roman, empaqueté par mes soins.

     

     

     

     

  • Pourquoi je montrerai « Supergirl » à ma descendance

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    Supergirl est une série américaine commencée en 2015 sur CBS et continué en 2016 sur CW.

    Elle met en scène Kara Zor-El, cousine de Kal-El, alias Superman. Kara enfant était initialement supposée prendre soin de son très jeune cousin (un bébé) lors de leur arrivée sur Terre, mais son vaisseau s'est perdu en route. Lorsqu'elle arrive à bon port, après des années de sommeil cryogénique, Superman est déjà adulte et bien installé dans sa cape.

    Kara se retrouve donc plus jeune que son petit cousin, et confiée à une famille d'accueil aimante. Devenue jeune adulte, elle enfile elle aussi la cape rouge et le "S" de la famille El pour protéger Central City des forces du mal, terrestres et extra-terrestres. Et comme dans toutes les séries DC Comics (Arrow, The Flash, Legends of Tomorrow), elle le fait accompagnée d'un aréopage d'amis aux talents variés.

    Disons-le immédiatement : la série Supergirl dégouline de guimauve. Elle est totalement niaise. D'une mièvrerie à tomber. Les protagonistes sont aussi fades que des poires, leurs déboires personnels prévisibles et à la fin, c'est toujours Supergirl et/ou ses amis qui gagnent. Le personnage principal est une gentille blanche/blonde/yeux bleux/candide/propre sur elle/pleines de bonnes intentions. Bref, on est très loin d'une Jessica Jones, par exemple. Supergirl est une série pour ado bien élevés des banlieues WASP des Etats-Unis.

    Et pourtant, je la regarde, cette série. Et en plus, je compte la montrer à ma progéniture lorsqu'elle sera en âge.

    Pourquoi, me direz-vous ? Suis-je inconsciente ? Ou peut-être détesté-je mes enfants ?

    Non.

    Quoique...  ;)

    La série Supergirl possède un gros avantage à mes yeux, en comparaison de toutes celles que j'ai pu regarder : la majorité des postes de pouvoir, chef de très grande entreprise de média, POTUS (President Of The United States), officier de l'armée, grand méchant et j'en passe, sont tenus par... des femmes. Un détail qui n'est absolument pas anecdotique.

    Je l'évoquais dans un billet précédent à propos de l'image de l'Afrique aux yeux du reste du monde : lorsqu'une oeuvre, d'autant plus grand public, véhicule une image plausible de ce que pourrait être notre quotidien, il est beaucoup plus facile à tout un chacun d'envisager ce fait comme une réelle possibilité. C'est vrai pour l'image de l'Afrique dans La terre bleue de nos souvenirs d'Alastair Reynolds. C'est tout aussi vrai pour la promotion du rôle social des femmes dans Supergirl.

    Le côté sirupeux de Supergirl, son public-cible ado-adulte féminin n'échappera évidemment à personne. Mais c'est justement là que l'intérêt du discours féministe de la série réside : il s'agit de montrer littéralement au plus grand nombre, dans une histoire banale, que tous les avenirs sont possibles pour les femmes. Sans surligner le discours, sans démonstration ni explicitement. Juste en donnant à voir au détour de l'intrigue une femme dans un rôle qui, dans d'autres séries ou films, est presque toujours occupé par un homme.

    C'est donc, à mon sens, une série à montrer à des préados ou ados, filles et garçons, afin de contrecarrer, ne serait-ce qu'un tout petit peu, la masculinité prégnante de toutes les autres. Car dans notre société, et particulièrement dans la culture et la langue française, l'incarnation de la neutralité de genre est toujours... masculine.

  • La guerre de Caliban (The Expanse, tome 2), de James S.A. Corey

    science-fiction,space opera,polarOn reprend quelques mêmes, et on continue. Dans ce deuxième tome de The Expanse, James Holden est de retour avec son équipage ultra réduit, constitué de Naomi, Alex et Amos. Holden, traumatisé par son expérience à la fin du tome 1, vit dans une vigilance et un mal-être constant, le rendant plus enclin aux solutions radicales, ce qui ne fait pas l'unanimité au sein de son équipage.

    La situation politique entre la Terre, Mars et la Ceinture est tendue mais stable. Une stabilité très vite mise en péril par une attaque brutale qui détruit une partie de Ganymède : cette lune de Jupiter, dotée d'une magnétosphère, est étroitement surveillée par Mars et la Terre, et sert de refuge pour les femmes ceinturiennes enceintes et de grenier à blé pour toute la Ceinture. Autant dire que l'attaque, que chaque partie impute à l'autre, met le feu aux poudres.

    Prax, botaniste sur Ganymède, Roberta Draper, sergent martienne seule survivante de l'attaque sur Ganymède et Avasarala, sous-secrétaire aux Nations Unies de la Terre, sont les nouveaux protagonistes de ce deuxième opus. On a laissé Miller à la fin du premier tome, et on pouvait légitimement craindre que les nouveaux personnages soient moins intéressants ou moins attachants. Il n'en est rien. Prax est la caution scientifique du récit, le témoin candide et un père désespéré mais infatigable. La recherche qu'il mène pour trouver sa fille permet au fil du récit de se tisser. Le sergent Bobbie Draper est archétypale de ces héroïnes et héros de récits militaires, Torin Kerr, Honor Harrington ou John Geary : travaillée par son sens du devoir et sûre de ses compétences. Elle ne pouvait que m'être sympathique. Les manigances politiciennes d'Avasarala, aux antipodes de la logique de terrain d'un sergent Draper ou de l'équipe de Jimmy Holden, en sont le pendant exact et constituent un contrepoint réussi au reste du récit, dans lequel les changements de focale incessants permettent au lecteur de rassembler peu à peu les pièces du puzzle.

    La narration, toujours fluide, ne me permet pas de différencier les deux auteurs et m'enchante par son apparente facilité. J'ai lu ce roman avec énormément de plaisir, et bien que j'aie mis du temps (la faute à plein d'impondérables, sauf au livre lui-même), j'en ai savouré chaque chapitre. Il faut dire que le personnage d'Avasarala est particulièrement truculent, et les scènes avec la vieille dame acariâtre et rouée sont source d'un petit plaisir proche de la madeleine de Proust...

    Ce roman relève le gant de la suite de série, exercice toujours périlleux, sans sourciller. J'irai même jusqu'à dire qu'il est un peu moins complexe à suivre que le premier, sans devenir simpliste pour autant. Le sense of wonder est toujours présent grâce à la personnalité attachante de James Holden, tandis que le thriller politique devient plus prégnant. La protomolécule gagne en dimension science-fictionnelle ce qu'elle perd en fantastique. Pour le meilleur ou pour le pire ? Je suis incapable de répondre à cette question.

    Je n'aurai donc qu'un seul mot : vivement le tome 3 !

     

    Cette chronique participe pour la cinquième et dernière fois au septième épisode du Summer Star Wars de M. Lhisbei, béni soit son nom, ainsi que ceux de Lhisbei et Excel Vador.

     

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  • La terre bleue de nos souvenirs (Les enfants de Poséidon, tome 1), d'Alastair Reynolds

     Mon préambule est court : j'adore ce titre. Sa poésie me touche immensément.

    1506-poseidon1_org.jpgRésumé : XXIIe siècle. Alors que le Mécanisme sait absolument tout des actions et des pensées des hommes, Geoffrey Akinya travaille sur l'intelligence des éléphants autour du Kilimandjaro. Sa soeur Sunday mène une carrière artistique sur la Lune, à l'abri du Mécanisme. Avant de mourir, leur grand-mère leur révèle un secret. Le préserver peut s'avérer très dangereux.

     

    Mon avis : Ce livre m'intriguait depuis quelques temps. Et puis, il est entré dans la short list pour le Prix Planète SF 2016. Alors, pour continuer dans la veine Alastair Reynolds, après Janus, je me suis lancée. 

    Le récit suit les péripéties de Geoffrey et Sunday Akinya dans la découverte de l'héritage et de la personnalité de leur énigmatique grand-mère Eunice. Un héritage en forme de jeu de piste, qui les envoie se balader dans tout le système solaire. De quoi les occuper (et nous avec) un bon moment.

    Le futur imaginé par l'auteur est plutôt positif : le bouleversement climatique attendu a eu lieu, entraînant des changements politiques, économiques et sociaux de taille, mais l'humain s'est adapté, a limité autant que possible les dégâts environnementaux, a conquis l'espace immédiat (Lune, Mars...) et le continent africain tient une place désormais prépondérante dans le développement du monde. Ce dernier fait constitue sans aucun doute l'élément le plus attractif du roman à mes yeux : enfin ! Enfin, l'Afrique cesse d'être le continent des laissés-pour-compte.

    Rien que pour ce fait, que je n'ai quasiment jamais croisé dans mes lectures, ce livre vaut le détour ; il permet au lecteur de changer l'image mentale qu'il a du continent africain, au moins le temps du récit. Il en est de cela comme du reste : imaginer, de temps à autres, que le monde pourrait évoluer dans une certaine direction rend l'improbable ou l'impensé possible et envisageable. Et cela n'a pas de prix.

    De nombreuses inventions technologiques, ainsi qu'un transhumanisme très développé, apparaissent tour à tour bénéfiques et terrifiants. Le progrès dans toute son humaine ambiguïté. La technologie qui régit la vie humaine et prévient tout conflit ou flambée de violence, le fameux Mécanisme, est peu explicité mais je l'ai trouvé, pour ma part, assez plausible. En revanche, j'ai bien peur qu'il ne rende la vie humaine d'un ennui mortel...

    La terre bleue de nos souvenirs est un roman long et complexe ; de nombreux lieux, de nombreux personnages, et des relations entre eux qui ne sont pas toujours évidentes à comprendre. Les équipées de plus en plus lointaines s'enchaînent, mais elles manquent d'un souffle épique ou poétique, tel celui que j'avais trouvé dans La danse des étoiles.

    J'ai apprécié ce roman, il est porteur de bonnes idées, mais il m'a manqué un peu la même chose que dans Janus : du liant, une narration qui porte le lecteur (celle-ci est très linéaire, à la limite de l'ennui) et une réelle empathie pour les personnages. Comme La terre bleue de nos souvenirs constitue le premier tome d'un série, j'hésite : soit l'introduction nécessitait d'être très longue et la suite sera plus intéressante, soit elle annonce un prochain texte aussi digeste que le livre des Nombres dans le Pentateuque (ne cliquez pas sur le lien si vous n'en avez rien à carrer de la Bible, mais croyez-moi sur parole, c'est d'un ennui mortel).

    Prions, mes frères et soeurs, pour que ce ne soit pas le cas. ;p

    Cette chronique participe pour la quatrième fois au septième épisode du Summer Star Wars de M. Lhisbei, béni soit son nom, ainsi que ceux de Lhisbei et Excel Vador.

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