Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Imaginaire - Page 2

  • La danse des étoiles, de Jeanne et Spider Robinson

    danse des étoiles.jpgL'histoire : Shara Drummond, une jeune danseuse talentueuse, se voit refuser l'accès au monde de la danse professionnelle à cause de sa corpulence. Elle saisit alors l'opportunité de bénéficier d'une salle de danse dans une station spatiale et en profite pour créer un ballet en apesanteur. Charles Armstead, son opérateur vidéo et ami, raconte sa détermination et son génie, mais aussi comment sa passion a sauvé l'humanité.

    La danse des étoiles a été initialement édité entre 1977, et reçut les prix Hugo, Nebula et Locus (excusez du peu). En 2015, ActuSF a la bonne idée de le rééditer, trente six ans après sa première édition française chez Calmann-Lévy en 1979. La belle couverture est signée Jamie Olivier.

    Mon avis : C'est la première fois que je lis un roman de science-fiction, de space opera plus exactement (vous savez, ceux qui parlent de vaisseaux, de combinaisons spatiales, de techniques de propulsion dans le vide, et de physique de l'apesanteur), qui donne un rôle plein et entier à l'art et à la création à travers la danse. Les récits de space opera, particulièrement à cette période de l'histoire de la littérature de science-fiction, sont écrits quasi exclusivement par des hommes. Leur culture les amenait - et les amène toujours, en majorité -  à disserter de préférence sur les sciences, les techniques et les jeux de pouvoir, plutôt que sur l'art. Ici, l'écriture mixte à quatre mains donne naissance à une oeuvre hybride, qui mêle harmonieusement les thématiques classiques du space opera et certains passages inspirés, voire flamboyants, sur la danse et sur la création artistique en général.

    La danse des étoiles est un récit en trois parties. Disons-le : le roman est bon sur la première et la troisième partie. Il est mou sur la deuxième. Pas de quoi fouetter un chat : comme dans un concerto, la phase médiane est plus lente. Mais la première partie peut sans difficulté constituer une novella à elle seule, tant elle est riche et bien construite, et le lecteur risquera de se laisser décourager par le mouvement suivant, nettement moins enlevé.

    Ce à quoi je dis : non ! Cher lecteur, lis ce livre jusqu'au bout. Jusqu'à la fin de la troisième partie. D'abord parce que la magnifique scène de danse en apesanteur autour de la Terre, à la fin du premier mouvement, trouve son alter ego dans le troisième, dans un paysage plus grandiose encore. Ces scènes sont d'une beauté à couper le souffle, évocatrices de la grandeur de l'univers et de la petitesse de l'humain. Elles sont porteuses d'une très grande puissance et d'une incroyable capacité à nous toucher. J'ai été saisie, alors même que je n'ai aucun goût pour la danse. C'est dire si c'est réussi !

    Ce roman propose une réflexion humaniste et philosophique à travers l'art qui mérite notre attention. Pourtant, la dimension millénariste, un peu trop attendue, aurait pu gâcher notre plaisir. Mais non. La danse des étoiles est pour moi une oeuvre intelligente et sensible, touchante et inspirante.

     

    Cette chronique participe pour la première fois au septième épisode du Summer Star Wars de M. Lhisbei, béni soit son nom, ainsi que ceux de Lhisbei et Excel Vador.

    ssw-7.jpg

  • Batman Vs Superman : l'aube de la justice, de Zack Snyder

    superman,batman,dc comics,superhéros,justicier,science-fictionBatman contre Superman est un concept qui m'a dérangée lors de ses premières évocations sur la Toile mondiale. Pour moi, ils ne faisaient tout simplement pas partie du même univers. J'ai donc cherché, lu, et découvert que j'avais tort en termes d'édition et de production, et qu'à l'aune de Marvel, DC Comics tentait de transposer sur écran l'équivalent des Avengers, une Ligue des Justiciers constituée des superhéros de son catalogue. Bien. J'ai donc essayé d'accepter de retrouver ces deux personnages dans le même film. Veni, vidi... Vici ?

    Pour faire court, le film raconte comment Batman se prépare à combattre Superman qu'il trouve trop dangereux après que Metropolis fut transformée en champ de ruines (la fin de Man of Steel, du même réalisateur), et comment il découvre en court de route un avorton un brin dérangé et très chevelu du nom de Lex Luthor.

    Mon avis sur le film est nuancé. Voire, partagé.

    D'abord, il n'y a rien à faire, je trouve que mettre deux personnages aussi différents dans un même film est terriblement casse-gueule, et confine parfois au ridicule.

    Superman n'est pas humain, il a des superpouvoirs, c'est un être de lumière qui tire sa force du soleil, et qui est malheureux parce que son sens moral élevé et son envie de bien faire sont contrebalancés par le fait que ses actions ont des conséquences involontaires et des dommages collatéraux sur l'humanité qu'il protège. Batman, lui, est un justicier abîmé par la vie, d'humeur sombre et de caractère violent, qui souffre dans sa chair des méfaits de l'humanité mais se bat malgré son manque de foi en l'espèce humaine en espérant pouvoir lui faire confiance un jour. Autant dire qu'on a l'impression de réunir un bisounours et un gremlins.

    Évidemment, cela sert le premier propos du film : il est plutôt simple d'opposer deux personnages de nature si différente. La confrontation de leurs univers respectifs est d'ailleurs très bien mise en image, grâce à la scène d'introduction du film qui rejoue la dernière scène de Man of Steel - l'ultime bataille de Superman contre Zorg et sa machine épouvantable - mais cette fois à travers le regard de Batman, vu du sol, à hauteur d'homme, en montrant les innombrables dégâts et les terribles pertes humaines que la bataille a généré. Le plus gros du film est narré du point de vue de Batman, d'ailleurs, ce qui donne une perspective toute différente aux actions de Superman et permet un regard critique tout à fait crédible. Un bon point.

    superman,batman,dc comics,superhéros,justicier,science-fiction

    En revanche, réussir à faire avaler que dans un deuxième temps ils puissent travailler de conserve pour le bien de l'humanité est beaucoup plus ardu. Et je n'ai pas été convaincue. Bien entendu, ils le font contraints et forcés - surtout Batman, qui y va plus qu'à reculons. Mais le fait est que je ne vois toujours pas ce qu'ils font ensemble.

    Cela posé, passons au reste.

    Henry Cavill, égal à lui-même dans son costume over bodybuildé (non vraiment, les producteurs de cinéma de super-héros, c'est trop. Arrêtez avec ces silhouettes déformées par l'excès de muscle, ça finit par être ridicule), incarne sans une anicroche son Clark Kent/Superman. Il est toujours bien présent, toujours travaillé par sa conscience, toujours amoureux de Lois Lane, bref, il est parfaitement supermanesque. Consensuel, limite ennuyeux, mais on le sait, à force : c'est le personnage qui veut ça. Le regard bleu acier de l'acteur fait merveille, ainsi que son élégante décontraction. Bonne idée de prendre un britannique pour ce rôle.

    Pour ce qui est de ce nouveau Bruce Wayen/Batman, je suis carrément enthousiaste, comme je le disais à mon ami Xapur. Vieillissant, aigri, revanchard, il est parfaitement détestable. Et très bien joué par Ben Affleck, qui lui donne de l'épaisseur, des rides, de la lourdeur et presque de l'embonpoint à force de masse corporelle, de la densité, ainsi qu'une colère mauvaise et une détermination malsaine. Il n'est pas beau, ni jeune, ni lisse. Il est désespérément humain. Ben Affleck fait ainsi brillamment oublier son précédent rôle de héros dans Daredevil.

    superman,batman,dc comics,superhéros,justicier,science-fiction

    Bon, par contre, il y un personnage auquel je n'ai compris au visionnage : celui de l'inconnue, voleuse et mystérieuse, qui vient finalement filer un coup de main en armure aux deux héros à la fin du film. Il a fallu que j'aille naviguer sur la toile après le film pour savoir qui elle était.  Pour les adeptes de l'univers DC Comics, c'était évident, mais pour moi, cela ressemblait à « Gnééééé ? »... Il s'agit donc de Wonder Woman. Elle reviendra dans la ligue, elle aura son film à elle, bref, elle a fait son caméo introductif. Gal Gadot est pas mal du tout, d'ailleurs, dans ce rôle. Au contraire d'Amy Adams, que je n'aime pas du tout dans le rôle de Loïs Lane, et ce, depuis Man of Steel. Dans l'ensemble, je déplore le rôle toujours très secondaire de ces dames dans les films de superhéros. Cela devrait changer... Je l'espère.

    superman,batman,dc comics,superhéros,justicier,science-fiction

    Lex Luthor est joué par le sautillant et survolté Jesse Eisenberg, qu'on sous-exploite dans ce film tout en donnant l'impression de lui donner de la place. Une étrange contradiction, à laquelle je n'ai pas d'explication plausible. Le comédien est vraiment bon, il donne une image du méchant tutélaire très éloignée - un vrai clin d'oeil inversé - de la boule à zéro et de la carrure imposante de Kevin Spacey et Gene Hackman, tout en lui conférant une belle présence. Mais c'est comme si son personnage avait été... bâclé.

    superman,batman,dc comics,superhéros,justicier,science-fiction

    Je n'irai pas plus loin dans l'analyse du film, car le reste est finalement très attendu : un scénario qui tient debout uniquement par la volonté du spectateur consentant (et pour celui qui ne l'est pas, je propose d'aller lire la chronique d'un Odieux Connard, comme d’habitude), et des effets spéciaux qui gâchent quelques scènes à force de prendre toute la place au détriment de l'histoire et du jeu des acteurs. On est loin des séries Daredevil ou Jessica Jones...

    Batman Vs Superman est donc, à mon sens, un film inégal : un scénario étique comme de bien entendu pour un blockbuster, une idée de base peu crédible, une réalisation assez bien faite - particulièrement pour la mise en perspective des deux héros -, des personnages attachants chacun leur manière. C'est un bon divertissement mais ce n'est pas du bon cinéma, malgré le talent des acteurs.

    Espérons que les prochains films de DC Comics soient plus... crédibles.

     

    Batman Vs Superman : l'aube de la justice, de Zack Snyder, avec Gal Gadot, Amy Adams, Jesse Eisenberg, Henry Cavill et Ben Affleck, 2016.

  • Daredevil, la série

    charlie-cox-in-marvel-daredevil.jpgDaredevil est un comic de Marvel, adapté au cinéma il y a treize ans (2003) avec Ben Affleck en justicier. Une adaptation qui avait laissé un goût amer dans la bouche des fans, et pas de goût du tout dans celle des néophytes. Marvel a donc relancé l'adaptation sous la forme d'une série distribuée par Netflix. Deux saisons ont été diffusées à ce jour, avec Charlie Cox dans le rôle titre.

    Et là, on a comme qui dirait changé d'univers. Le format long permet de poser tranquillement un bouquet de personnages, de développer leurs caractères sans raccourcis artificiels et de parfaire le profil des personnages secondaires. D'installer une atmosphère. Et en termes d’atmosphère, on est servi !

    Matt Murdock et son pote Foggy Nelson ouvrent un cabinet d'avocats dans Hell's Kitchen, à New York. Ils n'ont pas un rond, mais un sens aigu de la justice et sont susceptible de se faire payer en apple pie ou en régimes de banane. Hell's Kitchen n'est pas un quartier beau à voir, surtout pas la nuit dans les contre-allées. On y trouve des trafiquants, des délinquants, des drogués et des criminels. Et ce ne sont pas les plus cradingues qui sont les plus dangereux. Mais il y a aussi des gens bien, souvent victimes des premiers.

    Matt Murdock croit en la justice et en la loi, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Il applique donc la loi le jour, en tant qu'avocat, et la justice la nuit, en tant que Daredevil. Il est catholique, croyant, et de ce fait, il refuse de tuer. Bon, par contre, casser des jambes, des bras, des nez, démonter des gueules et réduire en charpie les malandrins ne lui pose aucun problème, pourvu que lesdits malandrins soient toujours vivant à la fin. Matt en ressort avec quantité de bleus, de bosses et de coupures, parfois même des fractures. Les nombreuses scènes de baston entre Daredevil et les truands sont spectaculairement... réalistes. Au plus près de la "vraie vie". Les effets spéciaux (ou ceux de manche, d'ailleurs) sont eux, quasi absents, pour notre plus grand bonheur. Chaque saison nous propose au moins une scène de combat en plan-séquence de plusieurs minutes, de véritables chefs-d'oeuvre en la matière.

    Matt Murdock est aveugle mais pas vraiment, il est gentil mais pas vraiment, il est poilu mais pas vraiment (cette manie des américains de faire disparaître la moquette poitrinale des acteurs par ailleurs très pourvus en pilosité... pff). Charlie Cox, tout en sourire et en douceur lorsqu'on le voit sur ses vidéos ou photos de promotion, peu paraître déplacé dans ce rôle de justicier sombre et torturé. Mais il parvient à donner une dimension intérieure étonnante à son personnage : son Matt Murdock parle bas, présente un profil modeste, il est peu expressif de son corps ou de son visage. Sans pour autant être un robot, car Charlie Cox est un bon acteur. Simplement, on a la nette impression qu'il concentre son personnage à l'extrême, qu'il donne à Matt Murdock une capacité d'attention soutenue à son environnement, s'effaçant en partie pour n'exploser que lors des bastons. Bref, son Daredevil a de l'âme en plus d'avoir un corps.

    Une chose est sûre : une femme hétéro ou un homme homo aura immanquablement envie de lui faire des câlins et des bisous. Tout le temps. Si. Voire plus si affinité, bien évidemment. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien, mais... c'est comme ça.

    Daredevil 2.jpg

    [ Cela a peut-être un rapport avec le fait qu'il n'est vraiment pas dégueu à regarder. ]

    Foggy, joué par Helden Henson (le cameraman muet de Hunger Games), incarne en début de la première saison l'ami fidèle, le compère maladroit mais dévoué. Son personnage évolue beaucoup entre le milieu de la saison 1 et la fin de la saison 2 ; il prend de l'épaisseur, montre de vrais talents, et fait des choix qui sont susceptibles de l'éloigner de Matt Murdock / Daredevil.

    Karen Page, d'abord sauvée par Daredevil, devient l'assistante du cabinet Nelson & Murdock. Son statut évolue lui aussi considérablement durant les deux saisons, passant de celui de jolie victime blonde à celui de battante tout aussi blonde, mais pleine de ressources, qui prend de multiples initiatives personnelles sans demander l'avis de personne - et même, de préférence, en catimini. Bref, Karen Page bénéficie d'une trame narrative intéressante, particulièrement au cours de la saison 2.

    Wilson Fisk et Frank Castle, les méchants des saisons 1 et 2, incarnent des personnages complexes, aux motivations pas forcément discutables, à la fois cruels et désespérés, violents et fragiles. Ils sont véritablement fascinants. Rien que le personnage de Fisk vaut le détour, tant il est implacable et glaçant. Les personnages secondaires, comme celui de Claire Temple, l'infirmière abonnée aux gueules cassées ou James Wesley, le très efficace lieutenant de Fisk, sont particulièrement soignés.

    La justice sociale est au coeur de Daredevil. Les clients de Matt et Foggy sont victimes d'un capitalisme crapuleux et sauvage, qui les exproprie, leur extorque le nécessaire vital et les considère pour quantité négligeable. Le sentiment d'impuissance des petites gens prédomine souvent : face aux puissants, les riches de ce monde, les politiques, mais face aussi aux interventions inhumaines ou surhumaines de l'univers Marvel (Thor, Captain America, les invasions aliens, les pouvoirs inhabituels de Jessica Jones ou Luke Cage...) évoquées indirectement dans la série. Ce sentiment d'impuissance est finalement le moteur du combat de Daredevil, à la fois son frein et son accélérateur, en fonction de son état psychologique et du nombre de tuiles qui lui tombent sur la tête.

    Daredevil est donc une série très recommandable, adaptée à tous ceux qui supportent les scènes de combat violentes. Et un jour, je vous parlerai de Jessica Jones.

     

    Daredevil, série visible sur Netflix. Deux saisons de 13 épisodes chacune produites à ce jour.

  • LA PAB s'agrandit...

    Pendant que je lis, je ne blogue pas. Et donc, personne ne sait ce que je lis. Donc si ma Pile à Lire diminue, ma Pile à Bloguer, elle, prend des proportions gargantuesques.

    En conséquence, je vous présente ici un petit tour d'horizon de mes lectures des derniers mois :

    Durant l'été dernier, j'ai relu :

    le-vol-du-dragon.jpg

    Le vol du dragon, d'Anne McCaffrey pour la sixième fois. J'aime toujours l'histoire et je reste émerveillée devant la capacité de feu Anne McCaffrey d'emmener son lecteur avec elle en peu de mots, même si à chaque relecture je peste contre les trop nombreuses coquilles de ma vieille édition.

    harry potter.jpg

    Les sept tomes d'Harry Potter en version française. C'est mieux en anglais, mais je ne pouvais pas faire mieux, en raison d'un impondérable de 3,5kg à gérer nuit et jour. C'était très plaisant à re-re-lire. J'attends avec impatience que Mini-Blop puisse s'y coller.

     

    A partir du novembre, j'ai recommencé à lire pour de vrai :

    La_Menagerie_de_papier.jpg

    La ménagerie de papier de Ken Liu. J'ai adoré. J'ai même partiellement converti ma mère à la SF grâce à ce livre. Je suis enchantée d'avoir découvert cet auteur, et tout le mérite en revient à Lune, qui m'a fait la surprise de me l'envoyer avec tout un tas de petites choses à l'occasion de l'arrivée de l'impondérable.

    courageux.jpg Vaillant.jpg Acharné.jpg Victorieux.jpg

    Les quatre derniers tomes de la série La flotte perdue de Jack Campbell (Courageux, Vaillant, Acharné, Victorieux): j'avais lu et chroniqué le premier et le deuxième tome pour le dernier Summer StarWars de Lhisbei et M. Lhisbei. J'ai donc enchaîné les quatre tomes sans pouvoir m'arrêter. Il m'arrive souvent de comparer mon goût pour le space opera militaire à une drogue. En voilà une nouvelle preuve !

    point_zero.jpg

    Point Zéro d'Antoine Tracqui, que j'ai autant aimé que La ménagerie de papier, dans un genre toutefois entièrement différent. Sacré premier roman, très abouti, dans un genre aux codes pourtant très exigeants (le techno-thriller). J'attends avec impatience de pouvoir lire la suite, Mausolée.

    La-Voie-des-Oracles.jpg

    La voie des Oracles : Thya, d'Estelle Faye : ma première incursion dans l'univers de l'auteure, un roman jeune adulte réussi mais sans doute trop... jeune pour moi (dit la fille qui a relu tout Harry Potter il y a quelques mois). En revanche je suis très heureuse qu'elle ait investi la fin de l'Empire Romain comme cadre historique, ce qui est plutôt rare et vraiment intéressant. Et la couverture est à tomber par terre.

     

  • Killjoys, de Michelle Lovretta

    Killjoys 1.jpgKilljoys est une série de la chaine canadienne Space, diffusée aussi sur SyFy, mettant en scène des chasseurs de prime dans le Quad, un système planétaire lointain. Ces mercenaires intergalactiques risquent leurs vies pour capturer leurs cibles et tentent de rester impartiaux tandis qu'une guerre des classes est sur le point de débuter.

    Comme dans Dark Matter, Killjoys met en scène des mercenaires. Comme dans Dark Matter, ils vivent dans un vaisseau spatial et voyagent entre les planètes. Et comme dans Dark Matter, c'est une fille badass qui dirige le groupe. Cela fait beaucoup de points communs (sans compter l’esthétique bleue et noire encore plus omniprésente ici...).

    Dutch et John sont chasseurs de prime. Ils sont amis et travaillent ensemble depuis longtemps. Le frère de John, D'avin, ancien soldat, débarque et prend le troisième pied de tabouret dans l'équipe. Dutch sait se battre et porter des talons aiguilles en même temps. John et D'avin sont sexys et costauds. Dutch a une incroyable frange et une noire chevelure luxuriante, des lèvres pulpeuses et un maquillage sombre autour de ses yeux clairs. John et D'avin sont toujours sexys et costauds. Bon, le premier est aussi un excellent technicien, le deuxième un excellent combattant.

    Killjoys 2.jpg

    Le Quad est un système solaire de 4 planètes, dont 3 sont réellement habitées. Nos amis les mercenaires passent de l'une à l'autre en trois coups de cuillère à pot, quasi plusieurs fois par jour (ça, ça fait con). Leurs écosystèmes sont d'une simplicité enfantine (la ville sale, le monde agricole et la planète des riches). Le vaisseau spatial est habité par une IA, Lucy, qui a comme qui dirait un faible pour John. Bref, les platitudes et les clichés ont tout l'air de s'enfiler comme des perles au début de cette saison de 10 épisodes.

    Et puis, et puis, une fois passée cette désillusion, on découvre une assez intéressante observation de la lutte des classes. Mais les systèmes politiques et économiques sont plutôt bien pensés et les groupes sociaux sont si distants les uns des autres qu'on dirait pratiquement des castes. De plus, l'interpénétration des intérêts politiques à l'échelle du Quad se révèlent progressivement, complexes et paradoxaux, autorisant une espérance d'ambition pour Killjoys, renouvelée pour une deuxième saison (rôôô, ben comme Dark Matter, dis donc !).

    Une série qui commence comme une purge et révèle quelques promesses alléchantes en fin de saison. A essayer, donc, si on a du temps devant soi.

     

    Cette chronique s'inscrit dans le cadre du Summer StarWars de M. Lhisbei, béni soit son nom, celui de Lhisbei, ainsi qu'Excel Vador, leur fidèle assistant.

    ssw-3.jpg

  • Station solaire, d'Andreas Eschbach

    Station Solaire.jpgRésumé : 2015. La station expérimentale Nippon orbite à quatre cents kilomètres de la Terre. Son rôle : étudier et développer les technologies de captage et de transmission de l’énergie solaire depuis l’espace. Le succès de la mission ouvrira de nouveaux espoirs à un monde qui dévore ses sources d’énergie.
    Alors pourquoi des incidents à bord laissent-ils soupçonner qu’une entreprise de sabotage est à l’œuvre ?
    Pire est la vérité : avec la découverte d’un premier meurtre débute le compte à rebours d’un plan diabolique dont on ne comprendra que trop tard l’objectif.

     

    Le récit se passe en 2015. Un récit d'anticipation, puisque le texte a été publié en 1996 pour la version originale teutonne. Je me suis dit qu'il ne fallait pas rater ça ; c'est mon petit Retour vers le Futur à moi (n'est-ce pas, Lune) !

    C'est aussi un récit spatial, puisqu'il se déroule dans l'espace. Bon, juste au dessus de la terre, mais quand même.

    Anticipation et espace ? J'ai franchi le pas : j'ai décidé unilatéralement, en accord avec moi-même, que ce roman entrerait dans le Summer StarWars épisode III, même s'il faut couper quelques cheveux en quatre dans le sens de la longueur pour considérer qu'il s'agit là d'un véritable space opera.

    Bon, tout le monde l'aura compris, ce roman est avant tout un thriller. Enfin, un frileur, comme ils disent chez l'Atalante. Quelques mystères en début de récit, puis le petit côté « roman à énigme » s'efface rapidement pour faire place à un « roman à suspense » une fois la source du complot identifiée (pour voir quelle est la différence entre les deux, je ne saurais que trop vous recommander la lecture de ce Petit Précis des Genres Littéraires). Espionnage, meurtre, méfiance à huis-clos dans une station spatiale : un classique dans la littérature de genre.

    Le narrateur, Leonard Carr, est le seul occidental à bord de la station Nippon. Son statut dans l'équipe de recherche reflète l'évolution géopolitique et scientifique imaginée par l'auteur : l'Occident a laissé tomber la conquête spatiale et les recherches scientifiques connexes, flambeau repris brillamment par l'Extrême-Orient, le Japon en tête. Leonard n'est donc pas chercheur, mais spécialiste de l'entretien et de la sécurité de la station. Le factotum, quoi. Considéré avec un certain mépris par les autres membres d'équipage, bien que son travail soit absolument indispensable à la survie de tous. Une situation à la fois inconfortable pour lui mais très utile en cas de crise...

    L'intrigue, fort bien ficelée grâce à un scénario intelligent, porte le lecteur sans (s'es)souffler du début à la fin du récit, et sans pour autant bâcler la contextualisation. On voit quel film à suspense pourrait être réalisé à partir de ce roman, tout en appréciant les nuances de l'univers créé à travers les relations qu'entretiennent les spationautes entre eux et avec le reste du monde. De la finesse, de l'efficacité : un duo gagnant pour un roman qui parvient à éviter les poncifs tout en respectant à la lettre les préceptes du genre. La recette est simple sans être simpliste, tout ce que j'aime dans ce type de littérature de divertissement. Je me suis régalée, et je le recommande.

     

    Cette chronique s'inscrit dans le cadre du Summer StarWars de M. Lhisbei, béni soit son nom, celui de Lhisbei, ainsi qu'Excel Vador, leur fidèle assistant.

    ssw-3.jpg

     

    Genre : space opera

    Édition : L'Atalante, collection La dentelle du Cygne, 2000

  • Etoiles mourantes, d'Ayerdhal et Jean-Claude Dunyach

    Etoiles-mourantes.jpgAux Oniriques du cru 2015, j'ai été pilotée par M. Lhisbei pour mon achat du festival. Il aime le space opera, moi aussi. Je le lui en ai demandé un bon, il m'a conseillé Etoiles mourantes, des comparses Yal Ayerdhal et Jean-Claude Dunyach.

    Je l'ai donc acheté dans son édition de luxe chez Mnémos et l'ai fait dédicacer par ses auteurs. Jean-Claude Dunyach insistait dans sa dédicace sur le budget illimité des effets spéciaux (et en effet...), tandis qu'Ayerdhal m'indiquait dans la sienne que le voyage m'était « offert par deux stars finissantes (on admirera la référence au titre de l'oeuvre) qui n'en finissent pas de commettre des inepties ».

    J'ai aimé leur complicité, assis l'un à côté de l'autre au stand de signature, et j'espérais la retrouver dans le roman. Voyons donc ce qu'il en fut.

    Résumé : Quand les animauxvilles ont surgi dans le système solaire pour héberger les humains, ils leur ont aussi permis le voyage instantané. Alors l'humanité s'est scindée en quatre rameaux : autant de cultures, autant de modes de vie, autant de systèmes politiques. Les Connectés, les Organiques, les Mécanistes, et les Originels se méprisent faute de pouvoir se faire la guerre. Aujourd'hui l'heure des retrouvailles a sonné : les animauxvilles convoient des représentants de chaque rameau pour assister à l'explosion d'une supernova...

     

    Ma première impression de lecture fut d'avoir été incapable de distinguer qui avait écrit quoi dans ce roman. Les quatre mains furent invisibles à mes yeux et c'est tant mieux. La deuxième impression est qu'il a dû falloir un sacré bout de temps pour construire ces cinq univers : ceux de chaque rameau humain, et celui des animauxvilles. C'est un roman riche, très riche, qui propose des potentialités d'univers très approfondies. Chaque rameau humain pourrait être exploité des tomes durant, sans parler des animauxvilles. Il est donc d'autant plus intéressant d'avoir contracté ces potentialités en un seul et même volume - même si je sais que Jean-Claude Dunyach avait par ailleurs écrit Étoiles mortes dans le même univers, quelques années auparavant.

    Les quatre rameaux humains sont absolument passionnants, à la fois attachants et repoussants. J'ai une préférence pour les Connectés, sans doute parce qu'ils parlent plus à mon quotidien de blogueuse accro aux réseaux sociaux, mais il faut bien admettre que tous sont absolument fascinants. Leurs retrouvailles organisées, contraintes et forcées par les animauxvilles, sont l'aboutissement d'un chemin étrange et tortueux, où ce sont les éléments les moins emblématiques, voire les plus rebelles, de chaque rameau qui partent assister, volontairement ou non, à l'explosion de la supernova.

    Je pourrais écrire bien des lignes pour décrire chaque rameau humain ainsi que les animauxvilles, mais un roman de cette amplitude et de cette finesse mérite qu'on lui laisse un peu d'intimité, et qu'on dise ceci de lui : si vous êtes curieux, allez voir qui sont ces personnages et ces univers. Vous en ressortirez ému, stupéfait ou intrigué, et vous louerez le ciel (ou tout être suprême qui vous convient) que la France compte de tels auteurs de science-fiction. Ils sont de ceux qui ne prennent pas leurs lecteurs pour des imbéciles, et on ne peut que les en remercier.

    S'il faut des bémols, en voici : je n'aime pas la couverture de Gilles Francescano sur cette édition de Mnémos - alors qu'elle fait la quasi unanimité chez mes condisciples. Je la trouve... pâlichonne. Je comprends qu'elle reprend la chair des animauxvilles, mais je la trouve étrangement inconsistante par rapport au contenu. Dommage.

    Il y a, à la fin (attention, spoiler), un petit aspect de la série TV Game of thrones : « Valar Morghulis ». Oui, non, parce qu'il y en a quand même pas mal qui meurent... Or, j'étais très attachée au personnage de Nadiane, la Connectée. Too bad.

     

    Cette chronique s'inscrit dans le cadre du Summer StarWars de M. Lhisbei, béni soit son nom, celui de Lhisbei, ainsi qu'Excel Vador, leur fidèle assistant.

    ssw-3.jpg

     

    Genre : space opera

    Édition : Mnémos, 2014