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Imaginaire - Page 3

  • Téméraire (La flotte perdue, tome 2) de Jack Campbell

    Et voilà. Deux jours après avoir fini Indomptable, le premier tome de la série La flotte perdue, je terminai le deuxième tome. Heureusement que mon stock s'arrêtait ici concernant cette série, sinon gageons que j'aurais tout lu en trois coups de cuillères à pot...

    Flotte perdue - Téméraire.jpgNous retrouvons dans ce deuxième opus le capitaine John Geary - revenu d'entre les morts - qui continue de tenter de faire rentrer la flotte au bercail, alors qu'elle se trouve en plein territoire ennemi. Suivant son plan initial, il emprunte un chemin tortueux et inattendu, afin que les forces des Mondes Syndiqués ne puissent piéger ses vaisseaux. Une méthode efficiente mais peu populaire auprès de ses hommes, en raison de sa lenteur et de sa prudence.

    En passant par le système de Sutrah, la flotte découvre des prisonniers de guerre de l'Alliance et lance une opération pour les libérer. Ce faisant, John Geary fait la connaissance avec le capitaine Francesco Falco, une légende militaire et civile en captivité depuis vingt ans. Adulé par beaucoup, Falco incarne l'esprit de vaillance et de combativité qui prévaut depuis de nombreuses décennies dans la flotte de l'Alliance. Au détriment de la profondeur de vue... Autant dire que les méthodes de Geary et de Falco tendent à diverger, voire à s'opposer.

    La trop fraîche assise de Geary sur la flotte est donc d'ores et déjà compromise par un autre héros revenu de nulle part, qui a l'avantage d'une popularité provenant autant de son charisme personnel que de ses tactiques de combat. Une épine dans le flanc de Geary, qui malheureusement se révèle trop vite empoisonnée...

     

    Une nouvelle fois en moins de 400 pages, Jack Campbell développe une ligne d'action et de développement de personnages efficace et sans bavures. Un poil trop efficace, sans doute. Mais rien ne m'a empêché d'aller au bout, et sans souffler un instant, qui plus est. C'est donc bien que la recette fonctionne.

    Le développement des personnages et de leurs interactions perd en revanche en qualité. Des automatismes qui paraissent trop vite indétrônables s'installent dans les rapports entre Geary et certains de ses officiers (Duellos et Desjani en particulier) pour qu'on ne voit pas poindre l'ennui. La relation nouvelle et particulière qu'entretient Geary avec la coprésidente Rione sonne faux et ne m'a pas convaincue. Geary a beau continuer à se poser des questions sur sa légitimité, cela interpelle moins le lecteur que dans le premier tome. Le personnage le plus intéressant développé dans cet opus se révèle être le capitaine Falco lui-même : complexe, contradictoire, égocentrique et pourtant dévoué à l'Alliance, c'est un électron libre qui génère sa propre dynamique. Dommage, dans un certain sens, qu'il soit évincé de la narration pendant la moitié du roman.

    Mon impression, née de la lecture du premier tome, se confirme : nous avons affaire ici à une série développée sur un moyen terme, dont chaque épisode est relativement court et dont la portée reste assez faible. La profondeur de l'univers général semble limitée, bien que des ouvertures se profilent à l'horizon de la simple opposition entre Alliance et Syndic. Je lirai les suites -  la série compte six tomes - mais je sais d'avance que cette série ne m'apportera pas grand-chose d'autre que le divertissement, comparée par exemple à... oui, vous avez deviné, Honor Harrington, mais aussi à la Saga Vorkosigan.

    A recommander donc aux amateurs de space opera militaire, qui comme moi aiment les scènes de bataille et la stratégie, sans beaucoup d'espoir de voir d'autres personnes s'y intéresser...

     

    Cette chronique s'inscrit dans le cadre du Summer StarWars de M. Lhisbei, béni soit son nom, celui de Lhisbei, ainsi qu'Excel Vador, leur fidèle assistant.

    ssw 3

    Genre : space opera

    Édition : L'Atalante, 2008, collection La dentelle du Cygne

  • Indomptable (La flotte perdue, tome 1) de Jack Campbell

    Je cherchais, depuis quelques temps déjà, de quoi alimenter ma soif de space opera, de préférence militaire au vu de mes goûts plus que douteux en matière de lecture de détente. Honor Harrington s'essouffle, et de toute façon, David Weber ne peut écrire, ni L'Atalante traduire, aussi rapidement que ma vitesse de lecture l'exige.

    space opera,science-fiction,vaisseau spatialPromptement conseillée par, entre autres, M. Lhisbei, je me fis donc offrir pour noël le premier tome de la série La flotte perdue de Jack Campbell, intitulé Indomptable.

    Indomptable est le nom du vaisseau spatial de la flotte de l'Alliance (et non de l'Axe, on notera la référence plus que limpide) sur lequel a échoué John Geary, officier de l'Alliance récupéré dans une capsule de survie après cent années de dérive - et de sommeil. Toujours pas revenu d'être en vie, et choqué par la perte de son époque (en 100 ans, tout son univers connu a disparu), John Geary souffre d'autant plus de décalage qu'il découvre être devenu, bien malgré lui, une légende de la flotte sous le nom de Black Jack Geary.

    Il se retrouve en pleine déroute : la flotte de l'Alliance, battue par son ennemi séculaire le Syndic, veut éviter la destruction et son commandant va, avec son état major, discuter des termes de sa reddition avec les vainqueurs. Avant de partir pour cette rencontre, il confie honorifiquement sa charge à John Geary. Bien lui en prend : il se fait massacrer comme du bétail par le Syndic, laissant à un John Geary dérouté une flotte sur le point de se faire détruire.

    Geary parvient à faire évader sa flotte d'une façon inattendue, car trop ancienne pour ses désormais contemporains, mais ne peut rentrer en droite ligne au sein de l'Alliance. Et alors que la flotte s'échappe par les chemins de traverse, il découvre à quel point elle a changé, et combien son image de héros sans peur et sans reproche lui apporte au moins autant d'ennuis que de notoriété.

    Fragilisé physiquement pas son siècle de sommeil forcé et psychologiquement par le fait de se réveiller dans une époque totalement différente, John Geary lutte avant tout contre lui-même pour parvenir à rester à flot face à des compatriotes qu'il ne comprend pas et qu'il doit pourtant cornaquer - le plus souvent contre leur volonté. Son image légendaire de combattant agressif et désespéré dessert le sauvetage de l'ensemble de la flotte. Il découvre que ses nouveaux contemporains sont téméraires, suicidaires bien souvent, qu'ils n'ont aucune culture militaire et qu'ils sont sans pitié ni humanité pour leurs adversaires. Le résultat d'un siècle d'une guerre ininterrompue et sans espoir de vaincre, alors que lui-même a connu le monde en paix.

    Il passe alors le plus clair de son temps à tenter de convaincre ses compatriotes que la stratégie est plus importante que la bravoure, que l'organisation et le respect des ordres sont plus efficaces que les initiatives personnelles et que traiter l'adversaire humainement n'est pas un signe de faiblesse. Bref, Geary est le parangon des vertus cardinales de l'armée. Ce en quoi il rejoint, à mon sens, Honor Harrington : l'honneur avant tout.

     

    Ce côté simpliste de l'état d'esprit militaire reste toujours pour moi une source d'amusement, mais dans le cas de La flotte perdue, il sert admirablement bien le récit. Car les valeurs surannées de Geary font mouche dans un monde qui a perdu de vue les siennes et ne sait plus pourquoi il se bat.

    Ma découverte de l'univers de la flotte perdue se révèle donc dans l'ensemble plutôt positive. Geary est suffisamment fragile pour être crédible, les officiers supérieurs sont autant des femmes que des hommes (j'apprécie toujours cette équité !), et les scènes de batailles sont assez travaillées, en particulier les décalages temporels et les perceptions relativistes dus à la distance entre les vaisseaux en mouvement et à leurs accélérations respectives.

    Puisque les aventures de John Geary ne peuvent échapper, en ces lieux, à la comparaison avec Honor Harrington, je préciserai que les descriptions techniques et géopolitiques sont beaucoup plus simplistes et moins détaillées que chez ma copine Honor. Mais je ne vois pas bien qui pourrait rivaliser avec David Weber en la matière... Le premier tome de La flotte Perdue est bien plus court qu'un tome des aventures d'Honor, l'action est plus découpée. On sent nettement l'aspect sériel de l'oeuvre, tel un feuilleton télévisé américain divisé en épisodes de 40 minutes - alors qu'Honor Harrington sera plus comparable aux épisodes de 90 minutes de la série britannique Sherlock.

    Bref, La flotte perdue m'a tout l'air d'être une oeuvre plus facile à aborder, plus rapide à lire mais aussi plus facilement oubliable car moins ambitieuse qu'Honor Harrington. Comme je peux me tromper en faisant cette assertion, je vais de ce pas aller lire le deuxième tome de la série, intitulé Téméraire. Et je vous en donne bientôt des nouvelles.

     

    Cette chronique s'inscrit dans le cadre du Summer StarWars de M. Lhisbei, béni soit son nom, celui de Lhisbei, ainsi qu'Excel Vador, leur fidèle assistant.

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    Genre : space opera

    Édition : L'Atalante, 2008, collection La dentelle du Cygne.

  • L'éveil du Léviathan de James S.A. Corey (The Expanse, tome 1)

    Première incursion dans la SF éditée par Actes Sud, j'ai lu L'éveil du Léviathan grâce à un concours organisé par Lhisbei et une bonne dose de curiosité envers ce roman noir qui a toutes les caractéristiques du space opera. Ou l'inverse.

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  • Jupiter : le destin de l'univers, de Lana et Andy Wachowski

    Les Wachowski étaient de retour cet hiver. Ces gars - enfin, ce gars et cette fille - sont fous, ridicules et géniaux. On l'a vu avec l'excellent Matrix et ses navrantes suites. On ne sait jamais trop sur quel pied danser avec eux, mais on est toujours sûr d'une chose : leurs films sont toujours visuellement impressionnants. Ce que, je dois avouer, j'avais totalement oublié avant d'aller voir Jupiter ascending (titre en VO).

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  • Babel 17, de Samuel R. Delany

     

    Publié en 1966, Babel 17 obtint le prix Nebula. Il fut réédité plusieurs fois en français, de 1973 à 2012, la dernière édition en date étant une version numérique chez Bragelonne. Son auteur décrocha par ailleurs 2 prix Nebula et un prix Hugo entre 1966 et 1970. Des indices de qualité engageants...

     

    Babel 17.jpg

    Quatrième de couverture : Depuis des mois, la Terre et ses planètes, unies au sein de l'Alliance, subissent les attaques meurtrières d'insaisissables Envahisseurs. Et avant chaque coup de main, les réseaux radio de l'Alliance sont neutralisés par d'inintelligibles messages surnommés Babel 17.Qu'est-ce que Babel 17 ? Un code dont on ne parvient pas à trouver la clef ? La langue d'une civilisation ignorée ? Ou encore un super-langage dépassant tous les modes de pensée connus ? La belle Rydra Wong, une célèbre poétesse qui maîtrise une dizaine de langues — terrestres et extra-terrestres — peut seule sans doute résoudre l'énigme. Elle va partir pour un aventureux voyage dans la Galaxie, à bord de l'astronef Rimbaud... Et si Babel 17 était l'arme absolue ?

     

     

    Très court - il fait environ 200 pages, cet étonnant roman de science-fiction, qui peut être estampillé sans hésitation comme space-opera (pour mon plus grand bonheur) aborde le voyage spatial et la guerre interstellaire sous un angle sacrément original : la linguistique !

    Étant totalement novice en la matière, j'ai été happée dans un système de pensée dont je ne maîtrise pas le moins du monde les codes. Cela participe certainement de mon sentiment de lire là de la SF intelligente, c'est-à-dire celle dont on sort un peu moins bête parce qu'on a appris quelque chose (un peu comme dans l'Exoconférence d'Alexandre Astier - bon, ce n'est pas de la SF, mais le monsieur a la gentillesse de ne pas prendre ses spectateurs pour des cons sous prétexte qu'il les fait rire).

    Il y a un paradoxe étonnant dans le fait de lire un roman de space opera (un truc d'hurluberlus, c'est bien connu) qui prend comme référence un champ d'étude aussi classique, c'est-à-dire digne et convenable, que la linguistique. Si toute la littérature de SF des années 60 ressemble à ça, j'y reviendrai...

    Les personnages de ce roman sont plutôt bien campés, et leurs aventures linguistico-spatiales sont à mes yeux plutôt originales. Ce fameux langage inconnu, Babel 17, possède des propriétés étonnantes et induit des évolutions non seulement dans le déroulé de l'histoire, mais aussi et surtout dans le comportement des personnages qui y sont confrontés. Avec le changement de langue, ces derniers modifient leur mode de pensée, d'appréhension du monde. Un phénomène bien connu de tous les amoureux des langues, mais qui est retranscrit ici avec force et simplicité.

    Voici donc un roman qui me laisse, outre un plaisir de lecture fort divertissante, quelques étincelles d'ouverture d'esprit et d'intelligence, ce dont je lui suis fort reconnaissante.

     

    Cette chronique s'inscrit dans le cadre du Summer StarWars de M. Lhisbei, béni soit son nom, celui de Lhisbei, ainsi qu'Excel Vador, leur fidèle assistant.

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    Edit du 24 juin : suite aux remarques pertinentes de mon voisin Xapur, il se trouve que cet article entre également en lice pour le Challenge Summer Short Stories of SFFF !

    challenge-summer-short-stories.jpg

     

  • Le Retour du Challenge qui me fait kiffer ma vie : Summer Star Wars

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    Ils reviennent.

    Ils sont plus beaux, plus grands, plus expérimentés, plus redoutables.

    Excel Vador et ses acolytes, M. Lhisbei et Lhisbei, ne vous lâcheront pas, du 21 juin au 23 septembre 2015.

    Le Summer Star Wars est de retour pour la sixième fois, sous le nom de Revanche du Challenge.

     

    Nous en sommes donc à l'épisode III. Et s'il y en a un l'an prochain, ce sera l'épisode VII. Si vous n'avez pas compris, c'est que vous n'êtes pas un fan de Star Wars. Ou que vous êtes vraiment très, très jeune (ce qui n'est grave, hein, vous n'y êtes pour rien).

     

    Vous avez trois mois pour explorer deux genres phares de la SF : le Space Opera et le Planet OPera. Les romans, essais, BD, nouvelles, films, séries, jeux vidéos, compte-rendus d’expositions ou de conférences sont acceptés. Les inscriptions se font en zone de commentaire par là.

     

    J'ai pour ma part quelques chroniques déjà prêtes, ainsi que des lectures en cours et à venir. Mon genre de prédilection retrouve le chemin de ce blog avec plaisir et impatience.

    A très bientôt !

  • Fils du Ciel (Zhongguo, tome 1), de David Wingrove

    Fils du ciel est le premier tome de Zhongguo, écrit et réécrit par David Wingrove, publié et republié par différents éditeurs. Une série au parcours difficile, qui bénéficie pourtant d'une bonne réputation.

    Je suis donc partie à la découverte du phénomène.

    Lire la suite