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Impromptu - Page 16

  • Flashback, de Dan Simmons

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    Flasback est le dernier roman traduit en français de Dan Simmons. Hypérion est son roman le plus connu, un véritable chef d'oeuvre de la littérature de science-fiction, qui a reçu, entres autres, le prix Hugo en 1990... Un chef-d'oeuvre que j'ai détesté de bout en bout. Je partais donc d'un très mauvais pied avec Dan Simmons, mais je voulais lui laisser une deuxième chance.

    Il faut dire que l'histoire de Flashback est très, très loin de celle d'Hypérion (pour ceux qui ne connaissent pas, allez donc faire un tour par ici). Nous sommes là sur une anticipation proche (20 ans), dans une Amérique du Nord qui ne tourne plus rond : les Etats-unis ont presque disparu, éclatés en plusieurs territoires indépendants, et le reste est soumis à la loi économique et financière de grands groupes japonais. Le Japon a gardé son agressivité économique tout en revenant sur le plan politique à l'époque féodale. Les nouveaux shôgun sont des chefs d'entreprise richissimes, qui tiennent lieu de gouverneur sur leurs territoires. La Chine, implosée en clans comme à l'époque pré impériale, fait les frais de l'agressivité nippone. Ailleurs, l'émergence d'un Califat Global, dont le fanatisme religieux a contaminé une bonne partie du monde ocidental, a fait disparaître les forces politiques européennes.

    Au milieu de ce marasme social, politique et économique, Nick Bottom est un ancien policier, licencié de la police de Denver pour cause de toxicomanie. Nick a perdu sa femme Dara dans un accident 6 ans plus tôt, alors qu'il enquêtait sur la mort d'un jeune japonais, Keigo Nakamura. Comme la majorité de ses concitoyens, Nick est alors devenu accro au Flashback, une drogue qui permet de revivre ses souvenirs, si possible les meilleurs. Végétant désormais des aides publiques dans un appartement-cellule, il vit dans le passé, oublieux de son fils laissé à la garde de son beau-père de l'autre côté du pays.

    Mais le père de Keigo Nakamura, Hiroshi Nakamura, fait appel à lui pour enquêter à nouveau sur la mort de son fils. Nakamura est une pointure économique et politique, multimilliardaire et conseiller pour la reconstruction des Etats-Unis. Il met donc à la disposition de Nick de gros moyens pour reprendre l'enquête, assortissant ceux-ci de menaces non voilées sur sa personne en cas de défection.

    Avec les pérégrinations plus ou moins contrôlées de Nick, le lecteur découvre les coins et recoins sombres de cette amérique morcelée, les dégâts causés par le flashback dans une société qui implose, muselée par l'absence d'une vision d'avenir, ainsi que sa dépendance vis-à-vis des aides extérieures - japonaises de préférence. La violence et l'insécurité y sont omniprésentes, et des rumeurs courent : le flashback aurait été inventé dans un laboratoire israélien, avant qu'Israël ne soit rayé de la carte par une attaque nucléaire.

    Etant donné que je ne spoile pas, je n'irai pas plus loin dans le déroulé de l'histoire. Mais l'internaute apprendra avec profit que l'une des caractéristiques les plus marquantes de ce récit tient à la vision politique de l'auteur.

    Comme a dit Gromovar, un blogueur qui bénéficie de tout mon respect :

    "C'est quand même la preuve de l'existence d'une idéologie dominante au point d'en être totalisante que de constater l'impossibilité qu'a quiconque de parler de Flashback sans s'interroger longuement sur les positions politiques de Dan Simmons."

    (Source : le forum de planète SF, )

    Car en effet, Dan Simmons est un conservateur de la plus belle eau, de ceux qu'on voit dans les reportages français, qui refusent de tuer les p'tits nenfants dans le ventre de leur mère - au risque de pourrir la vie de ladite mère -, prônent l'abstinence comme méthode d'éducation sexuelle et pour qui tout homme un peu trop bronzé, musulman de préférence, incarne le Mal. Enfin, là, j'extrapole, mais disons que la vision conservatrice de Dan Simmons imprègne toute son oeuvre, et que Flashback ne fait pas exception.

    Pour résumer son propos, si les Etats-Unis se retrouvent dans cette impasse, c'est de la faute de Barack Obama et des aides sociales. Aussi un peu de la faute de ces imbéciles de communistes européens qui ont laissé les musulmans imposer leurs lois dans leurs sociétés. Bref, une vision des choses qui, de l'autre côté de l'Atlantique, dans notre beau pays de France par exemple, a comme des relents nauséabonds.

    Sachant que je ne suis pas plus intelligente que la moyenne et que l'idéologie dominante évoquée par Gromovar m'a atteint comme les autres, j'avoue avoir eu peur, en cours de lecture, de devoir laisser choir le roman comme une chaussette... nauséabonde, justement. Mais en réalité, il n'en fut rien ; j'ai savouré ce roman chapitre par chapitre, admiré la maestra de l'auteur pour mener ce thriller de bout en bout, avec un contexte neuf sur une trame classique. J'ai adoré son inventivité, tous les détails crus du quotidien d'une société privée d'avenir, le décorticage des motivations de chacun dans un monde en miettes. J'ai été fascinée par cette Amérique en perdition, qui, de manipulatrice, est devenue manipulée, tombée dans la dépendance financière et l'addiction à la drogue. Le petit plaisir sadique d'une française revancharde ? Peut-être. Il s'agit surtout d'une admiration non dissimulée pour cet auteur qui a su montrer de façon plus que réaliste la chute sans gloire des puissances occidentales face aux pays dit encore aujourd'hui "émergents".

    Voilà, pour moi, Flashback est un très bon roman ; pour l'instant, c'est même le meilleur que j'ai lu cette année.

    Robert Laffont, collection Ailleurs & Demain, 2012.

    Genre : anticipation, thriller

    Lu aussi par : Gromovar, Guillaume le Traqueur, Xapur, Anudar, Lorhkan, Calenwenn, Cachou

     

  • Ray Bradbury, ou le sens de la formule

    Je ne raffole pas des citations, sauf lorsqu'elles parlent des littératures de l'imaginaire en général (voir ma citation fétiche là à droite =>) ou de la science-fiction en particulier.

    Et quand c'est Ray Bradbury, le désormais défunt génie de la SF, auteur entre autres des Chroniques martiennes, qui s'y colle, on s'incline. Voici donc ma citation préférée du monsieur :

     

    «Tout ce qu'on rêve est fiction et tout ce qu'on accomplit est science, toute l'histoire de l'humanité n'est rien d'autre que de la science-fiction.»


    On retrouvera avec intérêt neuf autres citations intéressantes de ce grand monsieur ici.

  • C'est parti pour tout l'été !

    A partir de demain débute mon rendez-vous de prédilection, le Summer StarWars de M. Lhisbei. Il s'agit de l'épisode VI, puisqu'il a lieu pour la troisième année consécutive (ceux qui n'ont pas compris cette dernière phrase ont besoin d'une petite remise à niveau en culture SF. Voir plus bas).

    Ce challenge propose aux blogueurs intéressés de poster des billets durant tout l'été, du 21 juin au 21 septembre, sur la littérature de space opera et de planet opera. Cette année, il s'ouvre aux séries télé et au cinéma.

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    Je suis heureuse d'y participer pour la deuxième fois, car j'aime énormément le space opera, et bien marrie que ce ne soit pas la troisième (car à la première édition, j'aurais eu tout le temps du monde pour poster plein de billets... mais je ne connaissais pas son existence).

    Je remercie donc Lhisbei et M. Lhisbei pour l'organisation de ce challenge !

     

    La SF pour les Nuls

    Les trois films originels de La guerre des étoiles, sortis en 1977, 1980 et 1983, ont été numérotés respectivement IV, V et VI par le réalisateur George lucas. Un coup de génie, lui permettant (entre autres) de sortir 20 ans plus tard les préquelles numérotées I, II et III.

    Donc, pour tout puriste considérant que la trilogie d'origine est la Seule, la Vraie, l'Unique, les épisodes IV, V et VI, sont en réalité les premier, deuxième et troisième. C'est pourquoi le troisième épisode du Summer Star Wars est numéroté VI.

    Si vous n'avez toujours pas compris, je vous invite à aller voir les articles de Wikipedia qui détaillent l'univers de Star Wars.

  • Les enfants de Damia, d'Anne McCaffrey

    enfants Damia.JPGLes enfants de Damia fait partie du cycle des Doués ; il en est, je crois, le cinquième tome. C'est le seul livre de ce cycle que j'ai lu. En revanche, je connais bien du même auteur la Ballade de Pern, dont j'aime tout particulièrement le roman initial, Le vol du dragon. Anne McCaffrey a été la première femme à obtenir un prix Hugo pour une oeuvre de fiction, et rien que pour cela, elle mérite toute l'attention des lecteurs.

    Les enfants de Damia raconte comment grandissent les huit enfants d'Afra et Damia Raven-Lyon, dans un contexte particulier : ils sont Doués, et ont pour amis des extra-terrestres.

    Les 'Dinis se sont alliés aux humains pour combattre le même ennemi, les Ruches. Les 'Dinis sont peu connus de la majorité des humains, souvent crains car incompris. L'expérience menée chez Afra et Raven, apparier chacun de leurs enfants à un couple de jeunes 'Dinis, représente une étape cruciale dans l'évolution des relations entre les deux espèces, qui communiquent principalement par les rêves.

    Par ailleurs, les enfants Raven-Lyon sont dotés comme leurs parents d'un don télépathique et télékinésique unique, qui se développe avec l'âge, d'où leur surnom de Doués. Nous suivons donc successivement quatre de ces enfants, Laria, Thien, Rojer et Zara, dans leur accession aux responsabilités d'un adulte Doué et apparié à des 'Dinis, un double handicap ou un double avantage, suivant les situations dans lesquels ils se trouvent. Laria part vivre chez les 'Dinis, Thien est envoyé dans un vaisseau spatial qui poursuit les traces d'une Ruche, Rojer le retrouve plus tard sur les ruines de la Ruche et Zara suit son très fort instinct empathique pour tenter d'établir un dialogue avec une reine de la Ruche en détresse.

    Ce roman est loin d'être un chef-d'oeuvre : des répétitions (qui rendent bien service au lecteur néophyte dans le cycle de Doués, certes), trop peu de détails pour donner une réelle profondeur à l'univers et aux personnages ainsi que des facilités narratives émoussent rapidement l'intérêt du lecteur et ne laissent plus grand chose une fois le livre refermé.

    Mais il contient aussi cette manière unique à Anne McCaffrey de marier la science-fiction pure avec le merveilleux, un humanisme chaleureux qui transparaît à chaque page, dans chaque vaisseau spatial, chaque alien décrit, chaque opération de téléportation menée par un Doué. On a l'impression d'être chez soi, alors qu'on en est si loin. Peu d'auteurs de SF savent réussir ce savant mélange.

    Alors, oui, le roman est médiocre. Mais il donne au lecteur une part de rêve qui n'a pas de prix.


    Ce roman a été lu dans le cadre du challenge Anne McCaffrey lancé par Guillaume le Traqueur, en hommage à cette auteure attachante récemment disparue (elle est décédée en novembre 2011 à l'âge de 85 ans).

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  • Avengers, de Joss Whedon

    avengers.jpgJe vais rarement au cinéma, et quand j'y vais, c'est pour me détendre le neurone. Car je n'en ai qu'un, oui. Je suis donc allée voir Avengers, en 2D et en VO.

    Avengers réunit tous les héros Marvel, dont mon chouchou, Tony Stark, alias Iron Man. On y trouve aussi quelques personnages hauts en couleurs, tels que le géant vert, Hulk, la veuve noire, le soldat à étoiles blanches sur fond bleu et rayures rouges et blanches (Captain America, c'est ça !) et un type qui se balade en cape rouge, collants moulant, cheveux blonds et marteau noir (c'est ridicule, mais c'est comme ça).

    Le prétexte pour les réunir était facile à trouver : une menace extraterrestre mondiale (enfin, bon, new yorkaise, surtout) qui nécessite quelques talents particuliers, vu que Loki le méchant est un peu un Dieu, frangin de Thor, déjà Dieu lui-même. Des gens pas très fréquentables.

    Un borgne mal embouché (Samuel L. Jackson) pour les réunir tous et dans les ténèbres les lier, par force ou persuasion ou les deux, et le tour est joué. Bon, l'esprit d'équipe n'est pas tout à fait leur point fort, à ces héros. Et une équipe qui gagne, c'est avant tout une équipe qui joue ensemble. D'où quelques légers problèmes de raccord pendant leur quête...

    L'humour est une réussite dans ce film. J'ai souvent rigolé de bon coeur durant la projection (je crois même que toute la salle m'a entendu... Il faudrait demander confirmation à M. Blop). Les dialogues sont sympathiques et les vannes déjà cultes. Si vous le voyez, vous comprendrez pourquoi tout le monde dans la blogosphère précise que Loki est le frère adoptif de Thor. Cela vaut son pesant de cacahuètes.

    La réunion de ces monstrueux égos de super héros était le point sensible du scénario, plutôt bien réussi. Leurs personnalités respectives font des étincelles grosses comme des comètes, bien rendues dans cette scène de dispute générale sur le vaisseau de SHIELD autour du bâton magique de Gandalf Loki.

    Les acteurs sont dans l'ensemble plutôt corrects. Certains ne se forcent pas beaucoup, tel Samuel L. Jackson, ou l'acteur qui joue Thor (Chris quelque chose), dont les prestations relèvent de l'alimentaire. D'autres tirent véritablement leur épingle du jeu : j'ai particulièrement aimé le comédien qui joue Hulk, tout en retenue, quasi effacé, ainsi que Scarlett Johansson, qui nous fait une véritable numéro d'actrice durant ses scènes d'interrogatoire (où l'interrogé n'est pas forcément qui l'on croit). Loki a un petit quelque chose de pas net dans le regard qui est farpaitement émoustillant. Bien entendu, la palme du cabotinage revient à Robert Downey Jr, à qui le rôle de Tony Stark va décidément comme un gant.

    Mais, il y a des gros "mais".

    N'est pas Odieux Connard qui veut, car ce type a une mémoire d'éléphant, un talent d'écriture indéniable, une logique à toute épreuve et du temps pour rédiger ses chroniques. Je vais donc me contenter de pointer quelques incohérences qui m'ont gâché le film :

    • notre ami le Dr Banner se transforme une première fois en Hulk et poursuit cette pauvre Veuve Noire (pourtant bien rousse) parce qu'il est en colère. Elle tente, en vain, de lui faire entendre raison et se fait rudement bousculer par le grand monsieur vert. Il faut l'éjecter du vaisseau pour qu'il fiche la paix à tout le monde et recouvre ses esprits. Soit.
    • Mais alors, pourquoi à sa seconde transformation, sait-il raison garder, massacrer uniquement les méchants et venir au secours des gentils ? Soit je n'ai rien compris (c'est toujours possible, je n'ai pas la prétention d'avoir un cerveau en parfait état de marche) soit les scénaristes ont merdé.
    • Pourquoi Loki se fait-il attraper aussi vite par nos amis les héros, pourquoi se fait-il parfois marave par son frérot ou autre super héros, et d'autres fois les coups passent à travers lui comme un couteau dans du beurre absent ?
    • Comment Oeil de Faucon, puis le professeur Selvig ensuite, parviennent-ils à se soustraire à l'influence de Loki ? Pourquoi à ces moments-là, et par quel miracle, étant donné que la méthode d'envoûtement était plutôt intrusive ?

    The-Avengers.jpgIl y a peut-être de ma part une méconnaissance des autres films, voire de l'univers général de Marvel. Je n'ai pas vu Thor, ni Captain America. M'enfin quand même, cela n'ôte pas la sensation de baclage du scénario.

    La scène finale de bataille dans New York était trop longue. Bien faite, hein, sympa, drôle, mais franchement interminable.

    Et enfin, mais ce n'est pas de la faute des producteurs du film, le son était beaucoup trop fort. J'ai passé une partie de mon temps les doigts dans les oreilles, position dans laquelle j'entendais tout aussi bien les dialogues... mais absolument inconfortable.

    J'en conclus donc que si le film est meilleur qu'un énième  blockbuster sans saveur, il souffre de faiblesses qui m'ont sauté aux yeux et gâché ce qui, pour le reste, était très réussi.

    Dommage, car j'étais quasi conquise avant d'entrer dans la salle obscure : je suis bon public, j'aime la SF et j'adule Robert Downey Jr dans son rôle de connard ultra doué, égocentrique, richissime et suffisant. Il fallait donc une bonne dose de ratés pour me faire descendre de mon petit nuage.

     Vu aussi par : Lhisbei, Calenwenn, Les Murmures, et Odieux Connard, donc.

  • En avril, je ne perds pas le fil

    Le mois d'avril ayant été maussade, que faire, sinon lire ? Alors Vango, Honor, Darby et la-fille-loup-garou-dont-je-ne-me-souviens-pas-le-nom ont été mes compagnons de route.


    En mission, de David Weber (Honor Harrington livre 12)

    en mission tome 2.jpgEn mission est le dernier opus sorti, en deux tomes comme toujours, des aventures de ma copine Honor Harrington, officier de renom dans deux flottes interstellaires. Honor est donc désormais mariée, mère de Raoul (le cri qui dessaoûle), et Premier Lord de la Spatiale. Elle est chargée de négocier la paix avec la République du Havre, tandis que, dans l'ombre, s'ourdit un machiavélique complot contre l'Empire Stellaire. Sinon ce ne serait pas drôle.

    Je garde un sentiment mitigé de la lecture cet opus : je trouve que Weber commence à se "tolkieniser". Je m'explique : je reproche à Tolkien d'avoir moins su raconter une histoire qu'inventer un monde (aïe, non, pas taper !). Et bien, David Weber commence à prendre ce pli : son univers se déploie avec force détails, mais son fil conducteur se réduit progressivement à peau de chagrin. Les scènes mettant en avant l'intimité d'Honor Harrington se font de plus en plus rares ; elles sont noyées dans la logorrhée géopolitique et diplomatique qui forme non plus le contexte, mais le coeur du récit. Bref, j'aime beaucoup Honor, mais je commence à m'impatienter. Je ne suis pas certaine d'acheter le tome suivant, c'est dire !


    Un prince sans royaume de Timothée de Fombelle (Vango, tome 2)

    vango 2.gifPour qui ignore qui est Timothée de Fombelle, qu'il aille se fouetter en place publique avec des orties fraîchement coupées avant de lire la phrase suivante. TdF (c'est plus court comme cela...) est en effet l'auteur du mirifique Tobie Lolness, un roman en deux tomes édité chez Gallimard jeunesse, qui s'adresse entre autres... à la jeunesse. "Entre autres", car tout adulte normalement constitué ne pourra qu'apprécier à sa juste valeur la finesse, la poésie et l'intelligence de l'oeuvre.

    J'ai chroniqué ici le premier des deux tomes de Vango. J'ai désormais terminé le second volet, qui clôt (pléonasme !) le diptyque. Voici le résumé de l'éditeur : "À la fin des années trente, suspendu au sommet des gratte-ciel de New York, Vango affronte ses ennemis avec le moine Zefiro, et retrouve la piste de celui qui a détruit sa famille. Sa quête le fait passer tout près de la belle Ethel, l’amour de sa vie, lors de la chute du dernier grand dirigeable qui manque le blesser à jamais. Il croit alors se retirer du monde pour toujours. Mais déjà la guerre envahit l’Europe et le remet sur les routes."

    On suit désormais Vango plutôt dans sa vie d'adulte, louvoyant entre la fuite et la lutte contre son ennemi invisible. Vango est à la fois attachant et fuyant, un personnage dont les méandres psychologiques ne sont pas si faciles à saisir. Il a une candeur et une propension au silence que j'aime énormément. La fin de l'histoire n'était pas très difficile à deviner (cela reste un roman pour la jeunesse) mais Dieu que j'apprécie que l'auteur ne prenne pas ses lecteurs pour des idiots. Il y a des scènes qui mettent en scène une petite fille russe, dont on ne sait à quoi elles se rattachent, quasiment jusqu'à la fin. Bref, Vango, bien que moins poétique que Tobie Lolness, est une oeuvre selon mon coeur. Et j'en remercie Timothée de Fombelle.


    L'affaire Pélican, de John Grisham

    affaire pélican.jpgDe John Grisham, prolifique auteur américain de politique-fiction, je n'avais rien lu. Mais j'avais vu plusieurs adaptations cinématographiques de ses romans, dont L'affaire Pélican. Je connaissais donc déjà l'histoire de la jeune Darby Shaw. Pour autant, le plaisir de lecture fut bien présent.

    Suite à l'assassinat d'un juge de la cour suprême, Darby Shaw, étudiante en droit de l'université de Louisiane, rédige un petit mémoire qu'elle montre à son prof, qui le montre à un gars du FBI, qui le montre à son patron, et qui atterrit à la Maison Blanche, au milieu des autres pistes suivies pour retrouver le commanditaire du meurtre. Malheureusement, ce petit mémoire de rien du tout avance des thèses pas si extravagantes, et il cite nommément le locataire de la Maison Blanche...

    Grisham raconte bien. Il a un don pour être proche de ses personnages tout en sachant les placer dans un contexte plus large, où le cynisme des milieux politico-financiers met en perspective les drames personnels des protagonistes. Un bon thriller, qui pointe quelques thématiques pas encore très à la mode à l'époque (1992), comme la protection des écosystèmes fragiles.


    La-fille-loup-garou-dont-je-ne-me-souviens-pas-le-nom

    pleine lune.jpgBon, vérifications faites, il s'agit de Pleine lune, premier opus d'une série intitulée Riley Jenson et commise par l'auteur australienne Keri Arthur. De la bit-lit dans toute sa... splendeur ? Il y a du sexe entre loups-garou, du sexe hétéro et homo, du sexe avec des vampires, pas de sexe avec des humains - mais on en entend beaucoup parler, du sexe provoqué par la fièvre lunaire et du sexe issu des sentiments... Bref, il y a du sexe.

    Heureusement, il y a une petite enquête policière qui accroche, et qui fait qu'on arrive à ne pas se lasser des scènes de sexe avant la fin du roman. Je l'ai lu rapidement, je n'ai pas décroché... et à part quelques fantasmes impliquant des menottes et des vampires, il n'en reste rien.

    J'ai beaucoup plus rigolé avec Fascination de Stephenie Meyer. Voilà, c'est dit. Préfèrerais-je la bit-lit puritaine à la bit-lit libertine ? Allez savoir... Moi, je sais juste que je ne lirai pas la suite de Riley Jenson.


  • Burndive, de Karin Lowachee

    Burndive.jpgCe roman est le deuxième de Karin Lowachee ; il appartient à un tryptique qui comprend Warchild, Burndive et Cagebird (à paraître). J'ai déjà lu Warchild, j'en ai pensé (et dit) beaucoup de bien. A tel point que j'ai par la suite comparé La stratégie Ender d'Orson Scott Card à Warchild (alors, que béotienne que je suis, j'eus dû faire l'inverse, puisque Ender est antérieur à Warchild).

    J'attendais non sans une certaine appréhension la lecture de ce deuxième volet. D'abord parce que je n'aime pas la jaquette, que je trouve inutilement horrifique (bien que de très belle qualité et fidèle à la description des aliens par l'auteur), alors que celle de Warchild était certes évocatrice de violence, mais pas d'épouvante.

    Et puis, ce roman allait-il me toucher autant que son prédécesseur ? De prime abord, la réponse s'impose à moi : non. Non, parce que le narrateur, Ryan, est un adolescent pourri-gâté, un gosse de riche égocentrique et veule. Un personnage pour lequel je n'ai, d'emblée, aucune empathie. Ses états d'âme de jeune adulte immature m'impatientent prodigieusement. Or, ceux-ci constituent l'essentiel du récit.

    Ceci posé, Burndive n'en reste pas moins un ouvrage intéressant. Il suit la ligne du premier volume en développant le point de vue d'un enfant pris dans une guerre. Un point de vue très différent de celui de Warchild, puisque Ryan est un jeune homme en fin d'adolescence ayant grandi dans un milieu protégé et privilégié, au contraire de Jos, jeune enfant enlevé par les pirates puis les aliens.

    La mère de Ryan et son père sont séparés, géographiquement - elle vivant sur une station et lui sur son vaisseau de guerre. En réalité, tout chez eux a divergé :  leurs opinions politiques, leurs rapports aux médias, leurs sentiments. La mère de Ryan a une liaison avec Sidney, le Marine attaché à la sécurité de Ryan et son père, Cairo Azarcon, se consacre exclusivement à son vaisseau, son équipage et les pourparlers de paix dans lesquels il s'est engagé au nom du ConcentraTerre - sans son assentiment.

    Ryan a vécu quelques années sur Terre pour ses études, jusqu'à ce qu'un attentat dirigé contre son grand-père, dirigeant de l'Etat-Major du Concentra-Terre, le traumatise. De retour chez sa mère sur la station Austro, il se drogue, perdu dans un auto-apitoiement égoïste et désespéré. Un attentat contre lui fait réagir son père, qui revient en urgence le prendre secrètement à bord de son vaisseau afin de le protéger. Bien qu'accompagné par Sidney, qui est son plus proche ami et ce qui se rapproche le plus d'un père pour lui, Ryan se sent seul et abandonné, manipulé comme un pion.

    Tous ces évènements se produisent sous les projecteurs des médias, répercutés à l'envie sur le réseau d'information Envoy. L'Envoy est la seule référence de Ryan, qui tend à n'avoir confiance qu'en lui. Pourtant habitué, dans son éducation dorée, à manipuler les médias, il ne réalise que lorsque qu'il commence à connaître la vie sur le vaisseau de son père que le réseau manipule l'opinion publique et que la réalité est bien différente de celle qu'il imaginait.

    Sa prise de conscience arrive tardivement - bien trop à mon goût. La cage psychologique dans laquelle Ryan s'est enfermé est crédible, mais on s'étonne tout de même de son manque de maturité. L'écriture de Karin Lowachee est simple et directe, mais manque peut-être un peu de profondeur pour rendre fidèlement la noirceur des personnages et des situations, que le lecteur ne fait qu'effleurer à travers le regard de Ryan.

    Tout à la fois orienté sur l'enfance en guerre et sur la manipulation des medias, cet ouvrage mérite le détour, même s'il est moins attachant que le premier opus. J'attends avec curiosité la sortie du troisième roman. Il faut dire que j'apprécie l'univers politique et sociologique créé par Karin Lowachee, doté d'un point de vue original sur une reprise impeccable des codes classiques du space opera.

    PS : à noter, beaucoup moins de coquilles dans ce deuxième volume que dans le premier. Dieu merci !


    Le Belial, 2011

    Genre : space opera, guerre

    Lu aussi par : Efelle