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Imaginaire - Page 17

  • Le seigneur de l'arc d'argent (Troie, tome 1) de David Gemmell

    Voilà ce que j'appelle une bonne surprise. Troie, de David Gemmell, est un roman uchronique qui relate des évènements se déroulant dans le monde méditerranéen grec ancien. Rien de très surprenant là dedans, me direz-vous, étant donné le titre.

    Sauf que ma précédente expérience Gemmellienne s'était soldée par une déception. J'avais lu l'histoire d'Alexandre revue et corrigée par le même auteur, Le lion de Macédoine. Histoire qui m'a été, au mieux, indifférente, au pire, insupportable, avec des ficelles grosses comme des câbles de navire et une indigence tant au niveau des dialogues que des personnages - ou de l'intrigue.

     

     

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    Bref, je commençai Troie à reculons. Mais au fur et à mesure que se déroulait l'histoire d'Hélicon, le héros, je prenais plaisir à la lecture. J'ai lu le premier tome, pour un cycle qui en compte trois.

    Hélicon est prince de Dardanie, marchand sillonnant la méditerranée, ami d'Ulysse, épris de justice et traumatisé par une enfance difficile. Il est ami avec Hector de Troie, un des grands noms de son époque. Troie raconte, en tout cas ce premier opus, comment le chemin d'Hélicon croise celui d'Andromaque, prêtresse promise à Hector, et d'Argurios, un guerrier mycénien de légende, fidèle à Agamemnon, grand ennemi d'Hélicon. Bien évidemment, Hélicon tombe amoureux d'Andromaque, qui doit épouser son meilleur ami (la ficelle est un peu grosse, mais enfin...). Ils se retrouvent à Troie, la ville qui attire les convoitises politiques et économiques de tous ses voisins, grecs comme perses, et dont les dissenssions internes menacent l'avenir. Il faut dire que le roi Priam n'a rien d'un enfant de choeur, et que le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas très aimé.

    Grâce à ce premier tome, nous découvrons donc progressivement la grande fresque de l'histoire de Troie, revue et corrigée par David Gemmell. Bien que ce roman utilise toutes les ficelles classiques du genre romanesque, on prend un certain plaisir à le lire. Rien de nouveau, ni de particulièrement décoiffant, mais les personnages sont bien campés. Il faut dire qu'ils ne ressemblent en rien à ce que l'Iliade et l'Odyssée nous en disaient. Le personnage d'Ulysse y est particulièrement savoureux. Un bon roman de détente.

     


    Genre : uchronie, historique

    Cycle Troie :

    1. Le Seigneur de l’arc d’argent, éd. Bragelonne, 2008
    2. Le Bouclier du tonnerre, éd. Bragelonne, 2008
    3. La Chute des rois, éd. Bragelonne, 2009

     

  • L'heure du loup, de Robert McCammon (le retour)

    Un observateur attentif de ce blog remarquera que l'ouvrage susmentionné a déjà fait l'objet d'un billet ici même. Il s'agissait du tout premier billet posté, ce qui en dit long sur l'importance que j'accorde à l'ouvrage.

    Cela me donne au passage l'occasion de signaler les deuxième anniversaire de ce blog, qui a survécu tant bien que mal aux aléas quotidiens, et qui a même vu augmenter le nombre de ses lecteurs dans les derniers mois malgré la diminution de la fréquence des billets. Donc, grand merci à vous !

    Revenons à nos moutons (vu le sujet, ils ne vont pas faire long-feu, les moutons !).  

    L'heure du loup, c'est un roman de Robert McCammon sorti en 1989 aux Etats-Unis et 1990 en France. Il a été édité aux Presses de la Cité, deux fois chez Pocket, et plus récemment chez Milady.

    Un roman qui a vingt ans, ça n'intéresse personne. Sauf que, puisque Milady l'a réédité, cela signifie qu'il rencontre un public.  Et je persiste à le clamer haut et fort (ah, ah !), c'est un très bon roman de divertissement, qui n'a pas (encore) atteint le niveau de succès qu'il mérite.

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    Les premières pages ouvrent le grand livre de la seconde guerre mondiale, en pleine campagne nord-africaine. Le QG de Rommel est attaqué par un gros loup noir, qui vole un attaché-case en arrachant la main de son porteur. Il repart ventre à terre, évitant les mines, en direction des forces alliées.

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    Puis, les chapitres défilant, nous faisons connaissance avec Michael Gallatin, agent secret de Sa Majesté, un homme solitaire, intelligent et violent. Le récit de ses missions pour le compte des alliés est parsemé d'évocations d'une vie antérieure, celle de Mikhaïl Gallatinov, enfant russe héritier d'une famille d'aristocrates pourchassée par la révolution rouge. Et alors que les "talents particuliers" de Michaël font merveille dans la lutte souterraine contre l'Axe, nous déroulons le fil de son histoire. L'histoire de Mikhaïl, petit garçon de 10 ans abandonné par le destin aux soins improbables d'un clan maudit de Dieu, une meute de loup-garous.

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    Les deux récits, sans jamais se croiser, nous plongent dans la conscience de l'homme-loup, qui ignore ce qu'il est au regard de Dieu et qui interroge sans relâche son époque et ses semblables (?) à la recherche d'une impossible réponse.

    Ce roman d'espionnage fantastique appartient sans doute aucun à la famille des romans populaires, par son scénario à rebondissement et le caractère indiscutablement héroïque de son personnage central. Mais il frappe  par sa puissance d'évocation de la forêt russe et de la sauvagerie du loup. Il nourrit le lecteur du cheminement spirituel et initiatique de Michael Gallatin, une introspection qui détonne et offre une bonne surprise dans un ouvrage de genre.

    L'heure du loup a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire en 1992. Malgré son âge, il renouvelle l'image du loup-garou, pourtant très en vogue depuis l'apparition du phénomène bit-lit (qui associe aux vampires leurs ennemis séculaires, les loup-garous - pour les distraits qui seraient passé à côté...). Une lecture que je recommande donc chaudement et que j'aimerais voir critiquée plus souvent.

     

    Editions : Presses de la Cité 1990, Pocket 1992 et 2000, Milady 2008.

    Genre : espionnage, aventure, thriller, fantastique, historique

     

  • Corpus delicti : un procès, de Juli Zeh

    Résumé de l'éditeur : "Nous sommes en 2057 et tout est propre. Pour le bien et la santé de tous, l'Etat a instauré La Méthode, qui exige de la population qu'elle se conforme à toute une série de règles préventives en vue de l'intérêt général. Mia Holl, une jeune biologiste, ne fait soudain plus de sport et omet d'informer les autorités sur ce qu'elle consomme. On la convoque au tribunal afin qu'elle se justifie."

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    Moritz, le frère de Mia, s'est suicidé en prison, pour  un crime dont il s'est toujours défendu. Depuis Mia déprime, perd pied et se néglige, encourant ainsi les foudres de La Méthode. Elle discute philosophie avec la Fiancée Idéale, un assemblage imaginaire de tuyaux métalliques, ne fait plus de sport et omet de transmettre ses analyses médicales. Elle se met ainsi à dos la justice de son pays, ainsi que le "journaliste" Heinrich Kamer, héraut de La Méthode auprès du public. Mia résiste et se rebelle face aux pressions exercées sur elle. Et plus elle résiste, plus elle s'enfonce. Inexorablement.

    Le lecteur découvre à travers les divagations de Mia un monde qui a renié la démocratie au profit de la santé publique, où la prophylaxie fait office de liberté individuelle. Un monde pas si loin de nous - comme le doit toute bonne anticipation.

    Pour être franche, j'ai failli lâcher ce roman au moins quatre fois, car il est terriblement bavard, un bavardage qui se veut philosophique. Il n'est pourtant pas besoin d'en rajouter : l'univers décrit donne largement assez de grain à moudre au lecteur qui souhaite réfléchir à son avenir. De plus, le découpage en chapitres très court ne donne pas de rythme au récit, contrairement à ce qu'annonce la quatrième de couverture. Il le rend plus nébuleux que nerveux.

    Malgré tout, je suis allée au bout. D'abord parce qu'il est court (235 pages), et parce que l'univers créé par Juli Zeh est extrêmement pertinent. Par petites touches, il prend vie sous nos yeux, comme un cauchemar qui n'en finit pas de se développer -  et dont on se se réveille pas.

    Si cette lecture m'a laissé un sentiment mitigé, avec un fond très pertinent et une forme ennuyeuse et redondante, je recommande néanmoins sa lecture aux amateurs d'anticipation.

  • Fin janvier, ne te gèle pas les pieds

    Seules les très grandes dames savent se faire attendre. Vous pouvez donc supposer au vu de ce que je vous fais attendre, lecteurs bien-aimés, que je suis une girafe....

    Bien, alors, en ces temps de froidure extrême (toute température descendant en dessous de 20°C est de toute façon glaciale), ma PAL a un peu diminué. J'ai fini La stratégie Ender d'Orson Scott Card, le premier tome de Troie de David Gemmell et je suis en train de lire Corpus Delicti de Julie Zeh. J'ai bien l'intention de me finir la série Honor Harrington (voir aussi ici et ) dans l'année 2011... Si j'ai assez de sous pour me l'acheter.

    Ok, ça fait pas des masses, mais bon, moi, la nuit, je dors.

    J'ai aussi assisté récemment à une matinée sur la littérature SFFF rassemblant quelques individus hautement suspects, de type libraire et bibliothécaire, matinée passionnante et qui risque d'agrandir déraisonnablement ma PAL. J'y ai appris que le profil type du lecteur de science-fiction (je dis bien science-fiction, et non fantasy ou fantastique) est un homme jeune féru d'informatique. Bien. J'adore ne pas coller à une étiquette, c'est tellement plus drôle.

    Le libraire m'a même donné envie de réessayer le Damasio (mais si, vous savez, le livre que tout le monde ADOOOOORE, La Horde du contrevent). Ma première lecture en librairie s'était soldée par : "Pfou... Qu'est-ce que ça a l'air chiant à lire...". Et je m'en étais arrêtée là. Et donc, je vais tenter à nouveau l'aventure, des fois que je me fusse jadis fourvoyée.

    Bref, en attendant ma prochaine critique, allez donc lire ce que pense Val du dernier Westerfield, ce que dit Guillaume du Traqueur stellaire de La garde des glaces (ah, un bon vieux planet opera !!!) et enfin, le livre de la rentrée littéraire 2009 à côté duquel je suis lamentablement passée, World War Z, vu par BiblioMan(u).

     

  • La disparue de l'enfer et Les cendres de la victoire (Honor Harrington, tomes 8 et 9) de David Weber

    La série Honor Harrington est inconnue du grand public et très connue des amateurs de space opera. Dans un cas comme dans l'autre, c'est normal : les amateurs s'y retrouvent, car toutes les règles du genre y sont respectées, utilisées et remaniées avec une belle dose de virtuosité. Les autres ignorent jusqu'à son existence, parce que le space opera n'est pas en odeur de sainteté dans les milieux littéraires.


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    Je viens de lire en peu de temps La disparue de l'enfer et Les cendres de la victoire, soit les tomes 8 et 9 de la série. Autant vous dire que j'étais motivée, car David Weber est coutumier des pavés emplis de descriptions techniques et d'analyses géopolitiques. Mais lorsqu'il s'agit de la femme au chat, je suis toujours motivée.
    Une contrariété fugace mais réelle a quelque peu gâché cette lecture : en effet, j'ai dû lire le tome 9 à la suite immédiate du tome 8. C'est fort dommage... et inhabituel dans cette série, qui s'honore (hi ! hi !) d'une relative indépendance d'un tome à l'autre. Bien qu'il soit énergiquement recommandé de les lire dans l'ordre, on peut habituellement attendre sans impatience le tome suivant.
    Bref, là, ce n'est pas le cas, et c'est pourquoi mon post concerne les deux tomes à la fois. Mais je ne spoilerai pas, rassurez-vous ; je ne suis pas Odieux Connard.

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    Pour comprendre le début, il faut savoir que Honor a été capturée par l'ennemi dans le tome précédent, intitulé fort à propos Aux mains de l'ennemi. La disparue de l'enfer s'ouvre sur un prologue d'une grande intensité dramatique, où les proches d'Honor découvrent son exécution en direct à la télévision - enfin, en direct ne signifie pas en simultané : nous parlons d'un univers s'étendant sur plusieurs millions d'années-lumière, et la transmission des informations y est tout de même assez lente. Bref, Honor meurt pendue sous les yeux effarés de ses parents, son majordome, sa femme de chambre, sa reine et son amiral (en gros). Une très belle scène.
    Sauf que tout le monde se doute, à l'exception notable des personnages suscités, que cette exécution a quelque chose de louche (et c'est un euphémisme), vu que sinon, il n'y aurait pas autant de pages après...

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    Une très longue introduction politique plus tard, nous finissons donc par découvrir - ô surprise ! - Honor (amputée du bras gauche et à moitié aveugle), Nimitz (son chat à 6 pattes empathe et boiteux) et leurs petits camarades en train de s'amuser en Enfer. Oui, oui, en Enfer : la planète-prison officiellement baptisée Hadès, qui appartient au Service de Sécurité de la République Populaire du Havre, soit l'ennemi mortel du Royaume de Manticore au service duquel Honor travaille depuis sa prime jeunesse (une bonne trentaine d'années, quand même). Si vous avez lu le tome précédent, vous savez pourquoi et comment ils se sont retrouvé dans cette situation.  Si non, allez vite lire le tome précédent. Et au trot !
    A partir de là, nous suivons donc simultanément les efforts d'Honor et de ses subordonnés pour sortir de l'Enfer - non seulement à peu près indemnes, mais si possible avec les honneurs -, ceux du Royaume stellaire pour maintenir ses positions en dépit des pressions anti-militaristes internes et enfin, ceux de la République du Havre pour tenter de mettre fin rapidement, et victorieusement de préférence, à cette guerre. Ces opérations sont politiquement et militairement extrêmement complexes, et l'auteur nous le fait savoir. Ca prend du temps, de faire tout ça, et on a tous les détails.

    Dans les quelques mille cinq cents pages que constituent ces deux tomes (soit 4 volumes), ces trois projets sont  donc menés à leur terme avec plus ou moins de bonheur. Non, je ne dirai pas pour qui ça finit mal. Disons qu'il y en a un ou deux qui se font empapaouter.

     

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    Ce qui est intéressant dans l'univers de Weber, c'est que autant les personnages militaires sont plutôt manichéens (le Bien, le Mal, l'Honneur, les Militaires Sont Bons et les Civils Sont Nuls), autant la sphère politique est décrite avec un réalisme tendant au cynisme. Le contraste est assez rafraichissant.
    Honor Harrington, assise entre les deux chaises, apprend et mûrit au contact des nécessités politiques plus encore qu'en situation de combat. Elle gagne en influence ce qu'elle perd en candeur, et même si sa fraîcheur faisait tout son charme dans les premiers tomes, on accepte sa défloration politique sans trop de tristesse.

    Il faut dire qu'elle reste une héroïne de guerre définitivement admirable... Et modeste, avec ça. Si. Et j'y crois dur comme fer. Non mais.

    Bref, ces deux tomes d'Honor Harrington m'ont prodigué un grand plaisir de lecture, et exposent comme toujours un univers qui m'impressionne par sa cohérence absolue. Chapeau bas à Monsieur Weber, qui doit passer ses jours et ses nuits à l'élaborer.

     

    Genre : space opera, militaire

    La disparue de l'enfer (en deux volumes), L'Atalante, 2005

    Les cendres de la victoire (en deux volumes) , L'Atalante, 2007

     

  • Cryptonomicon, de Neal Stephenson

    Pour entamer ma participation au challenge Winter Time Travel de Lhisbei, voici donc un premier post uchronique sur le Cryptonomicon de Neal Stephenson.

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    Avouons d'emblée que l'espionnage et l'informatique sont les thèmes importants de l'oeuvre, et l'uchronie un simple outil pour les mettre en valeur. Qu'importe.

    Un OVNI. Voilà ce qu'est ce roman. L'histoire est presque irracontable... Mais on va essayer quand même. ;-)

    Trois récits parallèles narrent la vie de trois hommes : un marin américain pendant la guerre du Pacifique, un décrypteur de génie pendant la seconde guerre mondiale, et son petit-fils, informaticien à la fin des années 1990. Leurs histoires personnelles convergent lentement vers un trésor englouti dans le pacifique. Ceci est la partie émergée de l'iceberg.

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    La partie immergée, qui est le thème central du roman, c'est l'information : dans quel but on l'utilise et quel moyen on emploie pour la manier. En l'occurence, ce moyen est la cryptographie (la protection de l'information par des codes). Mais que les allergiques aux chiffres se rassurent : bien que les théories crytographiques soient expliquées dans le roman, le fait de ne pas les comprendre dans le détail ne les handicapera pas. Je le sais, puisque je n'ai rien compris aux équations mais tout à l'histoire (enfin, je crois...).

    L'uchronie intervient au niveau de l'histoire de la bataille crytographique entre les Alliés et l'Axe pendant la seconde guerre mondiale, et plus particulièrement sur le déchiffrement d'Enigma, la boîte à crypter les messages des nazis. Petite divergence historique, qui n'apporte de réelles modifications de la réalité qu'au niveau de la vie des personnages principaux.

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    Les sages disent : "l'important, c'est le chemin". Cet adage s'applique à merveille à l'ouvrage de Neal Stephenson. La finalité de l'histoire n'a pas grande importance. Non, ce qui est intéressant dans ce livre, c'est comment on arrive au bout. Roman fleuve en trois volumes, il part dans des directions totalement inattendues à chaque détour de page.

    Il donne d'ailleurs lieu à quelques scènes d'anthologie : Alan Turing et sa bicyclette qui déraille, Randy Waterhouse et le partage de l'héritage sur le parking du supermarché sont autant de passages digressifs aussi réjouissants qu'inutiles.

    Cette narration à trois voix reste obscure durant un long moment. Quand je dis que les histoires des trois personnages convergent lentement, c'est qu'elles convergent vraiment lentement. On n'y comprend goutte pendant un temps certain, et le lecteur doit se laisser porter par le récit sans chercher trop vite à saisir les tenants et les aboutissants de la trame principale.

    Et pourtant, ce roman a beau nous excéder par ses circonvolutions, on y revient toujours, comme à sa dose d'héroïne - ou sa tablette de chocolat (!).

     

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    Sorti en 3 volumes, chez Payot et au Livre de Poche :

    * Le code Enigma
    * Le réseau Kinakuta
    * Golgotha

     

  • Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski

    Cet auteur presque inconnu au nom imprononçable, et que les amateurs de musique classique confondront peut-être (à tort, l'un a une barbe, l'autre pas - entre autres différence fondamentale), avec le contre-ténor Philippe Jaroussky, m'a fait l'effet d'une révélation.

    Tout du moins, son roman Gagner la guerre. Je n'avais encore jamais lu un roman de l'imaginaire dont la forme flatte ainsi mon égo de lectrice. gagner la guerre.jpgEt pourtant, j'aime les oeuvres de Pierre Bordage et René Barjavel pour la qualité de leur écriture. Mais là... J'ai relu plusieurs fois les premiers paragraphes du livre, en me frottant les yeux, pour être sûre que je ne rêvais pas.

    Dans un style qui mélange allègrement la distinction de la langue classique et un argot des plus imagés, Jean-Philippe Jaworski nous narre les aventures de Benvenuto Gesufal, employé de son Altesse le Podestat Leonide Ducatore. Don Benvenuto est un personnage plutôt haïssable, auquel nul ne peut se fier, pas même le lecteur (!). Embarqué par son patron dans une guerre de la République de Ciudalia contre un ennemi séculaire, il y donne la pleine mesure de ses nombreux et discutables talents : assassinat, espionnage, traîtrise... On en passe et des meilleures.

    La grande originalité de ce roman tient au fait que, bien qu'indéniablement membre du très grand club des oeuvres de fantasy, il n'en a quasiment aucune caractéristique. On y évoque bien de temps à autre la magie, mais elle reste un élément mystérieux et peu abordé. Le reste du temps, on assiste à une reprise des plus réussies de l'histoire de Venise, avec ses batailles navales, ses luttes politiques intestines et, planant derrière tout le récit, l'ombre de Machiavel. Et puis, il y a cette magnifique langue qui porte l'histoire de bout en bout : riche, électique, aussi élégante que surprenante.

    Sept cents pages et un kilogramme de papier plus tard, on en ressort lessivé, mais heureux. Et on n'a qu'une envie : recommencer, tant on a pris plaisir à lire.


    Les Moutons Electriques, 2009.

    Genre : fantasy, aventures maritimes