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Imaginaire - Page 16

  • L'âge de diamant, de Neal Stephenson

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    L'âge de diamant, de Neal Stephenson, est sous titré Manuel illustré d'éducation pour Jeunes Filles. Le sous-titre est incongru, la couverture pas forcément en phase avec le titre. Longtemps je l'ai contemplé sur l'étagère de la bibliothèque, ne sachant pas trop que faire d'un tel "machin".

    L'âge de diamant raconte un monde : une petite fille miséreuse, une actrice étonnante, un ingénieur face à ses contradictions, un savant mandarin à la moralité inattendue... Dans un futur non défini, les états-nation ont disparu au profit des phyles, des enclaves socio-économiques plus ou moins prospères, dont la philosophie de vie est totalement différente suivant leur nature. L'histoire commence avec l'ingénieur John Hackworth, un homme probe et intègre qui développe des nanotechnologies pour une grande société. Il appartient au phyle Victorien, inspiré de l'ère victorienne anglaise, de ses valeurs de travail et de moralité (d'où l'aspect steampunk assez développé du roman). Afin de donner les meilleures chances sociales à sa fille, il viole tous ses principes en récupérant une copie d'un ouvrage interactif unique, normalement destiné à une seule jeune fille de la très haute société. Ce faisant, il s'attire un nombre d'ennuis important et de nature parfois incompréhensible. Surtout, le Manuel lui est volé. Une petite fille thète (sans appartenance à un phyle), Nell, entre en possession dudit ouvrage, ce qui se révèle être la chance de sa vie. Nombre d'histoires parallèles se développent autour de John Hackworth et de Nell, sans lien commun apparent, et convergent lentement.

    Ce livre est trop compliqué pour moi. Je n'ai pas compris ce qu'était exactement la nanotechonologie selon Neal Stephenson, je n'ai pas compris non plus toutes les ramifications sociales et politiques nées de cette révolution technologique, et je n'ai pas compris la fin. Je n'ai pas compris grand chose, finalement. Et pourtant, j'ai aimé l'histoire, je me suis attachée aux personnages, j'ai immensément apprécié la finesse de leurs personnalités.

    Voilà donc un étrange roman ; je l'ai trouvé difficile à aborder tout en étant attirant. Je n'ai jamais pu lire plus de trois chapitres par soir, et pourtant l'histoire me tenait. Je retire donc de cette lecture un sentiment complexe, mais qui reste positif.Cela me fait immanquablement penser à l'autre roman de Neal Stephenson que j'ai lu, Cryptonomicon : complexe, difficile à suivre, mais très, très intéressant.

    En termes de littérature de science-fiction, ce roman est original et inventif. Il est le premier de ma connaissance à traiter aussi profondément les modifications politiques, économiques et sociales que peuvent induire le développement des nanotechnologies, alors qu'il y a 15 ans, elles étaient inconnues du grand public. En cela, c'est à mon sens un grand roman du genre.

    Lu aussi par : ? je n'ai pas trouvé, une nouvelle fois. Soit je suis aveugle, soit j'ai des lectures bizarres...

    Cette chronique s'insère dans le défi Steampunk.

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    Rivages, 1996 ; Livre de poche, 1998.

    Prix Hugo et prix Locus 1996 (viens-je de découvrir !)

  • La stratégie Ender, d'Orson Scott Card

    Ender.jpgL'histoire : Ender est le Troisième. Le troisième enfant d'une famille, dans une société où la norme absolue est de deux enfants. Or, le pays a désespérément besoin de génies afin de l'aider à combattre les Doryphores, une intelligence extra-terrestre qui tente d'anéantir l'humanité. Le frère et la soeur d'Ender correspondaient presque - mais pas tout à fait - à ce que l'armée cherchait, alors la naissance d'Ender a été autorisée de manière exceptionnelle, dans l'espoir de tomber sur l'oiseau rare.

    Ender révèle très tôt un talent hors du commun pour la tactique et la stratégie, mais il a surtout un instinct de conservation incroyable - presque effroyable, car son sens moral disparaît lorsqu'il est en danger. Il est paradoxalement doté d'une très grande sensibilité. En tant que Troisième, il est en soit une exception sociale et ses relations orageuses, voire dangereuses, avec son grand frère exacerbent son sentiment de fragilité.

    Ender est donc enrôlé dans l'école militaire, sous l'égide d'un formateur qui le manipule afin de lui faire révéler tout son potentiel. Pour ce faire, il le coupe des autres enfants, joue sur ses sentiments et contrôle les informations qu'il reçoit. Ender sait qu'il est manipulé, il a une conscience aigüe de ce qu'on fait de lui. Mais jusqu'à quel point le sait-il vraiment ?

     

    Mon avis : La stratégie Ender est la démonstration qu'un enfant est malléable à merci. Même - et d'autant plus - s'il est intelligent. Le récit est raconté du point de vue de plusieurs personnages, Ender, sa soeur Valentine et son formateur. On ne sait donc que ce que chacun croit savoir sur les autres, ce qui rend toute bribe d'information aussi précieuse que de l'eau. Comme Ender, on chemine à vue, tentant de garder un semblant de maîtrise sur le destin. Cette indigence d'information est parfois agaçante pour le lecteur. Mais la fin est tellement forte qu'on ne le regrette pas (je rappelle que je ne spoile pas).

    Dans La stratégie Ender, il y a quelque chose de Karin Lowachee et son Warchild. Bien sûr, les puristes sauteront au plafond : La stratégie Ender est antérieure, et de loin, au roman de Karin Lowachee. Oui, certes. Sauf que j'ai lu Warchild avant Ender. Et que cette thématique de l'innocence bafouée est, dans les deux romans, d'une pertinence cruelle et sans illusion.

    Un beau roman, dérangeant et intelligent.


    Egalement chroniqué par : Lhisbei, Arutha, Spocky, El Jc


    La stratégie Ender est le premier tome d'une série, Le cycle Ender, que j'espère bien lire en entier.

    J'ai Lu, 2001

    Genre : science-fiction, space opera

  • La nuit des enfants rois, de Bernard Lenteric

    nuit enfants rois.gifAlors qu'une adaptation cinématographique sortira bientôt sur nos écrans sous la forme animée, la mémoire me revient. Bien, sûr, je l'ai lu, il y a longtemps. La nuit des enfants rois m'avait profondément impressionnée.

    L'histoire :  

    A une époque où l'informatique en est à ses balbutiements, Jimbo, un surdoué qui travaille pour une entreprise d'informatique, détecte les enfants précoces grâce à un programme élaboré sur demande de ses patrons. Son travaille ne le passionne guère jusqu'à ce qu'il tombe sept enfants qui sortent très nettement du lot.

    Soupçonnant leur isolement psychologique, il va les voir les uns après les autres pour leur transmettre le message suivant : "tu n'es pas seul" et les faire patienter... Car les employeurs de Jimbo ont l'intention de réunir les surdoués détectés durant le programme quelques années plus tard, à l'adolescence, pour leur proposer des bourses d'étude.

    Alors que la réunion attendue a enfin lieu, les sept prodiges se reconnaissent et se rejoignent. A peine réunis, ils sont victimes d'une violente agression sexuelle, qui provoque chez eux une spirale de démence meurtrière, aux fins de vengeance. Une folie d'autant plus dangereuse qu'ils sont extraordinairement intelligents... Jimbo tente désespérément de les protéger, à la fois des autres et d'eux-même.

    Mon avis :

     La nuit des enfants rois est un roman court, qui se lit à une vitesse ahurissante. Entendez par là que lorsque c'est fini, on en voudrait encore. Le récit est tellement dense qu'on croirait lire une nouvelle. Je l'ai lu jeune, j'étais impressionnable, et comme dit plus haut, j'ai été impressionnée. Avec une relecture plus récente, l'impression de force demeure. L'intrigue est assez simple, mais elle est puissante. En revanche, le roman manque un peu de développement ; il aurait mérité un traitement plus poussé dans la psychologie de chacun des personnages pour être réellement réussi.

    Pour autant, il reste pour moi un roman à lire, quel que soit son âge ou ses goûts littéraires.


    Lu aussi par : personne... Non, je suis peut-être aveugle, mais je n'ai trouvé personne qui l'ait critiqué. Vous pouvez m'insulter si je vous ai zappé, mais surtout, donnez le lien vers votre billet (comme dirait Arutha).

    Edition 1 - Olivier Orban, 1992, 1997 ; Le livre de poche, 1982

  • Le Défi Steampunk

    Après moult hésitation, je me lance : je participe au Défi Steampunk d'Orkan Von Deck, dans la catégorie Aéronaute novice - je m'engage à chroniquer au moins deux livres sur la thématique steampunk.

    Voici la liste dans laquelle je piocherai, selon toute probabilité (je me laisse la liberté de lâcher un bouquin qui me déplairait) :

    • Les vaisseaux du temps, de Stephen Baxter
    • Dreamericana, de Fabrice Colin,
    • L'âge de diamant, de Neal Stephenson
    • Un secret de famille (Les princes marchands tome 2), de Charles Strauss
    • A la croisée des mondes, de Philip Pullman

     

    Au fur et à mesure, je mets ce post à jour en rajoutant les liens de mes chroniques.

     

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  • Le vieil homme et la guerre, de John Scalzi

    Le-vieil-homme-et-la-guerre.jpgMoi aussi. Oui, moi aussi, attirée par les sirènes des critiques, une belle jaquette (ne sous-estimons pas le pouvoir de la jaquette) et l'élégance d'un titre pastiché, je l'ai lu.

    Et bien m'en a pris.

    Ce roman se lit vite, et pourtant on s'attache à ses personnages immédiatement. Pas de fioritures stylistiques, ici, quelques facilités de narration, sans aucun doute, mais chaque mot porte son poids de sens, de sentiments, d'expérience. Le thème de la vieillesse, de sa prégnance physique comme psychologique, est peu abordé en SF (ou alors, je suis d'une inculture crasse, ce qui n'est pas à exclure). Et c'est ce fil rouge qui m'a tenue tout au long du récit.

    Le vieil homme et la guerre, c'est donc l'histoire d'un homme en fin de vie et qui, le jour de ses soixante-quinze ans, après être allé sur la tombe de sa femme, décide... de s'engager. Il signe pour intégrer les Forces de Défense Coloniale, l'armée qui défend la civilisation humaine dans la galaxie. Une galaxie dont les terriens ne savent rien, laissés volontairement dans l'ignorance par le gouvernement colonial. John Perry n'a plus rien à perdre, il est attiré par la possibilité de rajeunir, il n'en sait pas plus. Alors, il part sans se retourner, en sachant qu'il ne pourra jamais revenir vers les siens.

    Il redécouvre la jeunesse, lui qui était vieux. Il découvre la guerre, lui qui était écrivain.

    Retrouver un corps en meilleure forme qu'à ses vingts ans, c'est ultra cool. Que ce corps serve à dézinguer de façon systématique des aliens qui veulent les mêmes terres que nous, ça l'est moins. Voire beaucoup moins, lorsque toute sa vie on a vécu en paix, habitué à négocier avant de tirer, comme tout être civilisé qui se respecte.

    C'est bien là tout l'intérêt de ce roman : savoir ce qui se passe dans la tête de ce vieil homme à qui on donne une deuxième vie, mais quelle vie... Une vie où toutes ses anciennes valeurs volent en éclat, pour le bénéfice d'une communauté humaine dont il découvre à peine l'étendue et la complexité, malgré son grand âge.

    Et une vie où, toujours, la précédente se rappelle à soi, avec ses regrets et ses amours perdues, une blessure de l'âme qui jamais ne guérit.

     

    Lu aussi par : BiblioMan(u), Val, Spocky, Gromovar, Lelf, Munin

    L'Atalante, 2007

    Genre : science-fiction, space opera

  • Interview entre blogueurs

    Gromovar, talentueux blogueur de Quoi de neuf sur ma pile ?, fait paraître des interviews de différents blogueurs tous les lundis depuis quelques semaines. Sa rubrique s'intitule en toute simplicité Les blogueurs parlent aux blogueurs.

    Cette semaine, c'est mon tour d'être interviewée. Je vous invite donc à aller voir l'interview ici, mais aussi à lire les précédentes interviews, car elles font découvrir des blogueurs chevronnés et très actifs (beaucoup, beaucoup plus que je ne le suis), ainsi que des auteurs. Une mine d'or.


  • Le Déchronologue, de Stéphane Beauverger

    Déroutant. Surprenant. Turbulent. Dérangeant.

    Le Déchronologue, de Stéphane Beauverger, est tout cela à la fois.

     

    Rédigé dans un langage travaillé, qui reprend les élégantes tournures du 17e siècle juxtaposées à de véritables morceaux de bravoure en argot de la flibuste, le roman déroule au petit bonheur la vie et les réflexions d'Henri Villon, capitaine de vaisseau dans les Caraïbes. "Au petit bonheur", parce que le récit se découpe en chapitres distribué en dépit du sens commun, ne respectant en rien la chronologie des faits. Naturellement, au vu du titre, on se dit qu'il y a baleine sous gravier. Et on fait bien.

    dechronologue.gif

    Henri Villon, apprend-on vite, préside aux destinées du Toujours Debout - à moins que ce ne soit le Chronos. Ou encore le Déchronologue. Bref, il est capitaine de navire, libre marchand, pirate, flibustier à ses heures. De chapitre en chapitre, il nous raconte sa vie de marin expérimenté et de français  huguenot dans une zone largement dominée par les espagnols, indécrottables papistes et définitivement impérialistes.

    Les Caraïbes du 17e siècle prennent littéralement vie sous nos yeux, avec son climat étouffant, ses rixes de taverne, ses comptoirs plus ou moins légaux disséminés dans une multitude d'îles, et son tafia, qui coule à flots quasi ininterrompus dans le gosier des marins - et  dans celui du capitaine Villon en particulier. Mais ce monde est bouleversé par des incohérences temporelles qui le rendent parfois illisible, incompréhensible. Les fans de Johnny Depp en capitaine Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes (un rôle absolument sur mesure pour lui, soit dit en passant) risquent de ne pas y retrouver leurs petits.

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    Le récit étant totalement déconstruit, il est assez difficile d'en raconter la trame sans en révéler les parties clés. Disons que Henri Villon, lorsqu'il est aux commandes du Déchronologue, détient une force de frappe inédite, faite de minutes et de secondes. Et que, grâce à celle-ci, il contient des flottes venues d'un autre temps. Pourquoi, comment, pour qui ? Ces réponses sont distillées tout au long d'une histoire qui semble n'avoir ni queue ni tête. Et pourtant, à la fin, on comprend. Et on n'a qu'une envie, c'est de le relire dans l'ordre. Mais quel ordre ? Car finalement, la trame du temps n'a plus aucun sens.

    Le Déchronologue n'est peut-être pas suffisamment prenant pour être lu par un très grand nombre, étant donné son originalité, mais il s'agit là d'une vraie curiosité dans l'univers littéraire.


    A lire aussi chez : Efelle

    Ed. La Volte , 2009

    Genre : uchronie, science-fiction, aventure