Moi aussi. Oui, moi aussi, attirée par les sirènes des critiques, une belle jaquette (ne sous-estimons pas le pouvoir de la jaquette) et l'élégance d'un titre pastiché, je l'ai lu.
Et bien m'en a pris.
Ce roman se lit vite, et pourtant on s'attache à ses personnages immédiatement. Pas de fioritures stylistiques, ici, quelques facilités de narration, sans aucun doute, mais chaque mot porte son poids de sens, de sentiments, d'expérience. Le thème de la vieillesse, de sa prégnance physique comme psychologique, est peu abordé en SF (ou alors, je suis d'une inculture crasse, ce qui n'est pas à exclure). Et c'est ce fil rouge qui m'a tenue tout au long du récit.
Le vieil homme et la guerre, c'est donc l'histoire d'un homme en fin de vie et qui, le jour de ses soixante-quinze ans, après être allé sur la tombe de sa femme, décide... de s'engager. Il signe pour intégrer les Forces de Défense Coloniale, l'armée qui défend la civilisation humaine dans la galaxie. Une galaxie dont les terriens ne savent rien, laissés volontairement dans l'ignorance par le gouvernement colonial. John Perry n'a plus rien à perdre, il est attiré par la possibilité de rajeunir, il n'en sait pas plus. Alors, il part sans se retourner, en sachant qu'il ne pourra jamais revenir vers les siens.
Il redécouvre la jeunesse, lui qui était vieux. Il découvre la guerre, lui qui était écrivain.
Retrouver un corps en meilleure forme qu'à ses vingts ans, c'est ultra cool. Que ce corps serve à dézinguer de façon systématique des aliens qui veulent les mêmes terres que nous, ça l'est moins. Voire beaucoup moins, lorsque toute sa vie on a vécu en paix, habitué à négocier avant de tirer, comme tout être civilisé qui se respecte.
C'est bien là tout l'intérêt de ce roman : savoir ce qui se passe dans la tête de ce vieil homme à qui on donne une deuxième vie, mais quelle vie... Une vie où toutes ses anciennes valeurs volent en éclat, pour le bénéfice d'une communauté humaine dont il découvre à peine l'étendue et la complexité, malgré son grand âge.
Et une vie où, toujours, la précédente se rappelle à soi, avec ses regrets et ses amours perdues, une blessure de l'âme qui jamais ne guérit.
Lu aussi par : BiblioMan(u), Val, Spocky, Gromovar, Lelf, Munin
L'Atalante, 2007
Genre : science-fiction, space opera
Dr House écrit. L'éditeur nous l'a assené avec assez de conviction lors de la sortie en France en 2009 du roman de Hugh Laurie, Tout est sous contrôle. Sauf que, et ceux qui l'ont lu l'auront immédiatement remarqué, ce livre a été édité en Angleterre il y a plus de 15 ans, bien avant la création de la série Dr House. L'argument commercial est donc quelque peu faussé, de quoi dégoûter un peu plus les personnes systématiquement allergiques aux vedettes qui se posent en écrivain (j'en connais - des allergiques, pas des vedettes).

