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Planète SF - Page 2

  • Passengers, de Morten Tyldum

    Passengers.pngChris Pratt et Jennifer Lawrence. Il n'en fallait pas plus pour me faire courir voir ce film. Je sais, c'est stupide, mais que voulez-vous.

     

    Résumé : Alors que 5000 passagers endormis pour longtemps voyagent dans l’espace vers une nouvelle planète, deux d’entre eux sont accidentellement tirés de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt. Jim et Aurora doivent désormais accepter l’idée de passer le reste de leur existence à bord du vaisseau spatial. Alors qu’ils éprouvent peu à peu une indéniable attirance, ils découvrent que le vaisseau court un grave danger. La vie des milliers de passagers endormis est entre leurs mains… 

     

    Mon avis : Bon. Ça va être court. C'est bien simple  : je suis d'accord avec tout ce que Lhisbei en a dit. Tout.

    Et outre l'histoire d'amour totalement malsaine (voir, donc, la chronique de Lhisbei), ils ont aussi raté les thèmes science-fictifs les plus intéressants. La solitude, le temps, l'humanité... Autant de sujets passionnants à traiter dans une histoire dont le pitch de départ est aussi intéressant. Autant de sujets qui sont à peine, voire pas du tout, abordés dans le film. En cela, on ne peut pas qualifier ce film de science-fiction, mais de bluette de l'espace, digne des romans Harlequin. Attention, j'ai grand respect pour les romans Harlequin : dans le genre sentimental, on ne fait guère mieux. Dans le genre sexiste aussi, le plus souvent. Mais qu'on ne nous vende pas un film de SF alors que ce n'en est pas un.

    Sinon, il est vraiment très beau esthétiquement parlant, ce film. Magnifique, même. Les acteurs, pour commencer sont vraiment très beaux, souvent très bons, même si trop maquillés (les couches de fond de teint de Jennifer Lawrence sont très, très visibles). Jennifer Lawrence produit un festival de tenues vestimentaires à faire pâlir Anna Wintour, Chris Pratt est convenablement recouvert de cambouis et de poils. Les décors sont très beaux, lumineux, ultra-bright. Les sorties dans l'espace donnent le tournis avec l'univers en fond de toile.

    Mais. Il y a des dizaines de « mais ». Rien n'est crédible une seconde au niveau de l'organisation pratique du vaisseau. Il est improbable qu'il n'y ait qu'une infirmerie et un seul scanner pour 5 000 passagers, et que les machines d'animation suspendue ne puissent pas être réparées. C'est totalement débile, même dans le cadre d'une entreprise ultra-capitaliste qui engage le moins de frais possibles sur un voyage aussi coûteux. Il est tout aussi débile que les officiers de navigation ne fassent pas de quarts, même courts, entre chaque mise en sommeil, pour vérifier l'état du vaisseau et de ses passagers.

    Le positionnement politique des protagonistes tient lui aussi du délire : Jim est passager en classe économique, le vaisseau a buggé et l'a réveillé, il mange de la merde parce qu'il n'a pas payé son billet assez cher, mais il défend la cause du voyage vers la nouvelle planète et la politique de la compagnie qui le finance, par la grâce d'un idéalisme qui ne tiendrait certainement pas un mois si on était dans la vraie vie. En revanche, Aurora, qui a un billet de première classe et qui n'est pas victime du vaisseau mais du mec en face d'elle, critique de façon virulente la manière dont la compagnie fait du fric sur le dos des pionniers. Du délire, je vous dit. Et depuis quand les auteurs ont du fric, en plus ?

    Voilà donc un film qui fait passer, sous une apparence alléchante, des idées nauséabondes. C'est une pitié que de si bons techniciens pour les décors numériques et de bons acteurs se soient donné du mal pour un tel étron. Dommage, mille fois.

     

    Ce billet constitue ma cinquième participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

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  • Seul sur mars, d'Andy Weir

    510H-1bU08L._SX210_.jpgGenre : Matt Damon fait pousser des patates sur Mars avec son caca.

    Résumé : Mark Watney est l'un des premiers humains à poser le pied sur Mars. Il pourrait bien être le premier à y mourir. Lorsqu'une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources, irrémédiablement coupé de toute communication avec la Terre.
    Pourtant Mark n'est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et terriblement têtu, il affronte un par un des problèmes en apparence insurmontables. Isolé et aux abois, parviendra-t-il à défier le sort ? Le compte à rebours a déjà commencé...

    Mon avis : ce n'est pas bien de citer Matt Damon en plein milieu d'une chronique sur le livre, vu que ce dernier a été écrit bien avant que le film ne sorte au cinéma. Ce n'est pas bien, donc, mais... je kiffe.

    Mark Watney a 400 jours de ressources devant lui pour survivre sur Mars. Et comme il est increvable en termes d'optimisme et d'ingéniosité - le fameux bon sens américain, celui des Pionniers de la Nation (avec les majuscules), il surmonte tous les obstacles avec une persévérance incroyable. On peut compter sur les doigts d'une demi-main ses moments de découragements. Donc, si je dois émettre une critique sur le récit, c'est celle-ci : il me paraît difficile pour un humain seul de ne pas se laisser aller plus souvent à la dépression au vu des avanies qui lui tombent sur le coin du pif tous les quatre matins.

    Sinon, le roman fait appel à des ingrédients aussi divers que la botanique, la chimie, la biologie, les mathématiques (mais pas trop), l'astrophysique, le pragmatisme et le sens de l'humour. C'est surtout le sens de l'humour, en fait, qui tient le lecteur tout au long des mésaventures de Mark Watney. Je me suis surprise à éclater de rire plusieurs fois durant ma lecture, que j'ai menée tambour battant. Idem pour M. Blop, ce qui est un signe.

    Un bon nombre de problématiques techniques et scientifiques sont abordées, mais aussi certains enjeux politiques et psychologiques : par exemple, le délai imposé aux responsables du programme pour informer les astronautes survivants que leur collègue est vivant sur Mars, ou encore la problématique posée par les anciens programmes spatiaux abandonnés au profit des nouveaux, alors même qu'ils sont encore utiles, voire nécessaires.

    Seul sur Mars est donc sans conteste un planet opera, un space opera, et un thriller technologique. Un pur divertissement, qui respecte admirablement son contrat. Pas de grandes questions existentielles ni philosophiques, certes, mais ce n'est pas pour cela qu'il est écrit. En tout cas, il est possible que je le relise un jour, juste pour le plaisir.

     

    Ce billet constitue ma quatrième participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

    science-fiction,space opera,thriller

  • La porte d'Abaddon (The Expanse) tome 3, de James S.A. Corey

    La-porte-d-Abaddon.jpgLa série The Expanse avait commencé pour moi par un premier tome tirant vers le suspense horrifique, un élément qui avait ralenti ma lecture. J'étais pourtant allée au bout, charmée par la profondeur des personnages et la complexité de la narration à plusieurs voix.

    Le second tome a été un coup de foudre : l'horreur avait cédé le pas devant des leviers narratifs plus aisés pour moi, les personnages étaient extraordinaires, la narration parfaitement bien menée.

    Nous voici donc arrivés à ce troisième tome.

    Le résumé : Un objet non identifié opérant sous les nuages de Vénus est apparu dans l’orbite d’Uranus, où il a construit une porte massive qui mène à un hyperespace désolé.
    Jim Holden et l’équipage du Rossinante font partie d’une vaste flotte de navires scientifiques et militaires chargés d’examiner le phénomène. Mais une intrigue complexe se trame dans leur dos, visant à l’élimination pure et simple d’Holden. Les émissaires de la race humaine en sont à devoir décider si la porte est une opportunité ou une menace, sans imaginer que le plus grand danger est peut être celui qu’ils ont apporté avec eux.

    Mon avis : Bien que je l'aie terminée en deux temps trois mouvements, happée par les personnages et le récit, je ressors néanmoins déçue de cette lecture. La raison ? L'unité de temps, de lieu et d'action. Enfin, ce qui, dans cette série ressemble le plus à la parfaite trinité. Pourtant, comme d'habitude, chaque chapitre aborde un personnage différent, l'ensemble constituant une toile tissée de ces récits entrecroisés. J'ai malgré tout trouvé le récit linéaire et prévisible, ce qui n'avait jamais été le cas jusqu'ici. Sans doute parce qu'on comprend rapidement que tous les personnages vont se rejoindre, que de fait ils se rejoignent vite, dans le même espace relativement confiné, et qu'on commence à s'ennuyer ferme en attendant la résolution.

    On retrouve pourtant nos personnages préférés (Holden et sa clique, ainsi que les mystérieuses apparitions de Miller, pourtant *alerte spoiler* mort à la fin du premier tome). De nouveaux personnages, comme la pasteure méthodiste Anna et la fille de Mao, sont intégrés au récit, avec plus ou moins de réussite, d'ailleurs. Le profil psychologique de la demoiselle Mao est franchement mal travaillé, on a du mal à la croire vraie. Et celui de la pasteure, bien que meilleur, est assez téléphoné.

    En réalité, ce qui occupe environ les deux-tiers du livre aurait pu tenir en une dizaine de pages, et on aurait pu passer à la suite, qui promet d'être autrement passionnante, beaucoup plus vite, sans rien enlever à l'histoire ni aux personnages.

    Bref, ce troisième tome est le maillon faible. Dommage, parce que la couverture est magnifique. Cela dit, je me jetterai sur le quatrième comme une morte de faim, en novembre prochain, car la résolution de ce troisième tome ouvre littéralement la porte à des potentialités infinies.

     

    Ce billet constitue ma troisième participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

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  • Dosadi, de Frank Herbert

    CVT_Dosadi_1802.jpegGenre : Ils sont fous ces batraciens.

    Résumé : Sur Dosadi, il n'y a qu'une ville, Chu. Elle compte plus de quatre-vingt-dix millions d'habitants et autour de ses murs, sur la Bordure, s'en pressent au moins trois fois autant. Le reste de la planète est désert. Parce que le sol, les plantes et les animaux, l'air et l'eau contiennent des poisons pour les deux races intelligentes qui peuplent chu, les humains et les Gowadchins. Le seul espoir de survie réside dans les usines purificatrices de Chu. Les habitants de Dosadi ne voient jamais les étoiles. Leur ciel est laiteux. Surpopulation, mort facile, confinement Dosadi, c'est l'enfer. Cerné par le Mur de Dieu. Mais qui joue à Dieu ? Quelle expérience monstrueuse se déroule depuis des générations sur Dosadi ? C'est ce qu'aimerait découvrir Jorj McKie, envoyé extraordinaire du Bureau du Sabotage et ami d'une étoile Calibane. Et aussi Keila Jedrik, native de Dosadi et bien décidée à s'en sortir. 

    Mon avis : Voilà un livre à la fois très intéressant, très déroutant et pas forcément toujours réussi. L'histoire se déroule en réalité sur deux plans : celui de Dosadi elle-même, dans les rouages extrêmement complexes du pouvoir de la ville infernale de Chu, et celui de l'univers en dehors de Dosadi, là où le monde de la sentience ignore superbement l'existence de cet enfer. Les Gowadchins, sorte de crapauds grégaires et intelligents, constituent un antagoniste révélateur pour l'humanité. Le fil du récit se déroule très lentement au départ, se perd dans une foultitude de détails qui n'auront au final pas forcément d'éclairage sur leur utilité. Cela rend la lecture déroutante et parfois ardue. Cependant, comme toujours chez Herbert, la réflexion politique, sociale et juridique, c'est à dire, au final, philosophique, est poussée dans ses retranchements. Herbert joue la carte de la logique jusqu’au-boutiste, en particulier dans le domaine juridique, de façon étonnante. En cela, le récit atteint des limites que je n'imaginais pas (il faut dire que ma culture dans les domaines suscités est plus que balbutiante).

    Je dois donc admettre (sans honte), que je n'ai pas tout compris, mais que j'ai retenu de cette lecture un questionnement tout à fait dérangeant sur l'évolution des sociétés sentientes. Je la recommande.

     

    Ce billet constitue ma deuxième participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

    science-fiction, space opera

  • Les Gardiens de la Galaxie, Vol. 2, de James Gunn

    les-gardiens-de-la-galaxie-vol-2-photo-affiche-978409-large.jpgAprès avoir sauvé la galaxie dans le premier opus, les bien nommés « Gardiens de la Galaxie » reviennent, quasi identiques. Star-Lord, Gamora, Drax, Rocket, Groot, Yondu... La totale. Ils sont étrangement beaux, déroutants, inattendus et fréquemment navrants.

    Le scénario du film tient en deux lignes : Star-Lord est retrouvé par son papa qui l'emmène sur sa planète, et Star-Lord découvre alors pourquoi il est né.

    On s'attendait, malheureusement, à cette indigence scénaristique. On peut s'en désoler et s'arrêter là dans le visionnage, ou s'en désoler et passer outre pour profiter du film. Passons donc sur ce gimmick des blockbusters hollywoodiens, auquel on ne peut pas grand chose.

    Une débauche de couleurs, de musique funky et de scènes d'action, des personnages improbables à l'humour discutable, j'estampille sans hésitation aucune Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 mon nouveau film SF Pop Corn, tout juste 20 ans après Le Cinquième Élément de Luc Besson. Et ce n'est pas là le moindre de mes coups de tampon (je vous rappelle, peuple de l'Internet, que je suis bibliothécaire : les coups de tampon, ça me connaît !)

    C'est bien simple, et M. Blop en fut témoin : j'ai ri du début à la fin du film. J'ai ri à gorge déployée. J'ai ri tant et plus. Je me suis amusée comme une folle. Et cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri au cinéma. Cela vaut bien une récompense. Les Gardiens de la Galaxie 2 est un film idiot qui se revendique comme tel, et je l'en remercie.

    Toutefois, contrairement au Cinquième élément qui me plaît toujours après moult visionnages («Aziz, Lumière ! » est une blague récurrente dans la famille Blop), je ne suis pas certaine que Les Gardiens de la Galaxie 2 passe l'épreuve du deuxième visionnage haut la main. Je crains en effet que les relations entre les personnages du film ne puissent conserver leur sel. Les blagues sont drôles une fois, mais le seront-elles une deuxième ou une troisième fois ? Seul l'avenir le dira.

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    Il n'en reste pas moins qu'il s'agit là d'une belle bande de fêlés. Vraiment dérangés et improbables. Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière. Enfin, j'aime surtout la caractérisation des personnages masculins. Les personnages féminins principaux sont eux, plus convenus : Nebula et Gamora sont soeurs rivales, manipulées par leur "père", et toutes leurs actions et réactions sont logiques et cohérentes avec leur histoire personnelle. Cela les rend prévisibles. C'est dommage, quand on voit le délicieux n'importe quoi affleurant chez Drax, Rocket, Yondu ou Star-Lord. Cela dit, les personnages féminins secondaires, Mantis et Ayesha, sont assez réussis de ce côté là. Faut-il, pour que des personnages féminins principaux soient reconnus, qu'ils soient plus raisonnables que les personnages masculins ? Hélas...

    Bon, et puis il y a Chris Pratt dans le rôle principal. Le type qui est tellement cool qu'il fait des tresses à une stagiaire pendant une interview. Il a aussi de superbes abdos, et une admirable tête d'andouille dans le rôle de Star-Lord. C'est ce qui s'appelle avoir réussi son casting : Chris Pratt joue très bien les crétins candides.

    Mon ultime critique porte sur la tension amoureuse entre Star-Lord et Gamora : c'est inutile et ennuyeux. Franchement, cela n'a rien à faire dans un film pareil. Cela aurait été beaucoup plus drôle s'ils étaient devenus rapidement amants et que leurs engueulades prennent part aux dialogues si savoureux du film.

    La série des films des Gardiens de la Galaxie est à mon sens une des seules superproduction de SF (et de Marvel) depuis 15 ans qui ne se prend réellement pas au sérieux. Personne ne veut vraiment nous faire croire que l'histoire ou que (la plupart) des personnages sont vrais, crédibles ou graves. C'est par-fait ! Ne changeons rien. Vivement le troisième !

     

    Ce billet inaugure ma participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

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  • La guerre de Caliban (The Expanse, tome 2), de James S.A. Corey

    science-fiction,space opera,polarOn reprend quelques mêmes, et on continue. Dans ce deuxième tome de The Expanse, James Holden est de retour avec son équipage ultra réduit, constitué de Naomi, Alex et Amos. Holden, traumatisé par son expérience à la fin du tome 1, vit dans une vigilance et un mal-être constant, le rendant plus enclin aux solutions radicales, ce qui ne fait pas l'unanimité au sein de son équipage.

    La situation politique entre la Terre, Mars et la Ceinture est tendue mais stable. Une stabilité très vite mise en péril par une attaque brutale qui détruit une partie de Ganymède : cette lune de Jupiter, dotée d'une magnétosphère, est étroitement surveillée par Mars et la Terre, et sert de refuge pour les femmes ceinturiennes enceintes et de grenier à blé pour toute la Ceinture. Autant dire que l'attaque, que chaque partie impute à l'autre, met le feu aux poudres.

    Prax, botaniste sur Ganymède, Roberta Draper, sergent martienne seule survivante de l'attaque sur Ganymède et Avasarala, sous-secrétaire aux Nations Unies de la Terre, sont les nouveaux protagonistes de ce deuxième opus. On a laissé Miller à la fin du premier tome, et on pouvait légitimement craindre que les nouveaux personnages soient moins intéressants ou moins attachants. Il n'en est rien. Prax est la caution scientifique du récit, le témoin candide et un père désespéré mais infatigable. La recherche qu'il mène pour trouver sa fille permet au fil du récit de se tisser. Le sergent Bobbie Draper est archétypale de ces héroïnes et héros de récits militaires, Torin Kerr, Honor Harrington ou John Geary : travaillée par son sens du devoir et sûre de ses compétences. Elle ne pouvait que m'être sympathique. Les manigances politiciennes d'Avasarala, aux antipodes de la logique de terrain d'un sergent Draper ou de l'équipe de Jimmy Holden, en sont le pendant exact et constituent un contrepoint réussi au reste du récit, dans lequel les changements de focale incessants permettent au lecteur de rassembler peu à peu les pièces du puzzle.

    La narration, toujours fluide, ne me permet pas de différencier les deux auteurs et m'enchante par son apparente facilité. J'ai lu ce roman avec énormément de plaisir, et bien que j'aie mis du temps (la faute à plein d'impondérables, sauf au livre lui-même), j'en ai savouré chaque chapitre. Il faut dire que le personnage d'Avasarala est particulièrement truculent, et les scènes avec la vieille dame acariâtre et rouée sont source d'un petit plaisir proche de la madeleine de Proust...

    Ce roman relève le gant de la suite de série, exercice toujours périlleux, sans sourciller. J'irai même jusqu'à dire qu'il est un peu moins complexe à suivre que le premier, sans devenir simpliste pour autant. Le sense of wonder est toujours présent grâce à la personnalité attachante de James Holden, tandis que le thriller politique devient plus prégnant. La protomolécule gagne en dimension science-fictionnelle ce qu'elle perd en fantastique. Pour le meilleur ou pour le pire ? Je suis incapable de répondre à cette question.

    Je n'aurai donc qu'un seul mot : vivement le tome 3 !

     

    Cette chronique participe pour la cinquième et dernière fois au septième épisode du Summer Star Wars de M. Lhisbei, béni soit son nom, ainsi que ceux de Lhisbei et Excel Vador.

     

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  • La terre bleue de nos souvenirs (Les enfants de Poséidon, tome 1), d'Alastair Reynolds

     Mon préambule est court : j'adore ce titre. Sa poésie me touche immensément.

    1506-poseidon1_org.jpgRésumé : XXIIe siècle. Alors que le Mécanisme sait absolument tout des actions et des pensées des hommes, Geoffrey Akinya travaille sur l'intelligence des éléphants autour du Kilimandjaro. Sa soeur Sunday mène une carrière artistique sur la Lune, à l'abri du Mécanisme. Avant de mourir, leur grand-mère leur révèle un secret. Le préserver peut s'avérer très dangereux.

     

    Mon avis : Ce livre m'intriguait depuis quelques temps. Et puis, il est entré dans la short list pour le Prix Planète SF 2016. Alors, pour continuer dans la veine Alastair Reynolds, après Janus, je me suis lancée. 

    Le récit suit les péripéties de Geoffrey et Sunday Akinya dans la découverte de l'héritage et de la personnalité de leur énigmatique grand-mère Eunice. Un héritage en forme de jeu de piste, qui les envoie se balader dans tout le système solaire. De quoi les occuper (et nous avec) un bon moment.

    Le futur imaginé par l'auteur est plutôt positif : le bouleversement climatique attendu a eu lieu, entraînant des changements politiques, économiques et sociaux de taille, mais l'humain s'est adapté, a limité autant que possible les dégâts environnementaux, a conquis l'espace immédiat (Lune, Mars...) et le continent africain tient une place désormais prépondérante dans le développement du monde. Ce dernier fait constitue sans aucun doute l'élément le plus attractif du roman à mes yeux : enfin ! Enfin, l'Afrique cesse d'être le continent des laissés-pour-compte.

    Rien que pour ce fait, que je n'ai quasiment jamais croisé dans mes lectures, ce livre vaut le détour ; il permet au lecteur de changer l'image mentale qu'il a du continent africain, au moins le temps du récit. Il en est de cela comme du reste : imaginer, de temps à autres, que le monde pourrait évoluer dans une certaine direction rend l'improbable ou l'impensé possible et envisageable. Et cela n'a pas de prix.

    De nombreuses inventions technologiques, ainsi qu'un transhumanisme très développé, apparaissent tour à tour bénéfiques et terrifiants. Le progrès dans toute son humaine ambiguïté. La technologie qui régit la vie humaine et prévient tout conflit ou flambée de violence, le fameux Mécanisme, est peu explicité mais je l'ai trouvé, pour ma part, assez plausible. En revanche, j'ai bien peur qu'il ne rende la vie humaine d'un ennui mortel...

    La terre bleue de nos souvenirs est un roman long et complexe ; de nombreux lieux, de nombreux personnages, et des relations entre eux qui ne sont pas toujours évidentes à comprendre. Les équipées de plus en plus lointaines s'enchaînent, mais elles manquent d'un souffle épique ou poétique, tel celui que j'avais trouvé dans La danse des étoiles.

    J'ai apprécié ce roman, il est porteur de bonnes idées, mais il m'a manqué un peu la même chose que dans Janus : du liant, une narration qui porte le lecteur (celle-ci est très linéaire, à la limite de l'ennui) et une réelle empathie pour les personnages. Comme La terre bleue de nos souvenirs constitue le premier tome d'un série, j'hésite : soit l'introduction nécessitait d'être très longue et la suite sera plus intéressante, soit elle annonce un prochain texte aussi digeste que le livre des Nombres dans le Pentateuque (ne cliquez pas sur le lien si vous n'en avez rien à carrer de la Bible, mais croyez-moi sur parole, c'est d'un ennui mortel).

    Prions, mes frères et soeurs, pour que ce ne soit pas le cas. ;p

    Cette chronique participe pour la quatrième fois au septième épisode du Summer Star Wars de M. Lhisbei, béni soit son nom, ainsi que ceux de Lhisbei et Excel Vador.

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