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SFFF - Page 9

  • Gravity, d'Alfonso Cuaron

    Gravity 1.jpgCertains sont des spécialistes d'Alfonso Cuaron. Moi, non. J'ai vu Les fils de l'homme au cinéma, qui m'a scotché sur mon siège pendant toute la projection, et bien entendu Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, dont j'ai apprécié le côté sombre et esthétique, mais de toute façon le livre était aussi mon préféré de la série. De bonnes expériences antérieures, donc.

    Cela dit, je partais avec un peu de crainte pour aller voir Gravity : la 3D ne m'a jamais convaincue jusqu'ici, les critiques un peu trop dithyrambiques sur le film suscitaient ma méfiance - voire me donnaient presque envie d'aller voir ce que pouvait en dire Odieux Connard, le maître en matière de démontage de soi-disant chef-d'oeuvre. Bref, j'y allais poussée par la curiosité, et tirée par la méfiance.

    L'histoire tient sur une feuille de papier à cigarette, tellement courte que je dois spoiler. Attention, donc, pour ceux qui n'auraient pas deviné la fin dès la bande annonce : une équipe américaine d'astronautes en pleine sortie dans l'espace se retrouve prise au piège d'une tempête de débris. Deux d'entre eux s'en sortent, seuls, sans assistance, sans navette, et sans contact avec Houston. L'un est expérimenté (Kowalski, joué par Clooney), l'autre pas (Stone, joué par Bullock). Kowalski aide Stone dans la première épreuve, rejoindre l'ISS en scaphandre. La narration suit ensuite Stone dans ses aventures autour de la terre pour survivre à l'enfer du vide spatial et réussir, d'une manière ou d'une autre, à rentrer saine et sauve sur terre. Elle passe de scaphandre en soyouz, de soyouz en shenzhou, de shenzhou dans l'eau. Grosso modo.

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    Non, le scénario n'est pas bon. Il se veut simple, il est bien souvent plein de trous. Stone survit à un peu trop de tempêtes de débris dans l'espace. Tout le monde meurt autour d'elle, qu'ils soient dans une navette ou dans un scaphandre, et elle reste indemne ? Pas crédible. Le dernier rebondissement du scénario, une fois qu'elle amerrit et manque se noyer, est largement de trop. Bref, du scénario de film catastrophe classique.

    Mais j'ai aimé ce film. D'abord et avant tout parce qu'il touche ce que je cherche dans mes lectures : cet au-delà, cette capacité d'aller plus loin, ce désir irrépressible de quitter le berceau terrien pour aller explorer l'univers. Pourtant, Gravity n'est pas un film de science-fiction. Mais il en a tous les attraits. Il nous parle de l'homme dans l'univers, de sa minuscule et pourtant essentielle place dans le ballet infini des galaxies. Il nous rappelle que nous sommes fait pour aller nous confronter au vide stellaire.

    Gravity 3.jpgIl dépasse surtout ce repli sur soi que notre société connait depuis trente ans, en dirigeant à nouveau le regard du grand public vers cette "projection vertigineuse des possibles"* que représentent les étoiles.

    Et puis, je l'ai aimé pour d'autres raisons :

    - les images sont d'une beauté stupéfiante, et laissent des traces sidérantes dans la rétine pendant des heures. C'est un véritable exploit cinématographique et une expérience personnelle magique.

    - La 3D est utilisée avec pertinence, particulièrement dans les scènes de tempête de débris. Contrairement à d'autres films  en 3D, je ne suis pas sortie de là avec la migraine.

     - La scène de désespoir de Stone dans le Soyouz, où elle rêve une discussion avec Kowalski alors qu'elle est au bord du suicide, est d'une grande poésie. Le silence y est magnifique, comme à chaque fois qu'il apparaît dans le film. On ne le dit pas assez : l'espace est un monde de silence, et c'est la première fois que je vois un film qui lui rende un hommage aussi juste.

    Allez voir Gravity sur grand écran. Ce serait un crime de le regarder sur un écran de télévision ou d'ordinateur. Ce film est un film de cinéma, qui mérite qu'on se déplace et qu'on paie le prix fort.

     

    Vu aussi par : Lhisbei, Lorhkan

     

    *j'ai emprunté cette jolie expression à ma blogopote Lhisbei.

  • Ma Pile à Bloguer s'étoffe

    Depuis mi-septembre, date de mon dernier post (oui, ce blog part en cacahuète), pas mal de nouveaux romans SFFF ont rejoint ma Pile à Bloguer :

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    Même pas mort, de Jean-Philippe Jaworski

    Jaworski livre un roman exigeant, beaucoup moins "fun" que Gagner la guerre. On rigole nettement moins, et l'auteur prend un malin plaisir à nous perdre dans sa narration en rinceau. Mais une fois le livre refermé, on se dit qu'on a lu là quelque chose.

     

     

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      Le début de la série Fedeylins, de Nadia Coste

      Le premier tome est un très joli roman, plein de douceur (j'ai dit douceur, pas bêtise), mais aussi une bonne dose d'immobilisme compensée par une très belle création d'univers et de personnages. A découvrir.

     

     

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     La suite et fin de Hunger Games, de Suzanne Collins

    J'ai lu le premier tome en fin d'année dernière et les deuxième et troisième tome ces dernières semaines. Une série post-apo pour ado qui se démarque par l'absence de toute forme d'angélisme. Katniss Everdeen est une héroïne malgré elle, dont le lot quotidien est la souffrance. Une belle réussite.

     

     

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    L'exilé de Ta-Shima, d'Adriana Lorusso

    La suite de Ta-Shima, qui n'apporte rien l'intrigue (déjà pas très folichonne) du premier. Les défauts masqués par l'attrait de la nouveauté dans le premier sortent malheureusement au grand jour dans ce deuxième opus. Je me suis beaucoup ennuyée.

     

     

     

    Cavalier vert 1.jpg   cavalier vert 2.jpg   cavalier vert 3.jpg 

    La série Cavalier vert, de Kristen Britain

     Série de fantasy dont je n'ai pas encore lu le 4e tome. Pas fatigante à la lecture. Classique, agréable, j'apprécie que le héros de l'histoire soit une héroïne. Une bonne lecture de détente.

     

     

     

    Terre Vampire 1.gif  Terre vampire 3.jpgTerre vampire 2.jpg  

    La série Terre Vampire, de E.E. Knight

    Série d'anticipation bâtie sur un schéma classique de roman d'aventure. Héros attachant et univers intéressant, j'aimerais qu'un quatrième tome sorte un jour...

     

     

  • Pour l'honneur de la Reine (Honor Harrington, livre 2) de David Weber

    Je reviens une fois de plus cet été à Honor Harrington. J'ai commencé à lire le premier livre de cette longue série il y a maintenant six ans, mais jusqu'à peu, je n'avais pas en ma possession les premiers tomes. J'ai donc récemment décidé de compléter ma collection. Je viens de recevoir et de relire avec beaucoup de plaisir le deuxième livre, intitulé Pour l'honneur de la reine.

    pour-l-honneur-de-la-reine.jpgDans cet opus, l'action prend place deux ans et demie après l'incident de la station Basilic, dans lequel Honor Harrington avait démasqué et arrêté un navire-Q (un vaisseau militaire se faisant passer pour un navire marchand) de la République Populaire du Havre. Aujourd'hui, son tout nouveau croiseur lourd, baptisé l'Intrépide, et les quatre bâtiments plus légers qui l'accompagnent sont mandatés pour une double mission : protéger des navires commerçants dans une zone peu sécurisée pour leur éviter une attaque de pirates, et surtout servir d'escorte officielle à une mission diplomatique du Royaume de Manticore auprès de la planète Grayson.

    Les graysoniens occupent une position de choix pour devenir des alliés de Manticore contre la menace havrienne. La reine leur envoie donc un amiral à la retraite, Raoul Courvoisier, en tant que chef d'une délégation diplomatique chargée de proposer un traité d'alliance à Grayson. Raoul Courvoisier et Honor Harrington se connaissent et s’aiment bien, le premier ayant été le professeur de la seconde.

    Toutefois, il y a un hic : Grayson est une planète socialement arriérée, où les femmes n'ont aucun droit et sont totalement dépendantes des hommes. Dans ce système patriarcal, la polygamie est la norme, et les femmes sont confinées aux foyers. Les Graysoniens sont donc atterrés de constater que l'officier commandant la flotte d'escorte de la délégation diplomatique de Manticore est une femme. Bon, il faut bien avouer qu'il ont déjà du mal avec le fait que le Royaume de Manticore soit dirigé par une femme, mais ce n'est rien comparé au choc de voir de leurs propres yeux une femme incarnant une autorité militaire - sans parler de tous les officiers et soldats féminins servant à bord des différents navires. Et puis, il y a Nimitz, le chat sylvestre d'Honor, que tous prennent à tort pour un animal de compagnie, fruit d'une lubie féminine.

    Les humiliations s'accumulent envers Honor, qui encaisse sans broncher, histoire de ne pas faire capoter la mission de Raoul Courvoisier. Mais cela lui est insupportable, et elle constate à quel point les Graysoniens sont troublés par sa présence. Elle décide alors de modifier ses plans et de partir elle-même avec l'Intrépide terminer l'autre partie de la mission, initialement dévolue à d'autres bâtiments plus légers : l'escorte des navires marchands jusqu'à bon port. Elle espère que son absence momentanée calmera les Graysoniens et permettra à Courvoisier de faire avancer les négociations.

    Sauf que... Les Masadiens, ennemis séculaires de Grayson, originaires du système voisin, décident durant ce laps de temps d'attaquer Grayson, avec des moyens décuplés : ils bénéficient d'une aide militaire conséquente mais discrète fournie par la République Populaire du Havre. Les Masadiens sont des fanatiques misogynes et mystiques, 20 fois pires que les Graysoniens en termes d'arriérisme. Le niveau technologique et la flotte militaire des Graysoniens ne faisant malheureusement pas le poids, l'amiral Courvoisier décide d'aider les Graysoniens. Ignorant la présence d'un vaisseau lourd havrien, et doté d'un seul croiseur léger, il se fait laminer la tête - et tuer, par la même occasion.

    Quand Honor revient à Grayson, elle apprend, horrifiée, les attaques des masadiens et la mort de Courvoisier. Elle propose d'aider à organiser la défense du système de Yeltsin mais se heurte à un mur : le choc culturel est trop fort pour les Graysoniens, incapables de la traiter en égale. Elle pose donc un ultimatum et exige de  rencontrer le Protecteur de Grayson, Benjamin Mayhew, afin qu'il oblige les officiers d'état major graysoniens à la prendre au sérieux. Mayhew accepte de l'inviter chez lui. Cela lui pose moins de problèmes qu'aux autres, grâce à son éducation extra-planétaire.

    Mais les Masadiens, jamais à court de mauvaises idées, tendent une embuscade à Mayhew et Honor Harrington en plein dîner privé. Grâce à ses dons de télépathie, Nimitz devine les intentions cachées des assaillants et réagit à temps ; Honor et lui se lancent dans une bataille au corps à corps avec de multiples agresseurs dotés d'armes de poing, pour protéger leurs vies et celles de la famille Mayhew. Leur férocité - et le fait que les masadiens ne s'attendaient pas à de telles qualités de combattant chez une femme et un chat (!) - leur permettent de tenir jusqu'à l'arrivée des renforts. Mais Honor est blessée : la partie gauche de son visage est définitivement paralysée et elle perd son oeil gauche.

    Malgré ses blessures, elle prend le commandement de son die_hard_5_poster_bruce_willis.jpgvaisseau pour débusquer une base avancée des masadiens dans le système de Yeltsin, où sont retenus quelques prisonniers survivants de l'attaque dans laquelle Courvoisier est mort. Puis elle va s'interposer entre un vaisseau ennemi et la planète Grayson pour éviter à ses habitants des attaques nucléaires. Bref, Honor Harrington, c'est John McClane dans les films Die Hard : blessée et dégoulinante de sang, elle continue coûte que coûte à sauver le monde. Mais là, au moins, le monde ne se résume pas aux Etats-Unis... ^_^

     

    Ce deuxième livre de la série est sans conteste l'un de mes préférés : le personnage d'Honor commence à prendre son ampleur véritable, et c'est dans cet opus que se joue bien des évènements cruciaux pour le reste de la série. Car les exploits d'Honor à Grayson lui donnent une aura particulière auprès des Graysoniens, des Manticoriens... et des Havriens, bien que pour d'autres raisons. On y explore un peu plus la personnalité d'Honor, celle de ses amis et de ses ennemis. Comme je l'ai dit auparavant, plus la série avance, plus Weber délaisse le développement du personnage d'Honor, alors je savoure ce tome qui la met en avant et lui promet un avenir intéressant.

    Bien entendu, et mes lecteurs habituels n'en seront pas surpris, ce qui m'a le plus attiré dans ce tome, c'est sa thématique féministe développée. David Weber est un homme, et je n'avais pas encore vu d'auteur masculin parler ainsi des femmes. Je suppose que le système politique et social de Manticore constitue l'utopie personnelle de David Weber en la matière. En partant de cette hypothèse, je m'avoue très satisfaite de la manière dont il envisage le rôle des femmes. Égales absolues des hommes, elle ne souffrent d'aucun sexisme, même dans l'armée, où seules les compétences - et les origines sociales, parfois - comptent. La nature des gonades de chaque personnage n'a aucune importance. Je pourrais peut-être couper des cheveux en quatre et trouver quelques références paternalistes (les bons profs de l'école militaire sont tous des hommes d'âge mûr, archétype patriarcal s'il en est), mais dans l'ensemble, David Weber s'en sort bien.

    D'autant mieux, évidemment, qu'il met en relief cet égalitarisme en présentant la société patriarcale et misogyne de Grayson (et celle, pire encore, de Masada). Il en explique les origines à travers quelques éléments science-fictifs vraisemblables - la présence de métaux lourds dans le sol qui a provoqué des malformations, mutations et de lourdes mortalités infantiles, une forte inégalité de distribution des sexes à la naissance entre filles et garçons - mais aussi une composante religieuse fondamentaliste, sectaire et bornée.

    A la relecture, on sourit à quelques passages où Honor exprime sa détestation de la politique - quand on sait ce qu'elle devient plus tard, il y a de quoi rire sous cape.

    Bref, j'ai retrouvé ma vieille copine, et j'en suis ravie.

    Je me surprends à vouloir relire très vite le troisième tome, dans lequel Weber développe entre autres le rôle d'Honor en tant que leader féminin et féministe sur la planète Grayson. Mais il va me falloir être raisonnable... Et attendre encore quelques mois avant de me l'acheter.


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  • L'orage gronde (Honor Harrington, livre 13), de David Weber

    L-Orage-Gronde-de-David-Weber-Tome-1.jpgDans ce treizième livre d'Honor Harrington, je pourrais reprendre ce que j'ai dit du livre 12, mot à mot. Mais puisque ce n'est pas là l'objectif d'un billet de blog un tant soit peu honnête, j'irai donc plus loin.

    D'abord, l'histoire : alors qu'Honor a réussi l'exploit de faire venir la présidente de la République du Havre à Manticore pour négocier en direct le traité de paix avec Sa Majesté la reine Elizabeth, les mandarins qui tirent les ficelles de la Ligue Solarienne, inquiets pour l'image de la Ligue dans l'univers, décide d'envoyer un bon kick-ass à Manticore.

    En effet, les deux  échauffourées qui ont précédemment eu lieu dans les zones frontalières, et qui se sont invariablement terminées par une écrasante victoire de l’Empire Stellaire de Manticore, leur semblent proprement incroyables. Les rumeurs allant trop bon train, ils envisagent donc de couper court en envoyant une énorme flotte de 300 bâtiments du mur pour remettre de l'ordre dans tout ça. Manticore en a vent, et tente désespérément de décourager la Ligue Solarienne de mener à bien cette attaque. Mais les mandarins solariens s'évertuent à présenter Manticore sous son plus mauvais jour, une sorte de va-t-en-guerre irresponsable et agressif, afin d'obtenir le soutien de l'opinion publique...

    Comme d'habitude depuis le livre 5, cet épisode d'Honor Harrington est divisé en deux tomes, mais deux tomes courts. Ils font à peine 300 pages chacun, ce qui est un changement appréciable à la logorrhée habituelle de David Weber.

    L-Orage-Gronde-de-David-Weber-Tome-2.jpgIl n'en reste pas moins que les épisodes d'exposition des stratégies géo-politiques et des avantages militaires (qui a les plus gros missiles, avec la plus grande portée et les meilleurs logiciels d'acquisition de cible) sont très longs. Pendant ce temps, on perd de vue les personnages principaux, à savoir Honor Harrington elle-même, la reine Elizabeth, les chats sylvestres et tous leurs proches. Ce qui est fort dommage, car plus ces épisodes "privés" se diluent au profit des évènements collectifs, plus la série risque de perdre ce qui fait son âme. Je ne dis pas son intérêt : car en effet, pour qui aime les univers à échelle galactique et les nombreuses scènes de stratégie géopolitique, cette série est un régal.

    Mais ce qui m'y avait fait venir à l'époque, c'était les personnages : Honor, sa carrière de militaire, ses amis, sa famille, ses ennemis. Ils ont entre temps perdu leur place privilégiée au sein des récits. Je me demande sincèrement si David Weber ne s'ennuie pas avec Honor, désormais. Il continue pourtant à s'amuser comme un petit fou avec son univers galactique, et je commence à regretter de ne pas avoir lu les romans qu'il a écrits dans le même univers, sans qu'Honor y apparaisse : L'ombre de Saganami, L'ennemi dans l'ombre, La couronne des esclaves, La torche de la liberté.

    Malgré ce constat doux-amer, égrené au fil des derniers livres, je continue à acheter les Honor Harrington, tome après tome (car oui, une fois n'est pas coutume, je les achète pour moi : personne ne les lirait dans la médiathèque où je travaille). J'ai même commencé à me procurer les premiers tomes de la série, qui manquaient à ma collection, et je m'y replonge avec délices. Honor Harrington reste ce plaisir coupable, cette petite indulgence que l'on a vis-à-vis de soi même, et qui nous rend la vie plus douce...

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    L'Atalante, 2013

    Genre : space opera, science-fiction

    Lu aussi par : dabYo

  • Cagebird, de Karin Lowachee

    Cagebird.jpgCagebird est le troisième tome de l’œuvre de Karin Lowachee dans l’univers du ConcentraTerre. Après Warchild , que j’ai beaucoup apprécié, et Burndive qui m’a agacé, le roman continue à raconter les enfants dans la guerre. Les trois tomes sont indépendants, bien que les récits forment une mosaïque.

    Cet opus de la trilogie est cette fois centré sur Yuri Terisov, principal lieutenant du capitaine Falcone, le pirate responsable de tous les maux de Jos Musey dans Warchild et à l'origine de la tentative d'assassinat sur Ryan Azarcon dans Burndive. Ce troisième roman s’annonce donc comme une incursion dans le tiers-monde de l'univers de Karin Lowachee, tiers-monde au sens littéral : le réseau pirate forme un tiers de poids dans le conflit qui oppose les humains du ConcentraTerre aux aliens Striviic-Na.

    Le récit commence au moment où Yuri est en prison sur Terre, suite à son arrestation par le commandant Azarcon à la fin de Burndive.  Un service de police spéciale tente de négocier avec lui afin d’infiltrer l’ensemble du réseau pirate monté par le capitaine Falcone. Piégé comme un débutant (qu’il n’est pourtant pas) à cause des sentiments qu’il éprouve pour son camarade de cellule, Yuri est contraint d’accepter, en apparence au moins, le marché qu’on lui impose. Il est alors exfiltré et repart dans l’espace retrouver ses anciens camarades, sous la surveillance constante de ses commanditaires.

    La reconquête du réseau pirate amène Yuri à des réminiscences sur son enfance. Le lecteur apprend donc que la guerre du ConcentraTerre contre les « Strits » a détruit son foyer et déporté sa famille dans des camps de réfugiés. Celle-ci est coupée en deux pendant la déportation : Yuri est séparé de sa mère et de son frère, et reste avec son père et sa sœur.  Désœuvré et sans perspective dans un camp isolé sur une planète cul-de-sac, Yuri tombe sur un capitaine de vaisseau marchand qui propose un contrat à son père pour le former et le faire travailler. Le père accepte, Yuri est plutôt partant... Le contrat est signé. Il s’avère bientôt que le marchand est un pirate, il s’agit du capitaine Falcone lui-même, à la recherche de la perle rare qui pourra le remplacer le moment venu. Yuri, avec son intelligence vive et son physique avantageux, lui semble prometteur.

    Échaudé par ses précédents échecs, Falcone emploie avec Yuri la persuasion, le mensonge par ellipse, l’isolement vis-à-vis de sa famille et la douceur. A 8 ans, Yuri a l’esprit malléable, et ce lavage de cerveau est redoutablement efficace. Pendant 5 ans, il est formé au commandement, à la navigation spatiale et au combat ; il est protégé par le capitaine et aidé au quotidien par un de ses assistants, Estienne, un jeune homme doux et aimant qui entoure Yuri de son affection.

    A 13 ans, bien traité, respecté et conscient de son futur rôle de chef, Yuri accepte quasiment sans broncher de passer à l’étape suivante de sa formation, qui consiste à le transformer en Geisha, en prostitué de luxe. Il apprend tous les arts de la séduction, de la musique à la conversation, en passant bien évidemment par une « formation sexuelle » très poussée. N’ayant d’autre point de repère, Yuri se plie à l’exercice. Son lien avec Estienne évolue en une relation qui mêle amour véritable et formation à la sexualité professionnelle.

    Il ne commence réellement à souffrir que plus tard : quand Yuri tue son premier « client », un sadique qui l’a violenté brutalement,  le capitaine le punit en l’obligeant à assassiner un de ses camarades. Mais il est alors bien trop tard : Yuri a été si bien manipulé et formaté qu’il ne peut qu'obéir et ne sait que faire de sa douleur. Il commence alors à s’automutiler…

     

    Je ne vous raconte pas comment Yuri mène sa reconquête du réseau pirate, ce serait vous spolier d’un beau récit de suspense, de manipulation politique et psychologique, et surtout, de space opera ! Or, nous sommes en été, c’est la saison du Summer StarWars de Lhisbei, celle où tous nos rêves d’évasion stellaire, d’exploration de l’univers et de rencontres avec d’autres espèces intelligentes atteignent leurs sommets.

    Mais vous l’avez compris : l’essentiel du roman se trouve dans le récit de cette enfance dévoyée. Tout comme dans Warchild, c’est cet aspect du roman qui m’a le plus touché. Mais dans Warchild, la pédophilie et la prostitution n'étaient qu'évoqués, à mots couvert. Dans Cagebird, Karin Lowachee ouvre les vannes de la transparence. On apprend tout de la manipulation et de la « formation » dont est victime Yuri Terisov. Car en effet, de bourreau coupable de tous les crimes dans les deux précédents romans, Yuri devient ici la victime de Falcone, tout comme le furent Jos et Ryan.

    Il y a une douceur constante et lénifiante du ton, une narration lisse, presque enfantine, en totale contradiction avec le propos sordide.  Peu à peu, le lecteur effaré prend conscience qu’il est facile, beaucoup trop facile, de faire passer pour normal un quotidien de perversion, de manipulation et de violence, pourvu que l’on s’y prenne… « bien ». Le récit exerce une fascination dérangeante,  provoque une addiction douteuse à sa lecture. Il finit par donner une sacrée leçon sur la nature humaine.

    Je n’aime guère les récits très noirs, et celui-ci l’est profondément. Il est sans conteste le plus noir des trois romans. Pourtant, je l’ai aimé, beaucoup aimé, sans doute parce que l’espoir d’une rédemption n'en disparaît jamais complètement.

    J'ai appris après avoir fini le livre, en lisant une interview de l'éditeur, que ces romans avaient été proposés en littérature jeunesse dans d'autres pays, en raison de l'âge des personnages principaux. Que ce soit bien clair pour tout le monde : ce ne sont pas des romans pour les enfants !

    Une lecture que je recommande donc chaudement, et qui n’exige pas de lire les autres tomes de la trilogie.

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    Lu également par : Efelle, Blog-O-Livre, Sylvain Bonnet

    Le Bélial, 2012

  • Star Trek into Darkness, de J.J. Abrams

    Star-Trek-Into-Darkness-star-trek-into-darkness-33724303-1600-900.jpgCe film est la suite du précédent Star Trek de J.J. Abrams. On reprend les mêmes et on recommence : J.J. Abrams aux commandes, Chris Pine en capitaine Kirk, Zachary Quinto en commandeur Spock, Karl Urban en Dr McCoy, Zoe Saldana en Uhura... D'avance, je me pourléchais les babines !

    Synopsis : James T. Kirk est nommé second de l'Enterprise par l'amiral Pike. Alors qu'une réunion d'urgence a lieu, rassemblant tous les amiraux, une attaque est menée contre ses participants. Pike est tué. Kirk a le temps d'identifier le responsable, John Harrison, meilleur agent de Starfleet.

    Celui-ci venait de faire exploser les archives de la flotte à Londres, qui se révèlent n'être pas du tout des archives, d'ailleurs (on ne le dit pas assez : les bibliothèques et affiliées sont des endroits dangereux). Kirk est donc mandaté - avec le très primesautier Spock - pour aller tuer Harrison en plein territoire Klingon, réintégrant illico presto ses fonctions de commandant. Mission à effectuer en marchant sur des oeufs : la paix avec les Klingons est plus que fragile, il ne faudrait pas se faire prendre la main dans le sac...

    Une fois Harrison arrêté (une arrestation toute en discrétion, absolument personne ne s'est aperçu de leur présence - *mode sarcastique*), Kirk écoute son histoire, réfléchit, décide de le ramener sur Terre au lieu de le tuer afin de le faire juger devant un tribunal. Genre : on n'est pas des sauvages. Bon, et là, les vrais ennuis commencent...

    Mon avis : Que dire de ce 2e opus de J. J. Abrams ? D'abord, que je me suis bien amusée. Les échanges entre Spock et Kirk, mais aussi entre Spock et Uhura durant une véritable scène de ménage sont vraiment très drôles. Ne parlons pas des grommellements de McCoy et du jeu comique de Scotty ; mon voisin de fauteuil, que je ne connaissais pas du tout, a dû en prendre plein les oreilles pendant la séance. J'ai beaucoup ri !

    star-trek-into-darkness-spock-and-kirk-1024x707.jpgLe personnage de John Harrison, joué par l'excellent Benedict Cumberbatch, devient un poil trop vite très méchant à la fin. Dommage pour la jolie nuance du personnage, bien servie par le talent de son interprète en début de film, qui tourne court avec la transformation de son personnage en incarnation du Mal pour une raison incompréhensible.

    On comprendra donc vite ce que je reproche à ce film, comme à d'autres blockbusters du même acabit : il y a eu beaucoup plus d'argent investi dans les effets spéciaux (très réussis) que dans le scénario (étique). J'ai aimé les acteurs, les vaisseaux, les scènes d'action, mais je ne peux que déplorer le fait que les producteurs américains se croient obligés de s'adresser à un public d'un QI moyen de 80. Cela dit, je dis ça, mais peut-être que le mien frise difficilement les 85...

    Je ne connaissais Star trek que de réputation lorsque j'ai vu le premier film d'Abrams en 2009. Je n'étais donc pas du tout une Trekkie (= fan de Star Trek). Cela a quelque peu changé lorsque ce printemps, Arte a eu la bonne idée de repasser plusieurs des films issus des séries TV, toutes générations confondues. J'ai donc fait connaissance avec la fameuse "philosophie" de Star Trek, philosophie qui évolue d'ailleurs considérablement au cours des années... Et qui a tendance à disparaître totalement des deux derniers opus cinématographiques.

    Mais, les Dieux d'Hollywood soient remerciés, à la toute fin de ce présent film, Kirk pose la question de la raison d'être de Starfleet : l'exploration, pas la guerre. Et en effet, dans ce film, Starfleet n'est pas taillée pour la guerre interstellaire, particulièrement pas ses hommes, qui ne sont pas des soldats. J'avoue que ce fait, bien qu'en accord avec la philosophie de la série TV d'origine, m'a surprise, car il n'est jamais évoqué dans le précédent Star Trek. Bien au contraire, je me souviens clairement de branle bas de combat, de vaisseaux de la flotte qui se précipitent pour combattre un vilain... Bref, j'ai décelé comme une grosse incohérence.

    star trek bones 2.jpgEnfin, à la fin, on dirait bien qu'on retourne aux fondamentaux : l'exploration, vers l'infini et au delà. Ca fait plaisir. Espérons que cela continue ainsi.

    Un petit détail m'a interpellé durant la séance : le côté western assez appuyé du film, avec une musique blues et country à l'ancienne ("non mais allô, quoi, ça fait trop 20e siècle, ton truc !"). C'était plutôt drôle.

    En bonus, je vous mets une ch'tite photo de Leonard "Bones" McCoy, interprété par Karl Urban depuis deux films. Mon néo-zélandais préféré, en spéciale dédicace à Lhisbei.

     

    Cette chronique entre dans le cadre du Summer StarWars Episode I de Lhisbei, béni soit son nom et celui de M. Lhisbei pour l'existence de ce 4e opus du challenge. J'ai vu ce film dans le cadre de la Fête du Cinéma, tout comme mon blogopote barbu, A.C. de Haenne.

    Film également vu, chroniqué (et pas du tout aimé) par Xapur, ainsi que par notre maître à tous en matière de démontage de scénario débile, Sa Majesté Odieux Connard, le bien nommé.

  • Quatre cent milliards d'étoiles, de Paul J. McCauley

    400 milliards d'étoiles.jpgRésumé de l'éditeur : Dorthy Yoshida, jeune astronome japonaise, est envoyée sur une planète récemment découverte pour essayer d'en percer le mystère grâce à ses dons de télépathie. Cette planète, P'thrsn, a été terraformée par une civilisation très avancée qui semble avoir disparu. Elle n'est plus habitée que par les « bergers », créatures primitives couvertes de fourrure et dotées de six membres, qui gardent des troupeaux d'herbivores semblables à des limaces géantes. Pourtant, lors de sa descente vers la planète, Dorthy perçoit une intelligence formidable quelque part au-delà de l'horizon. Les bergers auraient-ils un rapport avec l'Ennemi mystérieux contre lequel les hommes se battent à l'autre bout de la galaxie ?

    De ce court roman, je conserve un sentiment d'inachevé. Bien que la réponse à la question du résumé soit donnée à la toute fin du roman, il reste que les étapes traversées par l'héroïne confinent aux errements divagatoires d'une femme que l'on prend trop souvent pour une déséquilibrée. La recherche de Dorthy Yoshida, empirique et aléatoire, est menée de façon trop crytique pour moi. Elle passe d'une expérience à l'autre sur cette planète étrange, sans que le lecteur n'ait plus de clés qu'elle sur les causes de la situation en cours.

    En ce qui concerne les autres humains présents avec elle, on ne comprend jamais vraiment qui ils sont, ni leurs buts. Les personnages sont plutôt bien fouillés, avec des personnalités complexes et une psychologie développée. Les caractéristiques de l'héroïne sont exemptes de sexisme, ce que j'apprécie. Il n'en reste pas moins que tout cela a l'air d'avoir été travaillé en vain. A la fin, on a l'impression d'avoir pataugé durant quelques heures avec Dorthy pour avoir certes une réponse à la question de l'identité de l'ennemi... Mais toutes les autres restent en suspens.

    Rien à voir avec le qualité du contenu : je trouve la couverture hideuse. Fier étalon de la grande époque J'ai Lu SF...

     

    Cette chronique entre dans le cadre du Summer StarWars Episode 1, de Lhisbei.

    J'ai Lu, 1998

    Genre : science-fiction, space opera, planet opera, suspens