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Impromptu - Page 34

  • Star Trek

    Une fois n'est pas coutume, voici un billet cinématographique.

    Star Trek, de J.J. Abrams  : une énième incursion du cinéma dans un univers télévisuel rebattu ? Oui, certes.

    Un blockbuster mécanique et sans âme ? Absolument pas !

    Ce film léger, étourdissant et lumineux (au sens propre : L'Enterprise nous éblouit) est un véritable festival : du rythme (la série originelle et les films précédents en manquaient cruellement), du punch, de l'énergie, le tout portant la patte du réalisateur (voir Mission Impossible III). L'affiche est d'ailleurs bien sombre en regard des ambiances saturées du film.

    L'histoire prend la forme d'un préquel, racontant l'enfance et le début de carrière des personnages principaux (Kirk et Spok). En raison d'un décalage temporel, un affreux revient du futur pour se venger de l'alliance interplanétaire en général et des vulcains en particulier, à cause d'une erreur survenue 130 ans...  plus tard. L'insubordination de James Kirk rend considérablement plus difficile la tâche de Starfleet face au méchant (Néro). Et pour couronner le tout, Spok ne supporte pas Kirk, qui le lui rend bien. Star trek.jpg

    Chris Pine a le rôle de James Kirk (parfait) et Zachary Quinto celui de Spok - une réussite, il fait plus vrai que nature. Mention spéciale à Karl Urban dans le rôle du toubib, même s'il n'a qu'un rôle de faire-valoir : c'est un acteur néozélandais comme on en voit trop rarement au cinéma. Le personnage de Pavel Checkov est hilarant, celui de Nero (Eric Bana) sombre à souhait. Tous les personnages ont un petit plus d'âme et de vie, ce qui manquaient cruellement aux séries télévisées et dans les précédents films. Ils nous touchent, tout simplement.

    Les gros plans sur les visages et les travellings sont pris sous des angles originaux et "vivants". Lors des scènes de combats, on a vraiment l'impression d'être dans l'espace, avec un jeu sur les dimensions (le haut et le bas se mélangent, ce qui est finalement plus crédible dans un environnement sans gravité). Spok, qui vole la vedette à Kirk dans ce film, est particulièrement bien filmé lorsque sa froide logique entre en conflit avec ses émotions, surtout dans les scènes avec Uhura. On se croirait dans sa peau.

    Bref, un vrai spectacle, réjouissant et enthousiasmant, même s'il revient à un certain manichéisme après les années sombres et plus nuancées des Dark Knight et consort ; après Bush, Obama, disent avec raison les Inrockuptibles. Mais qui s'en plaindra...

  • Les guerriers du silence

    guerriers silence.jpgPierre Bordage est l'un des (trop) rares mais excellents auteur français de science-fiction. Les guerriers du silence est son premier roman, écrit en 1985. Il le proposa à tous les grands éditeurs... qui le refusèrent. Plusieurs années plus tard, L'Atalante, alors petit éditeur, l'accepte... Et grand bien lui en pris : Pierre Bordage gagna plusieurs prix littéraires avec son roman, dont le Grand Prix de l'Imaginaire en 1994.

    La Confédération de Naflin se corrompt et se change en empire sous l'influence de mystérieux personnages, baptisés les « Scaythes d'Hyponéros ». L'inquiétante religion kreuzienne se radicalise et entraîne des éradications ou des lavages de cerveau massifs des populations. Aphykit est la fille d'un maître des sciences inddiques tué par les Scaythes. Elle rencontre lors de sa fuite Tixu Oty, obscur petit employé de la Compagnie Intergalactique Longs Transferts. Ils commencent alors le rassemblement des douze « guerriers du silence », qui doivent s'opposer aux Scaythes.

    Reprenant certains codes du space opera, l'auteur développe parallèlement une dimension plus philosophique, inspirée des religions orientales (bouddhisme). Son récit déborde d'imagination ; il est riche et bien construit, cohérent et inventif : il comblera les fans de Fondation d'Asimov et de Dune d'Herbert (dont je suis !).

     

    Trilogie : Les Guerriers du Silence (1993), Terra Mater (1994) et La Citadelle Hyponéros (1995), disponibles chez L'Atalante et en poche.

    Genre : science-fiction, space opera

  • Le chant de l’oiseau de nuit

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    Le chant de l’oiseau de nuit est un roman dense en deux tomes, ancré dans l’Amérique de la toute fin du 17e siècle, à l’heure où même les esprits les plus brillants doivent choisir entre la foi et la raison.


    Le juge Isaac Woodward et son clerc Matthew sont appelés dans une bourgade de Caroline pour instruire un procès en sorcellerie. Dans ce petit milieu où tout le monde se connaît, il leur faut démêler le bon grain de l’ivraie, et débusquer la vérité derrière les apparences : un travail spirituellement ambigu et physiquement dangereux.

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    Robert McCammon (voir le billet sur L'heure du loup) nous livre un très bon policier historique, qui malgré quelques longueurs au début, sert de révélateur de l’âme humaine, en des temps où les traditions obscurantistes faisaient office de culture commune.

     

     

    Bragelonne, 2008.

    Genre : policier, historique

  • Fascination

    Premier roman, coup de maître pour Stephenie Meyer : initialement destiné aux lecteurs adolescents, cet ouvrage a conquis des publics beaucoup plus vastes en moins de trois ans. La sortie récente de son adaptation au cinéma l'a rendu mondialement célèbre (sous son titre original en anglais, Twilight).

    Isabella Swan, 17 ans, déménage à Forks, petite ville de l'Etat de Washington, pour vivre Fascination.jpgavec son père. Au lycée, l'attention de Bella est attirée par une étrange fratrie de deux filles et trois garçons.

    L'un d'eux, Edward Cullen, réagit de manière violente et incompréhensible à sa présence. Une relation sensuelle et dangereuse, dans laquelle Edward souffle inexplicablement le chaud et le froid, naît entre les deux adolescents.

    Quand Bella découvre la vérité sur Edward, il est déjà trop tard…


    C'est une belle histoire d'amour, c'est une aventure fantastique fascinante : tous les lecteurs s'y retrouvent.

    La narration est vive et sans fioritures, tout en respectant les hésitations et la délicatesse des sentiments des personnages. Le style, direct, est doté d’un humour mordant que j'ai particulièrement apprécié.

    On ne lâche pas ce livre une seule minute !


    Hachette jeunesse, 2005.

    Genre : sentimental, fantastique

  • Harry Potter

    Harry_Potter.gifNe vous laissez pas rebuter par le tapage médiatique et les produits dérivés : Harry Potter mérite pleinement son succès, car c'est une des plus belles œuvres littéraires pour la jeunesse écrite à ce jour.

    La grande idée de J.K. Rowling a été de faire évoluer le lectorat d’Harry Potter parallèlement à son héros, en développant progressivement le niveau d’écriture.

    Lorsque tout commence, Harry a 11 ans, c’est un enfant innocent et ignorant du monde des adultes. Le premier tome est donc un petit livre, dont l’écriture simple et agréable raconte une histoire accessible à des enfants de 10 ou 11 ans.

    Avec chaque nouveau volume, Harry grandit ; alors, le nombre de pages s’accroît, les descriptions sont plus fouillées, et l’univers d’Harry se complexifie. La psychologie des personnages s’approfondit, et les notions de bien et de mal s’interpénètrent.

    J.K. Rowling, fidèle en cela à la tradition littéraire anglo-saxonne, introduit progressivement dans son œuvre de la noirceur, du désespoir, ainsi qu’une réflexion sur la mort et le deuil auxquels les jeunes lecteurs français sont peu habitués.

    Les derniers tomes sont donc écrits pour les jeunes adultes (ou les grands adolescents), ce qui explique certainement le succès phénoménal de l'œuvre auprès des publics adultes.

    Même s’il reste un ouvrage pour la jeunesse, Harry Potter n’est pas une bluette, ni un produit formaté pour plaire. J.K. Rowling, durant les dix-sept années qui lui ont été nécessaires à la rédaction des sept volumes, a fait preuve d’un grand respect envers ses lecteurs par l’intelligence et la cohérence de son œuvre.


    Gallimard jeunesse, 1997-2007.

    Genre : initiatique, aventure, conte, fantastique

  • Le vol du dragon (La ballade de Pern)

    vol du dragon.jpgSi vous aimez voler, si vous aimez les animaux de compagnie (!), et si vous aimez les sagas épiques, arrêtez-vous ici.

    Dans Le vol du dragon, on trouve des dragons bien sûr, mais aussi une énigme posée aux hommes par les archives et les ballades ancestrales de la planète Pern.

    Le chevalier-dragon F’lar part en quête d’une femme exceptionnelle, qui pourra l’aider à résoudre les mystères du passé et à lutter contre les dangers à venir. Il découvre une servante au caractère bien trempé, Lessa, qui n’est pas tout à fait ce qu’elle semble être.

    L’ouvrage d’Anne McCaffrey est un concentré du meilleur de la fantasy : un monde attachant et crédible, des personnages forts, un enjeu vital, une narration bien menée. Foncez, c’est excellent !

     

    Pocket, 2005

    Genre : fantasy, heroïc fantasy, science-fiction

  • Les spicilèges amoureux de Mr Ploton

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    « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe, et plus encore… ».

    Ce petit livre est à mettre entre des mains… averties. Coquin, facétieux dans les moindres détails (voir l’échelle graduée imprimée le long de la première page, celle intitulée : « Longueur d’un pénis en érection »), ce recueil est aussi une mine d’informations scientifiques, sociologiques et littéraires sur la sexualité.

    Un OVNI dans le paysage éditorial français.

     

    Edition Blanche, 2008

    Genre :  ???? (inclassable, je vous dis !!)