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Impromptu - Page 2

  • Les Gardiens de la Galaxie, Vol. 2, de James Gunn

    les-gardiens-de-la-galaxie-vol-2-photo-affiche-978409-large.jpgAprès avoir sauvé la galaxie dans le premier opus, les bien nommés « Gardiens de la Galaxie » reviennent, quasi identiques. Star-Lord, Gamora, Drax, Rocket, Groot, Yondu... La totale. Ils sont étrangement beaux, déroutants, inattendus et fréquemment navrants.

    Le scénario du film tient en deux lignes : Star-Lord est retrouvé par son papa qui l'emmène sur sa planète, et Star-Lord découvre alors pourquoi il est né.

    On s'attendait, malheureusement, à cette indigence scénaristique. On peut s'en désoler et s'arrêter là dans le visionnage, ou s'en désoler et passer outre pour profiter du film. Passons donc sur ce gimmick des blockbusters hollywoodiens, auquel on ne peut pas grand chose.

    Une débauche de couleurs, de musique funky et de scènes d'action, des personnages improbables à l'humour discutable, j'estampille sans hésitation aucune Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 mon nouveau film SF Pop Corn, tout juste 20 ans après Le Cinquième Élément de Luc Besson. Et ce n'est pas là le moindre de mes coups de tampon (je vous rappelle, peuple de l'Internet, que je suis bibliothécaire : les coups de tampon, ça me connaît !)

    C'est bien simple, et M. Blop en fut témoin : j'ai ri du début à la fin du film. J'ai ri à gorge déployée. J'ai ri tant et plus. Je me suis amusée comme une folle. Et cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri au cinéma. Cela vaut bien une récompense. Les Gardiens de la Galaxie 2 est un film idiot qui se revendique comme tel, et je l'en remercie.

    Toutefois, contrairement au Cinquième élément qui me plaît toujours après moult visionnages («Aziz, Lumière ! » est une blague récurrente dans la famille Blop), je ne suis pas certaine que Les Gardiens de la Galaxie 2 passe l'épreuve du deuxième visionnage haut la main. Je crains en effet que les relations entre les personnages du film ne puissent conserver leur sel. Les blagues sont drôles une fois, mais le seront-elles une deuxième ou une troisième fois ? Seul l'avenir le dira.

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    Il n'en reste pas moins qu'il s'agit là d'une belle bande de fêlés. Vraiment dérangés et improbables. Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière. Enfin, j'aime surtout la caractérisation des personnages masculins. Les personnages féminins principaux sont eux, plus convenus : Nebula et Gamora sont soeurs rivales, manipulées par leur "père", et toutes leurs actions et réactions sont logiques et cohérentes avec leur histoire personnelle. Cela les rend prévisibles. C'est dommage, quand on voit le délicieux n'importe quoi affleurant chez Drax, Rocket, Yondu ou Star-Lord. Cela dit, les personnages féminins secondaires, Mantis et Ayesha, sont assez réussis de ce côté là. Faut-il, pour que des personnages féminins principaux soient reconnus, qu'ils soient plus raisonnables que les personnages masculins ? Hélas...

    Bon, et puis il y a Chris Pratt dans le rôle principal. Le type qui est tellement cool qu'il fait des tresses à une stagiaire pendant une interview. Il a aussi de superbes abdos, et une admirable tête d'andouille dans le rôle de Star-Lord. C'est ce qui s'appelle avoir réussi son casting : Chris Pratt joue très bien les crétins candides.

    Mon ultime critique porte sur la tension amoureuse entre Star-Lord et Gamora : c'est inutile et ennuyeux. Franchement, cela n'a rien à faire dans un film pareil. Cela aurait été beaucoup plus drôle s'ils étaient devenus rapidement amants et que leurs engueulades prennent part aux dialogues si savoureux du film.

    La série des films des Gardiens de la Galaxie est à mon sens une des seules superproduction de SF (et de Marvel) depuis 15 ans qui ne se prend réellement pas au sérieux. Personne ne veut vraiment nous faire croire que l'histoire ou que (la plupart) des personnages sont vrais, crédibles ou graves. C'est par-fait ! Ne changeons rien. Vivement le troisième !

     

    Ce billet inaugure ma participation à la huitième saison du Summer Star Wars de M. Lhisbei, porté par Lhisbei et Excel Vador, bénis soient leurs noms dans toutes les galaxies connues et inconnues.

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  • Iron Fist, saison 1

    Iron Fist.jpgIron Fist, série terminée hier soir. Bon. Alors...

    Prenez un joli blanc aux yeux bleus et aux blonds cheveux bouclés. Faites-le débarquer dans la ville du péché (New York) pieds nus, arborant en écharpe de Miss France une candeur de bisounours et des compétences évidentes en Kung Fu. Donnez-lui, ainsi qu'à ses amis, une très grande quantité de problèmes à résoudre en 13 épisodes seulement, et vous obtiendrez Iron Fist : une série pleine de bonnes intentions et de bons acteurs, gâchés tous deux par l'urgence de la production suivante, The Defenders.

    Les personnages sont à peine présentés qu'ils évoluent artificiellement d'étapes improbables en choix impossibles. La série ne laisse pas le temps au spectateur de les comprendre, de les cerner, de les intérioriser. Il en résulte une histoire bondissant d'une révélation à l'autre, qui lasse à force d'être à la fois attendue et trop rapidement dévoilée.

    Les pivots Claire Temple et Jeri Hogarth font bien le job de liaison intersérie, avec le talent que l'on connaît aux actrices, mais rament pour établir leur légitimité dans l'histoire. Elles y arrivent, mais les coups d'aviron du scénario produisent des éclaboussures.

    Les personnages intrinsèques à la série sont plutôt pas mal. Ne connaissant pas les comics à l'origine de l'oeuvre, je n'ai pas de référence à laquelle me rattacher pour crier au scandale et/ou à la trahison. Ward et Joy Meachum, ainsi que leur père Harold (inoubliable Faramir dans le Seigneur des Anneaux) sont bien campés. Colleen Wing est jouée par une actrice très convaincante et charismatique, son personnage est intéressant, je m'y suis attachée. On connaît déjà Madame Gao pour l'avoir vue dans les autres séries, elle est tout à fait à sa place ici. Je n'ai en revanche pas cru une seconde à l'acteur qui joue Bakuto. Trop latin-lover pour croire à son rôle.

    Reste Dany Rand/Iron Fist, joué par Finn Jones. Honnêtement, il a fallu que je lise sa filmographie pour faire le lien avec le Loras Tyrell de la série Game of Thrones. Je ne l'avais pas reconnu, ce qui est plutôt un bon point pour l'acteur vu le gouffre qui sépare ces deux personnages. Je sais que beaucoup n'aiment pas sa prestation, mais je n'ai pour ma part rien à dire là dessus. Il est expressif et charismatique, et son personnage aurait mérité d'être pensé avec plus de nuances et de profondeur. C'est plutôt son physique de jeune premier qui ne colle pas vraiment au personnage. Et encore, le fait qu'il soit fin et délié est un atout, car il est bien plus crédible ainsi que les superhéros bodybuildés qu'on trouve dans d'autres franchises Marvel.

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    On l'accuse aussi de ne pas convaincre dans les scènes de combat. Moi, ce n'est pas son soi-disant manque d'expérience qui m'a gênée mais la qualité très moyenne des chorégraphies et des prises de vue durant ces séquences. De plus, j'ai tendance à croire Finn Jones quand il explique que le timing de tournage était tellement serré qu'il s'est entrainé seulement 3 semaines avant le début du tournage et qu'il devait apprendre en 15mn ses chorégraphies de combat.

    Tout dans cette série respire la précipitation, du scénario au montage. Les scènes de combat ne font malheureusement pas exception. Le générique de début manque totalement d'inspiration : il est d'un ennui mortel. Les dialogues "philosophiques" empruntent aux clichés les plus éculés sur le bouddhisme.

    Voici un sacré gâchis, surtout si on compare cette série aux exceptionnels Daredevil et Jessica Jones. Bref, Iron Fist est bâclée, alors qu'elle avait de sérieux atouts pour être au moins honnête. Mais la raison marchande a prévalu, laissant Iron Fist aux mains de professionnels qui ne sont peut-être pas forcément incompétents, mais qui n'ont pas eu le temps nécessaire pour réaliser une bonne série.

    Je redoute désormais Les Defenders... Hélas.

     

    Iron Fist, série Marvel disponible sur la plateforme Netlix.

     

  • Dormeurs, d'Emmanuel Quentin

    DORMEURS_C1.jpgQuatrième de couverture :

    Il en est des rêves comme de la vie. Comment les traverser, comment les affronter ? On peut être endormi et se rêver poète, espion, astronaute, plongeur, aventurier, voyageur le long des côtes, sur la route, sombrant dans n’importe quel abîme ou contournant les obstacles.

    Dans une société dévastée par une crise économique sans précédent, des « Dormeurs professionnels » ont été sélectionnés pour la richesse structurelle de leurs rêves.

    Fredric Jahan est l’un d’eux. Les images de son sommeil, enregistrées à l’aide de capteurs nanotechnologiques pour une clientèle fortunée, caracolent en tête des ventes. Mais un jour, ses rêves, trop réalistes, ne s’enregistrent plus…

     

    Mon avis :

    D'abord et avant tout, cher lecteur, un avertissement : Emmanuel Quentin est un pote. Bibliothécaire et blogueur, comme moi. Le lire dans sa première oeuvre fut donc une démarche avant tout amicale. Si je le précise, c'est que le type de récit qu'il propose ici, un thriller d'anticipation fantastique, n'est pas dans mes goûts de lecture habituels. Je ne l'aurais donc pas lu si ce n'était lui qui l'avait écrit.

    Maintenant, qu'en ai-je pensé ?

    Essentiellement du bien ! Une fois posé que je ne suis pas très fan de ce type de récit, j'ai été agréablement surprise par plusieurs éléments. D'abord, j'aime beaucoup l'écriture, vive, moderne et travaillée. C'est la première chose qui m'a sauté aux yeux, peut-être parce que je craignais que ce ne soit pas le cas (ce qui est stupide, puisque je sais bien, via son blog, que l'auteur sait écrire...).

    Ensuite, le fil narratif : il est prenant, plutôt bien rythmé et induit rapidement chez le lecteur une angoisse tout à fait en accord avec ce que vit le narrateur Fredric Jahan. A tel point que je laissais de temps à autre tomber le livre, parce que l'angoisse était trop forte pour moi ! Le lecteur s'identifie très (trop) facilement au narrateur et aux personnages qu'il incarne durant ses aventures nocturnes. Oui, je suis une petite nature. Imaginez si vous me faisiez lire un récit d'épouvante... Ce roman est un page-turner, et pour qui ne craint pas le thriller angoissant, il se lit extrêmement rapidement.

    Enfin, le cadre socio-politique rapidement peint autour du récit propose un futur (2018, soit dans un an, hein...) très probable. Et pas réjouissant. Comme souvent dans les récits d'anticipation qui tiennent la route, et c'est le cas pour celui-ci, il constitue un avertissement à ne pas négliger. L'abandon des grands principes humanistes dans l'organisation de la société (même si cela ne reste qu'un idéal) au profit d'un système sans utopie et uniquement tourné vers la survie et le chacun pour soi révèle un futur bien sombre.

    Le quotidien des prisons décrit dans le récit m'interpelle, cette façon d'ignorer totalement les détenus et le sort qui leur est réservé... Je soupçonne mon blogo-bibliopote d'avoir réalisé des interventions professionnelles en maison d'arrêt.

    Si je dois émettre deux réserves sur ce récit, les voici : le rythme perd de sa cohérence vers la fin du roman, où les évènements et les révélations se précipitent un peu trop vite à mon goût. Certaines résolutions m'ont laissée dubitative. Mais il est bien connu que le fantastique n'est pas ma tasse de thé, et mes doutes viennent peut-être de là. Deuxièmement... il n'y a absolument pas assez de femmes ! Le casting est très majoritairement masculin, même si l'un des rôles principaux est féminin. Je ne dirais pas lequel, ce serait divulgâcher... ;)

     

    Bref, tu auras compris, cher lecteur : ce coup d'essai est réussi. Dormeurs est un roman qui tient ses promesses et propose un récit prenant et attachant. Une belle imagination, un sacré sens du suspens, un bon travail d'écriture et de documentation, bref : un roman que je te recommande.

     

    Félicitations, Manu. Je suis épatée.

     

    Genre : thriller, fantastique, anticipation

    Édition:  Le peuple de Mü, 2016

    Illustration de couverture (que j'aime beaucoup) : Cédric Poulat

  • Concours !

    Noël approche, et la barbe blanche me pousse au menton...

    Pour la première fois, je te propose, ami lecteur, un petit concours afin de gagner l'ouvrage suivant :

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    Redshirts, de John Scalzi, aux éditions de l'Atalante

     

    Si tu remplis avec exactitude et/ou bonne humeur le questionnaire ci-dessous, tu pourras gagner un exemplaire flambant neuf de cet excellent roman, empaqueté par mes soins.

     

     

     

     

  • Pourquoi je montrerai « Supergirl » à ma descendance

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    Supergirl est une série américaine commencée en 2015 sur CBS et continué en 2016 sur CW.

    Elle met en scène Kara Zor-El, cousine de Kal-El, alias Superman. Kara enfant était initialement supposée prendre soin de son très jeune cousin (un bébé) lors de leur arrivée sur Terre, mais son vaisseau s'est perdu en route. Lorsqu'elle arrive à bon port, après des années de sommeil cryogénique, Superman est déjà adulte et bien installé dans sa cape.

    Kara se retrouve donc plus jeune que son petit cousin, et confiée à une famille d'accueil aimante. Devenue jeune adulte, elle enfile elle aussi la cape rouge et le "S" de la famille El pour protéger Central City des forces du mal, terrestres et extra-terrestres. Et comme dans toutes les séries DC Comics (Arrow, The Flash, Legends of Tomorrow), elle le fait accompagnée d'un aréopage d'amis aux talents variés.

    Disons-le immédiatement : la série Supergirl dégouline de guimauve. Elle est totalement niaise. D'une mièvrerie à tomber. Les protagonistes sont aussi fades que des poires, leurs déboires personnels prévisibles et à la fin, c'est toujours Supergirl et/ou ses amis qui gagnent. Le personnage principal est une gentille blanche/blonde/yeux bleux/candide/propre sur elle/pleines de bonnes intentions. Bref, on est très loin d'une Jessica Jones, par exemple. Supergirl est une série pour ado bien élevés des banlieues WASP des Etats-Unis.

    Et pourtant, je la regarde, cette série. Et en plus, je compte la montrer à ma progéniture lorsqu'elle sera en âge.

    Pourquoi, me direz-vous ? Suis-je inconsciente ? Ou peut-être détesté-je mes enfants ?

    Non.

    Quoique...  ;)

    La série Supergirl possède un gros avantage à mes yeux, en comparaison de toutes celles que j'ai pu regarder : la majorité des postes de pouvoir, chef de très grande entreprise de média, POTUS (President Of The United States), officier de l'armée, grand méchant et j'en passe, sont tenus par... des femmes. Un détail qui n'est absolument pas anecdotique.

    Je l'évoquais dans un billet précédent à propos de l'image de l'Afrique aux yeux du reste du monde : lorsqu'une oeuvre, d'autant plus grand public, véhicule une image plausible de ce que pourrait être notre quotidien, il est beaucoup plus facile à tout un chacun d'envisager ce fait comme une réelle possibilité. C'est vrai pour l'image de l'Afrique dans La terre bleue de nos souvenirs d'Alastair Reynolds. C'est tout aussi vrai pour la promotion du rôle social des femmes dans Supergirl.

    Le côté sirupeux de Supergirl, son public-cible ado-adulte féminin n'échappera évidemment à personne. Mais c'est justement là que l'intérêt du discours féministe de la série réside : il s'agit de montrer littéralement au plus grand nombre, dans une histoire banale, que tous les avenirs sont possibles pour les femmes. Sans surligner le discours, sans démonstration ni explicitement. Juste en donnant à voir au détour de l'intrigue une femme dans un rôle qui, dans d'autres séries ou films, est presque toujours occupé par un homme.

    C'est donc, à mon sens, une série à montrer à des préados ou ados, filles et garçons, afin de contrecarrer, ne serait-ce qu'un tout petit peu, la masculinité prégnante de toutes les autres. Car dans notre société, et particulièrement dans la culture et la langue française, l'incarnation de la neutralité de genre est toujours... masculine.

  • La guerre de Caliban (The Expanse, tome 2), de James S.A. Corey

    science-fiction,space opera,polarOn reprend quelques mêmes, et on continue. Dans ce deuxième tome de The Expanse, James Holden est de retour avec son équipage ultra réduit, constitué de Naomi, Alex et Amos. Holden, traumatisé par son expérience à la fin du tome 1, vit dans une vigilance et un mal-être constant, le rendant plus enclin aux solutions radicales, ce qui ne fait pas l'unanimité au sein de son équipage.

    La situation politique entre la Terre, Mars et la Ceinture est tendue mais stable. Une stabilité très vite mise en péril par une attaque brutale qui détruit une partie de Ganymède : cette lune de Jupiter, dotée d'une magnétosphère, est étroitement surveillée par Mars et la Terre, et sert de refuge pour les femmes ceinturiennes enceintes et de grenier à blé pour toute la Ceinture. Autant dire que l'attaque, que chaque partie impute à l'autre, met le feu aux poudres.

    Prax, botaniste sur Ganymède, Roberta Draper, sergent martienne seule survivante de l'attaque sur Ganymède et Avasarala, sous-secrétaire aux Nations Unies de la Terre, sont les nouveaux protagonistes de ce deuxième opus. On a laissé Miller à la fin du premier tome, et on pouvait légitimement craindre que les nouveaux personnages soient moins intéressants ou moins attachants. Il n'en est rien. Prax est la caution scientifique du récit, le témoin candide et un père désespéré mais infatigable. La recherche qu'il mène pour trouver sa fille permet au fil du récit de se tisser. Le sergent Bobbie Draper est archétypale de ces héroïnes et héros de récits militaires, Torin Kerr, Honor Harrington ou John Geary : travaillée par son sens du devoir et sûre de ses compétences. Elle ne pouvait que m'être sympathique. Les manigances politiciennes d'Avasarala, aux antipodes de la logique de terrain d'un sergent Draper ou de l'équipe de Jimmy Holden, en sont le pendant exact et constituent un contrepoint réussi au reste du récit, dans lequel les changements de focale incessants permettent au lecteur de rassembler peu à peu les pièces du puzzle.

    La narration, toujours fluide, ne me permet pas de différencier les deux auteurs et m'enchante par son apparente facilité. J'ai lu ce roman avec énormément de plaisir, et bien que j'aie mis du temps (la faute à plein d'impondérables, sauf au livre lui-même), j'en ai savouré chaque chapitre. Il faut dire que le personnage d'Avasarala est particulièrement truculent, et les scènes avec la vieille dame acariâtre et rouée sont source d'un petit plaisir proche de la madeleine de Proust...

    Ce roman relève le gant de la suite de série, exercice toujours périlleux, sans sourciller. J'irai même jusqu'à dire qu'il est un peu moins complexe à suivre que le premier, sans devenir simpliste pour autant. Le sense of wonder est toujours présent grâce à la personnalité attachante de James Holden, tandis que le thriller politique devient plus prégnant. La protomolécule gagne en dimension science-fictionnelle ce qu'elle perd en fantastique. Pour le meilleur ou pour le pire ? Je suis incapable de répondre à cette question.

    Je n'aurai donc qu'un seul mot : vivement le tome 3 !

     

    Cette chronique participe pour la cinquième et dernière fois au septième épisode du Summer Star Wars de M. Lhisbei, béni soit son nom, ainsi que ceux de Lhisbei et Excel Vador.

     

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  • La terre bleue de nos souvenirs (Les enfants de Poséidon, tome 1), d'Alastair Reynolds

     Mon préambule est court : j'adore ce titre. Sa poésie me touche immensément.

    1506-poseidon1_org.jpgRésumé : XXIIe siècle. Alors que le Mécanisme sait absolument tout des actions et des pensées des hommes, Geoffrey Akinya travaille sur l'intelligence des éléphants autour du Kilimandjaro. Sa soeur Sunday mène une carrière artistique sur la Lune, à l'abri du Mécanisme. Avant de mourir, leur grand-mère leur révèle un secret. Le préserver peut s'avérer très dangereux.

     

    Mon avis : Ce livre m'intriguait depuis quelques temps. Et puis, il est entré dans la short list pour le Prix Planète SF 2016. Alors, pour continuer dans la veine Alastair Reynolds, après Janus, je me suis lancée. 

    Le récit suit les péripéties de Geoffrey et Sunday Akinya dans la découverte de l'héritage et de la personnalité de leur énigmatique grand-mère Eunice. Un héritage en forme de jeu de piste, qui les envoie se balader dans tout le système solaire. De quoi les occuper (et nous avec) un bon moment.

    Le futur imaginé par l'auteur est plutôt positif : le bouleversement climatique attendu a eu lieu, entraînant des changements politiques, économiques et sociaux de taille, mais l'humain s'est adapté, a limité autant que possible les dégâts environnementaux, a conquis l'espace immédiat (Lune, Mars...) et le continent africain tient une place désormais prépondérante dans le développement du monde. Ce dernier fait constitue sans aucun doute l'élément le plus attractif du roman à mes yeux : enfin ! Enfin, l'Afrique cesse d'être le continent des laissés-pour-compte.

    Rien que pour ce fait, que je n'ai quasiment jamais croisé dans mes lectures, ce livre vaut le détour ; il permet au lecteur de changer l'image mentale qu'il a du continent africain, au moins le temps du récit. Il en est de cela comme du reste : imaginer, de temps à autres, que le monde pourrait évoluer dans une certaine direction rend l'improbable ou l'impensé possible et envisageable. Et cela n'a pas de prix.

    De nombreuses inventions technologiques, ainsi qu'un transhumanisme très développé, apparaissent tour à tour bénéfiques et terrifiants. Le progrès dans toute son humaine ambiguïté. La technologie qui régit la vie humaine et prévient tout conflit ou flambée de violence, le fameux Mécanisme, est peu explicité mais je l'ai trouvé, pour ma part, assez plausible. En revanche, j'ai bien peur qu'il ne rende la vie humaine d'un ennui mortel...

    La terre bleue de nos souvenirs est un roman long et complexe ; de nombreux lieux, de nombreux personnages, et des relations entre eux qui ne sont pas toujours évidentes à comprendre. Les équipées de plus en plus lointaines s'enchaînent, mais elles manquent d'un souffle épique ou poétique, tel celui que j'avais trouvé dans La danse des étoiles.

    J'ai apprécié ce roman, il est porteur de bonnes idées, mais il m'a manqué un peu la même chose que dans Janus : du liant, une narration qui porte le lecteur (celle-ci est très linéaire, à la limite de l'ennui) et une réelle empathie pour les personnages. Comme La terre bleue de nos souvenirs constitue le premier tome d'un série, j'hésite : soit l'introduction nécessitait d'être très longue et la suite sera plus intéressante, soit elle annonce un prochain texte aussi digeste que le livre des Nombres dans le Pentateuque (ne cliquez pas sur le lien si vous n'en avez rien à carrer de la Bible, mais croyez-moi sur parole, c'est d'un ennui mortel).

    Prions, mes frères et soeurs, pour que ce ne soit pas le cas. ;p

    Cette chronique participe pour la quatrième fois au septième épisode du Summer Star Wars de M. Lhisbei, béni soit son nom, ainsi que ceux de Lhisbei et Excel Vador.

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