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space opera - Page 5

  • La nef des fous, de Richard Paul Russo

    russo nef des fous.jpgBartolomeo Aguilera est le conseiller du capitaine du vaisseau l'Argonos. C'est un homme à l'intelligence acérée et souvent cynique, car il est orphelin, abandonné à la naissance à cause d'un corps difforme qu'il doit enfermer dans un exosquelette pour pouvoir évoluer parmi les autres. Les autres, ce sont les habitants du vaisseau, qui y vivent depuis des générations. L'Argonos est un monde en soi, fermé sur lui-même, qui navigue sans but précis depuis des milliers d'années.

    Sur une planète baptisée Antioche, les argonautes découvrent un charnier terrifiant, sans l'ombre d'un indice pour l'expliquer. Plus tard, ils tombent sur un vaisseau spatial gigantesque de facture vraisemblablement alien, visiblement abandonné. Ils décident d'explorer le mastodonte.

    Bartoloméo, en narrateur, nous fait découvrir les arcanes compliquées de son monde, divisé entre les hautes castes dirigeantes et les soutiers, ouvriers chargés de la maintenance du vaisseau. Nous découvrons les tensions sociales, religieuses et politiques qui l'habitent. Et surtout, nous tentons de décrypter avec lui les mystères d'Antioche et du vaisseau alien.

    La nef des fous est un roman agaçant ; d'où vient l'Argonos, où va-t-il, comment cela va-t-il finir ? Nous n'en avons jamais la réponse. C'est aussi ce qui fait son charme ; rester sur sa faim laisse place à l'imagination...

    La nef des fous est un bon roman, original et parfois destabilisant.

     

    Le Belial', 2006

    Genre : science-fiction, space opera


  • Cap sur l'Armageddon (Sanctuaire, tome 1) de David Weber

    Cap sur l'armageddon.gif

    Lors d'une crise récente de webermania, j'ai acheté le dernier roman de David Weber, appartenant à la série Sanctuaire. J'adore la couverture... =>

    A une époque où l'homme a conquis l'espace, des ennemis apparaissent, attirés par les traces de technologie spatiale, et annihilent la civilisation humaine en un peu moins d'une centaine d'années. Pour sauver quelques milliers de survivants humains, une opération semblable à l'arche de Noé est menée sur une planète éloignée appelée Sanctuaire. Les humains sont manipulés pour oublier toute technologie avancée et le modèle social implanté décourage les avancées techniques, afin de ne pas attirer les prédateurs. Mais ce modèle est dévoyé par des personnages avides de pouvoir, qui créent une théocratie tyrannique en se faisant passer pour des anges.

    Un groupe de résistants parvient à conserver dans un corps de synthèse la personnalité d'une ancienne officier de l'aérospatiale, Nimue Alban. Huit cents ans après l'installation des humains sur Sanctuaire, Nimue Alban se réveille et reprend le combat des résistants pour mener la population vers un niveau technologique qui lui permettra un jour de s'attaquer aux prédateurs. La société qu'elle prend en main est proche de l'Angleterre du XVIIe siècle, avec une économie basée sur le commerce maritime. A elle d'introduire aussi discrètement que possible les avancées techniques qui aideront l'humanité à sortir de sa léthargie forcée...

    Ce roman original mélange le space opera et l'aventure maritime. Comme à son habitude, David Weber ne nous épargne aucune description stratégique et technique, parfois au détriment du rythme narratif. Mais, comme à mon habitude, j'adhère de bon coeur au concept, prenant mon mal en patience et profitant de l'occasion pour élargir ma culture générale à l'histoire des sciences navales. Nimue Alban est attachante et plutôt drôle dans son rôle d'éminence grise. On a vraiment envie de connaître la suite...

     

    Bragelonne, 2010.

    Genre : space opera, science-fiction, aventures maritimes

  • Les abîmes d'Autremer

    autremer.gif

    Je viens de faire une découverte. Avant-hier, j'avais pris deux livres à la bibliothèque, des romans pour ados. J'ai lu le premier en une heure et quart. Bof, bof, bof. Un bouquin bâclé, mal écrit, avec une bonne idée mais un style médiocre et une finesse de mammouth.

    Sur cette déception, je commençai le deuxième roman. Pour le même nombre de pages... Il m'a fallu presque trois heures ! Parce que l'écriture était belle, parce que l'histoire me berçait, et que je le savourais à chaque seconde.

    Il s'agit du roman Les Abîmes d'Autremer, de Danielle Martinigol. C'est l'histoire de Sandiane, une jeune fille de 16 ans qui suit son père dans ses reportages. Elle apprend avec lui le métier de journaliste, bien que celui-ci ait des méthodes discutables pour dénicher les scoops. Père et fille ont l'occasion de faire un reportage sur une planète, Autremer, dont les habitants sont extrêmement discrets sur leur mode de vie. Les journalistes tentent sans relâche - ni scrupules - de découvrir leurs secrets. Sandiane cherche en particulier à comprendre comment fonctionnent les étranges vaisseaux spatiaux des autremériens, les Abîmes.

    Les Abîmes d'Autremer est un beau récit écologique, qui propose en outre une réflexion intelligente  sur la place et le rôle des médias dans une société saturée d'information.

    Voir aussi l'avis d'Anudar

    Mango jeunesse, 2001.

    Genre : écologique, science-fiction, space opera, initiatique

  • Abzalon

    abzalon.jpgAbzalon est un roman de science fiction, un vrai. Allergiques, passez votre chemin. Curieux, ou adeptes, restez et lisez la suite.

    Abzalon est l'histoire d'une planète qui meure. C'est l'histoire de ses habitants, qui cherchent un moyen d'échapper à la mort. Et ce que font les hommes pour contrer leur destin n'est pas vraiment admirable. Guerres, trahison de pactes millénaires, annihilation de civilisations... Au nom de leur propre survie, ils ne s'épargnent rien.

    Abzalon est aussi, et surtout, un détenu de la forteresse de Doeq. La planète étant surpeuplée, l'administrateur de la prison reçoit l'ordre de faire diminuer la population carcérale ; il organise alors l'auto-destruction de son contingent de prisonniers, en les privant d'espace et de nourriture. Bientôt il ne reste de place que pour les plus sauvages, les plus impitoyables d'entre eux. Abzalon survit, bien sûr : c'est un monstre, tant physiquement que psychologiquement. Mais cette élimination massive tend vers un but précis, un but qui emmènera Abzalon plus loin qu'il n'aurait pu l'imaginer.

    Pierre Bordage, qui a écrit entre autres Les guerriers du silence (voir la critique ici), démontre son talent, une fois de plus. Abzalon est un roman qui semble suivre une ligne droite mais qui se courbe, surprend et sinue tous les deux ou trois chapitres. Alors que l'on pense l'intrigue pliée, que l'ennui pointe le bout de son nez, l'histoire repart dans un sens inattendu, sans tambours ni trompettes.

    J'ai aimé cette façon de surprendre sans brusquer. Abzalon se termine sur une note d'espérance qui clôt bellement le récit.

     

    Chez l'Atalante, 1998.

  • Warchild

    Warchild.jpgKarin Lowachee livre là son tout premier roman. Traduit et édité par Le Belial' (plein de coquilles d'ailleurs, une honte !!), son roman reprend les codes du genre space opera pour nous livrer une très belle histoire de l'enfance.

    Joslyn, 8 ans, sur le vaisseau marchand Mukudori, entend depuis sa cachette les pirates prendre d'assaut le bâtiment. Ses parents morts, il est enlevé par le commandant pirate Falcone. Commence alors pour lui un an "d'éducation", le préparant à devenir le mignon de riches clients. Terrorisé par Falcone, aux intentions opaques et perverses, Joslyn apprend à ne pas le provoquer et à ne rien laisser paraître de ses émotions. Alors que Falcone visite une station orbitale à la recherche de clients pour Jos, celle-ci est attaquée. Jos parvient à échapper aux griffes du pirate, mais il est enlevé par les assaillants de la station... Des aliens, ennemis de l'humanité depuis plusieurs décennies.

    Déraciné, formé à la plus cruelle des écoles, celle qui brise la volonté d'un homme - et a fortiori celle d'un enfant - Jos doit faire face une fois de plus à l'inconnu, s'y adapter pour ne pas mourir.

    En résulte un récit touchant sur la perte de l'innocence, le deuil et l'identité. La justesse des personnages est saisissante, sans complaisance pour aucun d'eux. Un récit désenchanté, mais dans lequel le combat pour la vie reste pourtant le plus puissant levier.

    Un bon roman, que j'ai eu du mal à lâcher.

     

    Le Belial', 2009

     

  • La lune des mutins

    lune des mutins.jpg

    David Weber, outre sa saga sur Honor Harrington, a livré de nombreux romans, pour la plupart des space opera.

    La lune des mutins raconte l'histoire de Colin Mac-Intyre, capitaine à la NASA. En mission d'entraînement autour de la lune, il est attiré par une force inconnue à l'intérieur de l'astre. Il y rencontre Dahak, intelligence artificelle commandant un vaisseau spatial très particulier ; commence alors une aventure surprenante, qui remet en cause tout ce que Colin sait - ou croit savoir - sur l'histoire de l'humanité.

    Weber raconte bien, c'est là son moindre défaut. On peut lui reprocher ici de ne guère soigner la psychologie de ses personnages, mais l'idée de départ est bonne et plutôt bien exploitée.

    Bref, un roman de détente, agréable et divertissant.

     

    L' Atalante, 2004

  • Star Trek

    Une fois n'est pas coutume, voici un billet cinématographique.

    Star Trek, de J.J. Abrams  : une énième incursion du cinéma dans un univers télévisuel rebattu ? Oui, certes.

    Un blockbuster mécanique et sans âme ? Absolument pas !

    Ce film léger, étourdissant et lumineux (au sens propre : L'Enterprise nous éblouit) est un véritable festival : du rythme (la série originelle et les films précédents en manquaient cruellement), du punch, de l'énergie, le tout portant la patte du réalisateur (voir Mission Impossible III). L'affiche est d'ailleurs bien sombre en regard des ambiances saturées du film.

    L'histoire prend la forme d'un préquel, racontant l'enfance et le début de carrière des personnages principaux (Kirk et Spok). En raison d'un décalage temporel, un affreux revient du futur pour se venger de l'alliance interplanétaire en général et des vulcains en particulier, à cause d'une erreur survenue 130 ans...  plus tard. L'insubordination de James Kirk rend considérablement plus difficile la tâche de Starfleet face au méchant (Néro). Et pour couronner le tout, Spok ne supporte pas Kirk, qui le lui rend bien. Star trek.jpg

    Chris Pine a le rôle de James Kirk (parfait) et Zachary Quinto celui de Spok - une réussite, il fait plus vrai que nature. Mention spéciale à Karl Urban dans le rôle du toubib, même s'il n'a qu'un rôle de faire-valoir : c'est un acteur néozélandais comme on en voit trop rarement au cinéma. Le personnage de Pavel Checkov est hilarant, celui de Nero (Eric Bana) sombre à souhait. Tous les personnages ont un petit plus d'âme et de vie, ce qui manquaient cruellement aux séries télévisées et dans les précédents films. Ils nous touchent, tout simplement.

    Les gros plans sur les visages et les travellings sont pris sous des angles originaux et "vivants". Lors des scènes de combats, on a vraiment l'impression d'être dans l'espace, avec un jeu sur les dimensions (le haut et le bas se mélangent, ce qui est finalement plus crédible dans un environnement sans gravité). Spok, qui vole la vedette à Kirk dans ce film, est particulièrement bien filmé lorsque sa froide logique entre en conflit avec ses émotions, surtout dans les scènes avec Uhura. On se croirait dans sa peau.

    Bref, un vrai spectacle, réjouissant et enthousiasmant, même s'il revient à un certain manichéisme après les années sombres et plus nuancées des Dark Knight et consort ; après Bush, Obama, disent avec raison les Inrockuptibles. Mais qui s'en plaindra...