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space opera - Page 3

  • La cité de perle, de Karen Traviss (Les guerres Wess'har, tome 1)

    La cité de perle est le premier roman traduit en français de l'auteur anglaise Karen Traviss, connue par ailleurs pour ses nombreux ouvrages de l'univers de Star Wars. Ce n'est donc sans doute pas un hasard que ce billet ouvre - chez moi du moins - le cycle des chroniques consacrées au Challenge Summer StarWars épisode VI de Mr Lhisbei et Lhisbei herself.

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    Karen Traviss, dans ce roman, développe la thématique écologique en prenant pour base une planète, Cavanagh, dont l'écosystème est férocement protégée par un guerrier hors norme, Aras. Les habitants naturels de la planète sont des formes de vie aquatiques, les Berezi. Quelques humains, arrivés il y a plusieurs générations, se sont installés sur la planète Cavanagh selon les conditions drastiques posées par Aras. La communauté est isolée du reste de la planète, confinée dans un espace terraformé pour elle, afin de lui permettre de cultiver les plantes nécessaires à sa survie. Un champ de force sépare leur territoire du reste de la planète, afin d'éviter toute contamination exogène.

    Les colons humains sont parfaitement satisfaits de leurs condition de vie, en accord avec leurs profondes convictions écologiques, politiques et religieuses. Ils ont dans ce sens envoyé un message au reste de l'humanité, signifiant qu'ils pouvaient les oublier et que tout allait bien, merci pour eux.

    Bien entendu, ils obtiennent le résultat inverse : une mission composée de scientifiques et de marines est envoyée vers eux, un voyage de 75 ans. La mission est dirigée par Shan Frankland, une officier de la police environnementale, et Lindsay, une militaire. Cette mission représente un enjeu énorme pour tous ses membres, puisqu'à leur retour chez eux, si retour il y a, tous leurs proches auront disparu.

    Arrivées sur place, les dirigeantes découvrent rapidement les règles du jeu et les conditions sans appel posées par Aras, payant brutalement le prix du sang pour la désobéissance d'un des membres de l'équipe. Aras appartient au peuple Wess'har, qui habite sur la planète voisine du système. Ce peuple, écologiste convaincu, n'hésite pas à exterminer les colonies polluantes mettant en danger les espèces locales. Aras est un de leurs champions en la matière...

    Une étrange entente s'installe entre Shan Frankland et Aras, les deux solitaires, alors que le Capitaine Lindsay, aux prises à avec des problèmes personnels déstabilisants, se replie sur elle-même. Vient un moment où les explorateurs doivent choisir leur camp ; celui des colons et d'Aras, ou celui du reste de l'humanité, qui vient frapper aux portes de ce lointain système...

    Dépaysement. Voici le maître mot de ce roman. On n'est jamais chez soi. Et c'est bien ! J'ai apprécié ce roman parce qu'il m'emmène ailleurs, en compagnie de gens différents - on découvre progressivement à quel point l'est Aras, tellement différent même qu'il ne ressemble en rien à ce qu'il était initialement.

    Je n'irai pas chercher dans ce roman de profondeur philosophique, à part l'évidente importance du thème écologique ; on y voit les bienfaits, les dérives et tous les dommages collatéraux provoqués par la défense de l'écologie poussée au bout de son raisonnement. Le questionnement est intéressant, et il est dans l'air du temps.

    L'écriture de Karen Treviss a l'avantage de la simplicité : avec un contexte aussi exotique, c'est en effet un atout pour emmener rapidement le lecteur dans son univers. Elle a bien travaillé certains de ses personnages, particulièrement Shan Frankland et Aras, dont les motivations profondes sont singulières et attachantes, mais les autres protagonistes sont plus caricaturaux.

    Je n'ai pas développé une passion ardente pour ce roman, pourtant intelligent. Peut-être est-il tout simplement honnête, manquant un peu de l'ambition d'oeuvres comme celles de Vernor Vinge (Un feu sur l'abîme, Au tréfonds du ciel), qui restent pour l'instant mes références en space et planet opera (hors Honor Harrington, bien entendu).

    Il reste que ce fut une expérience plaisante, et que je lirai avec curiosité d'autres titres de cette auteur.

    Bragelonne, 2006.

    Genre : planet opera, space opera, science-fiction

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  • Au tréfonds du ciel, de Vernor Vinge

    vernor vinge,qeng ho,space operaRésumé emprunté à l'éditeur (il faut dire qu'il est très bien fichu) : Au sein de la société galactique, les civilisations humaines naissent, prospèrent et meurent, s'autodétruisant par voie de guerres, d'épuisement écologique ou d'excès de réglementation. Le seul repère, au fil des millénaires, est le Qeng Ho, une corporation de marchands en information qui parcourent l'espace et vendent aux civilisations renaissantes des informations indispensables. En échange, les courtiers du Qeng Ho reçoivent l'appui technique dont leurs vaisseaux ont besoin.

    Au début du roman, une flotte Qeng Ho fait route vers une des étoiles les plus mystérieuses de la galaxie, baptisée Marche-arrêt parce que, suivant un cycle régulier, elle s'éteint pour deux cent quinze ans et se rallume pour trente-cinq ans. Autour de cette étoile, une seule planète, Arachna, sur laquelle une espèce arachnoïde intelligente a réussi à s'adapter à un interminable hiver. Les Qeng Ho espèrent commercer avec eux lorsque, profitant du prochain éveil de l'étoile, ils auront développé leur technologie.

    À l'approche de Marche-Arrêt, la flotte Qeng Ho est devancée par celle d'une civilisation Émergente. Les Émergents proposent d'abord aux Qeng Ho un partage équitable des efforts et des résultats. Mais après un assaut meurtrier, ils prennent le contrôle de la flotte Qeng Ho. La société Émergente est fondée sur l'esclavage. Pathologiquement obsédés par le pouvoir, les Emergents disposent d'une technologie, dérivée d'une maladie neurologique, qui leur permet de transformer leurs victimes en esclaves psychiques. Leur but ultime est de forcer la civilisation arachnéenne à travailler pour eux.

    Sur Arachna, une guerre fait rage. Sherkaner, un génie arachnéen, imagine et participe à une opération qui devrait mettre un terme au conflit lors de l'extinction de l'étoile Marche-Arrêt. Mais la trêve ne sera que provisoire et les deux puissances qui se disputent Arachna, la monarchie libérale d'Accord, avec Sherkaner, et la théocratie réactionnaire de Kindred, s'affronteront dès le réveil de l'étoile.

    On a ainsi deux théâtres de conflit : sur Arachna, l'opposition entre le camp bienveillant de Sherkaner et celui, opposé au progrès, de Kindred ; et dans l'espace, la résistance secrète des Qeng Ho à la dictature des Émergents...


    vernor vinge,qeng ho,space opera

    Mon avis : pour qui a lu Un feu sur l'abîme, du même auteur, quelques éléments de ce roman seront familiers, tels que le Qeng Ho et le personnage de Pham Nuwen. Pour les autres, point n'est besoin de le connaître, car Au tréfonds du ciel se suffit à lui-même. Ce qui est appréciable.

    Le principal écueil de ce deuxième roman de Vernor Vinge est qu'il souffre d'hypergraphie. La guerre entre les deux civilisations araignées et celle, plus couvée, entre les Emergents et le Qeng Ho, reste en statut quo pendant de longues, voire très longues périodes (deux cents ans pour les araignées !). L'histoire et les personnages se retrouvent donc englués durant des centaines de pages dans une absence remarquable d'évènement. Bref, c'est long (hi ! hi !).

    Ce temps superfétatoire est mis à profit par l'auteur pour développer la psychologie des personnages, humains comme araignées, et pour nous faire connaître en profondeur les sociétés tout droit sorties de son imagination. Une imagination débordante, mais étonnamment crédible. La civilisation arachnéenne est bien pensée, jusque dans les moindres détails physiques, langagiers et psychologiques. Une société qui dispose de seulement trente cinq années pour renaître et progresser, et qui doit s'arrêter en plein élan pour plus de deux cents ans, est forcément porteuse de particularités difficilement concevables. Mais Vernor Vinge n'a visiblement aucun problème à concevoir ces particularités. On retrouve ici le don de l'invention qui a fait les beaux jours d'Un feu sur l'abîme et attiré les pluies de récompenses sur ses oeuvres.

    Idem pour la société Emergente, qui, grâce à son "sida mental", prend le contrôle d'une flotte Qeng Ho pourtant plus évoluée sans coup férir. L'idée est farfelue et ébouriffante. Cet esclavage psychique est un coup de génie de l'auteur, qui introduit ainsi une véritable égalité entre la civilisation plusieurs fois millénaire du Qeng Ho et celle des Emergents, qu'on pourrait, du point de vue Qeng Ho, taxer sans hésitation de bouseux...

    Si je devais comparer Au tréfonds du ciel à Un feu sur l'abîme, je dirais que le premier est moins bien construit que le deuxième, beaucoup moins rythmé. Les phases de veille, voire d'attentisme, pour les espèces arachnoïdes comme humaines sont vraiment trop longues. On s'y ennuie. En revanche, les idées de génie de Vernor Vinge que j'avais tant appréciées dans Un feu sur l'abîme (voir le détail dans mon billet) se renouvellent dans Au tréfonds du ciel. Elles sont moins flagrantes, mais bien présentes, et pour cela j'ai énormément apprécié cette lecture.

    Un roman que je recommande donc, pourvu qu'on ait un peu de patience.


    Editeur : Robert Laffont, Collection Ailleurs & Demain

    Lu aussi par : Gromovar

  • La disparue de l'enfer et Les cendres de la victoire (Honor Harrington, tomes 8 et 9) de David Weber

    La série Honor Harrington est inconnue du grand public et très connue des amateurs de space opera. Dans un cas comme dans l'autre, c'est normal : les amateurs s'y retrouvent, car toutes les règles du genre y sont respectées, utilisées et remaniées avec une belle dose de virtuosité. Les autres ignorent jusqu'à son existence, parce que le space opera n'est pas en odeur de sainteté dans les milieux littéraires.


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    Je viens de lire en peu de temps La disparue de l'enfer et Les cendres de la victoire, soit les tomes 8 et 9 de la série. Autant vous dire que j'étais motivée, car David Weber est coutumier des pavés emplis de descriptions techniques et d'analyses géopolitiques. Mais lorsqu'il s'agit de la femme au chat, je suis toujours motivée.
    Une contrariété fugace mais réelle a quelque peu gâché cette lecture : en effet, j'ai dû lire le tome 9 à la suite immédiate du tome 8. C'est fort dommage... et inhabituel dans cette série, qui s'honore (hi ! hi !) d'une relative indépendance d'un tome à l'autre. Bien qu'il soit énergiquement recommandé de les lire dans l'ordre, on peut habituellement attendre sans impatience le tome suivant.
    Bref, là, ce n'est pas le cas, et c'est pourquoi mon post concerne les deux tomes à la fois. Mais je ne spoilerai pas, rassurez-vous ; je ne suis pas Odieux Connard.

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    Pour comprendre le début, il faut savoir que Honor a été capturée par l'ennemi dans le tome précédent, intitulé fort à propos Aux mains de l'ennemi. La disparue de l'enfer s'ouvre sur un prologue d'une grande intensité dramatique, où les proches d'Honor découvrent son exécution en direct à la télévision - enfin, en direct ne signifie pas en simultané : nous parlons d'un univers s'étendant sur plusieurs millions d'années-lumière, et la transmission des informations y est tout de même assez lente. Bref, Honor meurt pendue sous les yeux effarés de ses parents, son majordome, sa femme de chambre, sa reine et son amiral (en gros). Une très belle scène.
    Sauf que tout le monde se doute, à l'exception notable des personnages suscités, que cette exécution a quelque chose de louche (et c'est un euphémisme), vu que sinon, il n'y aurait pas autant de pages après...

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    Une très longue introduction politique plus tard, nous finissons donc par découvrir - ô surprise ! - Honor (amputée du bras gauche et à moitié aveugle), Nimitz (son chat à 6 pattes empathe et boiteux) et leurs petits camarades en train de s'amuser en Enfer. Oui, oui, en Enfer : la planète-prison officiellement baptisée Hadès, qui appartient au Service de Sécurité de la République Populaire du Havre, soit l'ennemi mortel du Royaume de Manticore au service duquel Honor travaille depuis sa prime jeunesse (une bonne trentaine d'années, quand même). Si vous avez lu le tome précédent, vous savez pourquoi et comment ils se sont retrouvé dans cette situation.  Si non, allez vite lire le tome précédent. Et au trot !
    A partir de là, nous suivons donc simultanément les efforts d'Honor et de ses subordonnés pour sortir de l'Enfer - non seulement à peu près indemnes, mais si possible avec les honneurs -, ceux du Royaume stellaire pour maintenir ses positions en dépit des pressions anti-militaristes internes et enfin, ceux de la République du Havre pour tenter de mettre fin rapidement, et victorieusement de préférence, à cette guerre. Ces opérations sont politiquement et militairement extrêmement complexes, et l'auteur nous le fait savoir. Ca prend du temps, de faire tout ça, et on a tous les détails.

    Dans les quelques mille cinq cents pages que constituent ces deux tomes (soit 4 volumes), ces trois projets sont  donc menés à leur terme avec plus ou moins de bonheur. Non, je ne dirai pas pour qui ça finit mal. Disons qu'il y en a un ou deux qui se font empapaouter.

     

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    Ce qui est intéressant dans l'univers de Weber, c'est que autant les personnages militaires sont plutôt manichéens (le Bien, le Mal, l'Honneur, les Militaires Sont Bons et les Civils Sont Nuls), autant la sphère politique est décrite avec un réalisme tendant au cynisme. Le contraste est assez rafraichissant.
    Honor Harrington, assise entre les deux chaises, apprend et mûrit au contact des nécessités politiques plus encore qu'en situation de combat. Elle gagne en influence ce qu'elle perd en candeur, et même si sa fraîcheur faisait tout son charme dans les premiers tomes, on accepte sa défloration politique sans trop de tristesse.

    Il faut dire qu'elle reste une héroïne de guerre définitivement admirable... Et modeste, avec ça. Si. Et j'y crois dur comme fer. Non mais.

    Bref, ces deux tomes d'Honor Harrington m'ont prodigué un grand plaisir de lecture, et exposent comme toujours un univers qui m'impressionne par sa cohérence absolue. Chapeau bas à Monsieur Weber, qui doit passer ses jours et ses nuits à l'élaborer.

     

    Genre : space opera, militaire

    La disparue de l'enfer (en deux volumes), L'Atalante, 2005

    Les cendres de la victoire (en deux volumes) , L'Atalante, 2007

     

  • La nef des fous, de Richard Paul Russo

    russo nef des fous.jpgBartolomeo Aguilera est le conseiller du capitaine du vaisseau l'Argonos. C'est un homme à l'intelligence acérée et souvent cynique, car il est orphelin, abandonné à la naissance à cause d'un corps difforme qu'il doit enfermer dans un exosquelette pour pouvoir évoluer parmi les autres. Les autres, ce sont les habitants du vaisseau, qui y vivent depuis des générations. L'Argonos est un monde en soi, fermé sur lui-même, qui navigue sans but précis depuis des milliers d'années.

    Sur une planète baptisée Antioche, les argonautes découvrent un charnier terrifiant, sans l'ombre d'un indice pour l'expliquer. Plus tard, ils tombent sur un vaisseau spatial gigantesque de facture vraisemblablement alien, visiblement abandonné. Ils décident d'explorer le mastodonte.

    Bartoloméo, en narrateur, nous fait découvrir les arcanes compliquées de son monde, divisé entre les hautes castes dirigeantes et les soutiers, ouvriers chargés de la maintenance du vaisseau. Nous découvrons les tensions sociales, religieuses et politiques qui l'habitent. Et surtout, nous tentons de décrypter avec lui les mystères d'Antioche et du vaisseau alien.

    La nef des fous est un roman agaçant ; d'où vient l'Argonos, où va-t-il, comment cela va-t-il finir ? Nous n'en avons jamais la réponse. C'est aussi ce qui fait son charme ; rester sur sa faim laisse place à l'imagination...

    La nef des fous est un bon roman, original et parfois destabilisant.

     

    Le Belial', 2006

    Genre : science-fiction, space opera


  • Cap sur l'Armageddon (Sanctuaire, tome 1) de David Weber

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    Lors d'une crise récente de webermania, j'ai acheté le dernier roman de David Weber, appartenant à la série Sanctuaire. J'adore la couverture... =>

    A une époque où l'homme a conquis l'espace, des ennemis apparaissent, attirés par les traces de technologie spatiale, et annihilent la civilisation humaine en un peu moins d'une centaine d'années. Pour sauver quelques milliers de survivants humains, une opération semblable à l'arche de Noé est menée sur une planète éloignée appelée Sanctuaire. Les humains sont manipulés pour oublier toute technologie avancée et le modèle social implanté décourage les avancées techniques, afin de ne pas attirer les prédateurs. Mais ce modèle est dévoyé par des personnages avides de pouvoir, qui créent une théocratie tyrannique en se faisant passer pour des anges.

    Un groupe de résistants parvient à conserver dans un corps de synthèse la personnalité d'une ancienne officier de l'aérospatiale, Nimue Alban. Huit cents ans après l'installation des humains sur Sanctuaire, Nimue Alban se réveille et reprend le combat des résistants pour mener la population vers un niveau technologique qui lui permettra un jour de s'attaquer aux prédateurs. La société qu'elle prend en main est proche de l'Angleterre du XVIIe siècle, avec une économie basée sur le commerce maritime. A elle d'introduire aussi discrètement que possible les avancées techniques qui aideront l'humanité à sortir de sa léthargie forcée...

    Ce roman original mélange le space opera et l'aventure maritime. Comme à son habitude, David Weber ne nous épargne aucune description stratégique et technique, parfois au détriment du rythme narratif. Mais, comme à mon habitude, j'adhère de bon coeur au concept, prenant mon mal en patience et profitant de l'occasion pour élargir ma culture générale à l'histoire des sciences navales. Nimue Alban est attachante et plutôt drôle dans son rôle d'éminence grise. On a vraiment envie de connaître la suite...

     

    Bragelonne, 2010.

    Genre : space opera, science-fiction, aventures maritimes

  • Les abîmes d'Autremer

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    Je viens de faire une découverte. Avant-hier, j'avais pris deux livres à la bibliothèque, des romans pour ados. J'ai lu le premier en une heure et quart. Bof, bof, bof. Un bouquin bâclé, mal écrit, avec une bonne idée mais un style médiocre et une finesse de mammouth.

    Sur cette déception, je commençai le deuxième roman. Pour le même nombre de pages... Il m'a fallu presque trois heures ! Parce que l'écriture était belle, parce que l'histoire me berçait, et que je le savourais à chaque seconde.

    Il s'agit du roman Les Abîmes d'Autremer, de Danielle Martinigol. C'est l'histoire de Sandiane, une jeune fille de 16 ans qui suit son père dans ses reportages. Elle apprend avec lui le métier de journaliste, bien que celui-ci ait des méthodes discutables pour dénicher les scoops. Père et fille ont l'occasion de faire un reportage sur une planète, Autremer, dont les habitants sont extrêmement discrets sur leur mode de vie. Les journalistes tentent sans relâche - ni scrupules - de découvrir leurs secrets. Sandiane cherche en particulier à comprendre comment fonctionnent les étranges vaisseaux spatiaux des autremériens, les Abîmes.

    Les Abîmes d'Autremer est un beau récit écologique, qui propose en outre une réflexion intelligente  sur la place et le rôle des médias dans une société saturée d'information.

    Voir aussi l'avis d'Anudar

    Mango jeunesse, 2001.

    Genre : écologique, science-fiction, space opera, initiatique

  • Abzalon

    abzalon.jpgAbzalon est un roman de science fiction, un vrai. Allergiques, passez votre chemin. Curieux, ou adeptes, restez et lisez la suite.

    Abzalon est l'histoire d'une planète qui meure. C'est l'histoire de ses habitants, qui cherchent un moyen d'échapper à la mort. Et ce que font les hommes pour contrer leur destin n'est pas vraiment admirable. Guerres, trahison de pactes millénaires, annihilation de civilisations... Au nom de leur propre survie, ils ne s'épargnent rien.

    Abzalon est aussi, et surtout, un détenu de la forteresse de Doeq. La planète étant surpeuplée, l'administrateur de la prison reçoit l'ordre de faire diminuer la population carcérale ; il organise alors l'auto-destruction de son contingent de prisonniers, en les privant d'espace et de nourriture. Bientôt il ne reste de place que pour les plus sauvages, les plus impitoyables d'entre eux. Abzalon survit, bien sûr : c'est un monstre, tant physiquement que psychologiquement. Mais cette élimination massive tend vers un but précis, un but qui emmènera Abzalon plus loin qu'il n'aurait pu l'imaginer.

    Pierre Bordage, qui a écrit entre autres Les guerriers du silence (voir la critique ici), démontre son talent, une fois de plus. Abzalon est un roman qui semble suivre une ligne droite mais qui se courbe, surprend et sinue tous les deux ou trois chapitres. Alors que l'on pense l'intrigue pliée, que l'ennui pointe le bout de son nez, l'histoire repart dans un sens inattendu, sans tambours ni trompettes.

    J'ai aimé cette façon de surprendre sans brusquer. Abzalon se termine sur une note d'espérance qui clôt bellement le récit.

     

    Chez l'Atalante, 1998.