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Imaginaire - Page 9

  • Cagebird, de Karin Lowachee

    Cagebird.jpgCagebird est le troisième tome de l’œuvre de Karin Lowachee dans l’univers du ConcentraTerre. Après Warchild , que j’ai beaucoup apprécié, et Burndive qui m’a agacé, le roman continue à raconter les enfants dans la guerre. Les trois tomes sont indépendants, bien que les récits forment une mosaïque.

    Cet opus de la trilogie est cette fois centré sur Yuri Terisov, principal lieutenant du capitaine Falcone, le pirate responsable de tous les maux de Jos Musey dans Warchild et à l'origine de la tentative d'assassinat sur Ryan Azarcon dans Burndive. Ce troisième roman s’annonce donc comme une incursion dans le tiers-monde de l'univers de Karin Lowachee, tiers-monde au sens littéral : le réseau pirate forme un tiers de poids dans le conflit qui oppose les humains du ConcentraTerre aux aliens Striviic-Na.

    Le récit commence au moment où Yuri est en prison sur Terre, suite à son arrestation par le commandant Azarcon à la fin de Burndive.  Un service de police spéciale tente de négocier avec lui afin d’infiltrer l’ensemble du réseau pirate monté par le capitaine Falcone. Piégé comme un débutant (qu’il n’est pourtant pas) à cause des sentiments qu’il éprouve pour son camarade de cellule, Yuri est contraint d’accepter, en apparence au moins, le marché qu’on lui impose. Il est alors exfiltré et repart dans l’espace retrouver ses anciens camarades, sous la surveillance constante de ses commanditaires.

    La reconquête du réseau pirate amène Yuri à des réminiscences sur son enfance. Le lecteur apprend donc que la guerre du ConcentraTerre contre les « Strits » a détruit son foyer et déporté sa famille dans des camps de réfugiés. Celle-ci est coupée en deux pendant la déportation : Yuri est séparé de sa mère et de son frère, et reste avec son père et sa sœur.  Désœuvré et sans perspective dans un camp isolé sur une planète cul-de-sac, Yuri tombe sur un capitaine de vaisseau marchand qui propose un contrat à son père pour le former et le faire travailler. Le père accepte, Yuri est plutôt partant... Le contrat est signé. Il s’avère bientôt que le marchand est un pirate, il s’agit du capitaine Falcone lui-même, à la recherche de la perle rare qui pourra le remplacer le moment venu. Yuri, avec son intelligence vive et son physique avantageux, lui semble prometteur.

    Échaudé par ses précédents échecs, Falcone emploie avec Yuri la persuasion, le mensonge par ellipse, l’isolement vis-à-vis de sa famille et la douceur. A 8 ans, Yuri a l’esprit malléable, et ce lavage de cerveau est redoutablement efficace. Pendant 5 ans, il est formé au commandement, à la navigation spatiale et au combat ; il est protégé par le capitaine et aidé au quotidien par un de ses assistants, Estienne, un jeune homme doux et aimant qui entoure Yuri de son affection.

    A 13 ans, bien traité, respecté et conscient de son futur rôle de chef, Yuri accepte quasiment sans broncher de passer à l’étape suivante de sa formation, qui consiste à le transformer en Geisha, en prostitué de luxe. Il apprend tous les arts de la séduction, de la musique à la conversation, en passant bien évidemment par une « formation sexuelle » très poussée. N’ayant d’autre point de repère, Yuri se plie à l’exercice. Son lien avec Estienne évolue en une relation qui mêle amour véritable et formation à la sexualité professionnelle.

    Il ne commence réellement à souffrir que plus tard : quand Yuri tue son premier « client », un sadique qui l’a violenté brutalement,  le capitaine le punit en l’obligeant à assassiner un de ses camarades. Mais il est alors bien trop tard : Yuri a été si bien manipulé et formaté qu’il ne peut qu'obéir et ne sait que faire de sa douleur. Il commence alors à s’automutiler…

     

    Je ne vous raconte pas comment Yuri mène sa reconquête du réseau pirate, ce serait vous spolier d’un beau récit de suspense, de manipulation politique et psychologique, et surtout, de space opera ! Or, nous sommes en été, c’est la saison du Summer StarWars de Lhisbei, celle où tous nos rêves d’évasion stellaire, d’exploration de l’univers et de rencontres avec d’autres espèces intelligentes atteignent leurs sommets.

    Mais vous l’avez compris : l’essentiel du roman se trouve dans le récit de cette enfance dévoyée. Tout comme dans Warchild, c’est cet aspect du roman qui m’a le plus touché. Mais dans Warchild, la pédophilie et la prostitution n'étaient qu'évoqués, à mots couvert. Dans Cagebird, Karin Lowachee ouvre les vannes de la transparence. On apprend tout de la manipulation et de la « formation » dont est victime Yuri Terisov. Car en effet, de bourreau coupable de tous les crimes dans les deux précédents romans, Yuri devient ici la victime de Falcone, tout comme le furent Jos et Ryan.

    Il y a une douceur constante et lénifiante du ton, une narration lisse, presque enfantine, en totale contradiction avec le propos sordide.  Peu à peu, le lecteur effaré prend conscience qu’il est facile, beaucoup trop facile, de faire passer pour normal un quotidien de perversion, de manipulation et de violence, pourvu que l’on s’y prenne… « bien ». Le récit exerce une fascination dérangeante,  provoque une addiction douteuse à sa lecture. Il finit par donner une sacrée leçon sur la nature humaine.

    Je n’aime guère les récits très noirs, et celui-ci l’est profondément. Il est sans conteste le plus noir des trois romans. Pourtant, je l’ai aimé, beaucoup aimé, sans doute parce que l’espoir d’une rédemption n'en disparaît jamais complètement.

    J'ai appris après avoir fini le livre, en lisant une interview de l'éditeur, que ces romans avaient été proposés en littérature jeunesse dans d'autres pays, en raison de l'âge des personnages principaux. Que ce soit bien clair pour tout le monde : ce ne sont pas des romans pour les enfants !

    Une lecture que je recommande donc chaudement, et qui n’exige pas de lire les autres tomes de la trilogie.

    Summer StarWars Episode 1.jpg

    Lu également par : Efelle, Blog-O-Livre, Sylvain Bonnet

    Le Bélial, 2012

  • Nouvelles du pays des camés [1]

    Certains se droguent à la coke, à l'héro. D'autres, plus soft, à la marijuana. Les filles, (trop) souvent, au chocolat. Je fais d'ailleurs partie de cette dernière catégorie.

    Mais il existe, depuis plusieurs années maintenant, une nouvelle catégorie de psychotropes, gratuits (c'est bien là le problème) : les séries télé. Si je dis plusieurs années, je parle des 10 à 15 dernières, c'est à dire depuis que les meilleurs producteurs, réalisateurs et scénaristes de cinéma ont investi le monde du petit écran pour y injecter leur talent.

    Depuis environ 5 ans, je me suis prise au jeu des séries. Cela a commencé avec Stargate SG1, qui eut la primeur de mon visionnage exhaustif : je me suis tapé les 8 premières saisons sans souffler, fan que j'étais alors de Richard Dean Anderson, inoubliable Angus McGyver et inénarrable Colonel Jack O'Neill (avec deux "l". Dans le film, c'était un seul "l").

    top-tv-shows-power-image-jan091.jpg

    Depuis, je n'ai jamais arrêté. Suivant les périodes de l'année, ma consommation peut aller du raisonnable (un épisode par jour) à absolument indécent (quatre épisodes par jour). Par « absolument indécent », j'entends pour une adulte ayant conjoint, progéniture et métier à temps plein nécessitant une dose quotidienne non négligeable de travail à la maison - ce travail n'étant évidemment pas le visionnage des séries télé, mais bien la lecture. Bien évidemment, la majorité des séries que je regarde sont de la science-fiction, de la fantasy ou du fantastique.

    En janvier dernier, je faisais en passant un petit récapitulatif des séries en cours de visionnage. J'ai aujourd'hui décidé de créer une nouvelle catégorie (série télé) et de l'alimenter via des bilans à fréquence variable intitulés « Nouvelles du pays des camés ». Pourquoi cette nouvelle catégorie ? Parce que ce blog est pour moi un outil de partage du plaisir culturel (pour les autres plaisirs, il existe des blogs pour adultes : culinaires, scientifiques, sexuels, j'en passe et des moins pires), et que les séries télé entrent de plein droit dans cette catégorie.

    Cette (trop) longue introduction terminée, je vous embarque donc dans mon univers télévisuel. Voici donc une petite liste commentée des séries en cours de visionnage :

    True-Blood-Poster-Do-Bad-Thing.jpg

    True Blood : c'est l'été, la saison des tarés de Louisiane sur HBO. Je n'avais pas fini de regarder la saison 5, qui date de l'été 2012 (diffusion américaine). J'ai donc rattrapé mon retard ces dernières semaines, et commencé la saison 6. Je suis désormais le rythme de la diffusion américaine. Ne me demandez pas comment, vous ne voudrez pas le savoir.

    Je retrouve avec un plaisir renouvelé pour cette 6e saison Sookie, Jason, Eric et Bill, respectivement *ATTENTION SPOILER* demi-fée, bête sexuelle décérébrée, vampire millénaire et super vampire. Bien sûr il ne faut pas oublier le métamorphe Sam, le loup-garou Alcide (personne ne s'appelle Alcide !!) et tous les autres péquenots de Bon Temps. Cette 6e saison est plus réussie que la 5e, Sookie continue à éveiller l'intérêt du spectateur qui pourrait pourtant être blasé, et tous ses potes forment un choeur de seconds rôles extrêmement bien travaillés, que l'on suit avec un plaisir coupable.

    Coupable, parce que outre la thématique sexuelle omniprésente, ce qui attire le plus dans cette série, c'est le ridicule assumé, totalement premier degré, de bien des personnages. Tout le monde rit de Jason, naturellement, mais peu de séries parviennent à transformer, même l'espace de quelques secondes, un personnage tel qu'Alcide Herveaux en clown, pour ensuite le remettre dans ses baskets de loup dominant, sérieux et plutôt dangereux. Une mention spéciale à Nelsan Ellis, extraordinaire interprète de Lafayette Reynolds, la grande folle médium qui attire les morts comme d'autres les moustiques. C'est foutraque, et c'est bon.

     

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    Teen Wolf : On pourrait penser que je régresse. Mes années adolescentes sont loin derrière moi (et en plus, à cette époque, je ne regardais pas les séries télé : je lisais). Mais en fait, non. Dans Teen Wolf, il y a des ados au lycée, des hormones qui les travaillent, des histoires de réputation et de popularité (jamais compris ce concept), certes. Donc, des choses absolument dénuées d'intérêt pour un adulte.

    Mais il y a aussi Tyler Hoechlin. Et il pourrait presque être à lui tout seul une raison suffisante de regarder la série.  Du moins pour toute femme hétéro ou tout homme homo normalement constitué. Voyez plutôt :

    Tyler_hoechlin.jpg

    Une fois passé Tyler Hoechlin, il se trouve que je regarde toujours Teen Wolf, trois saisons plus tard. Tout simplement parce qu'elle n'est pas trop mal fichue, cette série. Le scénario, bien que parfois poussif, a quelques ressources intéressantes, et surtout, quelques uns des seconds rôles sont très réussis. J'ai une affection toute particulière pour Stiles, le meilleur ami du héros. Stiles est le faire-valoir parfait, il est drôle malgré lui, comme il se doit, et il me fait véritablement hurler de rire (il faut voir la tête de M. Blop le matin au petit dej', quand je brise soudain le silence du réveil poussif par un éclat de rire).

    Teen Wolf ne vaut évidemment pas Games of Thrones (dont je parlerai plus tard), mais elle reste parfaitement respectable et un peu moins nunuche qu'une bonne partie des séries pour ado.

     

    A bon entendeur, salut... et rendez-vous aux prochaines nouvelles du pays des camés !

  • Quatre cent milliards d'étoiles, de Paul J. McCauley

    400 milliards d'étoiles.jpgRésumé de l'éditeur : Dorthy Yoshida, jeune astronome japonaise, est envoyée sur une planète récemment découverte pour essayer d'en percer le mystère grâce à ses dons de télépathie. Cette planète, P'thrsn, a été terraformée par une civilisation très avancée qui semble avoir disparu. Elle n'est plus habitée que par les « bergers », créatures primitives couvertes de fourrure et dotées de six membres, qui gardent des troupeaux d'herbivores semblables à des limaces géantes. Pourtant, lors de sa descente vers la planète, Dorthy perçoit une intelligence formidable quelque part au-delà de l'horizon. Les bergers auraient-ils un rapport avec l'Ennemi mystérieux contre lequel les hommes se battent à l'autre bout de la galaxie ?

    De ce court roman, je conserve un sentiment d'inachevé. Bien que la réponse à la question du résumé soit donnée à la toute fin du roman, il reste que les étapes traversées par l'héroïne confinent aux errements divagatoires d'une femme que l'on prend trop souvent pour une déséquilibrée. La recherche de Dorthy Yoshida, empirique et aléatoire, est menée de façon trop crytique pour moi. Elle passe d'une expérience à l'autre sur cette planète étrange, sans que le lecteur n'ait plus de clés qu'elle sur les causes de la situation en cours.

    En ce qui concerne les autres humains présents avec elle, on ne comprend jamais vraiment qui ils sont, ni leurs buts. Les personnages sont plutôt bien fouillés, avec des personnalités complexes et une psychologie développée. Les caractéristiques de l'héroïne sont exemptes de sexisme, ce que j'apprécie. Il n'en reste pas moins que tout cela a l'air d'avoir été travaillé en vain. A la fin, on a l'impression d'avoir pataugé durant quelques heures avec Dorthy pour avoir certes une réponse à la question de l'identité de l'ennemi... Mais toutes les autres restent en suspens.

    Rien à voir avec le qualité du contenu : je trouve la couverture hideuse. Fier étalon de la grande époque J'ai Lu SF...

     

    Cette chronique entre dans le cadre du Summer StarWars Episode 1, de Lhisbei.

    J'ai Lu, 1998

    Genre : science-fiction, space opera, planet opera, suspens

  • Il va falloir que je demande des comptes à M. Blop...

    Car après avoir gagné au Winter Time Travel de Lhisbei un des livres remis en fin de saison - avec à mon actif une seule petite contribution au challenge ! - j'ai également gagné un livre chez ma collègue Lune, dans le cadre du challenge Je Lis des Nouvelles et des Novellas (JLNN pour les initiés).

    Je me retrouve donc avec deux très beaux livres dans ma PAL !

    Les voici, les voilà :

     

                                       

  • La trilogie de l'empire, de Raymond E. Feist et Janny Wurts

    Fille de l'empire.jpgLa trilogie de l'empire est une oeuvre en trois volumes (si, si, je vous jure...) écrite par Raymond E. Feist et Janny Wurts, qui développe une histoire parallèle aux Chroniques du Krondor de Raymond E. Feist. Tous les romans autour du Krondor sont bien connus des amateurs de SFFF, mais je n'en ai pour ma part lu aucun. Je suis donc entrée dans la trilogie de l'empire en parfaite néophyte.

    Les tomes s'intitulent respectivement Fille de l'empire, Pair de l'empire et Maîtresse de l'empire. Etant donné que je n'aime pas spoiler, j'aurai pu éviter de donner les titres, qui sont à mon avis les pires que l'on puisse donner à des histoires dont le lecteur ne veut pas connaître le dénouement. Malgré la fin prévisible, j'ai décidé de tenter le coup et j'ai acheté ces titres en version numérique.

    L'histoire : Mara des Acoma est une jeune fille de 17 ans, héritière d'une noble famille de l'empire Tsurani sur le monde de Kelewan. Alors qu'elle est sur le point de prononcer ses voeux pour intégrer un ordre religieux dédiée à Lashima, déesse de la sagesse, elle est interrompue par le chef militaire de sa famille, qui l'informe de la mort de son père et de son frère à la guerre. Elle hérite brutalement d'une maison décimée, ruinée, et privée de la totalité (ou peu s'en faut) de sa force militaire.  Mara comprend rapidement que le décès de ses proches est dû à la manoeuvre d'un commandant Tsurani, ennemi de sa famille, qui les a placé délibérément au sein d'une opération militaire suicidaire dans la guerre des tsurani contre les Midkemians (une référence à La guerre de la faille, de Raymond E. Feist). Elle ne peut trainer en justice le responsable du massacre, qui a camouflé son meurtre sous une apparence honorable.

    Pour reconstruire sa maisonnée et venger sa famille, Mara doit jouer le Jeu du Conseil - le jeu le moins amusant du monde, dans lequel toutes les familles nobles de l'empire tsurani cherchent à gagner le pouvoir, le conserver et empêcher les autres d'y accéder, tout en maintenant l'apparence de la plus parfaite honorabilité. Dans la civilisation tsurani, l'honneur est au-dessus de toute autre considération, et la mort préférable à la honte et à l'humiliation. Mara, dans une situation désespérée, utilise des moyens discrets, tortueux voire non conventionnels afin de regagner un peu de prestige et de force, quitte à payer de sa personne. La trilogie relate sa montée en puissance dans un univers hostile.

     pair de l'empire.png

    Mon avis : Le point de départ du roman, sans originalité, est compensé par la richesse de l'univers recréé et une narration efficace, et qui peut parfois aussi se révéler réellement poignante.

    L'empire tsurani est décrit comme une société patriarcale et clanique, sur le modèle nippon traditionnel. L'esclavage en est une composante formelle (les esclaves sont les serviteurs de maisons déchues et les prisonniers de guerre), ainsi que le suicide rituel. Les tsurani croient en la métempsycose, d'inspiration hindouiste, avec des réincarnations plus ou moins honorables en fonction des mérites gagnés dans les vies antérieures.

    Les nobles s'y déplacent en palanquin ; ils ne connaissent pas le cheval. Kelewan est un monde quasiment privé de ressources métalliques. Les armes et armures sont de cuir, et l'empire tsurani vit de l'agriculture et du commerce, sans aucune industrie.

    Les tsurani, subtils et épouvantablement polis, sont pour certains des monstres de perversité. Une des réussites indéniables du roman est la qualité du rendu des relations humaines dans ce contexte social, où les non-dits sont plus beaucoup plus significatifs que les paroles. Virtuoses de la communication non verbale, les tsurani (et surtout le narrateur !) embarquent le lecteur dans des scènes épiques de conquête de pouvoir où il ne se passe pourtant rien de plus qu'une discussion guindée dans un salon de réception... Etant donné que la plupart des romans de fantasy s'inspirent plutôt des légendes nordiques ou celtiques, ce cadre oriental est une petite bouffée d'air frais.

    On y trouve de la magie, mais il n'en est que peu question jusqu'au 3e tome, dans lequel celle-ci prend de l'importance pour servir l'intrigue.

    La ligne narrative des romans est un peu inégale. Elle est souvent efficace et pragmatique, mais prend parfois une tournure lyrique étonnante. J'ai été particulièrement émue par deux scènes du 2e tome, Pair de l'empire. La première met en scène le commandant de Mara, Keyoke, pris au piège d'une embuscade particulièrement retorse, au coeur de laquelle il se bat sans espoir de survie, ni de rédemption pour l'honneur de sa maîtresse. Il se bat de toute son âme, tenant par son seul courage, soutenu par toute une vie de discipline. La narration de la scène est réussie, à la fois réaliste et portée par un souffle épique.

    La deuxième scène relate de façon puissante et émouvante, en quelques courtes pages, la façon dont Keyoke, mourant, dans le coma, est d'abord laissé à lui-même pour lui permettre de mourir dans l'honneur, puis sauvé par un prêtre guérisseur qui fait appel aux sentiments de Mara pour son serviteur, en dépit des traditions contraires.

    maitresse de l'empire.pngPar ailleurs, une fan de science-fiction comme moi ne pouvait pas laisser un détail sous silence : les Cho-Ja. Ces insectes géants, proches de fourmis ou des termites, sont les habitants originels de Kelewan. Doués d'intelligence, reconnus comme des égaux, leurs talents d'artisan et de guerrier sont prisés, et leur alliance recherchée par tous les clans tsuranis. La société Cho-Ja est assez bien décrite et constitue un à-côté distrayant, bien que trop peu développé à mon goût. Ces fascinants insectoïdes auraient largement mérité un traitement narratif plus minutieux.

    L'héroïne dotée d'un fort caractère et d'une poigne de fer a bien entendu tout pour plaire à mon esprit féministe et romanesque (un bisounours en tenue de Femen, si vous préférez...), rappelant à mon bon souvenir des petits plaisirs tels que... oui, vous avez deviné : Honor Harrington.

    Sauf que Mara des Acoma, contrairement à ma copine Honor, n'apprend jamais à se battre. Elle n'est pas militaire. Elle est juste une jeune femme qui se sert de son intelligence et de qualités traditionnellement féminines pour arriver à ses fins. Cela change de mes héroïnes masculinisées...

    En somme, La trilogie de l'empire m'a donc semblé être un charmant roman populaire, qui reprend des codes romanesques vieux comme le monde pour les exploiter de façon satisfaisante et attachante. Le fait que j'aie lu les trois tomes d'affilée est révélateur de son pouvoir d'attractivité, et je ne peux que vous le conseiller comme un bon divertissement, propice aux soirées au coin du feu comme aux journées à l'ombre du parasol.

     

    Editeur : Bragelonne, février 2011 pour tous les tomes de cette édition. Lus en version numérique

    Genre : fantasy, science-fiction

    Lu aussi par : Spocky

  • Winter time travel... hallucinatoire !

    Je n'en reviens toujours pas...

    WINTERTIMETRAVEL

    Ce week-end, ma blogopote Lhisbei faisait le bilan de sa troisième et dernière aventure dans le Winter Time Travel, ou WTT pour les intimes. WTT que j'ai honoré d'une seule et unique participation, parce que je prends mon ego pour un astre -  et surtout parce que je n'avais pas d'autre uchronie disponible sous la main.

    Il s'agissait de Palimpseste de Charles Stross, une novella que j'ai fort appréciée.

    Puis elle publiait un post pour annoncer les gagnants. Les gagnants de quoi ? Ben du challenge, parce qu'il y avait des livres à gagner. Bon, ça a l'air normal quand on a l'habitude, mais moi j'avais complètement oublié. Mal m'en a pris : j'ai reçu un e-mail de Lhisbei m'annonçant que son éternel allié Excel Vador m'avait désignée gagnante !

    J'aurais donc le plaisir, l'honneur et l'avantage de recevoir bientôt chez moi L'Enfant monstre, premier tome de la Geste d'Alban de Jean Luc Marcastel. Plaisir partagé avec Rose.

    enfant_monstre_

    Pour cela, je remercie Lhisbei et les éditions Matagot.

    Un grand bravo aux 24 participants qui se sont fendus de 81 chroniques et aux 7 autres gagnants !

  • Bilan des Oniriques

    Dimanche, je suis allée faire un tour à la première édition des Oniriques à Meyzieu. Voici quelques impressions de mon voyage...

    Du rêve pour tous : autant les petits que les grands pouvaient trouver leur compte de rêve et de passion.

    • Des dragons en quantité, des lutins, des faunes, des sorcières, des jeux de piste et des fresques pour les petits (j'ai appris pour l'occasion de la bouche d'une sorcière en chair et en os que le lutin irlandais est le Leprechaun),
    • des vampires, des steampunks, des jeux de rôle, une "murder party" pour les plus grands,
    • une belle librairie éphémère pour tous, constituée des fonds de 3 librairies et 5 éditeurs (dont les 3 indé de l'imaginaire), avec moult auteurs zé illustrateurs en dédicace.

    Une conjonction miraculeuse :

    • alors que le temps prévu pour ce week-end était censé être pourri, la météo fut extraordinaire samedi et dimanche, avec soleil estival et températures clémentes.
    • alors que nous sommes en pleine période de vacances d'hiver, étrangement, les lyonnais ne sont pas tous partis au ski. Je le sais, je les ai vus à Meyzieu un dimanche matin !

    Des invités heureux :

    J'ai eu l'occasion de croiser rapidement plusieurs auteurs et éditeurs contents d'être là (mais sans dédicace, j'avais pas le temps) : Ayerdhal, Sara Doke, Philippe-Henri Turin (illustrateur de dragons magnifiques), André-François Ruaud, Danielle Martinigol... J'en oublie. Plusieurs m'ont confié qu'ils étaient surpris du monde au festival, satisfaits de l'accueil et de l'organisation et d'autres que, selon leurs estimations, il y avait bien plus de public que pour le premier opus des Imaginales.

    Un bon présage ? Je l'espère, ravie que je suis d'avoir un festival de l'imaginaire près de chez moi...

    Un public détendu :

    L'ambiance du dimanche matin était très cordiale, familiale, avec des tas de parents accompagnant leurs enfants (ou l'inverse), et contrairement à ce que j'ai l'habitude de voir en médiathèque, beaucoup de papas avec leurs enfants. Des papas barbus et chevelus, avec des T-shirt chelou et des dégaines d'extra-terrestres... Qui ne doivent habituellement pas mettre les pieds dans les bibliothèques, pensant qu'on se foutrait d'eux s'ils expliquaient ce qu'ils aiment lire. J'ai vraiment apprécié cette ambiance.

    Je tire mon coup de chapeau aux bibliothécaires et aux bénévoles des associations partenaires, souriants, disponibles, voire... très, très loquaces dès qu'on abordait leurs stands.

    Et des félicitations méritées à la coordinatrice du projet, Frédérique Malvesin, bibliothécaire de son état (sans chignon ni lunettes) et grande lectrice de l'imaginaire. Il fallait une personnalité comme elle pour faire décoller le projet. Elle a certainement dû finir le week-end sous perfusion de Redbull (pour ne pas dire rail de coke, c'est prohibé) pour rester debout, et je m'incline bien bas devant la performance.

     

    Des photos, prises dans la médiathèque et sur le marché :         (photos tous droits réservés)

    L'exposition Dragons en folie, dessins de Philippe-Henri Turin, à tomber par terre, et les réalisations des enfants de Meyzieu pour l'occasion :

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    Magnifique carte de France des dragons

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Extrait d'un livre illustré par Philippe-Henri Turin. Une merveille.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Des dragons réalisés en atelier dans les écoles ou les centres de loisir...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Un bébé dragon sortant de l'oeuf...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Il suffit de lire le carton...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L'expo des illustrations de Gilles Francescano. Je vous laisse savourer ces extraordinaires tableaux.

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    Tout le monde reconnaîtra l'illustration du plus primé et hélas dernier livre de Roland C. Wagner.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Un chouette marché artisanal :

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    Magnifique dragon de métal à l'échoppe du forgeron.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Broderie traditionnelle, un boulot dont je ne voudrais pour rien au monde...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Deux types avec des bois sur la tête, des faunes, pour tout dire, dont un qui faisait semblant de parler mais qui parlait pas, et l'autre qui faisait semblant de pas parler mais qui parlait...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Des crêpes au feu de bois, avec chaînes, poëles en fonte suspendues au bout, et foyer à bois dessous. Une invention du monsieur. Sympa, non ?

     

     

     

     

     

     

     

     

    Une médiathèque selon mon coeur :

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    les bibliothécaires de Meyzieu ont mis pile en face de l'entrée de la salle adulte l'"espace F" (pour SFFF), comme un bâton de maréchal brandi à la face des gens qui croient encore que les littératures populaires sont de la merde qu'il faut cacher dans les coins sombres.

     

     

     

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    Et ils ont décidé d'y mettre absolument toutes les oeuvres qui sont susceptibles de relever du genre imaginaire, dont du Marc Lévy... et du Julien Gracq !