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  • Les enfants de Damia, d'Anne McCaffrey

    enfants Damia.JPGLes enfants de Damia fait partie du cycle des Doués ; il en est, je crois, le cinquième tome. C'est le seul livre de ce cycle que j'ai lu. En revanche, je connais bien du même auteur la Ballade de Pern, dont j'aime tout particulièrement le roman initial, Le vol du dragon. Anne McCaffrey a été la première femme à obtenir un prix Hugo pour une oeuvre de fiction, et rien que pour cela, elle mérite toute l'attention des lecteurs.

    Les enfants de Damia raconte comment grandissent les huit enfants d'Afra et Damia Raven-Lyon, dans un contexte particulier : ils sont Doués, et ont pour amis des extra-terrestres.

    Les 'Dinis se sont alliés aux humains pour combattre le même ennemi, les Ruches. Les 'Dinis sont peu connus de la majorité des humains, souvent crains car incompris. L'expérience menée chez Afra et Raven, apparier chacun de leurs enfants à un couple de jeunes 'Dinis, représente une étape cruciale dans l'évolution des relations entre les deux espèces, qui communiquent principalement par les rêves.

    Par ailleurs, les enfants Raven-Lyon sont dotés comme leurs parents d'un don télépathique et télékinésique unique, qui se développe avec l'âge, d'où leur surnom de Doués. Nous suivons donc successivement quatre de ces enfants, Laria, Thien, Rojer et Zara, dans leur accession aux responsabilités d'un adulte Doué et apparié à des 'Dinis, un double handicap ou un double avantage, suivant les situations dans lesquels ils se trouvent. Laria part vivre chez les 'Dinis, Thien est envoyé dans un vaisseau spatial qui poursuit les traces d'une Ruche, Rojer le retrouve plus tard sur les ruines de la Ruche et Zara suit son très fort instinct empathique pour tenter d'établir un dialogue avec une reine de la Ruche en détresse.

    Ce roman est loin d'être un chef-d'oeuvre : des répétitions (qui rendent bien service au lecteur néophyte dans le cycle de Doués, certes), trop peu de détails pour donner une réelle profondeur à l'univers et aux personnages ainsi que des facilités narratives émoussent rapidement l'intérêt du lecteur et ne laissent plus grand chose une fois le livre refermé.

    Mais il contient aussi cette manière unique à Anne McCaffrey de marier la science-fiction pure avec le merveilleux, un humanisme chaleureux qui transparaît à chaque page, dans chaque vaisseau spatial, chaque alien décrit, chaque opération de téléportation menée par un Doué. On a l'impression d'être chez soi, alors qu'on en est si loin. Peu d'auteurs de SF savent réussir ce savant mélange.

    Alors, oui, le roman est médiocre. Mais il donne au lecteur une part de rêve qui n'a pas de prix.


    Ce roman a été lu dans le cadre du challenge Anne McCaffrey lancé par Guillaume le Traqueur, en hommage à cette auteure attachante récemment disparue (elle est décédée en novembre 2011 à l'âge de 85 ans).

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  • Le vol du dragon (La ballade de Pern)

    vol du dragon.jpgSi vous aimez voler, si vous aimez les animaux de compagnie (!), et si vous aimez les sagas épiques, arrêtez-vous ici.

    Dans Le vol du dragon, on trouve des dragons bien sûr, mais aussi une énigme posée aux hommes par les archives et les ballades ancestrales de la planète Pern.

    Le chevalier-dragon F’lar part en quête d’une femme exceptionnelle, qui pourra l’aider à résoudre les mystères du passé et à lutter contre les dangers à venir. Il découvre une servante au caractère bien trempé, Lessa, qui n’est pas tout à fait ce qu’elle semble être.

    L’ouvrage d’Anne McCaffrey est un concentré du meilleur de la fantasy : un monde attachant et crédible, des personnages forts, un enjeu vital, une narration bien menée. Foncez, c’est excellent !

     

    Pocket, 2005

    Genre : fantasy, heroïc fantasy, science-fiction

  • LA PAB s'agrandit...

    Pendant que je lis, je ne blogue pas. Et donc, personne ne sait ce que je lis. Donc si ma Pile à Lire diminue, ma Pile à Bloguer, elle, prend des proportions gargantuesques.

    En conséquence, je vous présente ici un petit tour d'horizon de mes lectures des derniers mois :

    Durant l'été dernier, j'ai relu :

    le-vol-du-dragon.jpg

    Le vol du dragon, d'Anne McCaffrey pour la sixième fois. J'aime toujours l'histoire et je reste émerveillée devant la capacité de feu Anne McCaffrey d'emmener son lecteur avec elle en peu de mots, même si à chaque relecture je peste contre les trop nombreuses coquilles de ma vieille édition.

    harry potter.jpg

    Les sept tomes d'Harry Potter en version française. C'est mieux en anglais, mais je ne pouvais pas faire mieux, en raison d'un impondérable de 3,5kg à gérer nuit et jour. C'était très plaisant à re-re-lire. J'attends avec impatience que Mini-Blop puisse s'y coller.

     

    A partir du novembre, j'ai recommencé à lire pour de vrai :

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    La ménagerie de papier de Ken Liu. J'ai adoré. J'ai même partiellement converti ma mère à la SF grâce à ce livre. Je suis enchantée d'avoir découvert cet auteur, et tout le mérite en revient à Lune, qui m'a fait la surprise de me l'envoyer avec tout un tas de petites choses à l'occasion de l'arrivée de l'impondérable.

    courageux.jpg Vaillant.jpg Acharné.jpg Victorieux.jpg

    Les quatre derniers tomes de la série La flotte perdue de Jack Campbell (Courageux, Vaillant, Acharné, Victorieux): j'avais lu et chroniqué le premier et le deuxième tome pour le dernier Summer StarWars de Lhisbei et M. Lhisbei. J'ai donc enchaîné les quatre tomes sans pouvoir m'arrêter. Il m'arrive souvent de comparer mon goût pour le space opera militaire à une drogue. En voilà une nouvelle preuve !

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    Point Zéro d'Antoine Tracqui, que j'ai autant aimé que La ménagerie de papier, dans un genre toutefois entièrement différent. Sacré premier roman, très abouti, dans un genre aux codes pourtant très exigeants (le techno-thriller). J'attends avec impatience de pouvoir lire la suite, Mausolée.

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    La voie des Oracles : Thya, d'Estelle Faye : ma première incursion dans l'univers de l'auteure, un roman jeune adulte réussi mais sans doute trop... jeune pour moi (dit la fille qui a relu tout Harry Potter il y a quelques mois). En revanche je suis très heureuse qu'elle ait investi la fin de l'Empire Romain comme cadre historique, ce qui est plutôt rare et vraiment intéressant. Et la couverture est à tomber par terre.

     

  • Janus, d'Alastair Reynolds

    janus.jpgAux dernières Intergalactiques à Lyon, mon ami Biblioman(u), le super héros des livres, m'a fortement conseillé de lire Janus, d'Alastair Reynolds. Il faut dire que j'avais le monsieur sous la main pour une dédicace, alors bon... Autant en profiter. Et puis ce roman a eu le prix Locus.

    Résumé : En 2057, Janus, une lune de Saturne, quitte soudain son orbite. Unique vaisseau alentour, le Rockhopper, propriété d'une compagnie minière qui exploite la glace des comètes du système solaire, est le seul véhicule spatial capable d'intercepter la course du satellite avant que ce dernier ne quitte définitivement le système solaire. En acceptant d'interrompre sa mission de routine pour effectuer une courte exploration de Janus, le capitaine et son équipage s'embarquent dans une aventure qui mettra à rude épreuve leur cohésion. Car, en réalité, Janus n'est pas une lune, mais un artefact extraterrestre qui leur réserve bien des surprises. Bella Lind, capitaine du vaisseau et Svetlana Barseghian, son ingénieure en avionique, sont amies intimes. L'interception du satellite Janus crée une fêlure dans cette amitié, lorsque Barseghian découvre que les données de niveau de carburant ont été falsifiées par la compagnie minière et que Lind refuse de faire demi-tour, condamnant ainsi le Rockhopper et son équipage à un aller sans retour à destination de Janus.

    Mon avis : Voilà un roman littéralement cosmique, qui nous emmène très, très loin dans l'espace. Voilà surtout une oeuvre en huis-clos où l'enfer se révèle être, principalement et naturellement, les autres. Barseghian et Lind sont les pivots fixes de ce récit aux multiples tempi, qui fait la part belle aux ellipses temporelles. Leur amitié ne résiste pas aux tensions engendrées par l'inéluctabilité de leur voyage sans retour, et crée de multiples lignes de faille dans la petite société du Rockopper, des failles qui ne tardent pas à tourner au conflit. Une lutte avec ses revers et ses retournements de situation, qui s'étale sur des décennies.

    C'est une lutte intestine doublée d'une lutte contre l'univers entier. C'est une histoire de survie et de résilience, une histoire de l'humain qui se doit de faire face victorieusement à l'impossible : l'immensité vide et glaciale de l'espace, quasiment sans ressources et surtout sans aucun retour en arrière possible. Survivre pour ne pas que leur humanité s'éteigne. Bref, Janus est un roman plein de promesses...

    Des promesses qui ne sont pas complètement tenues. C'est un bon roman, cela aurait pu être un roman extraordinaire. Il y manque une capacité à émerveiller vraiment le lecteur, ainsi qu'une certaine cohérence, lorsque des éléments cruciaux de la ligne narratrice ne sont pas explicités (comme lorsque les machines de Janus se mettent à tuer les humains, sans qu'on n'apprenne jamais réellement pourquoi). Le prologue reste très longtemps incompréhensible, pour être résolu de façon incomplète aux trois quarts du roman, dans un twist surprenant et trop brutal pour moi.

    Pourtant, les héroïnes devenues antagonistes semblent si réalistes, dans leur courage et dans leurs limites. La sauce prend, mais elle est fragile et cassante : il y manque comme un liant. Oui, il y manque de la maïzéna : cette fécule de maïs légère et pourtant extrêmement efficace qui sait se faire oublier tout en étant indispensable.* Il y manque du Anne McCaffrey, du Lois McMaster Bujold ou tout simplement du Jack Campbell.

    Janus est donc un honnête space opera, que j'ai fini sans problème mais qui n'a pas déclenché d'enthousiasme délirant chez moi. Un peu dommage...

     

    * oui, j'admets, ma métaphore culinaire manque peut-être de poésie. Mais elle est efficace.

     

    Cette chronique participe pour la troisième fois au septième épisode du Summer Star Wars de M. Lhisbei, béni soit son nom, ainsi que ceux de Lhisbei et Excel Vador.

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  • La Saga Vorkosigan, de Lois McMaster Bujold

    Je viens de terminer le 5e volume de l'intégrale de la Saga Vorkosigan de Lois McMaster Bujold. L'été dernier, durant le Summer Star Wars de Lhisbei, je vous avais parlé du premier roman du volume 1 de l'intégrale, Chute libre. Ce billet, en revanche, détaille tous les romans de l'intégrale.

    Avant de commencer, un rappel : cinq des titres de cette saga ont reçu les plus prestigieux prix littéraires de SF (Locus, Nebula et Hugo). Un record inégalé pour une même série.

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    L'attrait principal de la Saga Vorkosigan réside dans son héros éponyme, Miles Vorkosigan. Avorton lourdement handicapé par un squelette friable, une taille largement en dessous la norme (1m48), et victime des violents préjugés de la société dans laquelle il naît, Miles débute mal dans la vie. Tellement mal que certains de ses proches veulent sa mort, au regard de son apparente monstruosité.

    Mais Miles, outre ses géniteurs hors du commun (que l'on apprend à connaître dans les premiers romans, L'honneur de Cordelia et Barrayar), est doté d'un cerveau agile. Tellement agile qu'il confine au génie. Accro à l'adrénaline, il n'a peur de rien, et surtout pas de se blesser - ou de mourir. Alors, il ose tout, de préférence les audaces les plus improbables eu égard à sa condition physique.

    A 17 ans, Miles tente l'entrée à l'école militaire de Barrayar, son monde. Il échoue, bien évidemment, aux épreuves physiques. Il prend alors l'air, au sens figuré et littéral. Il part sur le monde sa mère, Beta. Une fois là-bas, il se rend maître, par un coup de poker inopiné, d'une flotte de mercenaires spatiaux. Il en devient l'amiral sous une fausse identité. Et il met cette force au service de Barrayar et de son empereur et néanmoins frère de lait, Gregor Vorbarra.

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    A partir de ce coup d'éclat, Miles commence une vie de schizophrène, passant de l'identité de Miles Vorkosigan, simple Lieutenant de la Sécurité Impériale, fils mutant et pistonné des aristocrates les plus en vue de la planète, à celle de l'amiral Miles Naismith, chef suprême des mercenaires Dendarii, casse-cou audacieux et génial, son double ultra secret.

    Une vie de danger, de folie, une vie à la fois excitante et frustrante, où ses plus grands exploits doivent être passés sous silence à chaque retour sur Barrayar, pour des raisons de sécurité. Barrayar sur laquelle il continue donc à être un monstre de foire, considéré si ce n'est avec mépris, au moins avec dégoût.

    Je suis ravie par la qualité globale de cet univers littéraire. Celui-ci est inévitablement inégal, en raison de la quinzaine de romans et nouvelles qui le constituent. Mais l'ensemble forme une Oeuvre, avec la majuscule.

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    La très grande force de La saga Vorkosigan réside sans aucun doute dans la multiplicité des angles d'attaque du récit. Lois McMaster Bujold ne cède sur rien : ni la richesse et la profondeur psychologique des personnages, ni l'action, ni la vivacité des dialogues. Tout y est, en quantité et en qualité.

    En lisant ces romans, je suis scotchée par l'action, je pouffe de rire à chaque réplique de Miles ou de ses acolytes (je vous recommande particulièrement les dialogues de Miles avec son cousin Ivan Vorpatril...) et je suis émue, parfois aux larmes, devant la fragilité et la souffrance des personnages.

    On pourra dire qu'il y manque quelques détails : une anticipation crédible de la diaspora humaine dans les étoiles, ou encore une base scientifique cohérente, développée et solide pour les voyages spatiaux. Mais nous ne sommes ici ni dans Dune, ni dans Honor Harrington, encore moins dans la hard-science façon Kim Stanley Robinson. Nous sommes dans le space opera le plus divertissant, mais qui, pourtant, développe une thématique singulière.

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    Car s'il est une particularité dans l'univers créé par l'auteur, c'est la place importante accordée au handicap. Plusieurs des principaux protagonistes, Miles en premier, souffrent de handicaps physiques ou psychologiques sévères. Résultats d'agressions, de mauvais traitements, ou simplement de malchance, ces handicaps sont constitutifs de leur personnalité.

    Leur souffrance provoque dans certains cas des séquelles psychiques et physiques sérieuses, avec lesquelles les protagonistes doivent vivre : comportements déviants, tendances suicidaires, personnalités multiples. Leurs motivations et leurs actions sont partiellement basées sur ces souffrances. Ils en paient trop souvent le prix fort. Et c'est à mon sens ce qui élève la Saga Vorkosigan au delà du simple divertissement.

    Une fois de plus, la preuve est faite pour moi que la SF est un moyen de réfléchir à une thématique réelle, quotidienne, et parfois douloureuse, à travers le prisme ludique et "indolore" de la distance fictionnelle. Divertissant, oui. Gratuit, non.

    La saga de Miles est donc en passe de devenir, à l'instar du Vol du dragon d'Anne McCaffrey, un de mes « livres-doudou ». De ceux que je lis quand rien ne va plus, que mon moral est en berne et que je n'ai pas envie de lire. Autant te dire, cher ami lecteur, que je t'encourage à mettre ton nez dedans...

    ______

     

    Voici la distribution des romans et nouvelles dans les intégrales. Les titres entre crochets sont les premières traductions françaises, modifiées lors de l'édition en intégrale (plus fidèles aux titres originaux).

    Intégrale 1 :

    Intégrale 2 :

    Intégrale 3 :

    Intégrale 4 :

    Intégrale 5 :

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    Ce billet s'inscrit - avec retard - dans le cadre du challenge SFFF au féminin, lancé par Tigger Lilly, du Dragon Galactique. [Edit du 14 avril 2014].

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  • CékoilaSF


    Petite mise au point sur les romans de l’imaginaire

     

    Des tas de gens disent ne pas aimer les littératures de l'imaginaire. Quand on demande pourquoi, les réponses évoquent souvent des films ou des séries télé. Au mieux, ils parlent d’un essai de lecture qui a déplu.

    Un essai. Une œuvre. Qui appartient à un genre très précis. On admettra que c’est un peu court, pour se détourner de tout un pan de la littérature…

    Alors, pour encourager ceux qui auraient envie de comprendre et de découvrir ce qu’on appelle (à tort) la SF, voici un petit guide.

    Par souci de lisibilité, la liste des genres n’est pas exhaustive. Elle se concentre sur les plus grands courants littéraires. Sinon, il y aurait de quoi faire un bouquin… Et cela a déjà été fait ! (cf. la bibliographie en bas de page)


    Définition :

    Le terme « littératures de l'imaginaire » désigne les œuvres de fiction dont le récit ne décrit pas un univers réaliste.

    Ce qui rassemble énormément d’ouvrages, finalement…

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    Méthode :

    Cette typologie est basée sur :

    - les lectures d’œuvres (beaucoup, beaucoup de romans lus… je ne les ai pas comptés)

    - les informations glanées dans des ouvrages spécialisés

    - les stages suivis – et oui, il existe des formations aux littératures de l’imaginaire !


    Sommaire :

    1 - La science-fiction :

    1-1 La hard science fiction.

    1-2 Le cyberpunk.

    1-3 Le space opera.

    2 - Le roman d’anticipation.

    3 - L'uchronie.

    4 - La fantasy.

    5 - Le roman fantastique.

    6 - Le roman d’épouvante

    Conclusion


    Bibliographie sélective :

    - Des livres

    - Des sites web

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    1 - La science-fiction

    On appelle souvent "science-fiction" des genres littéraires qui n'en sont pas. La vraie SF comprend plusieurs sous-genres, tous liés d'une façon ou d'une autre au rapport entre l'homme et la science, la conquête de l’espace ou la technologie.

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    1-1 La hard science fiction (science fiction dure), encore appelée hard science. En hard science, les technologies décrites dans le récit sont en harmonie avec l'état des connaissances scientifiques au moment où l'auteur rédige son œuvre. C'est donc une forme de littérature d'anticipation (voir plus loin) attachée aux développements de la science.

    Tout l’intérêt de la hard science est dans sa plausibilité scientifique et politique. Sa difficulté réside dans la cohérence et la précision des détails techniques.

    La hard science est parfois indigeste, car détaillée à l'extrême, mais elle est aussi impressionnante de véracité - il suffit de relire les ouvrages de Jules Verne pour se convaincre de ses capacités visionnaires.

    Avec sa trilogie Mars la rouge, Mars la verte et Mars la bleue, Kim Stanley Robinson est l'un des auteurs les plus marquants du genre.

    mars_rouge.jpg



    1-2 Le cyberpunk est né au début des années 1980, avec le mouvement punk : no future. C’est un genre dystopique (le contraire de l’utopie), où le monde décrit est très sombre. Le récit se déroule la plupart du temps sur Terre, dans un futur proche, où l’informatique et la cybernétique dominent notre société.

    Le cyberpunk est un peu le roman noir de la science-fiction, avec parfois des antihéros cyniques et pessimistes. Ce n’est pas toujours le cas, mais la dystopie est toujours présente : elle décrit un monde bien souvent lugubre, mécanique et sans âme. Ces ouvrages sont devenus de grands classiques de la littérature :

    · Ubik, Philip K. Dick

    · 1984, George Orwell

    · Le meilleur des mondes, Aldous Huxley

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    1-3 Le space opera (opéra de l'espace) s’est développé dans les années 20 aux Etats-Unis. Il met en scène des histoires se déroulant dans l'espace interstellaire. Le space opera donne souvent prétexte à des batailles homériques, ainsi qu’à des rencontres avec les intelligences extra-terrestres les plus inventives. C’est à ce genre qu’on doit la fameuse La Guerre des étoiles.

    Né dans les pulps, ces magazines populaires américains, le space opera a longtemps souffert d'une réputation de médiocrité. Il a pourtant évolué, pour devenir un terrain d’expérimentation permettant de mener une réflexion sur le devenir de l’humanité à très grande échelle.

    Le premier à avoir donné ses lettres de noblesse à ce genre est Isaac Asimov, dans les années 50, avec le cycle de Fondation, suivi avec génie par Frank Herbert et sa saga inachevée - mais ô combien riche - de Dune.

    Quelques œuvres de space opera :

    · La saga Honor Harrington, de David Weber

    · Les guerriers du silence, de Pierre Bordage

    . Warchild, de Karin Lowachee

    En bande dessinée :

    · Aquablue, de Cailleteau et Vatine

    · Aldébaran, de Léo

    · Lanfeust des étoiles, d’Arleston et Tarquin

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    Nous quittons maintenant les rivages de la science-fiction pour naviguer vers les autres horizons des littératures de l'imaginaire.



    2 - Le roman d’anticipation est le genre de littérature de l'imaginaire le mieux connu (et reconnu). En se basant sur l’extrapolation des particularités du présent, les auteurs développent une vision « réaliste » de l’avenir.

    Les romans d’anticipation sont le fruit d’une observation et d’une réflexion approfondie de l’auteur, utiles pour mettre en garde le lecteur contre de possibles dérives sociales ou politiques. En cela, ils sont proches du cyberpunk. Mais bien que la science puisse entrer dans le sujet du récit, elle n’en est pas le principal moteur. C’est bien l’analyse sociologique qui prime.

    A lire, entre autres :

    • Les fils de l’homme de P.D. James,
    • Demain les chiens de Clifford D. Simak
    • Les hommes protégés, de Robert Merle
    • Un animal doué de raison, de Robert Merle itou
    • Fahrenheit 451, de Ray Bradbury
    • Demain, une oasis d’Ayerdhal
    • Les nombreuses nouvelles sur les robots, d'Isaac Asimov
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    3 - L'uchronie est un peu le pendant de l’anticipation. Le récit pose le principe suivant : que se serait-il passé si… ? L’uchronie réécrit l’Histoire en partant d’un point du passé et en explorant ce que l’histoire aurait pu être si une altération s’était produite. Elle a l’avantage de n’être pas vue par les habitués de la Littérature (avec la majuscule) comme de la "Science-Fiction"[1]. C'est aussi une réflexion pertinente sur l'Histoire et l'influence que chacun a sur elle.

    Le premier écrivain connu à avoir écrit de l’uchronie est… Tite-Live, qui, dans son Histoire de Rome, imagine Alexandre le Grand lançant sa conquête vers l’Ouest, et non vers l’Est.

    Quelques titres d’uchronie :

    · Le complot contre l’Amérique, de Philip Roth

    · Cryptonomicon, de Neal Stephenson

    · La part de l’autre, d'Eric-Emmanuel Schmitt

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    4 - La fantasy (ou fantasie en bon français, selon le JO du 23 décembre 2007) naît au XIXe siècle. Elle est inspirée du « merveilleux », ces contes de Grimm ou de Perrault qui ont bercé notre enfance. La fantasy se popularise dans les années 1950 avec J.R.R. Tolkien et son œuvre monumentale du Seigneur des anneaux.

    Dans ce genre, le monde décrit par l’auteur est entièrement né de son imagination. Il obéit à des règles propres, sans aucune volonté de réalisme. La magie y est la plupart du temps présente, au contraire de la technologie. C'est dans ce genre que les trolls, elfes, dragons et autres nains apparaissent (bien que pas de façon systématique). La fantasy emprunte des voies variées et pléthoriques, mais elle est bien souvent inspiré du modèle médiéval et des légendes nordiques. On l'appelle alors l'héroic-fantasy.

    Avec la profusion de jeux vidéo et de films, on a tendance à oublier les œuvres littéraires. C’est pourtant un genre très en vogue depuis une dizaine d’année, qui touche un public bien plus large que la science-fiction. Il ne rebute pas les allergiques aux technologies, tout en développant des fresques romanesques de grande ampleur.

    Quelques œuvres de fantasy :

    • Anne McCaffrey avec son « cycle de Pern » (qui flirte parfois avec la science-fiction)
    • L’assassin royal de Robin Hobb,
    • David Eddings et sa Belgariade,
    • la foisonnante Arcane des épées de Tadd Williams
    • Phénix de Bernard Simonay (à la limite de l'anticipation)
    • Le cycle de l’Héritage, de Christopher Paolini
    • Les Annales du disque-monde de Terry Pratchett, une version humour trash de la fantasy

    En bande-dessinée :

    • La quête de l’oiseau du temps, de Le Tendre et Loisel (un précurseur en la matière)
    • Lanfeust de Troy, d’Arleston et Tarquin (et oui… alors que Lanfeust des étoiles est du space opera !)
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    5 - Le roman fantastique se construit autour d’une société humaine banale, dans laquelle interviennent des éléments inexplicables : passages dans une autre dimension, apparitions d’extra-terrestres, de vampires, de loups-garous, usage de magie, existence de mutants ou de superpouvoirs, etc.

    L’intrusion du surnaturel se fait dans un cadre réaliste. Des faits inexpliqués apparaissent dans un contexte connu du lecteur. Il s’agit de le pimenter le monde qui nous entoure d’éléments permettant le rêve et l’évasion. Contrairement à la science-fiction, ces éléments fantastiques restent inexpliqués.

    Quelques titres :

    - L’heure du loup de Robert McCammon,

    - Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde,

    - Fascination, de Stephenie Meyer

    - J.K. Rowling et son fabuleux petit sorcier anglais, Harry Potter.

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    6 - Le roman d’épouvante s’est fait un nom à part entière avec le Frankenstein de Mary Shelley. Le but avoué est de provoquer cauchemars, frissons d’angoisse et sueurs froides, en partant de situation proches du roman fantastique. On parle aussi de romans gothiques.

    Les ressorts de l’horreur ont évolué au fil des générations : des vampires et fantômes, nous sommes passés à des astuces plus psychologiques. Aujourd’hui, il suffit au maître de l’épouvante contemporain, Stephen King, de jouer sur les pulsions incontrôlées de ses protagonistes pour créer ses si célèbres climats de terreur.

    Quelques titres :

    • Dracula, de Bram Stoker
    • les nouvelles d’Edgard Allan Poe
    • Shining, de Stephen king
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    Conclusion


    Voilà. C'est fini.

    Je souhaitais expliquer que la littérature de l'imaginaire est un vecteur de réflexion sur l'Homme. Pas les machines, l'espace ou les extraterrestres. Non, c'est l'humain qui importe.

    D'autre part, dans les romans de l'imaginaire, le contenu de l'histoire est aussi important que la forme littéraire qui l'exprime. Actuellement, on récompense les auteurs "de style", sans vraiment se soucier de ce qu'ils racontent. Je trouve cela dommage : fond et forme, style et contenu ne sont pas incompatibles ; au contraire, ils se complètent.

    Si vous pensiez ne pas aimer ce genre, j'espère au moins avoir éveillé votre curiosité. Essayez, car si décidément vous n'aimez pas, vous saurez précisément pourquoi, et vous aurez sans doute saisi l'intérêt de ce type de littérature pour les autres lecteurs.

    Il faut bien dire qu'il y a de très mauvais romans en littérature de l'imaginaire - comme dans tous les autres genres. De plus, l'édition française ne fait rien pour améliorer cela : trop souvent encore, les éditions de poche sont truffées de fautes et de coquilles, et les traductions des ouvrages les plus anciens (à l'époque où les romans de l'imaginaire étaient considérés comme la lie de la littérature) sont de mauvaise qualité. A tel point que les amateurs se résolvent à lire en version originale !

    Selon les éternels débats sur la question, la Sf, la fantasy ou l'anticipation sont-elles des littératures populaires (ou "de gare") ? La réponse est oui, pour des tas de bonnes et de mauvaises raisons.

    Alors, vive la littérature populaire !!


    Blopromptu - http://impromptu.hautetfort.com - 16 août 2009





    Bibliographie sélective

    Des livres :


    ***     La S-F : la science-fiction à l'usage de ceux qui ne l'aiment pas / Christian Grenier.  - Paris : Sorbier, 2003.

    Si vous détestez la SF, lisez ce livre !! Il est vraiment fait pour vous. Il explique en termes clair d’où vient la SF, quels sont les thèmes qu’elle aborde et quel est son intérêt littéraire et pédagogique. L’ouvrage donne une bibliographie commentée orientée vers la jeunesse, mais pas uniquement. Parfait pour aborder le sujet lorsqu’on est débutant.


    ***     La Science fiction aux frontières de l'homme / Stéphane Manfrédo.  - Paris : Gallimard, 2000.

    Une petite merveille de la collection Découvertes Gallimard. Un visuel festif et attrayant, un texte complet et clair sur le sujet : ce livre est à mettre en toutes les mains !


    ***     La science-fiction / Jacques Baudou. – Paris : Presses Universitaires de France, 2003.

    Un Que Sais-je sur la science-fiction, que rêver de mieux ? Concis, complet, et compréhensible par tous. Pas d’illustrations, certes, mais un propos intéressant. De plus, il ne s’arrête pas aux grands classiques datés et donne des références récentes.


    ***     Le Monde légendaire de Tolkien / Marc-Louis Questin ; Philippe Kerforne.  - Paris : Trajectoire, 2001.

    Un ouvrage clair, aéré, doté d'une typographie confortable. Il explique la symbolique et les grands thèmes abordés dans l’œuvre de Tolkien. Une lecture agréable et aisée, qui permet de comprendre l’univers créé par l’auteur du Seigneur des anneaux sans se casser la tête.


    **      Dictionnaire de la science-fiction / Denis Guiot ; Alain Laurie.  - Paris : Livre de poche, 1998.

    Ce dictionnaire est très intéressant, écrit dans une typographie lisible (ce que son format de poche n'annonce pas). Il a malheureusement un peu vieilli, particulièrement l'iconographie et la mise en page. Dommage. Mais le fond est de bonne qualité.


    **      Introduction à la littérature fantastique / Tzvetan Todorov.  - Paris : Seuil, 1976.

    Une bible sur la littérature fantastique. C'est du costaud. Malheureusement, comme d'habitude dans la collection Points, le petit format, la petitesse de la police de caractère et la mise en page serrée appellent un public motivé.




    Des sites web :


    *** Le cafard cosmique : http://www.cafardcosmique.com/

    Un site totalement indispensable, qui propose de façon simple et claire critiques, fiches auteurs et suivi des nouveautés. En plus, il fournit une Bibliothèque Idéale de l’Imaginaire. Je l’adore.

    **         Sci-Fi Universe : http://www.scifi-universe.com/

    Dans la mouvance actuelle des sites qui rassemblent tous les supports : livres, cinéma, séries télé, musique, Bd et mangas sur la SF. Il est donc complet, et utile si on veut suivre les adaptations de livres en film, par exemple. Il est très animé, mais un peu fouilli. Pas facile d’y retrouver ses petits.

    **         NooSFere, article La Science-fiction, c'est de la fantasy avec des boulons (ou pas...) : http://www.noosfere.fr/icarus/articles/article.asp?numarticle=779

    Un article éclairant et assez développé sur la différence entre la science-fiction et la fantasy. Le site Web qui l'héberge est lui-même une excellente source d'informations sur les littératures de l'imaginaire.

     

    *           Quarante-deux : http://www.quarante-deux.org/

    Dédié à la science fiction française. Intéressant, avec des infos qu’on ne trouve pas ailleurs, mais malheureusement un peu austère et pas très ergonomique. J’ai du mal à bien l’exploiter.

    *            Actu SF : http://www.actusf.com/spip/

    Du point de vue de la forme, il est construit comme Sci-Fi Universe. L’actualité des littératures de l’imaginaire est bien mise en valeur mais la recherche de références précises est difficile.



    [1] L’expression étant prononcée avec le petit air pincé de celui qui hume le fumet d'une poubelle en décomposition